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Clara Griot, Monteuse Vidéo Par mail

Si vous avez vu le documentaire "A Night In Paris" sur Nothing ou encore le clip de Colision, vous avez vu sans le savoir le travail de Clara Griot, monteuse de clips / documentaires.

Hello Clara ! J’espère que tu vas bien, merci pour ton temps et pour avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter rapidement ?

Hello, je m’appelle Clara, j’ai 27 ans, je filme et monte des clips et des documentaires depuis quelques années, à Paris.

Avec quel matériel travailles-tu (pour tourner, monter…) ?

Pour filmer, j’aime être légère pour réagir vite, donc je bosse avec des Sony Alpha 3, parfois avec une caméra plus grosse, la Sony FX6, sur des gros tournages documentaires. Pour monter, je viens de casser la tirelire pour m’offrir un Mac Studio. Avant, je montais sur mon macbook pro portable, mais après cinq ans d’activité, je me suis dit qu’il était temps d’avoir une vraie station de montage.

Tu avais participé à la vidéo pour Hardcore Cares, organisé par Clément D., avec un hommage au clip de Touché Amoré. Comment t’es-tu retrouvée associée au projet (lien) ?

J’ai rencontré Clément au Supersonic, quand ils organisaient leurs concerts sur la terrasse du Trabendo, covid oblige. On se suivait sur les réseaux depuis longtemps, mais on n’avait jamais pris le temps de vraiment se rencontrer. Puis il a déménagé près de chez moi et on est devenus proches. Quand le clip de Reminders de Touché Amoré est sorti, on blaguait en se disant qu’Archie, le chat de Clément, aurait dû être dedans. Et puis tu connais, tu bois une bière et la blague devient un vrai projet. Même si c’est une “petite vidéo”, j’admire beaucoup Clément pour l’avoir porté jusqu’au bout. À ce jour, c’est toujours l’un des projets que j’ai préféré faire en musique. Trop de bonnes vibes.



Quelle a été la réalisation que tu as pris le plus de plaisir à faire ?

Récemment, je pense que c’est le clip Réveil Heureux de Park. C’est un projet regroupant Lysistrata et François And The Atlas Mountains, ils avaient besoin d’un monteur pour finir la vidéo. J’étais bloquée chez moi à cause du covid alors j’ai pu prendre le temps de tester plein d’effets, déstructurer les images. Les plans sont étranges mais bizarrement, ça marche super bien. J’étais un peu stressée au moment de montrer le résultat au groupe, mais tout s’est bien passé ! Il y a aussi une live-session avec Cosse qu’on a organisé en trois jours, parce qu’ils s’étaient fait planter. On a réussi à sortir une belle vidéo malgré toutes les contraintes, ça rend fier.

Lorsque tu t’es lancée dans ce domaine, est-ce que tu as fait des études pour cela ou est-ce une passion qui s’est transformée en travail ?

Un peu des deux ! Je voulais être journaliste musical à la base. J’ai fait un master en journalisme au CELSA, avec une alternance à France Télévisions. J’ai un peu bossé à BFMTV après et je me suis vite rendue compte que ça ne me plaisait pas. Donc je me suis orientée vers le documentaire en créant ma boite, PPC Productions, avec une amie du même master. La musique, ça a toujours été une passion, j’attendais juste l’opportunité pour bosser dedans !

Si on regarde la liste de tes travaux, on trouve des collaborations avec Epitath Records, Noise, AF Cortes ou différents clips. Est-ce que les artistes te contactent suite à certaines de tes réalisations ou es-tu en freelance pour le coup ?

Un peu des deux. En fin d’année 2020, j’avais très très envie de faire des clips. Et coup de chances, deux groupes m’ont contacté en même temps, Colision et Mur. Colision, c’était pour monter des images déjà tournées, et Mur, pour créer une vidéo de toute pièce à part d’images de chevaux. En plus, j’adore l'esthétique caméscope, années 90’s et c’était vraiment l’explosion de cette mode dans les clips à ce moment-là. Étonnamment, le clip de Colision m’a apporté BEAUCOUP de taff après, je crois que les gens l’ont bien aimé. Quant à AF Cortes, c’est un réalisateur de New York, il a mis une story en disant qu’il cherchait un monteur pour ses projets de documentaire, j’ai sauté sur l’occasion. Je l’ai aidé à finaliser des montages pour Quicksand et un documentaire sur la Noise à New-York. Maintenant, j’ai un petit book, donc je me permets de contacter des groupes directement. Mais je me rends compte qu’Instagram a un impact énorme dans la création de contact et de réseau, dans la vidéo et la musique, donc merci Mark Zuckerberg.

Tu as réalisé un mini documentaire sur Nothing, « A Day With Nothing In Paris » (lien - lien 2). Comment as-tu eu cette opportunité ?

C’est un peu ridicule, mais un jour, bourrée, j’ai commandé des claquettes Nothing qu’ils avaient sur leur merch. Quand je les ai reçu deux mois plus tard, pas à la bonne taille, avec 30€ de frais de douane, j’ai tweeté pour en rire. Domenic, le chanteur, a répondu, on s’est mis à discuter en MP. J’ai glissé que j’aimerai les filmer s’ils venaient à Paris, parce que c’est mon groupe de Shoegaze préféré et que leur esthétique est folle.
Quand ils ont annoncé leur tournée quelques mois plus tard, je l’ai recontacté et il était chaud. J’ai rarement vu un groupe aussi ouvert, ils m’ont vraiment accueillie comme si on se connaissait depuis longtemps, m’ont laissé mettre mon micro partout. À la base, c’était vraiment un projet perso, pour le plaisir, mais ils ont adoré et l’ont publié sur leurs réseaux. Honnêtement, j’en reviens toujours pas.

