KoRn Interview générique

A l'ocasion de la sortie de The Path of Totality, Roadrunner nous a envoyé une interview générique de Jonathan Davis, le frontman charismatique de KoRn. Au cours de cette interview, Jonathan revient sur la genèse de cet album particulier, sur un processus de création inédit pour KoRn, il nous explique aussi sa vision du retour aux sources par l'innovation et évoque bien sûr, le dubstep et les différents DJs qui ont participé à l'album. Une interview complète, où Jonathan entre parfois dans les détails pour nous prouver la sincérité qui l'a animé durant l'année nécessaire à l'élaboration de ce dernier brulot.

Pour les fans de la première heure, les nouveaux venus ou encore aux curieux qui se demandent: "un album de KoRn, comment c'est fait?"




The Path of Totality représente une nouvelle direction prise par Korn qui est complétement différente. Comment avez-vous prise la décision de vous éloigner du « son Korn » traditionnel ?

Johnatan Davis (chant) : Je crois qu’en tant que groupe, notre décision de s’éloigner de ce que nous faisons habituellement est lié à notre désir constant d’expérimenter, d’essayer de jouer de différents styles de musique et de créer de l’art. Tu sais,au final ça devient chiant de faire encore et toujours la même chose. Je crois que lorsque je suis tombé sur le dubstep, en étant DJ, j’ai entendu quelque chose qui pouvait très bien se mélanger à Korn. Il y a un artiste en particulier, Excision, qui a inventé le « heavy dubstep », il avait des basses qui vrombissaient comme des riffs de guitare, c’était super lourd et sombre. C’est donc à lui que je suis allé parler en premier, nous avons fait une chanson ensemble puis ça s’est tellement bien passé que j’ai appelé Skrillex. C’était juste au moment de la sortie de son ep. Nous lui avons demandé si il voulait participer et comme c’est un grand fan de Korn il a répondu : « putain ouais, j’en suis ». On a donc écrit ces trois chansons, au début c’était juste une expérimentation, nous ne doutions pas que ça deviendrait un album ou autre chose, je voulais simplement essayer quelque chose de nouveau. Ensuite, j’ai amené ces titres à Munky et ça l’a cul-par-terrisé, même chose pour Fieldy. Je lui ai demandé si ça lui plaisait et il m’a répondu : « ouais carrément, il faut qu’on le fasse ». Tout est donc parti d’une idée, puis le reste s’est fait naturellement.


Au départ il était question d’un ep et non d’un album complet. Peux-tu nous parler de votre décision d’avoir fait tout un album avec des DJs de dubstep ?

Après avoir bossé avec Skrillex, nous avions tellement pris de plaisir, c’était tellement différent… voir des étincelles dans les yeux de Munky, moi je m’amusais comme un gosse, Skrillex sautait dans tous les sens… Je crois que ça a déclenché quelque chose sur le plan créatif. C’est complétement différent, ça m’a rappelé 1994, quand nous avions mélangé des beats de hip-hop et lignes de basse dub, c’était comme si notre musique en revenait là. C’était le même sentiment, dès que « Get Up » fut terminée (qui nous a pris trois heures et demi), tout est arrivé à point nommé. Après « Get Up » et le titre que j’avais réalisé avec Excision, moi, Munky et Fieldy avons décidé que devions continuer et voir ce qui allait se passer, continuer à écrire d’autres titres, puis encore d’autres. Au début ce ne devait être qu’un ep, voir rien d’enregistré, mais on s’est tellement amusé que nous avons continué.

Parle-nous un peu de processus de composition pour cet album.

Le processus de composition pour cet album fut très différent. Tu sais, d’habitude nous nous posons, terrés dans un studio pendant deux mois, nous écrivons les chansons, nous commençons à enregistrer et je chante à la fin. Il nous a fallu un an pour faire cet album. On a commencé avec Skrillex et une année s’est écoulée avant que je termine le chant sur le titre avec  Feed Me. Entre temps nous avons tourné. Le processus,  les djs de dubstep venaient, on passait un peu de temps ensemble et on commençait avec un beat, Munky pouvait alors sortir quelques riffs de guitare pour leur donner de l’inspiration. Ils écrivaient alors des lignes de basse et d’autres trucs autour.  Une fois que toutes les parties étaient composées, mon boulot était de les arranger. Skrillex était dans un groupe auparavant, il connaissait donc les arrangements rock n’ roll mais les autres n’y connaissaient rien. Dans la dance, tu as l’intro, drop1, drop 2, un break, drop 3 et c’est fini. C’est quelque chose de totalement différent, nous devions rajouter des couplets, des pré-refrains, des ponts. C’était un peu « extra-terrestre » pour eux. Donc c’était mon boulot, je devais mettre tout ça ensemble, travailler dessus et y transposer dans une chanson. Je voulais garder l’intégrité des deux côtés intacte. Je voulais garder le son Korn, mais je voulais aussi garder le coté électro, les éléments dub intacts. Je crois que c’est pour ça que ça nous a pris autant de temps. On partait en tournée, je m’asseyais avec mon portable et  j’éditais, encore et encore, je travaillais mes mélodies au chant. J’ai pris mon temps et j’ai vraiment travaillé dur, je crois que c’est pour ça que le résultat est si bon. Je n’avais que des parties sur lesquels bosser et je devais les examiner, les modeler et faire en sorte que tout soit bien égalisé.

