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Hjelvik 9 décembre 2020 Skype

Les nombreuses mises à jour du logiciel ont été faites, la caméra est placée, les chats ont un tout nouveau carton pour jouer à l'étage, il semblerait que je vais avoir la paix pour faire l'interview.

Salut Erlend, comment ça va depuis la dernière fois où l’on s’est vu à Paris, il y a trois ans ? Tu étais en première partie de Metallica avec un autre groupe.

Erlend Hjelvik : Oui je me rappelle, ça va bien, il c'est passé pas mal de nouvelles choses depuis.

Tu as trouvé quelqu’un pour jouer avec toi à Advanced Heroquest ?

Mais non ! J’ai du vendre mes jeux Heroquest et Advanced Heroquest parce qu’ils prenaient la poussière, mais bon, je les avais acheté dans un marché aux puces pour dix couronnes, ça fait genre un euro, et je les ai vendu deux mille couronnes, donc j’ai quand même fait une affaire malgré tout.

Y a-t-il d’autres choses qui ont changé pour toi depuis trois ans ?

D’autres choses ? Laisse moi réfléchir, oui ! J’ai quitté mon ancien groupe et j’en ai lancé un nouveau qui s’appelle Hjelvik.

J’en ai entendu parler oui.

(rires) Un petit changement quoi.

Pourquoi est ce que ton nouveau groupe porte ton nom de famille ?

Je cherche à m’inscrire dans la lignée d’Ozzy OsbourneDanzig et Dio qui ont fait la même chose et c’est moi qui écrit toutes les musiques, les paroles et je suis le frontman, ça semblait logique. En plus c’est un groupe qui a pour thème les vikings, c’est donc normal qu’il porte mon nom.

Je me posais la question, parce que je connais tes gouts et la musique semblait te ressembler. Tu me confirmes donc que c’est bien toi qui compose tout ?

Oui, comme au tout début de Kvelertak. C’est un peu comme si je me réappropriais mon identité en quelque sorte avec ce groupe.

Ce n’est pas faux du coup de dire que ton album sonne très années 90 ?

C’est tout à fait juste, c’est la musique qui m’a toujours inspiré, ça et celle des années 80. Les grands groupes de musique de Heavy Metal de ces années là dont on vient de parler et des groupes de Black Metal comme Venom, Bathory ou plus dans les années 80, Mercyful Fate. Mes principales sources d’inspirations restent les groupes de Black Metal norvégiens et suédois des années 90 c’est vrai.

Par contre je ne savais pas que tu étais particulièrement fan d’Iron Maiden.

(rires) Je vois ou tu veux en venir. Comme j’ai dit l’autre jour, ce n’est pas mon groupe préféré, mais c’est surement un des meilleurs groupes. Je les ai vu genre huit fois et à chaque fois je suis époustouflé par leur performance live. Je dirai que c’est le meilleur groupe live au monde sans hésiter. Ceci dit, ce n’est pas un groupe que j’écoute quotidiennement, même si ça me correspond bien. J’aime bien écouter une fois de temps en temps leurs anciens albums, mais ça s’arrête là, je ne me définirai pas comme un grand fan d'Iron Maiden pour autant.

On est d’accord, tu leur as fait un clin d’œil appuyé sur le morceau Necromance ?

(rires) Oui. Je suis bien conscient qu’il y a une partie de la chanson qui ressemble fortement à Fear Of The Dark et j’en étais bien conscient au moment où je l’ai fait, mais c’est dans la tonalité de la chanson, c’est exactement ce qu’il me fallait à ce moment là et ça me permet de leur rendre hommage, donc pas de soucis la dessus.

Mon morceau préféré de Welcome To Hel est 12th Spell, mais elle me fait plutôt penser dans l’imaginaire à du RPG plutôt qu’au reste de l’album qui est plus dans le folklore norvégien. Tu vois ce que je veux dire ou j’ai faux là dessus ?

Je n’en sais trop rien, c’est clairement la chanson la plus evil de l’album. Pour moi elle m’évoque Slayer, Tormentor ou… je ne sais pas si tu connais ça, mais il y a une bande originale de science fiction nommée Rough The Worlds. Ca date du début 80 ou fin 70 peut être. Ils ont reçu un prix décerné par, je sais plus, George Lucas ou Steven Spielberg à l’époque.

Ah ? Non je ne connais pas, mais j’avais une référence cinématographique qui me venait également, je ne sais pas trop pourquoi, Season Of The Witch (Le Dernier des Templiers en VF) avec Ron Perlman et Nicolas Cage.

Ah non je ne connais pas, mais le titre a l’air cool, je me le note.

