Yarotz Hellfest 2022

Yarotz, un des noms les moins connus présent dans le running-order du Hellfest 2022. Et pour cause : au moment de l'annonce de l'affiche en été 2021, le groupe n'a sorti ni album, ni EP, ni même un seul morceau ! Pourtant, on retrouve dans le groupe considéré comme "Post-Metal / Hardcore" originaire des Landes des membres plus connus, et même certains habitués. En effet, Yarotz est un power-trio dont deux des membres (Fabien - guitare et chant et Perdi - basse) sont aussi dans le groupe Junon, qui est le nouveau nom du groupe General Lee. Ils ont amené dans leurs bagages un petit jeune à la batterie : Enzo. En mars 2022 le groupe sort l'album Erinyes, et c'est une grosse claque dans la gueule. Bref, tout ça méritait bien quelques questions le vendredi 24 juin dans l'espace presse du Hellfest quelques heures après avoir ouvert la journée sur l'Altar.



Metalorgie : Bonjour Yarotz, je reconnais quelques têtes, pouvez-vous vous présenter quand-même svp ?
Fabien : Bonjour, on est Yarotz, groupe de Punk Hardcore / Post-Hardcore / Metal qui existe depuis 2020.

Quelle réaction après ce premier Hellfest ?
Fabien : C'était très cool, on est satisfaits de notre passage. Ça nous a vraiment surpris d'avoir autant d'énergie aussi tôt dans la journée.
Enzo : Le public a été incroyable et très réactif alors qu'il n'était que 11h !

Justement, pas trop dur de jouer à 11h ? Comment vous avez préparé le concert ?
Perdi : Ça fait 15 jours qu'on se réveille à 4h du matin pour se stimuler ! (rires) Non mais en fait c'est pas plus mal : on évite la période d'attente qu'on peut avoir sur des soirées normales. Quand on joue à 23h par exemple, c'est très fatigant, on doit se préserver les oreilles. Ici ça s'est fait naturellement, on était tout de suite dans l'ambiance. On a eu la chance de faire des balances pendant 1h, ce qui est assez confortable ici, c'était nickel !


Vous avez eu le temps de voir d'autres groupes ?
Fabien : Pas beaucoup, on a joué, puis on a rangé le matos, on a mangé, et on est passés vite fait voir Pogo Car Crash Control. Là on enchaîne sur les interviews. On s'est prévu un planning, mais pour plus tard dans la journée et sur le week-end.
Perdi : Notre priorité du week-end, c'est Metallica !
Enzo : Les Guns N' Roses aussi.
Fabien : Et Nine Inch Nails, que je vais enfin voir en live. Il y a Converge aussi, le projet "Bloodmoon". Là c'était que les "gros" noms, mais il y a aussi plein de petits groupes qu'on est curieux de découvrir en live.
 
Racontez-nous comment vous avez fait pour vous retrouver sur l'affiche du Hellfest alors que vous n'aviez aucun morceau, ni EP, ni album sorti à ce moment là ?!
Fabien : Le groupe a été accompagné pendant trois ans par le Département des Landes, avec comme parrain Christian Andreu de Gojira. Le groupe n'était pas connu du public, mais avait tourné auprès des professionnels. Ça a tapé dans l'oreille de la programmation du Hellfest.
Perdi : Si ça leur a tapé dans l'oreille, c'est aussi parce qu’on a fait une putain de pré-prod au Dome Studio à Angers chez les potes de Lyzanxia. On les remercie parce qu’ils ont taffé comme si c'était un album, alors qu'on avait juste quatre titres. On les a diffusés un peu partout et ça a tapé dans quelques oreilles.

D'ailleurs vous êtes passés directement par la case album sans même sortir un EP. Combien de temps avez-vous pris pour le composer et l'enregistrer ?
Perdi : Deux ans en tout. On a fait trois pré-prods, ensuite on a bossé à distance à cause du COVID.
Fabien : Pendant cette période, on n'avait pas de date, alors que c'est toujours très pratique de tester les morceaux en live, et prendre du recul sur sa musique. Comme on n'avait pas d'impératifs, on a pris notre temps. On n'avait pas envie de passer par la case de l'EP parce qu'on avait assez de matière. Pourquoi mettre des morceaux de côté si on peut tout mettre sur une galette ?

