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Billy Talent le 22/02/07- Paris (Elysée Montmartre)

[...] 13h et demi. Un soleil radieux bourgeonne à la sortie du métro Anvers qui annonce les prémices du Printemps. A peine la dernière marche franchie, accompagné de la douce Akané, j’aperçois Jonathan Gallant et Ian D’Sa respectivement bassiste et guitariste de Billy Talent en train de se prendre en photo dans les ruelles du bas de Montmartre. Rencontre fortuite mais qui tombe à point nommé puisque nous devions nous retrouver pour l'interview. Compte-rendu de la discussion avec des types vraiment sympathiques pour qui le succès n’est pas monté à la tête...

Métalorgie : Votre groupe Billy Talent connaît actuellement un immense succès dans votre pays au Canada. Qu’en est-il de l’Europe ? Ressentez-vous un grand engouement ?
Jon : Oui, c’est vrai qu’on est très content de ce qui nous arrive au Canada, mais on a pas trop à se plaindre non plus pour ce qui concerne l’Europe. On est par exemple extrêmement bien accueilli en Allemagne qui est un pays où on a tourné dès le début et qui nous supporte fortement depuis.
Finalement, on a certainement plus de succès ici qu’aux Etats-Unis où notre musique a du mal à s’implanter du fait d’une tradition plus portée vers le pop rock ou la country.

Métalorgie : Avez-vous une approche différente vis à vis du publique en Europe par rapport à l’Amérique du Nord du fait de possibles différences culturelles ?
Jon :
Hum… Oui et non. D’un côté, c’est vrai que la foule réagit parfois différemment. On constate une réaction certainement plus sobre de la part des fans, mais également des traditions propres à l’Europe comme cette manière de taper dans les mains si particulière. D’un autre côté, on maintient un contact et une approche similaire. On reste les mêmes intérieurement, on joue la même musique donc fatalement on fait passer le même message. Et puis, en Europe, on sait que beaucoup de personnes comprennent l’anglais donc on se dit qu'on a pas à se priver dans nos discours ou nos paroles.

Métalorgie : Et de manière globale alors, qu’elle est votre ressenti sur l’Europe ? Avez-vous le temps de visiter ?
Ian : On commence à avoir pas mal de bons souvenirs de l’Europe vu que ça fait plusieurs fois qu’on vient. On se sent beaucoup d’affinités avec l’Allemagne. Le mode des vies, les gens. J’aime beaucoup les villes de Cologne et Hambourg. Faut dire aussi que c’est les villes qu’on a le plus vu (rires). On a fait beaucoup l’Angleterre également, et là on s’apprête à faire l’Autriche et la Suisse qu’on connaît pas et qu’on a hâte de découvrir.
Jon (enthousiaste) : Pour cette année, on va avoir la chance d'explorer un peu plus la France également avec deux dates hors Paris : Strasbourg et Marseille. On a un excellent souvenir du dernier concert à Paris au Batofar. Petite salle mais grosse ambiance, bonne communion avec le public, c’était vraiment la folie. Mais c’est clair qu’en revanche, on aimerait avoir plus de temps pour visiter. D’ailleurs tu sais comment te rendre au Moulin Rouge d’ici ?
S’en suit un petit interlude sur le célèbre cabaret, Toulouse- Lautrec, puis Van Gogh.

Métalorgie : Je vois que vous appréciez la culture française (même si Van Gogh est de nationalité néerlandaise). Est-ce que vous écoutez un peu de punk rock français ou du moins en connaissez-vous?
Jon
: Non, je t’avoue que je n'en connais pas venant de France, en revanche, on apprécie certains groupes francophones qui viennent du Québec : les Saintes Catherines par exemple ou As Fall Comes.

Métalorgie : Concernant votre musique à vous, on peut considérer aujourd’hui que Billy Talent joue un rock à la croisée des chemins pop, punk, hard. Est-ce là un choix délibéré de mélanger des genres pour créer quelque choses d’inédit ou s’agit-il du reflet de vos influences diverses ?
Ian : On joue ensemble depuis 93 et dès le début en se regroupant humainement, on a regroupé nos influences. Chacun a beaucoup fait écouter aux autres les trucs qu’il appréciait afin qu’on ait un large horizon musical. Après c’est certain que dès l’origine, on a cherché à développer une spécificité musicale afin de sonner différemment de ce qu’on pouvait déjà entendre. 
A ce moment commence un check sound dans l'arrière fond. Très poliment Ian se lève et demande son report à plus tard afin de pouvoir finir l’interview dans de bonnes conditions histoire qu’on puisse s’entendre et continuer au calme.

