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Red Fang Clisson, 2022

Dimanche après midi, après avoir joué devant une Valley noire de monde, nous avions rendez-vous avec Aaron Beam (Chant / Basse) et Maurice Bryan Giles (Guitare / Chant) de Red Fang nous ont rejoint à l’espace interview. En attendant qu’une salle se libère, nous avons eu une première prise de contact qui consistait à inventer des backgrounds aux photos représentants des artistes accrochées aux murs du couloir. Bien évidemment hors de question d’être sérieux. Juste le temps de briser la glace. On nous invite à rejoindre un box.

Aaron, Bryan, dans un premier temps, je tiens à vous remercier de ne pas avoir sorti un album qui ressemble à tous les autres. Est-ce qu’il était important pour vous d’avoir une production qui vous est propre ? Un mix brut, rien de trop transformé par ordinateur ?

Aaron : Je pense simplement que nous ne sommes pas assez talentueux musicalement en studio pour avoir quelque chose qui sonne aussi bien que tous les autres. Ceci dit, on ne prête pas attention à ce que font les autres, c’est notre propre esprit qui guide notre musique. Bryan peut être influencé par du Crystal Gayle, moi du Ty Segall par exemple et ce qui ressort de nous est un peu un amalgame bizarre de tout ceci.

Sur Arrows vous avez été un peu influencé par The Melvins aussi non ?

Bryan : J’ai déjà entendu parler de ces types…

Aaron : Ils me disent quelque chose oui…

Bryan : Evidemment, je suis fan des Melvins depuis que je suis tout petit, donc oui, c’est tout sauf une coïncidence s’il y a quelques similarités par ci, par là.

J’ai l’impression quand j’écoute votre musique que c’est comme si la tristesse personnifiée essayait d’être joyeuse et se donnait du mal pour y arriver en essayant de faire de la musique.

Aaron : je trouve que c’est une manière très poétique de décrire quatre mecs qui défoncent leurs instruments pour essayer quelque chose de bien en sorte. C’est bien, bien plus poétique de dire comme ça oui (rires).

Arrows est un album que vous avez écrit et enregistré chez vous, à la maison, avec Chris Funk (The Decemberists). A quoi ça ressemblait sur place ?

Aaron (à Bryan) : Tu t’en rappelles ?

Bryan (hésitant) : Euh... En fait si, travailler avec lui c’est vraiment peinard. Tu écoutes ce que tu as déjà enregistré, si tu as envie de faire un overdub à un endroit, ben tu le fais, tu veux rajouter des backings vocals, tu les rajoutes. On n’est pas contraints, tu sais, de s’occuper d’une seule piste, puis de ne plus jamais y toucher, on peut y revenir quand on veut, et c’est parfait pour moi parce que je suis quelqu’un de très dissipé, donc si le processus d’enregistrement n’est pas trop rigide ça me convient mieux.

Aaron : Comme on se connait depuis pas mal de temps, c’est plus simple, on n’a pas cette barrière d’incompréhension qu’il peut y avoir entre deux personnes qui pensent dire la même chose mais qui ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Savez-vous déjà si vous allez continuer par la suite les enregistrements maison ou si vous allez retourner en studio ?

Aaron : On ne se limite à rien, on a déjà enregistré littéralement chez David, dans des super studios avec de grands professionnels, donc qui sait ce qu’on fera par la suite...

Qu'est-ce que vous avez préféré ?

Aaron : C’est difficile, c’est comme tes enfants, tous les albums sont tous spéciaux à leur manière. A titre personnel, j’ai vraiment adoré la manière de travailler avec Ross Robinson. Rester à bosser tout un mois dans un studio est surement un luxe qu’on ne pourra plus jamais se permettre. Ceci dit, j’ai vraiment aimé faire chacun de nos albums chacun à leur manière.

Bryan : C’est pareil pour moi, je les aime tous, mais j’ai une affection particulière pour le premier album, parce qu’à l’époque on ne savait pas comment ce qu’on enregistrait aller rendre au final. Il y avait donc cette excitation de la curiosité, ces moments où tu ne sais pas trop comment faire, tu te jettes dans le vide tête baissée et quand tu écoutes le résultat, ça sonne bien. Il y a pourtant des titres que j’avais écrit et que j’ai découvert et apprécié d’une autre manière une fois enregistré. C’était très enrichissant ! Et c’était une nouvelle expérience à prendre donc forcement, elle a une place un peu privilégiée pour moi.

Quel est le groupe avec qui vous avez préféré tourner ?