Avec le groupe Junon, vous faites référence à la mythologie romaine (reine des dieux et la reine du ciel, symbole de la maternité et de mariage), votre album Erinyes fait référence aux déesses de la Grèce antique. C'est quoi l'idée ?
Fabien : Depuis que je suis gamin, j'ai toujours aimé la mythologie. J'y reprends goût grâce à mes enfants qui s'y intéressent aussi. Très vite, les références à la mythologie ont parlé à tout le monde dans le groupe, ça fait partie de notre culture.

Les morceaux de l'album parlent d'injustice et de "retour de bâton" (Erinye est une déesse vengeresse). Est-ce que vous définiriez cet album comme un album concept ?
Fabien : Ce constat a été fait à la fin du processus, quand on a regardé tous nos titres : le sujet revenait systématiquement. . Sûrement grâce au côté "exutoire" de notre manière de composer. Et l'idée des déesses de la mythologie grecque est venue au moment de poser l'artwork. Ça n'a pas été conceptuel, ou plutôt, c'était conceptuel mais sans le vouloir.



Avouez que c'est parce que vous vouliez plein d'invités que vous n'êtes que trois dans le groupe. La preuve : vous avez collaboré avec Christian Andreu (Gojira) sur le morceau "Childish Anger".
Perdi : C'est vrai ! (rires)
Fabien : Comme on fait une musique assez percutante, frontale, c'est beaucoup plus facile d'être efficace à trois. Perdi et moi on connaît ça avec Junon : on est une petite équipe de handball et c'est pas toujours évident !
Enzo : En termes de cohésion, on arrive plus vite à trouver une identité, des idées communes et on prend les décisions très rapidement.

The Third Eye, Yarotz, General Lee, Junon... Vu que vous êtes des habitués aux changements de noms, pouvez-vous nous dire en exclusivité comment va s'appeler le groupe pour le prochain album ?!
Fabien : Ça sera Yarotz (rires) ! Plus sérieusement, concernant General Lee, ça faisait suite à un split qui a duré 5 ans, dont deux ans de pause musicale pour ma part. Je l'ai déjà expliqué auparavant. Concernant The Third Eye, à l'époque c'était vraiment un groupe en balbutiement, un "groupe du dimanche", sans prétention. J'habite dans le Sud-Ouest maintenant, c'est dur de trouver des affinités musicales avec les gens, surtout quand tu as 40 ans. Alors le line-up a changé : j'ai rappelé Perdi, ça fait 20 ans qu'on fait de la musique ensemble ! Et enfin Enzo est arrivé, le feeling est passé tout de suite. Ça n'avait plus aucun sens de continuer avec le nom "The Third Eye". On préférait redémarrer quelque chose librement, sans barrière.
Perdi : C'est simplement le début d'un autre projet, avec d'autres perspectives. Fermer une page, en ouvrir une autre.

Dernière question importante : vous êtes considéré comme un groupe des Landes, pourtant Fabien je me souviens t'avoir croisé avec une écharpe RC Lens autour du cou après un concert à L'Aéronef (Lille). Ça mérite des explications, non ? (rires)
Fabien (sur un ton grave) : Alors je faire une déclaration officielle : oui j'habite dans le sud-ouest, mais non je ne renie pas mes origines du Nord-Pas-de-Calais. J'ai beaucoup d'attaches là-bas : la famille, les potes. C'est toujours un plaisir de remonter, mais qu'est-ce que c'est fatigant ! Perdi est dans le même cas, c'est même lui le premier expatrié de General Lee.
Perdi : J'ai déménagé sur Nantes en 2010. Quand tu pars de ta région, tu n'oublies jamais les choses qui t'ont marqué. Et pour nous, c'est le RC Lens quoi ! (rires)

Du coup est-ce que vous avez le syndrome de l'accent du sud dans le sud et l'accent du nord dans le nord ?
Fabien (avec un délicieux accent ch'ti) : On l'a toudis ! Dès qu'on se voit l'accent du Nord revient. Même Enzo, qui vient de Dax (ndlr : dans les Landes donc), arrive à nous comprendre.
Enzo : Au début c'était compliqué quand-même !

Merci pour ce point géographique et footballistique, bon retour et à bientôt !

Fat (Juillet 2022)

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