Comment est-ce de travailler avec Skrillex ?

C’était génial de travailler avec lui. Je me rappelle de lui quand il était dans From First to Last, Revolver, faisait alors se rencontrer des jeunes groupes avec leurs héros ; et Sonny (NDLR : Skrillex) m’avait choisi et quand nous nous sommes rencontrés, il m’a interviewé pour Revolver. Je savais donc qu’il était un fan de Korn. Je savais qu’il avait eu quelques projets sous le nom de Sonny Moore et au fil des années j’ai gardé une oreille sur ce qu’il faisait et il en a fait de même. J’ai toujours su que c’était un mec qui avait du talent, c’est un tueur à la guitare, Atticus (NDLR : Ross),  a travaillé avec lui, entre autres. Le premier truc que j’ai entendu de lui était son ep My Name is Skrillex. Il commençait alors à faire du parler de lui dans le monde de l’électro et quand Scary Monsters and Nice Sprites est sorti, ça été un vrai succès. C’est à ce moment que je l’ai appelé: « Hey mec, c’est Jonathan » il m’a alors répondu : «oh, quoi de neuf mec ? », « je voulais savoir si tu voulais venir composer avec Korn » et tout de suite : « putain ouais ! ». Il est donc venu. On aurait dit un gosse ici. Je me rappelle le voir marcher dans le studio et s’exclamer : « c’est la sept cordes de Munky ! » et Munky : « vas-y, tâte-la mec », il en a donc joué. Quand j’ai chanté les « shut the fuck up, get up » il était là : « merde, je viens de vivre ma première prise de voix de Jonathan Davis »

Korn - Get Up (Feat. Skrillex) by kornofficial

On aurait vraiment dit un gosse. En fait c’était comme une vielle vidéo sur YouTube ou il joue « Here To Stay » avec des potes en headbanguant. C’est vraiment un grand fan de Korn et ça a été génial de composer avec lui. Il est super doué, il est magique avec son ordinateur, il est très rapide, mélodique et c’est super chanteur.

Le dubstep, Skrillex en particulier, divisent les « musicophiles ». Comment pense-tu que les « vieux » fans de Korn vont réagir à l’écoute de The Path of Totality ?

J’imagine que certains vont adorer et que d’autres n’aimeront pas cette expérimentation. Tu sais on ne peut pas contenter tout le monde, mais je crois que ça va faire partie de notre musique, exactement comme lorsque nous avons fait le premier album de Korn, le deuxième album de Korn, le troisième, certains éléments restent avec nous jusqu’à que nous trouvions le prochain truc. J’adore les grosses basses, les basses dans la musique et tu sais, cet album n’est pas forcément un album de dubstep. Il est influencé par la musique ou la basse domine et beaucoup des djs avec lesquels j’ai travaillé m’ont dit : « merde, vous faisiez du dubstep avant le dubstep ! ». C’est parce que nous étions accordés vraiment bas. En concert, nous amenions des subs énormes, la basse de Reggie était vraiment massive, comme sur « It’s On » qui avait vraiment une basse vrombissante pour la première fois ! C’est sorti en 99, ou en 98 ?  Il s’est posé et il nous a joué les couplets d’ «It’s On », « wa-wa-wa-wa-wa-wa-wa-woah! », c’est des basses qui vibrent. Le dubstep n’a pas été inventé avant 2006, 2007, les prémices de notre groupe étaient fondamentalement du dubstep alors que nous ne sachions même pas ce que c’était. Beaucoup de nos tempos sont à 140. En faisant le tour de notre répertoire avec Datsik et Downlink, ces derniers ont halluciné : « Les mecs, vous étiez vraiment en avance sur votre temps, c’est pas étonnant que ça ait marché ! ». Je crois que nous faisons cette musique depuis longtemps, seulement nous ne le savions pas. Les gens réagissent parce que ce n’est plus seulement de la guitare, de la basse et de la batterie et qu’il y a désormais un truc éléctro. Mais je pense que cela va continuer, que ça va devenir important et qu’ils s’en rendront compte.

