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Streetlight Manifesto le 15/01/08, Paris (Nouveau Casino)

Rencontre avec le leader du combo ska-punk, Streetlight Manifesto, dans un pub tout juste collé au Nouveau Casino. La pluie s’abat doucement sur la rue Oberkampf, ça sent le kebab et la picon bière.

 

Salut Thomas, comment ça va ? Comment c’était hier à Lyon?
Cool, c’était la première date de la tournée européenne, on a rejoint Reel Big Fish qui ont déjà fait 3 ou 4 dates. C’était au Ninkasi Kao, un club assez petit.. mais très bien. Peut-être 100 ou 150 personnes. C’était chaud en fait, on a fini notre concert samedi à New York, puis on a prit l’avion, on est arrivé à Londres, on a dormi par terre, et hop on est parti pour Paris, puis direction Lyon, puis on remonte sur Paris aujourd’hui.

Tout ça avec Reel Big Fish ?
Non, on les a rejoint à Lyon, je crois qu’ils jouaient en Suisse la veille. Nous on finissait notre tournée américaine.

Tu es satisfait du nouvel album, quatre ans après le premier ? Il fut facile à écrire ?
Oui ! Définitivement. Mais tu sais rien n’est facile à écrire, ça prend du temps souvent, en particulier quand tu es perfectionniste comme moi. Je laisse rien sortir tant que je suis pas satisfait du truc. En même temps, on a jamais eu d’obligation ou de pression extérieure, je ne pourrais pas travailler comme ça. On est jamais tombé sous la pression des fans ou de n’importe qui. On prend le temps dont on a besoin. On nous demandait tout le temps « Où est votre nouvel album ? Où est votre nouvel album ? », je finissais par répondre…qu’il vaut mieux attendre un peu plus longtemps et ne pas être déçu par la galette….et je crois qu’on a fait le bon choix.

Mais vous n’avez enregistré que 10 chansons ou beaucoup plus ?
Hehe, on a d’autres chansons, j’ai plein d’autres chansons, on a toujours plein d’autres chansons, mais pas abouties. Et puis on a décidé de sortir un Cd avec 10 chansons, pour différentes raisons, notamment en regard de l’industrie musicale, mais surtout ses 10 chansons sont cohérentes, autour d’un thème, d’une approche, que je ne développerai pas ici, parce que très personnelle. Certaines personnes peuvent comprendre, d’autre peuvent interpréter différemment, c’est ça aussi qui m’intéresse, les différents niveaux de lecture. C’est « open ». C’est ambigu. Mais c’est aussi en référence à ma vie. Dans Streetlight Manifesto, on n’écrit jamais sur ce que c’est qu’« être un groupe », « tourner » « picoler dans des teufs » ou sur « la plage », on est plutôt « écriture personnelle et intime ». Pour revenir à ce que tu me demandais, je pense que certaines chansons qu’on a pas utilisées finiront dans Bandits Of The Acoustic Revolution, mais aussi dans le prochain Streetlight Manifesto, mais on fera pas attendre quatre ans cette fois-ci, promis (rire).

Comment se passe la composition? Vous mettez toutes les compos que vous avez ou vous sélectionnez, ou vous avez pleins d’idées, et vous creusez certaines ?
A la base, je fais des trucs acoustiques, une voix, une guitare et on apporte ça sur la table, et le batteur trouve ses trucs, les cuivres composent par dessus, la basse idem.

Comment réagit le public à vos nouvelles compos, vous jouez beaucoup de nouveaux morceaux ? Certaines parties sont extrêmement techniques ?
Potentiellement, on peut tout jouer du nouvel album, mais on a pas encore testé tout. Certaines parties sont assez techniques, effectivement, on a un nouveau trompettiste d’ailleurs qui était dans la même école de musique que notre saxo, que notre tromboniste et que notre bassiste. En concert, généralement, on fait moitié-moitié avec le premier album. Mais ça dépend des soirs en fait.

D’après toi, quel est le point fort de l’album?
Haha, je peux pas répondre à ça, c’est comme demander si tu préfères ton père ou ta mère. Ce que je peux dire par contre, c’est que c’est le premier album que je peux écouter après sa sortie. D’habitude, je passe tellement de temps dessus, à composer, enregistrer, en studio, à mixer, masteriser etc, que quand ça sort, je n’écoute plus l’album. Là, je peux encore l’écouter. C’est bon signe je crois.

