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Ovtrenoir par skype, 2020

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Dans les albums marquants de cette année 2020, on trouve le premier album d'OvtrenoirFields Of Fire est massif, sombre et mélodique. C'est une vraie réussite et il démontre un travail poussé et un engagement quant à sa création. Dans tous les cas nous sommes conquis et c'est pour cette raison que nous voulions nous entretenir avec William Lacalmontie (Guitare / Chant) à l'origine du projet. Et il a pas mal de choses intéressantes à dire à propos de ce Fields Of Fire qu'on vous invite très fortement à aller écouter.

Pour commencer, je vois Ovtrenoir comme ton projet musical à partir duquel d’autres musiciens et musiciennes se seraient greffés. Est-ce que c’est le cas ?

William Lacalmontie (Guitare / Chant) : Ca a été un peu le cas, au début, j'ai monté le projet seul fin 2013 / début 2014 sur la base de morceaux instrumentaux très downtempo, une espèce de Post-Rock très sombre et aquatique. Ces cinq morceaux-là, on les a testés avec Julien, le batteur, Angéline nous a rejoint à la basse et au final on s'est laissé la liberté de faire évoluer les choses et de rajouter de la saturation au fur et à mesure des répétitions. Ensuite, ça a viré Post-Metal, une sorte de dénomination commune qui nous rejoignait tous les trois dans nos goûts musicaux, parce qu'on écoutait beaucoup ce genre de musique à cette époque. Ce projet Post / instrumental a dérivé sur Ovtrenoir. C'est un peu moi qui suis à la base du line-up. Peu après, c'est Dehn Sora (Guitare) qui nous a rejoint en 2015. C'est toujours moi qui suis le compositeur principal du groupe entre guillemets, après on bosse vraiment tous ensemble, chacun vient greffer ses parties et je laisse complètement la possibilité à tout le monde d'avoir la liberté pour avoir sa place, mettre sa patte ou ses influences dans les morceaux.

Les cinq morceaux dont tu parlais, ce sont les compositions qui ont amené à votre premier ep, Eroded ?

Alors en partie, oui. Il y a quelques riffs de ce projet acoustique qu'on a repris en électrique. Jusqu'au titre Inherit The Dust, on y retrouve un riff de cette époque-là. En fait, c'était un peu l'occasion de puiser dans ces idées de base, puis j'ai recomposé d'autres riffs par la suite pour Eroded. Mais il y avait quelques ébauches issues des débuts, oui.

Comment s’est passée la composition de Fields Of Fire du coup ? Es-tu le seul à écrire des morceaux, ou bien vous composez tous ensemble ?

C'est comme pour le premier ep, Eroded, j'apporte des riffs que j'ai travaillé en acoustique chez moi et on les retravaille en électrique tous ensemble, de créer une structure et de les faire évoluer. Donc c'est à la base moi qui ramène, le matériel premier, puis on bosse tous ensemble.

C'est après que vient le chant ?

Je pose le chant ensuite, une fois que la structure est là. Parfois, ça refait un peu évoluer la structure du titre. C'est un processus de composition qui prend du temps finalement, parce que je veux être sûr de mes choix, que ça marche et j'ai besoin de tester pendant un long moment avant de me dire que c'est bon. Ce n'est pas forcément des morceaux très compliqués, avec des structures alambiquées, c'est surtout que dans Ovtrenoir, la plupart des riffs n'arrivent qu'une fois, donc il faut pas mal de matière pour faire en sorte de construire un morceau.

Vous êtes rarement tous les cinq en train de créé un morceau ?

Ca on le fait quand on est en répétition. Mais à ce moment-là, c'est à partir de choses que j'ai bossé chez moi. Olivier (Guitare) a pris un peu moins le parti dans la composition car il nous a rejoint en 2018 / 2019 en tant que musicien de scène et donc on a surtout axé la composition à quatre. 

C'était le fait qu'il avait son groupe Maudits à côté ?

Non, ça n'avait rien à voir. On a continué sur la lancée de comment on procédait d'habitude et Olivier apprenait les anciens morceaux à ce moment-là, nous on continuait de composer à quatre, tout simplement. 

Et est-ce que vous composez différemment avec Ovtrenoir et Throane ou c'est le même procédé ? 