J’ai vu que tu avais un nouveau projet sur la scène Hardcore. Peux-tu nous en parler un peu ?

Comme le mini-docu sur Nothing, j’ai besoin d’avoir des projets persos pour équilibrer avec mon "vrai" travail (faire des documentaires pour la télé et bosser à France Télévisions en intermittence). C’est des projets où je me mets zéro pression, c’est juste pour le plaisir d’aller poser des questions à des gens, être créatif sans contraintes…
Vu l’effervescence de la scène Hardcore parisienne en ce moment, je pense qu’il y a un sujet à filmer. Aux États-Unis, il y a beaucoup de documentaires sur les scènes musicales de telle ou telle ville. J’ai envie de faire la même chose avec la ville ou j’ai grandi ! Pour l’instant j’ai juste un teaser, mais je vais commencer les tournages en septembre, j’espère le sortir au printemps prochain et organiser une projection. D’ailleurs, je cherche un diffuseur si jamais !



Tu as aussi fait du montage pour quelques pubs ou communications internes. Est-ce que c'est une partie différente de ton travail à tes yeux ? Et une approche différente ?

Je fais surtout ça en fait. La musique, ça représente environ un tiers de mon temps. Et même si je génère des revenus, c’est minime par rapport au temps que ça demande. Mais ça reste la même approche, filmer des documentaires, des pubs, des bandes-annonces… Cette année, mes deux gros projets ont été un documentaire de 52mn sur la pollution lumineuse pour Science&Vie TV et un 52min sur la politique climatique de la mairie d’Ivry. Même si j’adorerais que la musique prenne plus de place, c’est un milieu compliqué. J’ai un ami qui m’a dit récemment que la musique c’était "60% pénible pour 40% de plaisir" et je pense que c’est un ratio assez réaliste. Donc c’est bien d’avoir d’autres missions à côté.

On avait interviewé Fifu il y a quelques années (lien), qui avait suivi pas mal de groupes en tournée et de comment il était arrivé dans cette scène. Qu’est ce qui t’a donné envie de faire ca ? Et ce qui t’a amené à cette musique (plutôt orientée Hardcore) ?

Déjà j’adore le travail de Fifu, comme moi il bosse à France TV donc salut collègue.
Durant mon adolescence, j’étais surtout orientée Heavy Metal, Shoegaze et beaucoup de Rock japonais grâce ou à cause des animes. Un jour je suis tombée sur un album de Stick To Your Guns et ça a été une belle claque. Je n’ai jamais accompagné de groupes en tournée, mais j’aimerai beaucoup, c’est mon gros objectif à venir !

Peux tu nous parler un peu de tes coups de cœur musicaux (à part Turnstile) ?

Il y a d’autres groupes à part Turnstile ? Sérieusement, mon dernier gros coup cœur c’est Bambara, un groupe new yorkais de Post-Punk, avec des textes hyper personnels. Je conseille le morceau Little Wars. Sinon VVV[Trippin You], un groupe espagnol qui fait une espèce de Coldwave, très violence, très fin du monde, j'écoute en boucle.

Tu travailles chez PPC (Pierre Papier Ciseaux Productions). Peux-tu nous en parler un peu ? En quoi est-ce différent de ce que l’on peut retrouver sur ton travail perso ?

En fait, PPC Productions, c’est ma boite. On l’a monté avec Estelle Walton, une réalisatrice que j’ai rencontré en master journalisme. On a eu un vrai crush amical et professionnel, donc on a décidé de faire du documentaire ensemble. On est intermittentes, mais on avait besoin d’une structure pour facturer, donc on a créé PPC.
Ensemble, on fait du documentaire pour Science&Vie, France Télévisions… sur des sujets sociaux et scientifiques. Elle s’occupe de la réalisation et moi du montage et on filme ensemble.

Tu as fait un reportage avec PPC sur "La grosse vie de Marie", qui traite de la grossophobie (ainsi que d’autres reportages pour France Télévisions). Est-ce un sujet qui est lié à la scène Punk / Hardcore d’une certaine manière à tes yeux ? On y parle en effet souvent de tolérance, d'acceptation…

C’est marrant comme question, j’avais jamais abordé ça sous cet angle. Mais bien sûr, tous les sujets de discriminations sociales se recoupent. Je vous conseille de suivre Marie de Brauer sur Instagram si le sujet vous intéresse.

Si on parle un peu de la place des femmes dans le milieu de la vidéo, est-ce que tu constates une poids plus équitable ou est-ce, comme d’autres milieux, plus dominé par les hommes ?

Il y a clairement du mieux, mais on y est pas encore. En documentaire, il y a beaucoup de femmes, mais dans le milieu de la musique c’est vraiment un problème. On voit de plus en plus de femmes sur scène, dans le public, donc c’est amené à changer en vidéo aussi, mais ça ne se fera pas en restant passifs. Pour le documentaire que je prépare sur le Hardcore à Paris, j’essaye de mettre les femmes de la scène en avant, mais c’est vraiment un taff supplémentaire d’aller les chercher, vu le petit nombre par rapport aux hommes. En tout cas dans la musique, il y a de la place pour tout le monde, donc si tu es une femme, même débutante et que t’as envie de filmer, go ! Évidemment qu’il y a des regards pas agréables quand tu filmes, mais il y a surtout beaucoup d’enthousiasme et de soutien parmi le public et les organisateurs. Donc même si c’est avec un appareil pourri, le groupe pas fou de tes potes, monté sur un logiciel gratuit, posté sur ta chaîne youtube, on a besoin du regard des femmes sur ces scènes.

Je te laisse le mot de la fin et je te remercie pour ton temps.


Un grand merci si vous avez lu tout ça. Et si vous voulez m'emmener en tournée pour faire de la vidéo, je suis dispo !

Euka (Août 2022)
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