Qui sont tes musiciens ? Parce que je vois pas mal de noms français dans le groupe. Ce sont des amis que tu connaissais d’avant ou c’est Nuclear Blast Records, ton label, qui vous a mis en relation ?

Non, le groupe était déjà constitué et l’album déjà enregistré avant qu’on ne signe avec Nuclear Blast Records. Ce sont tous des amis maintenant, mais à l’époque je ne connaissais que Kevin Foley. Je l’ai rencontré alors qu’il était le batteur de Abbath. C’était en Norvège, il m’avait fait forte impression et c’est vraiment quelqu’un de bien. Un peu plus tard, je cherchais un batteur pour mon projet qui allait devenir Hjelvik et j’ai directement pensé à lui. Je suis allé voir sa page Facebook et dessus il était marqué qu’il cherchait un groupe, donc super timing, je l’ai contacté et voila, ça c’est fait direct. Il y a un autre Français dans le groupe, Alexis Lieu, avec qui Kevin jouait dans Benighted. Ce sont deux très bons amis et c’est Kevin qui me l’a présenté et qui l’a ajouté au line up du groupe, c’est un très bon bassiste. Ensuite il y a un Américain en la personne de Rob Steinway, il jouait auparavant dans Skeletor, du Heavy Metal typé 80 originaire de la région de Washington (NDLR : au moment ou Rob jouait dedans, soit approximativement vers le milieu de vie du groupe). Le seul que je connaissais vraiment avant ce projet c’était Kevin. Enfin, au moment où l’album a été écrit en fait, maintenant nous avons un autre membre, Norvégien comme moi et lui aussi je le connaissais d’avant. Son nom est Remi Andrè Nygård et vient d’un groupe qui s’appelle Inculter, du Thrash Metal de Bergen.

Avec deux Français dans ton groupe, as-tu appris un peu de français ?

(rires) Pas du tout ! Je connais juste les quelques mots que je connaissais d’avant, mais je suis persuadé que quand on pourra plus se côtoyer, par exemple en tournée, mon français va drastiquement s’améliorer.

Je suis curieux de savoir comment à été composé l’album. Tu disais tout à l’heure que c’est toi qui a tout composé, mais est ce que les autres membres ont eu leur mot à dire sur leurs parties ?

Oui, pour la batterie par exemple, j’ai créé des beats simple sur logiciel pour accompagner ce que je faisais et c’est ce que j’ai envoyé à Kevin pour qu’il ait l’idée globale du rendu que je voulais et en studio on a discuté de ses parties et il les a enregistrées. C’était la même chose pour Rob et Alexis, je leur ai envoyé mes pistes de démo et ils les ont réenregistrées et me les ont ré envoyées. En fait avant d’entrer en studio on avait déjà tout de prêt. C’est pour ça que ça a été vite. On a grosso modo mis deux heures à discuter sur le tempo qu’on allait fixer pour l’album, puis tout a été fait en à peine trois semaines.

La session de Portland c’est ça ?

Oui tout à fait.

Et comment ça c’est passé sur place ?

C’était très bien, en fait ma femme est américaine et originaire de cet endroit, donc on avait déjà un pied à terre sur place, juste a l’extérieur de Portland, ça nous a permis de s’aérer un peu et de quitter la Norvège quelques temps. Ensuite, on a choisi un endroit très cool du coin appelé The Hallowed Halls qui est une ancienne librairie qu’ils ont aménagée en studio et on a enregistré avec Justin Phelps qui a notamment enregistré des gens comme Paul Gilbert, Joe Satriani ou Poison Idea. C’était un privilège d’avoir pu bosser avec lui et bien fun de pouvoir enregistrer là bas.

Avec Hjelvik tes paroles sont partiellement en Norvégien et beaucoup en Anglais. Pour un groupe qui parle avant tout de la Norvège et de son histoire tu n’as pas l’impression d’avoir perdu quelque chose ?

Non, en fait au contraire je trouve que j’arrive à toucher plus de gens en chantant en anglais. Avant seulement, les Norvégiens comprenaient vraiment mes textes, les autres devait aller les traduire, principalement avec du google traduction et au final ils perdaient pas mal de l’essence du titre. Ce sont ces raisons qui m’ont poussé à chanter en anglais et j’en suis parfaitement ravi aujourd’hui. C’est aussi une manière pour moi encore une fois de rendre hommage au Black Metal norvégien des années 90, qui avait quelque chose du genre sept ou huit morceaux en anglais et deux ou trois en norvégien. Pour moi, c’est clair que c’est ce qu’il fallait faire.

L’album s’appelle Welcome To Hel, avec un seul L, c’est donc une référence a Helheim, l’enfer noroit, qui est décrit comme un endroit froid et sombre où vivent les morts. Cela fait surement référence à quelque chose mais à quoi ? La Norvège ? Notre monde ?