Parle-nous du titre de l’album.

C’est une idée de Munky, je suis naze avec les titres et lui a toujours été bon avec ce genre de trucs. Il m’a apporté une douzaine de titres différents et la première des choses que j’ai regardée a été « The Path of Totality », au milieu de la page. Je lui ai demandé : « c’est quoi ça ? ».  Il m’a répondu qu’il s’agissait de la trajectoire pour qu’une éclipse solaire soit complète. Tout doit bien être aligné. Je lui ai alors dit : « mon gars, c’est le titre de l’album. Tu sais, cet album a été un cauchemar logistique ». Pete, mon manager, a dû aligner tous ces DJs, avec leurs agendas respectifs, leurs tournées et les faire venir à Bakersfield, leur trouver des hôtels, ce qui n’a pas été facile du tout. Il fallait que tout soit parfaitement aligné pour que cet album marche. On a donc trouvé que c’était un titre qui collait.

Parle-nous des autres invités de l’album, qu’est-ce qui t’as attiré chez eux ? Comment est-ce de travailler avec eux, etc.

12th Planet :

Quand on a enregistré avec 12th Planet et Flinch, c’était vraiment cool.  Il est venu avec un de ces beat dont il a le secret et il a bossé avec Munky, ils ont sorti des trucs vraiment étranges. Munky jouait de la guitare style flamenco, mais j’ai dû y enlever parce que ça n’allait pas vraiment. Tu sais certains des DJs sortent des trucs directement et d’autre non. Ils avaient parfois besoin d’être dirigés. En gros je regardais 12th Planet et je lui demandais : «essaye ci, essaye ça… »  et c’était cool. Pour lui  apprendre et essayer de faire de bonnes chansons « traditionnelles » avec des couplets et des refrains a été une expérience formatrice et on s’en est vraiment bien sorti. Nous avons échangé, jammé, doucement et ça m’a inspiré pour écrire « Way Too Far ». C’était détendu, il y a des mélodies, ces « oouuh oouuuh » plus aigus, un peu à la Motown, c’était bizarre. Mais je ne l’avais jamais fait auparavant, c’est ce qui m’a inspiré. Ça a très bien marché. Quand on était dans le studio, j’avais fini les couplets et les refrains mais nous n’avions pas de pont. Downlink était là pour nous aider avec le mixage, je lui répétais alors : « il nous faut un pont mec, il nous faut un pont ». Il a donc pris ce qu’avait fait 12th Planet et en a fait un pont, mais je lui ai alors dit : «non ce n’est pas encore ça » puis j’ai pris ma sitar et en ai alors rajouté par-dessus. C’est mon pont favori de tout l’album.

Noisia :

Noisia, j’ai été très surpris qu’ils décident de travailler avec nous. Ce sont les meilleurs que tu puisses trouver au niveau de la production. Ce sont les dieux de la production dans le « drum n’ bass ». C’est principalement un groupe de « drum n’ bass » hollandais mais ils ont aussi fait un peu de dubstep. On leur a demandé de venir et un d’entre eux est venu nous voir en concert. Ils n’étaient pas des fans de Korn. Ils avaient entendu parler de nous, mais ils sont plutôt dans le monde de l’électro, ils ne connaissent rien au metal et autres. Il est donc venu au concert et venu dans le bus et on a parlé un bon moment, on aurait dit qu’il m’interviewait. J’ai vraiment eu l’impression que c’était un entretien à la « est-ce que t’es à la hauteur ». On a commencé à mettre de la musique l’un et l’autre et c’est en rentrant vraiment dans la musique qu’il m’a dit : « ok, on va bosser avec toi ». Je pense qu’il essayait de rentrer dans ma tête et voir si je ne voulais pas seulement me servir d’eux, voir quelles étaient nos intentions. C’était d’essayer d’enregistrer quelque chose de nouveau, faire aller notre musique, faire des choses que nous n’avions jamais faites auparavant. Ils sont super créatifs. Ils sont venus avec des beats et de sons de malade, les meilleurs. Ce sont les meilleurs, les meilleurs. Ce fut donc un honneur de les avoir sur l’album.