Dehn Sora fait tout de A à Z dans Throane : composition, paroles, visuels, enregistrements (à part la batterie, qu’il compose mais fait jouer en studio par un batteur). Sur ce projet, c’est son bébé et nous sommes là en tant que musiciens de scène pour que les concerts soient possibles. Ce n’est pas collaboratif et l’approche est donc très différente d’Ovtrenoir, mais au final on y prend énormément de plaisir également.
 

Je trouve qu'il y a un côté très massif et très dense sur Fields Of Fire, peut-être d’avantage que sur Eroded, mais en même temps on trouve pas mal de mélodies comme sur Echoes par exemple. Est-ce qu’il y avait une volonté d’aller dans ce sens ?

Tout à fait, c'était vraiment cette idée-là. Eroded était très massif, il y avait quelques mélodies, mais c'était quand même principalement axé sur des riffs monolithiques. C'était aussi une direction plus mélodique qu'on a pris sur le single Inherit The Dust qu'on a sorti en 2018, donc c'était la suite logique d'essayer de garder la composante qui fait Ovtrenoir dans notre esprit : d'avoir une production dense et des murs de guitares, mais d'incorporer des mélodies là-dedans, pour obtenir d'avantage de contraste, notamment en terme d'ambiance : de la noirceur avec des pointes de lumière et d'espoir dedans. C'est quelque chose que j'aime beaucoup, j'écoute énormément de musique dans ce style hyper monolithique, mais je me disais que sur 40 minutes ça ne serait pas possible. Et on se disait qu'on n'avait pas envie de ça : d'avoir du massif, une sorte de bloc pendant 40 minutes, parce que c'est vraiment fatigant au bout d'un moment. Si tu es tout le temps comme ça, le prochain riff qui doit être monolithique, il parait assez terne pris dans son ensemble. Alors que si tu créés une dynamique et une différence dans les ambiances, de passer d'un truc hyper lourd à une partie plus Ambient ou mélodique, du coup le riff suivant paraitra plus puissant et pesant. C'est le fait de créer plus de dynamique dans les morceaux et plus de contrastes. 

Est-ce que c'est difficile de composer avec des mélodies ?

C'est difficile de trouver la balance sans tomber dans le "trop accrocheur". Je ne voudrais pas non plus que ça sonne trop "mélo" c'est pas du tout l'idée du projet au départ, ça dénaturait le groupe.

J’ai été surpris d’apprendre que la pochette avait été réalisée par un photographe du nom de Hideyuki Ishibashi. Pourtant tu es photographe, Dehn Sora est graphiste… vous auriez pu vous en occuper vous-mêmes. Pourquoi ce choix ?

On a bossé aussi sur Eroded avec un photographe étranger, Kim Thue. C'est peut-être laisser la porte ouverte à quelqu'un qui est extérieur au groupe. Parce que c'est vrai qu'une fois que tu as composé, mis autant de temps à écrire, à enregistrer, j'avais plutôt envie de trouver quelqu'un d'extérieur au groupe, mais qu'on reste sur de la photographie. La photo a ce quelque chose d'assez organique, ça ancre le projet un peu plus dans le réel qu'avec du graphisme par exemple. En même temps, les pochettes sont très irréelles, très morcelées, que se soit sur Eroded où c'était des morceaux de visages, ou bien sur Fields Of Fire, où ce photographe japonais retravaille des visions qu'il avait eu en rêve et il essaye de les recomposer à partir d'anciennes photographies ou cartes postales qu'il trouve dans des marchés ou des puces, et donc il y avait encore cette idée de morcellement et d'irréalité et c'est assez cohérent avec le projet.

La première fois que j'ai vu la pochette, au premier coup d'œil j'ai cru que c'était un dessin. C'est une série qu'il avait déjà réalisé, ce n'était pas une commande ?

Oui, il y a un peu ça, cette sorte d'impression de flou, de collage, mais sans voir les bords, donc il est très fort sur cette série et ça donne ce truc un peu particulier. Et non, c'est une série qu'il a fait à partir de croquis de ses rêves. En se réveillant, il dessinait ce qu'il avait vu pendant la nuit, et à partir de cette base là, il essayait de recomposer une photo à partir d'images qu'il achetait en chinant dans les marchés. Une fois que le collage était réalisé, il reprenait une photo de l'ensemble qu'il réimprimait sur une plaque de verre, mais le processus est assez complexe pour tout te dire. Mais ce n'était pas une commande, il avait déjà réalisé cette œuvre avant l'album.