J’ai écrit ça bien avant qu’on entende parler du Covid, mais la raison pour laquelle j’ai choisi ce thème en particulier a plus à voir avec des évènements qui me sont personnels plus que des choses d’ordre général, dont notamment le fait de quitter mon ancien groupe et qu’on se soit un peu brouillé. Helheim... C’est l’endroit où tu vas si tu ne meurs pas sur un champ de bataille, pas d’une manière honorable en tout cas. Après, la chrétienté est passée par là et a un peu changé le sens de Helheim pour l’accommoder à leur croyance, mais à l’origine, Helheim est l’endroit où vont les gens normaux qui meurent, le commun des gens, ce n’était pas du tout vu comme quelque chose de mauvais par essence comme l’enfer (Hell chez les anglo saxons, qui ont de fait, fait l’amalgame avec Hel). Ensuite, pendant le Ragnarok, tout ceux qui sont à Hel viennent combattre pour l’affronter donc, ce n’est pas néfaste comme ils ont bien voulu le faire croire.

Donc, si je comprends bien, tu as vécu cette situation comme une disgrâce, quelqu’un qui n’était pas mort sur le champ de bataille et qui revient se venger ?

Oui, comme je t’ai dit, je me suis senti embrouillé par comment les choses se sont passées, je n’avais pas encore dit toutes les choses que j’avais à dire et c’est dans cette optique que j’ai démarré mon nouveau groupe. Ça et parce que je voulais en dire plus musicalement.

Sur la page web du groupe dans la section concerts il est écrit « Ready to Slay ». Tu sais quand tu pourras refaire quelques concerts ? Ca doit être compliqué de trouver des dates en ce moment non ?

Oui, j’ai vraiment hâte de pouvoir jouer live à nouveau. J’espère qu’on sera capable de jouer cet été, on a quelques festivals sur lesquels on est positionnés en Norvège et qu’on aimerait vraiment faire. On a d’autres choses déjà aussi, mais malheureusement je ne peux pas encore en parler pour tout un tas de raisons, mais ça se met en place concrètement, et j’espère être en mesure d’en parler bientôt.  Personnellement ça va faire deux ans et demi que je n’ai pas donné un concert et ça me ronge tellement ça me manque.

Est-ce que cette maladie a eu un impact sur les premiers jours du groupe ?

Oui, dans la mesure où on a enregistré sur la période de septembre 2019 et on a démarché Nuclear Blast Records quelques mois après, juste quand tout ce bordel avec le Covid s’est déclaré publiquement. Ça a rendu tout ce processus pénible et bien plus long que ce qu’il aurait du être, probablement de quelques mois, ce qui a décalé la sortie de l’album mais au final ça aurait vraiment pu être pire. Par exemple si on avait du se presser de terminer l’album pour le sortir tôt pour partir en tournée le plus rapidement possible et que tout ça ce soit déclaré à ce moment là. Là, ça aurait vraiment pu être très chiant. On est partis très tôt avec Nuclear Blast Records sur une stratégie de sortir l’album tardivement, on avait planifié novembre 2020 sans même savoir que toute cette saloperie durerait aussi longtemps, donc aucun stress de sortie, aucune peur de devoir reporter tout un tas de trucs, mais au contraire on avait le temps de bien faire les choses. Au final, ça se goupille pas trop mal parce qu’on commence à entrevoir les opportunités de pouvoir rejouer en live à peine quelques semaines après la sortie de Welcome To Hel.

Dernière question : C’est ton tour de poser une question au public et les réponses seront sur Metalorgie

La question évidente pour moi c’est « Est-ce que vous avez entendu mon nouvel album ? » et si la réponse est oui, pensez vous acheter l’album ou venir aux concerts quand ce sera possible ? Ou sinon rien qu’une chose simple que tout le monde peut faire, se serait de nous suivre sur Facebook ou Instagram, ça nous serait vraiment d’une grande aide. Mais il me tarde de revenir jouer en France.

Tu te rappelles la question que tu avais posée il y a trois ans ?

Non, vas-y, rappelle moi.

Tu avais demandé aux gens s’ils préféraient que le prochain Kvelertak soit plus lourd ou plus soft.

Ahah ! Ouais, ben c’est une question qui au final n’aura jamais de réponse, ou du moins ça n’a plus rien de pertinent, Mais ouais tiens, ce n’est pas une question bête, pour le prochain Hjelvik, vous voulez quoi ?

Un grand merci à Erlend pour sa bonne humeur et de s'être rendu disponible pour une interview. N'hésitez pas à lui répondre et à aller retrouver Hjelvik sur les réseaux sociaux.

Maxwell (Janvier 2021)

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