Et son point faible ?
Le point faible de l’album… quand j’écoute l’album, j’entends plein de petits trucs qui me titillent l’oreille…des petits trucs techniques disons, que personne ne peut vraiment entendre. Sinon, parfois, je me dis qu’on aurait pu mettre une chanson en plus…ouais.

C’est comme Weezer…ils écrivent 300 chansons et n’en mettent que 10…
Exactement, y’a un peu de ça…on a pensé à Weezer un peu. Si tu mets les meilleures, c’est bien.

Parlons maintenant de l’artwork, et de votre premier video clip. Tu sembles assez préoccupé par le côté visuel, artistique autant que musical, en définitive. Ces choses viennent probablement de ta formation au Savannah College of Art and Design. D’autant plus qu’on sent bien que tu intègres de nombreux côtés « arty ». Vous reprenez du Brahms, vous utilisez du violon, les vidéos clip ressemblent un peu à des choses de Michel Gondry en rapport avec l’univers enfantin et bricolé…
Oh, cool que tu dises ça, je suis un grand fan de Gondry. Le label nous avait demandé à la base, de faire un clip où on nous voyait dedans, genre, maquillé, les spotlights sur nous et chanter en playback nos propres chansons, etc., ça nous intéressait pas trop trop d’être des marionnettes. Donc, on a essayé de faire par nous-même, on leur a expliqué que ça coûterait beaucoup moins d’argent (1/3 du budget) que de faire leurs conneries, et on y est arrivé grâce à Gal Shkedi (le clip). Et on est super heureux du résultat ! Evidemment, certains regrettent de pas nous voir dans le clip, tant pis. Je suis particulièrement intéressé et préoccupé par le travail graphique, visuel et musical. Chaque élément a une importance égale.

Tu connaissais déjà Reel Big Fish avant cette tournée?
Oui, on les avait déjà vu, entendu, rencontré, on a fait plusieurs tournées avec Less Than Jake, RBF, Big D…mais pour tout dire, je préfère quand on joue avec d’autres groupes d’un genre différent…sinon, y’a trop de cuivres, trop de ska, trop longtemps. C’est pour ça par exemple, que j’aime bien les festivals où y’a des groupes punk qui succèdent à des groupes de hip-hop, j’aime bien écouter d’autres choses.
Tu sais en fait j’écoute pas trop de groupe ska, ni punk, je lis pas les interviews, les chroniques de CD, je regarde pas la télévision, j’écoute pas trop la radio; quand on finit une tournée, j’ai envie de faire plein de chose, sauf des trucs en rapport avec la musique…

Bon, allons-y pour quelques questions un peu polémiques. Comment peut-on être d’accord pour réenregistrer un chef d’œuvre comme « Keasbay Night » ? Et dans quelle condition ?
Victory Records a vu que Streetlight Manifesto était en train de monter monter, et Catch22 perdait pas mal de fan, et Victory s’est dit « Si on ressortait Keasbay Night avec des vidéos en plus, pour relancer Catch22 ?». Les gars du label m’ont demandé si ça m’intéresserait de faire l’artwork de la pochette. Mais entre moi et Catch22 ça allait pas trop trop bien, parce qu’ils étaient encore un peu énervé que je sois parti et que je monte un autre groupe après avoir achevé mes études. J’ai di « bof bof », mais par contre, si vous voulez vraiment réenregistrer l’album, je le fais avec mon groupe, Streetlight Manifesto. De toute façon, il n’y avait quasiment aucun budget. Et on l’a fait. Mais si ça n’avait tenu qu’a moi, personne n’aurait réenregistré cet album. Aujourd’hui, y’a plus de souci. Kevin, le trompettiste de Catch22, est notre bookeur pour les concerts aux States.

Question classique, concernant les tensions entre Streetlight Manifesto et Catch22. Est-ce que c’est vrai que si tu chantes "If you hate me so much then stop singing my songs" ("Si vous me haïssez tant, arrêtez de chanter mes chansons?) dans « A Moment of Silence », c’est à l’attention de tes anciens collègues ? Et crois-tu que dans le livret de « Dinosaur Sounds », sur l’instrumental « So Cold », ils t’ont écrit une sorte de réponse… "I can't believe you're still mad about that, I can't believe you're still living in the past" ("Je ne peux pas croire que tu sois encore vexé pour ça, je ne peux pas croire que tu vives encore dans le passé")… Alors…tu peux nous éclairer ?
Je pense que c’est assez clair, non? Mais c’est bon, ça date d'il y a 5 ou 6 ans…aujourd’hui, tout va bien.