Feed Me :

Feed me. Quand il a dit qu’il le ferait, j’étais vraiment excité. J’adore Feed Me, il a une chanson « Cloud Burn » qui est tout simplement géniale, c’est un chef d’œuvre du dubstep qu’il a réalisé avec Tasha Baxter. Il est dans l’électro depuis longtemps, c’était aussi un DJ sous le nom de Spore et il faisait du « drum n’ bass ». Il avait une espèce de super-groupe avec Ewun (Kill The Noise) et deux autres types. Ça s’appelait Lifted et ça faisait partie des trucs dub les plus dingues qu’il m’ait été donné d’entendre. J’ai donc beaucoup de respect pour ce type, il est très musical et quand il m’a apporté sa piste, j’ai été scotché parce que c’était très, très musical, une des pistes les plus musicales de l’album, j’ai été très content de bosser avec lui. C’était génial.

Excision, Dastik, Downlink :

J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec Excision et Downlink, c’était marrant quand ils sont venu au studio, ils avaient l’air euh… illuminés ! Ils disaient : « Whoah, on est dans le studio de Korn ! », ils adoraient Korn, ils nous ont raconté qu’avant ils portaient des t-shirts Korn, qu’ils allaient skater, qu’ils avaient l’ensemble Adidas et tout… Au début ils n’étaient pas bien rassurés et ne comprenaient pas ce que nous voulions faire, j’ai donc dû leur parler un peu, mais ils aimaient vraiment les trucs heavy. Excision, Datsik et Downlink ont inventé le « heavy dubstep ». Le dubstep habituel est plutôt orienté dub, comme le reggae ou des trucs comme ça. Eux ont pris cela et y ont ajouté des basses massives et distordues, c’est vraiment heavy et ça sonne comme des riffs de guitare. Il a donc fallu combiner tout ça avec ce que faisait Munky et faire ces trois chansons. Je me suis éclaté ! J’ai passé beaucoup de temps avec Downlink, il m’a beaucoup appris sur les outils à utiliser. Datsik a bossé sur « Tension » mais il était en tournée et n’a pas pu bosser sur les autres titres. J’adore ces gosses, ils sont géniaux.

Kill The Noise :

Travailler avec Kill The Noise fut énorme. Je l’ai rencontré à Coachella alors qu’il faisait un concert avec Sonny. Il est venu au studio et nous n’avions pas de pont pour « Narcissitic Canibal ». A ce moment-là j’avais demandé à Sonny de me le faire mais il m’avait répondu : « Je suis sur la route, je ne peux pas. Mais il y a ce gosse, Kill The Noise, il est génial. Il va te le faire et ça va dégommer ! ». Le premier jour où il fut là, nous avons travaillé toute la journée, nous avons sorti tout un tas de trucs et on en a fait le break de « Narcissitic Canibal ».
  Korn Feat. Skrillex&Kill The Noise - Narcissistic Cannibal by kornofficial

Encore une fois c’est un type génial. Il a fait beaucoup d’electro mais à l’origine c’était Ewun et il a aussi fait pas mal de dub. Son nouvel album ne va pas tarder à sortir, ça va scotcher pas mal de gens. Il fait parler les basses ! Et je ne sais putain de pas comment il fait ça ! C’était vraiment agréable de bosser avec lui.

Est-ce que tu allais forcément écrire ces chansons une fois la composition entamée ou alors le fait de travailler avec des DJs de dubstep t’as inspiré ces compositions ?

J’avais l’habitude de ne travailler que d’une seule manière, avec le groupe. Avoir ces influences extérieures, ces différentes mélodies, ces différentes tonalités, beaucoup de ces chansons sont dans des tonalités dont je n’ai pas l’habitude. Ça m’a inspiré un tas de choses différentes, je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête ! Mais j’ai écrit la plupart des voix. Deux… ou trois il me semble ici chez moi, dans mon cinéma. Deux autres au studio et le reste en Corée, aux Philippines, au Japon et à Hawaii, sur la route. Je voulais continuer. Ça me redonnait ces espèces de «good vibes », à l’ancienne. J’ai dû chanter dans des placards, j’ai dû agrafer des oreillers au mur pour empêcher l’écho dans ces cabines de chant de fortune !



C’était vraiment… rendre ça vrai, avec des enregistrements sauvages, juste moi et Bud dans une chambre d’hôtel et ça m’a inspiré. Je crois aussi que… J’ai pris mon temps avec les paroles. J’ai écrit d’une manière totalement différente de ce que j’avais l’habitude de faire, un peu plus intelligemment, avec des paroles un peu plus matures et c’est ce que je voulais. 

Comment le processus d’écriture fonctionnait ? Est-ce que vous avez envoyé des instrumentaux du groupe aux DJs ou est-ce eux qui vous ont envoyé des beats et vous avez composé par-dessus ? Peut-être un mélange de ces deux approches ?