Métalorgie : Est-ce que vous continuez justement à varier vos écoutes. Vous tournez sur quoi actuellement ?
Jon : Moi j’aime bien me couper un peu du monde musical dans lequel on évolue quotidiennement, ce qui fait qu’en ce moment par exemple je trippe essentiellement sur le thème musical de la trilogie du Parrain.
Ian : Un peu pareil pour moi, je tourne sur des choses assez éloignées de ce qu’on joue. Je me refais l’intégrale de Tom Waits ces temps-ci, certainement par besoin de calme.

Métalorgie : Pas d’Alexisonfire ? (rires). Ce sont vos compagnons du soir. Que pensez-vous du groupe et du dernier album ?
Jon : On est très proches, on les adore. Ca marche bien pour eux aussi, c’est super et Crisis est vraiment très bon.

Métalorgie : Honnêtement ? Selon moi, Crisis est quand même un ton en dessous que ce que le groupe avait pu faire auparavant notamment le Self Titled. Crisis me semble plus simpliste, plus calibré grand public.
Ian
: Non je trouve pas. Pour moi, il s’agît de leur meilleur album. On ressent plus de maturité.
Jon (acquiesçant) : Je trouve aussi. Il a plus d’identité et est plus travaillé.

Métalorgie : Est-ce qu’à côté de votre travail musical, vous cherchez à avoir un look spécifique ou une attitude singulière pour marquer les esprits ?
Ian : Non, c’est jamais quelque chose qui nous a préoccupés.

Métalorgie : Sincèrement ? Même pas la coupe de cheveux ?
Ian (rires) : C’est vrai qu’avec cette coupe, j'avoue qu'on me reconnaît dans la rue, enfin, surtout au Canada. D'ailleurs à certains concerts, j’ai aperçu des fans avec cette coupe, c’était marrant.
Jon : C’est pas quelque chose qui nous tient à cœur. D’ailleurs si tu regardes bien, on a tous des styles différents dans le groupe, mais globalement c’est souvent du très basic : jean, t-shirt ; basket…

Métalorgie : Concernant votre signature chez Atlantic Records, est-ce que cela a changé votre manière de travailler pour l’élaboration de Billy Talent II ? Est-ce que de la part d’un gros label vous avez subi des ingérences ou des directives afin de viser un public plus large ?
Ian
(catégorique) : Oh non, rien de tout cela. On a été complètement libres, aussi bien pour composer que pour enregistrer. Ils n’ont interféré en rien. A aucun moment on a changé nos méthodes de travail ou de fonctionnement.

Métalorgie : C’est important pour vous j’imagine car on vous sait justement impliqué dans la lutte contre le monopole des majors avec la Canadian Music Creators Coalition (CMCC) ? Pouvez expliquer le concept et son but à nos lecteurs ?
Jon
: La CMCC est une réunion d’artistes ayant pour but de lutter contre certains agissements des majors, comme la lutte contre le téléchargement ou la chasse aux pirates du net. C’est essentiel pour nous. La musique sur Internet représente aussi bien le présent que le futur de la création artistique et musicale. Ce qui nous importe avant tout, c’est que nos fans puissent écouter notre musique. La CMCC a ainsi pour but de faire entendre sa voix afin que myspace ou les blogs Internet de musique puissent continuer à exister et qu'on en soit pas réduit à une source unique qui fournirait et dicterait ce qu'elle seule décide qu'on puisse écouter.
Ian : Oui on est très concerné par toutes ces questions. Moi même, j’ai une page myspace où je diffuse des jeunes groupes afin de leur donner un coup de pouce. Souvent des groupes locaux que j’apprécie, qui ont du talent, mais pas toujours de vitrines médiatiques. On ne veut pas que les labels finissent par nous priver de tout ça.

Métalorgie : Chose appréciable, on vous sait aussi impliqués dans des associations pour la protection de la Jeunesse ou dans la lutte contre la sclérose en plaque.
Ian
: Oui, oui... Aaron (NDLR: le batteur) est atteint de cette maladie, il est donc essentiel pour nous d’essayer d’apporter notre contribution à la lutte. On vend quelques bracelets pour collecter des fonds. J’en porte justement un (Dessus il est inscrit les initiales F.U.M.S : Fuck You Multiple Sclerosis). On cherche de la sorte à sensibiliser un maximum de monde. A côté, une fondation s’est mise en place avec un programme de bourse pour apporter un soutien financier aux enfants atteints ou aux membres de la famille.

Métalorgie : Merci pour votre disponiblité. On vous souhaite bonne chance pour les Juno Awards (récompenses musicales canadiennes) et pour le concert de ce soir.
Jon et Ian : Merci, et à la prochaine.

Turtle (Mars 2007)

Merci à Akane, collaboratrice sur l’interview, à No Fun, Djou, Amael et Jenny de Warner.

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