Aaron : Je n’ai jamais tourné qu’avec Red Fang et un autre groupe. Red Fang est bien plus fun que mon ancien groupe qui s’appelait Ape Shape. Ceci dit c’était ma première tournée et c’était fun. Ce n’est pas ce que tu espérais, mais c’est ma réponse et je m’y tiens.

Ça me va parfaitement comme réponse.

Aaron : C’est une réponse foireuse, mais c’est bien plus facile que de vraiment choisir. Par contre Bryan lui va te répondre sérieusement, (le pointant du doigt) ahah !

Bryan : En vrai oui, je peux répondre, j’ai adoré tourner avec Big Business.

Aaron : Ah oui !

Bryan : Je suis évidemment un grand fan de ce groupe. Ils sont constamment en train d’évoluer musicalement et narrativement ils ont toujours été une grande source d’inspiration pour moi. Maintenant, ça fait longtemps qu’on les connait et qu’ils sont devenus des amis proches et je suis un de leur plus grand fan !

Aaron : en fait je peux t’en donner quatre ? Donc Bryan a déjà cité Big Business. Mastodon est un super groupe avec qui tourner parce qu’ils sont hyper sympa et on a vécu de bons moments. En plus, leurs fans sont bien réceptifs à notre musique, ça connecte bien. Russian Circles, parce que les mecs sont très drôles. Torche et Whores aussi et pour des raisons similaires et on a partagé de très bonnes dates avec eux.

Bryan : Il y avait Clutch aussi qui a été très important en plus pour moi.

Aaron : Ah, carrément !

Bryan : On ouvrait pour eux sur leur tournée et c’est la première fois qu’on a eu des grandes scènes où on jouait devant deux / trois mille personnes. Les mecs nous ont choisi pour les accompagner, nous ont montré comment il fallait faire et nous ont vraiment mis à l’aise. Je les remercierai toujours de nous avoir donné notre chance ! On n'était pourtant personne, mais ils nous ont fait confiance.

Vos clips sont vraiment de loin les meilleurs. Ça se passe comment ? C’est vous qui avez les idées et décidez de les tourner ensuite ?

Aaron : Non, on ne peut pas être crédité pour ça, l’espace de notre cerveau est alloué à créer la musique. Le mérite revient principalement au travail de deux personnes. Au début, c’était surtout le boulot de Whitey McConnaughy. Il faisait tout, l’écriture, la réalisation, filmer, éditer, un peu de tout et ensuite on a commencé à travailler avec un autre écrivain / directeur Ansel Wallenfang, en plus de Whitey. Ensuite, il y a aussi quelques personnes qui gravitent autour d’eux, mais ce sont les deux principaux artisans de nos vidéos.

Bryan : En général ils nous montrent des trucs et quand ça nous fait marrer, on dit : "allez, c’est bon, on va faire ça!". Et franchement, ils tapent très souvent dans le mille. Je ne sais pas comment ils font, ils partent d’une idée et ils passent par des milliers d’étapes et de contraintes pour les réaliser. Ils coordonnent des centaines de figurants, se démerdent pour trouver le bon cadre, les bons accessoires... Whaouh, ça me fascine à chaque fois.

Est-ce que Relapse Records a son mot à dire sur vos clips ? Par exemple de dire que vous allez trop loin ?

Bryan : Non, ils ne nous disent rien. Je vais t’expliquer : avec Relapse Records on a signé avec eux et ils nous on dit : "maintenant ce qu’on va faire, c’est qu’on va mettre ce contrat dans un tiroir et ne plus jamais y toucher.".

Aaron : C’est pour ça qu’ils ont oublié de nous payer ! (rires)

Bryan : On a des relations très amicales avec eux, ils nous laissent vraiment faire ce qu’on veut. En même temps, on n’est pas des Rock stars, on n’a pas de crises de folies destructrices. On ne voit même pas ce qu’on pourrait faire qui serait susceptible de les fâcher.

Aaron : Je me rappelle le tout premier clip qu’on ait tourné, Prehistoric Dog, on était sur un autre label : Sargent House.

Très bon label aussi.

Aaron : Très ! Le groupe de ma femme est d’ailleurs toujours signé chez eux.

Comment s’appelle le groupe de ta femme ?

Aaron : Ça s’appelle Helms Alee, ils viennent juste de finir leur tournée avec Russian Circles en fait et ils tournent avec les Melvins maintenant... Et donc, Cathy qui s’occupe du label, nous a signé après qu’on ait tourné le clip. Elle était un peu énervée qu’on ait mis toutes les cannettes de bières qu’on ait trouvées dans le clip. Elle nous a dit que si on avait attendu juste un tout petit peu, elle aurait pu avoir une tonne d’argent de la part d’une marque qui nous aurait sponsorisé. Mais nous on s’en foutait, ça aurait eu l’air stupide s’il n’y avait et qu’une seule marque de bière dans tout le clip. Ca se serait vu que ça aurait été du placement de produit et depuis on n’a jamais eu aucune participation à ce genre de choses, parce que ce n’est pas nous.