Le titre de l'album, Fields Of Fire, est venu de cette photographie du coup ?

Du tout, le titre est venu avant. La pochette est le dernier élément qui a ciselé le projet. On a enregistré avec Francis Caste en décembre 2019, et j'ai trouvé cet artiste japonais dans une exposition à Paris en décembre également. J'y ai vu cette photo, elle était imprimée en 2 x 2 mètres sur un mur blanc, c'était exactement ce que je cherchais. Et pourtant j'avais fait pas mal de recherches sur internet au préalable, pour trouver la photographie qui collerait parfaitement aux paroles et à l'ambiance du disque. Tous les morceaux étaient là, maquettés, les paroles étaient déjà posées. Donc quand je suis tombé sur cette photo c'était celle-là, une sorte de révélation, il n'y avait pas d'autre choix que de lui acheter son travail et qu'on l'utilise pour Ovtrenoir

Une nouvelle fois vous avez bossé avec Francis Caste ? Tu peux me parler de votre collaboration ? Est-ce que le fait qu’il ait bossé avec des groupes comme Hangman’s Chair ou Cowards ça a joué dans le fait de le choisir, lui, plutôt que quelqu'un d'autre ?

Il était là dès Eroded et sur le single Inherit The Dust, oui. C'est quelqu'un avec qui on collabore depuis une dizaine d'années, avec qui on est proche et dont on adore son travail. Il a un CV qui est long comme le bras, mais au delà de ça, il comprend très vite où le groupe veut aller et qui fait des propositions pertinentes qui va pousser le projet encore plus loin. Comme un producteur en fait, ou comme un sixième membre du groupe. Il est très efficace, c'était un bonheur de bosser avec lui. On est hyper fan de son approche sur Hangman's Chair par exemple, où l'alliage de lourdeur et de mélodie fait sens, surtout sur le dernier album, Banlieue Triste qui est parfait sur ce point-là. Ca colle parfaitement à la vision que l'on a avec Ovtrenoir, surtout qu'on s'entend vraiment très bien.


© David Fitt


Ce qui est intéressant dans son travail, c'est qu'il a une façon de faire sonner les groupe de manière différente. Que ce soit vous ou les groupes dont je parlais précédemment.

C'est vrai, il en enchaine beaucoup, mais il respecte vraiment le projet de chaque groupe. Tu vois, de passer de Kickback à Arkhon Infaustus ou à Hangman's Chair, chaque groupe a une patte et une couleur différente et même au sein de la discographie d'un groupe. Si tu mets les Hangman's Chair à la suite, chaque album a une envie de pousser plus loin leur approche sonore et c'est ça que j'adore avec Francis Caste. C'est de prendre ce qui existe déjà, mais le faire évoluer, pour pas que ça ressemble à ce qui a déjà été fait auparavant. 

C’est bien Angeline qui chante sur Phantom Pain et I Made My Heart A Field Of Fire ? Il ne me semble pas qu’elle chantait sur Eroded, tu peux m’en parler d’avantage ?

Alors il y avait quelques backing vocals sur Eroded. Et là avec Dehn Sora et Angeline qui sont un peu plus présent.e.s sur les backing vocals, mais elle a cette partie que j'adore, de lancer le dernier riff sur I Made My Heart A Field Of Fire. Je suis hyper fier d'elle et de la place qu'elle a sur le morceau. C'est venu comme ça en testant en répétition, je devais lancer cette partie là à la voix et je me suis dis pourquoi pas lui laisser cette place-là sur ce titre. Ca marchait super bien dès le premier essai et donc oui, c'était intéressant de les mettre un peu plus en avant sur les parties dont tu parles. Et sur Phantom Pain, ce sont les voix de Dehn Sora et Angeline en même temps, oui.

Le morceau Kept Afloat c’était histoire d’avoir une sorte de pause, d’accalmie, entre les deux parties du disque ?

Tout à fait, c'était le but de marquer une coupure, une respiration dans l'album. Pour moi c'est important d'avoir un morceau comme ça qui essaye autre chose, qui aille vers d'autres couleurs. Ca donne aussi un retour à l'acoustique, qui est aussi la base du projet et des autres compositions. Mais ce n'est pas que moi en acoustique car Dehn Sora met beaucoup de nappes derrières, des guitares à l'archet avec des effets dessus, du coup c'est plus nous tous les deux sur ce titre. Mais je voulais avoir une vraie coupure avec la seconde moitié du disque, et pour que le morceau suivant face d'autant plus d'effet dès les premières notes.

