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Interview Fredrik Akesson d'Opeth le 04/04/08 - Paris

Bonjour Fredrik, tout d'abord quand as-tu rejoins Opeth?

En mai 2007, et pour l'album Watershed, j'avais juste fait un concert en Finlande avant.

Qui es-tu, peux tu te présenter à nous pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas trop?

Mike m'a vu jouer dans un pub à Stockholm, où je vis tout comme lui et je jouais des reprises de King Diamond et de Judas Priest et d'autres groupes classiques du heavy metal, comme Metallica. Il a aimé ma façon de jouer. Avec Arch Enemy on a tourné aux Etats-Unis avec Opeth, DHG, Overkill et Megadeth par la suite. Pendant la tournée, j'étais souvent dans le bus avec Opeth, j'aimais bien l'atmosphère, tout le monde était vraiment très cool dans le groupe. Puis en janvier 2007, Mike m'a auditionné secrètement en me demandant de lui montrer quelques techniques de guitare. Il m'a dit "tu peux jouer ça? Et ça?" et je suppose que je pouvais (rires). Après, j'ai de nouveau tourné avec Arch Enemy en février, et puis Mike m'a rappelé en avril pour me proposer de rejoindre le groupe, et j'ai accepté évidemment.

J'imagine que pour toi, c'était un peu comme pour Jason Newsted quand il a rejoint Metallica? 

Oui, absolument. J'étais déjà un énorme fan de leur musique, j'achetais les disques. Pour moi, accepter, ce n'était pas une question d'argent, mais de passion pour la musique.

Ce doit être assez différent de jouer pour Opeth, pas seulement du fait de la complexité musicale, mais aussi des sentiments exprimés et de l'atmosphère générale, n'est-ce pas?

Les chansons sont évidemment plus progressives, plus longues et davantage dramatiques dans leur construction ce qui fait que pour moi ça rendait les choses intéressantes, comme un challenge au moment de rejoindre le groupe. C'est une des bonnes choses qui sont advenues, le fait d'améliorer mon jeu de guitares, avec davantage de techniques (picking).

Sur Watershed, il y a quelque chose de vraiment très progressif et psychédélique façon 70's, qui m'a pour ma part rappelé Orchid et Morning Rise, musicalement, et une atmosphère romantique, peut-être plus dans l'esprit de Still Life. Pour ma part je l'ai préféré à Ghost Reveries. Je l'ai trouvé assez frais et en même temps dans ce qu'on peut attendre de mieux du groupe.

Merci, c'est cool. Je pense que c'est un disque qui exige beaucoup d'attention de la part de l'auditeur, et tu peux l'écouter une centaine de fois sans t'ennuyer, parce qu'il y a plein de choses intéressantes à découvrir. On a utilisé un orgue d'église sur l'un des morceaux par exemple. L'artwork renvoie à un certain sentiment d'isolement, je ne peux pas t'en dire plus, je n'ai pas encore vu ceux du livret, mais c'est le recueillement. Le titre  Watershed c'est un peu comme un nouveau départ. L'album sortira dans une version double-album avec des morceaux inédits, deux reprises et une chanson bonus, Dialect Earth.

Peux tu revenir sur le processus d'enregistrement, quelles étaient les intentions de Mike, ce que tu as pu apporter?

Les choses sont venus assez naturellement. Mike était influencé par Scott Walker, et son album The Drift, un disque vraiment psycho, beaucoup de groupes obscurs de prog' des 70's, puis des groupes traditionnels de death comme Morbid Angel. Toutes les chansons ont été assemblées du mieux possible, on a répété plus d'un mois avant d'entrer dans les studios d'enregistrement. On voulait être capable de jouer live sans problèmes.

Vous êtes vraiment devenu un groupe avant d'entrer en studio finalement? 

Oui, je pense que c'est important de se sentir à l'aise pour pouvoir bien s'exprimer. Pour moi, en tant que nouveau membre, je me suis senti vraiment bien accueilli. MIke savait exactement ce qu'il voulait, et donc il pouvait se concentrer sur son jeu et son chant, les détails de production, et faire confiance aux autres musiciens. Il est vraiment très fort, très structuré, il m'impressionne beaucoup pour ça, il arrive avec des choses très complexes et ordonnées en peu de temps.

Concernant ton jeu de guitare. J'ai été positivement impressionné par ton solo sur le morceau Burden, assez proche d'un Michael Schenker grande époque (Scorpions), c'est quelqu'un qui t'a influencé? 

Oui, c'est celui qui m'a ouvert les yeux sur ce que je voulais faire quand je regardais les clips du Michael Schenker Band à la télévision suédoise dans les années 80. Quand j'ai commencé à jouer, ça m'a vraiment plongé dans la musique. Mike voulait quelque chose d'émotionnel. Richie Blackmore, Gary Moore et David Gilmour sont d'autres qui m'ont pas mal influencé. La musique d'Opeth a cette vibration à la Pink Floyd. Yngwie Malmsteen aussi, parce que ça m'a poussé à jouer beaucoup plus, jusqu'à 8 heures par jour. Et puis Mark Knopfler aussi. Paganini aussi m'a touché, dans un genre différent, la musique classique.

Il y a quelque chose de Dire Straits dans ton son sur Watershed je trouve.

Ah oui, c'est cool que tu me dises ça, et puis Gary Moore m'a amené à quelque chose de bluesy. Au niveau metal, Dimebag Darrell est quelqu'un qui m'a influencé aussi. J'essaye de ne pas abuser de la technique, pour moi le plus important c'est le ton donné, le sentiment que ton jeu va amener, pas forcément la vitesse.

Tu amènes d'ailleurs quelque chose de vraiment différent tout en conservant la touche Opeth, c'est assez intéressant à l'écoute. 

Les fans du groupe avait peur que je ne joue quelque chose de très poseur, rapide et sans intérêt pour eux. Genre "regardez comme je joue vite". Mais ça n'a jamais été mon intention.

A quoi peut-on s'attendre sur la prochaine tournée?
On a quelques dates au Royaume-Uni avant la sortie du disque. On jouera cet été aux Etats-Unis, avec Dream Theater, avec un set d'une heure et on intègrera les nouveaux morceaux au fur et à mesure, notamment pour le Summer Festival. Mais les chansons d'Opeth sont longues, on va devoir faire des choix.

Au fait, quelles était ta chanson favorite d'Opeth avant d'entrer dans le groupe?

C'est difficile, mais je dirais Black Water Park, Demon of The Fall. Et sur Ghost Reveries, l'une de mes préférées, The Baying of the Hounds.

Petite question supplémentaire, j'ai lu que tu étais fan d'AC/DC, tu peux m'en parler un peu? 

Oui, le premier disque que j'ai acheté c'était For Those About To Rock. Ma période préférée c'est celle avec Bon Scott, même si les deux premiers avec Brian Johnson, Back in Black et donc For Those About To Rock sont des classiques. J'étais aussi fan de Kiss quand j'étais gamin. Ca fait du bien d'écouter de vieux trucs de temps en temps. Et pour moi Malcolm Young est un guitariste rythmique extraordinaire, il ne reçoit pas assez de crédit pour ce qu'il fait.

 

L'attaché de presse de Roadrunner me signale à ce moment là que le temps imparti est écoulé. Une chouette rencontre donc, avec un musicien très sympathique et talentueux. Merci à Bérangère et Anabelle de Roadrunner, à Fredrik d'Opeth, et bien sûr à Eric alias Bactéries, le grand chef indien de ce site.

 

 


 

Angel O (Juin 2008)

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