Combien d’instruments sais-tu jouer ?
Un seul… Bon, ok, je peux chanter, jouer de la guitare et un peu de piano…mais la guitare c’est mon bébé. Dans Streetlight Manifesto, on est assez intéressé par la musique, par la musique au sens propre du terme. Jim (Conti) est le plus démonstratif musicalement, et le plus créatif artistiquement. En plus, pour Somewhere in the Between, il fait de très belles harmonies dans les aigus. C’est bizarre d’ailleurs, car il est là depuis le début, et j’avais aucune idée de ce qu’il pouvait donner.

Tu ferais quoi si tu n’étais pas musicien?
Artiste.

Bon, venons-en à Bandits Of The Acoustic Revolution? Ça en est où?
On était pas mal occupé par Streetlight Manifesto, mais à la prochaine ouverture, on va en studio, et on enregistre un vrai premier album. On a plein plein d’idées ! Mais rien sera facile, je suis perfectionniste comme je t’ai dit, et là, avec BOTAR, c’est encore pire que tout, je suis très attentif à la musique qu’on enregistre…

Quel genre de groupes tu écoutes en ce moment?
En ce moment j’écoute Grand Buffet, System of A Down, The Stitch Up (produit par le label de Thomas Kalnoky, Pentimento Music), j’écoute pas mal de Hip-Hop ou de hardcore aussi. On écoute aussi du Jazz dans le van mais pas mal de soupe aussi, c’est relaxant. J’aime bien Iron and Wine aussi, un truc acoustique indé, parce qu’on gueule beaucoup en tournée, sur scène, et ça fait du bien d’entendre de la bonne pop indé parfois.

Le dernier concert que tu as vu, qui n’était pas avec Streetlight Manifesto? 
Je ne vais pas voir de concert. Je suis assez casanier en fait. Quand je ne joue pas avec Streetlight Manifesto, j’habite près d’un lac, avec ma copine, et je fais du Kayak, des ballades en montagne, de l’escalade, des randonnées, etc.. Je ne vais pas dans les bars, je ne fume pas, je ne sors pas trop. J’écoute pas tant de groupes d’aujourd’hui, en fait.

Le meilleur groupe de tous les temps?
Nirvana…non, les Beatles. Ce qu’ils font semble si simple, mais quand tu écoutes un peu plus attentivement, c’est très bien trouvé, et beaucoup plus compliqué que ce qu’on croit. Y’a pas mal de niveaux de lecture, d’écoutes, et ça, ça me plait particulièrement. Tout le monde y a accès, mais certains entendent plus loin.

Le premier CD que tu as acheté?
Ned’s Atomic Dustbin un groupe britannique…j’avais 8 ou 9 ans, 10 ans maxi, ils avaient je crois 2 ou 3 bassistes.

Jouons à « Association de mot » :
Smiles for Macavity (nom du premier album de Gimp, son premier groupe)
Hmmmm, college, lycée, jeunesse, adolescence. C’est mon premier groupe, on avait 14 ans, mais tu sais c’est embarrassant ça, de trouver ces chansons sur internet, c’est comme si quelqu’un mettait à la vue de tout le monde, des photos de toi, à l’âge de 14 ans…et toi t’es là…. « bouhhhh. je voulais plus entendre ça ! »

Barack Obama
Je ne parle pas trop de politique, ce que je peux te dire, c’est qu’aux USA, beaucoup de gens attendent la fin du mandat de Georges Bush.

Kevin Gunther (trompettiste de Catch22 et Booker pour SM)
Mon ami, mon ami d’enfance.

"The Receiving End of it All", c’est une de vos meilleures chansons…
C’est une ancienne chanson, mais elle allait pas sur Everything goes numb, donc, on l’avait mis de côté, et sur le nouvel album, elle était parfaite.

"Robbery in Paris"
Arrrrgh. "Enculé !". Mais tu sais ça n’a rien a voir avec Paris, j’étais amoureux de Paris avant, et je suis toujours amoureux de Paris, chaque été avant le groupe, je me baladais en Europe c’est une ville formidable…et il y a des conards partout, donc, tu sais…

Dernière question, tes resolutions pour 2008?
Je fais pas ce genre de truc. Je ne fais aucune promesse à moi-même.

Merci Thomas, et bon concert.
Merci à toi, Yul.

Yul (Février 2008)

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