Je voulais te parler des textes que je trouve très beaux, très sombres aussi. Qu’est-ce qui t’influence pour écrire, que ce soit des références littéraires ou non ?

Merci ! Ca vient un peu de partout en fait, car il y a beaucoup de choses qui peuvent m'inspirer à la fois dans mes lectures que dans des visionnages de films. Il y a aussi la poésie, même si je ne suis pas un grand lecteur, mais j'avais fait pas mal de recherches sur tout ce qui tourne autour du feu car c'est le fil rouge de l'album et c'est une thématique qui a été très utilisée en littérature : le fait de renaitre de ses cendres, de faire table rase par le feu... Ce sont des sentiments très personnels forcément qui m'animent, mais je peux être influencé par un écrit, par un film... J'avais trouvé quelques références également dans des carnets de rencontre avec des réalisateurs, des interviews. Ca peut partir d'une phrase, d'un vers, de quelques mots qui me touchent et si ça correspond à l'état d'esprit de ce que je veux exprimer, je m'en sers pour construire autour de ça. Mais pour l'essentiel ce sont des sensations que je vais puiser en moi, des choses auxquelles je vais me confronter et qui vont m'aider à écrire sur certains thèmes.

Est-ce que les textes viennent une fois que la musique est composée ou est-ce que tu as avant ou tu écris pendant ? Est-ce que tu as un cadre ou des conditions particulières pour écrire ? 

En général c'est pendant ou à la fin de la composition d'un morceau. J'essaye aussi de faire en sorte que le titre m'inspire à écrire, que les paroles soient raccord avec ce que le titre raconte musicalement et pas l'inverse. J'aurais plus de mal à écrire et à composer une musique via des paroles. Mais c'est plutôt une fois que le morceau est posé que j'arrive à trouver ce dont j'ai envie de parler sur telle ou telle composition. Sinon ce n'est pas évident de trouver un cadre en particulier car ce sont des paroles assez sombres, il faut que j'arrive à être dans une sorte d'humeur propice à me livrer, pour écrire là-dessus. Ainsi, le processus est un peu long, il faut que ça puisse venir comme ça et c'est difficile de me forcer pour ma part. Ce sont des morceaux que j'écris directement en anglais, car le français n'a jamais été ma tasse de thé et je fais relire à un ami pour être sûr que je ne fais pas de non sens ou de fautes.

Tu as une manière de chanter assez particulière je trouve par rapport à d’autres groupes qu’on pourrait affilier à la scène Post Metal. Tu as un chant très différent des chanteurs de Cult Of Luna ou Amenra par exemple, comme si tu chantais plus que tu hurlais. En fait ton chant me fait penser à des groupes Grunge comme Alice In Chains ou Soundgarden.

C'est ce qu'on me dit beaucoup, oui. Soit on me dit que ça sonne comme Gojira, ou alors que ma voix se rapproche plus du Grunge, mais je n'en écoute pas tant que ça. J'ai quelques références dans ce style bien sûr. En tout cas, je voulais une voix qui soit un peu rauque / éraillée plus qu'un chant typiquement Metal, qu'on peut entendre un peu partout. Ce n'est pas quelque chose qui m'amuse tellement, ni à écouter, ni à en faire et je n'ai pas cette technique-là de toute façon. Je voulais aussi trouver une tonalité qui soit raccord avec l'accordage qu'on utilise et les riffs qu'on compose. Le chant saturé Metal ne m'intéressait pas pour Ovtrenoir, donc oui un chant éraillé un peu plus proche de Neurosis peut-être ou de A Storm Of Light, mais c'est assez éloigné de Cult Of Luna ou Amenra encore plus, oui.

J'adore ces groupes-là, mais je trouve que beaucoup de ce groupes de ce type ont un chant similaire.

Oui, et puis ils finissent par tous se ressembler. Ma manière de chanter permet de moduler et d'ajouter un peu de mélodies sur certains passages. C'est assez nouveau et ça date surtout de Fields Of Fire, il n'y avait pas tellement ça dans Eroded, ce qui participait à ce côté massif et toujours un peu sur le même ton. Alors que pour cet album, il y a plus de variété, de modulation, de mélodies dans le chant, avec des doublages, des harmonies. On a essayé un peu de pousser ça un peu plus loin.