Vous trouvez 5 000$. Là, comme ça, qui n’appartiennent à personne, comment vous les dépenser ?

Bryan (après quelques instants de réflexion) : Des leçons de pilotage pour faire des cascades en voiture. J’adorerai être un cascadeur conducteur. Faire des tonneaux, des marches arrière à cent à l’heure, des dérapages contrôlés au frein à main, de la conduite de précision. J’ai essayé de chercher vers Portland, je n’ai rien trouvé.

Aaron : Avec 5 000$, tu te trouverais certainement un endroit.

Bryan : Une journée avec un pilote sur un circuit c’est 800$ et les leçons de cascades, je ne sais pas si ça existe sur Portland, mais un jour j’en ferai, c’est sûr.

Aaron : Moi ma réponse est facile, je rembourserai ma femme de tout l’argent qu’elle m’a avancé ces derniers temps. Ça m’éviterait de devoir prendre un vrai job pour payer mes dettes. C’est une réponse ennuyeuse, mais vraie.

Pour vous la meilleure chanson à écouter : en soirée ?

Aaron : Cette chanson de Lizzo qui fait bam bam bam badadada bam bam (NDLR : si vous avez une idée de ce que c’est, on veut bien que vous nous le dites)

Bryan : C’est pas les Black Eyed Peas ?

Aaron : Non, c’est Lizzo, tu connais ? Ecoute, elle est énorme !

Sous la douche ?

Bryan : Come Sail Away de Styx.

Aaron : Oh ouais ! Bon choix !

En voiture ?

Aaron : Stain de Nirvana

En famille ?

Bryan : Oof... (sur un ton un peu "sujet sensible")

Aaron : Ahah ! Je sais à qui tu penses.

Bryan : Hum... Non, attends : Bette Davis Eyes de Kim Carnes.

Aaron : Pour moi ce sera n’importe quelle chanson de No Means No, parce que ma femme et moi adorons No Means No.

Après avoir fumé ?

Bryan : n’importe laquelle de Catharsis ou sinon Guinnevere de Crosby, Stills, Nash And Young, c’est une super chanson qui m’obsède depuis longtemps.

Après avoir bu ?

Aaron : Heavy Shoes de Big business.

Quand tu es triste ?

Aaron : j’ai une réponse bizarre à ça qui est Dimash Kudaibergen, ça fait tout sortir chez moi.

En festival ?

Aaron : Rammstein !

Bryan : N’importe laquelle de Rammstein !

Aaron : Du Hast !

Bien, on arrive vers la fin, la suite c’est quoi pour vous ?

Aaron : On va partir en tournée aux Etats-Unis après. Là, on en a encore pour quelques semaines avec la tournée actuelle. Après on va se poser un peu pour commencer la préparation de morceaux pour le nouvel album, puis la tournée US et ensuite on écrira le reste de l’année.

Dernière question : on inverse les rôles, c’est vous qui allez poser une question aux lecteurs de Metalorgie.

Aaron : Metalorgie ? Genre vous couvrez du Metal et des orgies ?

(Oui, c’est ça ! (rires)

Aaron : Mais comment tu couvres une orgie ?

Tu vois Mike Breen qui commente la NBA ? Ben pareil, bang ! Ça rentre dans le fond !

Bryan : (rires) C’est comme dans le film Kentucky Fried Movie (Hamburger Film Sandwich en français) quand ils font l’olympiade du sexe, ça se tient.

Aaron : Quel est le meilleur nombre ?

Le meilleur nombre ?

Aaron : oui.

Bryan : Quelle est l’orgie la plus déprimante à laquelle vous ayez participé ?

Tu as déjà fait des orgies déprimantes toi ?

Bryan : Vous avez l’air calés, c’est pour ça que je te pose la question.

Aaron : Je me rappelle d’une expérience un peu déprimante avec une plante une fois, mais je ne vais pas la raconter.

Maxwell (Juillet 2022)

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Commentaires

RockaLe Mardi 12 juillet 2022 à 17H48

Excellente entrevue. Les mecs ont l'air d'avoir pris beaucoup de recul et de ne pas/plus se la jouer. J'avais adoré en live, j'espère les revoir un de ces 4.