La technologie aujourd’hui, le fait qu’aujourd’hui que mon ordi portable soit plus puissant que le matos d’un studio. Aujourd’hui, je peux seulement amener mon ordinateur et une interface audio et enregistrer des voix parfaites. C’est ensuite une question de matos externe. J’ai dû aussi emporter un compresseur et pré-ampli micro que nous avons sur-emballé dans une caisse Pelican parce que c’est super fragile mais quand même facilement transportable. Je suis un junkie de l’écriture, une fois sobre, j’ai commencé à balancer tout ce que j’avais, je suis devenu accro à la musique et du coup, j’écris constamment. J’ai des centaines et des centaines de chansons, toutes cuites. Ce fut une expérience super enrichissante pour moi, en plus j’avais Bud avec moi. Bud était mon assistant et je n’avais pas tourné avec lui depuis cinq ans. Il s’est éclaté, je me suis éclaté, c’était comme au bon vieux temps. Enregistrer… à l’époque il y avait du matériel de studio dans tout le tour bus, pour te donner une idée de la place que ça prenait. Maintenant j’ai besoin de mon ordinateur portable et c’est tout. On a passé de super moments, j’ai passé beaucoup de temps dans ma chambre d’hôtel pour écrire, bosser sur des idées. J’étais libre de prendre mon temps, d’habitude dans un studio, je suis putain de pressé d’en foutre le camp. Lorsque que je suis dans ma chambre d’hôtel, je traine, j’ai l’esprit tranquille : « qu’est-ce qui ne va pas dans cette partie ? », « laisse-moi la refaire » ou « cette mélodie pourrait être meilleure ». J’ai eu du temps pour tout vérifier, chose que je n’avais jamais réellement faite auparavant. Pour tous les autres albums, c’était : « ok, voilà la mélodie, allez, c’est parti, boum, boum, boum et c’est fini ». « C’est bon, n’y pense pas ». Cette fois j’y ai pensé.

Parle-nous du dvd, qui contient le concert « crop circle ». Comment avez-vous eu cette idée, comment était le concert en lui-même? Y’a-t-il des anecdotes marrantes?


Dans la version deluxe, nous avons inclus le dvd où nous jouons dans un crop circle. L’idée nous vient de Live at Pompeii des Pink Floyd et nous nous sommes toujours demandés où nous pouvions faire ça. On était parti pour faire ça à Easter Island, nous avions plein d’idées puis tout s’est mis en place quand nous avons fait Korn III. On a eu l’idée quand nous avons vu l’artwork d’ « Oildale», c’était comme un R en crop circle dans un champ. Nous nous sommes dit : «on va le faire à Bakersfield, il y plein de champs de blé là-bas, on va faire un crop circle géant et on va jouer là-dedans ». Le crop circle mesurait quasiment 300 mètres, des circle-makers sont venu du Royaume-Uni. Ça a pris deux jours, il faisait pas loin de 40°, ça a été violent de tout mettre en place et de ne pas niquer leur crop circle. Et ce fut brutal de jouer ! On avait un budget très limité et on a dû se battre contre la lumière du jour et la nuit. On a eu un hélicoptère, c’était dingue. Le résultat était vraiment étrange et inquiétant. Nous nous sommes vraiment amusés en faisant ça. Après, il y a aussi des interviews de nous, puis nous l’avons réédité pour mettre un peu de making-of de l’album, je crois que c’est lorsque je suis avec 12th Planet et quand tout le groupe parle de l’album, c’est un dvd qui est vraiment cool, vous devriez vous le procurer.

Jeanvaljean (Décembre 2011)

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Commentaires

daftsharkLe Vendredi 30 décembre 2011 à 20H02

chouette interview. c'est bien qu'ils expérimentent, ça évite de tourner en rond et de finir oublié. Perso j'apprécie certaines mais pas tout l'album

SacripanLe Jeudi 29 décembre 2011 à 00H51

Merci pour l'interview. Bien intéressant

KotLLe Mercredi 28 décembre 2011 à 14H31

Interview intéressante, on sent qu'ils ont bossé le truc "à l'ancienne".

Après pour les morceaux en eux-mêmes, je sais pas, à la fois c'est bien, innovant et tout, à la fois on sent un vieux feeling de quand ils se tâtaient de faire des expérimentations, de bonnes idées mais des faiblesses je trouve (surtout les lignes de chant, un peu "culcul facile" à mon gout).

On verra bien.

BacteriesLe Mercredi 28 décembre 2011 à 13H11

@Plunk : oui (ce n'est pas exceptionnel, au cas ou), sauf qu'on a trouvé l'interview plutôt bien, mais on préfère le préciser.

PlunkLe Mercredi 28 décembre 2011 à 11H44

Une interview générique ? Hahaha !!!