 

Derrière Ovtrenoir, je sens une sorte de rage, de colère contenue, comme si elle avait besoin d’être libérée. Est-ce que tu vois le projet comme une sorte de soupape pour te livrer, de te décharger de certaines choses qui peuvent te ronger ?

C'est complètement ça. J'ai vraiment besoin de cette soupape, de m'exprimer de cette manière. C'est une vraie catharsis, une vraie libération de pouvoir crier ce genre de thèmes assez sombres et torturés. J'en ai besoin et c'est quelque chose que je n'ai pas au quotidien : de dire les choses et les faire sortir d'une manière violente et c'est très important pour mon équilibre.

Tu es dans Ovtrenoir et Throane. Dehn Sora qui est derrière Treha Sektori, mais aussi dans Throane et Ovtrenoir, puis Olivier qui est dans Ovtrenoir, Throane et Maudits… J’ai l’impression qu’il se passe un truc en ce moment sur Paris entre vos différents projets. Est-ce qu’il y a une sorte d’émulation entre vous et entre vos différents projets ?

Le line-up de Throane et Ovtrenoir est le même. On intervertit juste notre place entre Dehn Sora et moi. Il y a une vraie connexion entre lui et moi depuis plus de dix ans, une connexion artistique, humaine, sur tous les niveaux en fait. On pousse chacun notre créativité mutuellement et c'est un bonheur de faire un nouveau pas avec lui dans tout ce qui est créatif. Pareil pour Julien (Batterie), ça fait plus d'une dizaine d'années qu'on joue ensemble et c'est aussi le line-up dont je rêvais. J'aurais bien du mal à remonter un groupe avec d'autres personnes qu'elles. Chacun a sa place aussi, chacun peut s'exprimer, il n'y a pas de guerre d'égo, de tension entre nous, c'est un bonheur de jouer tous ensemble sur scène, de se voir et de créer de nouvelles choses.

Comment ça se passe en ce moment avec le nouveau confinement ? L’album vient de sortir, j’imagine que vous espériez le défendre sur scène. Et j’imagine que ça doit être compliqué aussi pour promouvoir un disque sans les concerts, et que vous ne puissiez pas vous voir ni répéter ?

C'est sûr, ça va être compliqué jusqu'à l'année prochaine, mais on est déjà très contents d'avoir pu sortir Fields Of Fire cette année et pas en 2021. C'était pas sûr du tout, car tout était à l'arrêt que se soit le label, les usines de pressage etc, donc c'est une super nouvelle qu'il soit sorti et qu'il ait été aussi bien accueilli par le public. Les retours qu'on a pour le moment sont plus que positifs, on a beaucoup d'écoutes, de repartages et les gens ont l'air d'y trouver quelque chose qui leur parle, peut-être qui colle aussi à l'ambiance actuelle. Si ce que l'on raconte peut faire écho à d'autres personnes, j'en suis très heureux. Alors effectivement, on ne va pas pouvoir le défendre sur scène avant l'année prochaine. Je vais essayer de profiter de ce deuxième confinement pour composer un peu et dès que l'on pourra se revoir pour répéter, on pourra avancer de nouveau. Le premier confinement ne m'a pas du tout inspiré par exemple.

Après c'était pas mal anxiogène à ce moment-là, plus que maintenant j'ai l'impression.

Oui et d'un côté, on se dit que ce genre de situation pourrait pousser à écrire de la musique anxiogène, mais finalement pas tant que ça. Donc on va essayer de recomposer, on essayera de s'envoyer nos propres parties à distance. Mais on a très très hâte de pouvoir jouer Fields Of Fire sur scène. On avait réussi à se voir entre les deux confinements, justement pour bosser les morceaux et pour un projet de live en acoustique. Comme on n'a pas pu le faire en live, on le gardera de côté pour l'enregistrer sous peu.

C'est pas un peu frustrant de "bosser dans le vide" ?

Non du tout, car au final c'est une manière différente d'aborder nos morceaux, de les réarranger. Ils pourront peut-être nourrir de prochains morceaux, peut-être qu'on enregistrera ces titres-là pour une sortie digitale aussi. Donc ce n'est jamais perdu.

Pentacle (Novembre 2020)

Merci à Elodie d'Agence Singularités d'avoir rendu cet entretien possible.
Fields Of Fire d'Ovtrenoir s'écoute sur bandcamp.

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