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Inoxydable, le Magazine par mail

Depuis début 2017, Monsieur Rem disserte, questionne, réévalue le Metal d’hier et d’aujourd’hui sous forme de podcast. D’abord en duo avec Monsieur Canard (ex-Nightfall In Metal Earth et auteur des Chroniques d’un Pas Grand Chose) dans Metal Blabla, puis en solo dans Inoxydable. Avec trois formats distincts, des invités de tous horizons et des sujets aussi divers que l’argent, le Doom Metal ou l’élitisme, on peut penser que celui qui se décrit lui-même comme un vieil ours en a encore sous le pied… ou la patte. Dernier projet en date ? Un magazine unique en son genre, réunissant le palmipède cité plus haut, une moitié de Troll In The Sky, le bouquineur de Read’em All. Mais aussi d’éminents spécialistes de sciences sociales et de Glam Metal, une paillettes-enthusiast ainsi que quelques morceaux rapportés de Rock Hard, Thrashocore et... Metalorgie (coucou). 

Après avoir fignolé ces 96 pages, on fait le bilan avec Monsieur Rem, histoire de vous encourager à soutenir cette initiative qui se concrétisera peut-être grâce à vous. 

Salut Rem, on te connaît principalement pour raconter des trucs dans un micro dans le cadre de tes podcasts, mais tu as aussi sévi à l’écrit par le passé. Peux-tu nous en parler ? 

Après une version « photocopies » qui a duré deux ans, au début des années 2000, et qui était orientée blagues potaches et théories vaseuses sur tout et rien, Inoxydable est devenu un blog spécialisé musique, principalement Metal et Punk Rock. J’ai tenu ce blog de manière irrégulière de 2006 à 2016. Il n’est plus en ligne mais on peut retrouver l’intégralité de son contenu dans le bouquin Inoxydable, 10 ans de chroniques. Et pour les casse-noix et les contrôleurs des impôts, sachez que ne je touche rien sur ce livre, il est vendu à prix coûtant. Certains auditeurs du podcast lisaient déjà le blog à l’époque. Je les salue au passage et les remercie d’être encore là !

Tu voulais sortir un magazine pas comme les autres. En quoi Inox Mag est-il différent ?

La presse professionnelle, les fanzines et la plupart des webzines se donnent pour mission de couvrir l’actualité. Mais qui peut rivaliser avec la vitesse et le volume de news de Blabbermouth ou Metal Injection ? Personne et encore moins la presse papier. Au delà des news, même la publication d’interviews d’artistes « dans l’actu » et la chronique de disques de nouveautés, génèrent un système assez pervers. Elles contraignent les thèmes : on parle d’un groupe « parce que c’est l’actu ». Et les chroniqueurs s’obligent à écouter certaines choses « parce que c’est l’actu ». Donc on se retrouve avec des sujets subis plus que choisis, écrits avec un vague souci de neutralité / objectivité et, finalement, peu de matière, peu de points de vue et jamais aucun recul.
Évidemment, l’info « chaude » a un intérêt, j’en consomme également, je veux savoir si Iron Maiden sort un nouveau disque (alors même qu’on sait tous que Maiden sort TOUJOURS un nouveau disque et que, de toutes façons, il sera pire que le précédent, merci pour l’info). Mais, rien de passionnant. Le plus intéressant est ailleurs. Chez des gens qui pensent la musique, qui poussent à écouter des artistes vers lesquels on ne se tournerait pas spontanément. J’ai envie de lire le portrait de la « scène Metal », l’analyse de son histoire, de son évolution, la description de ses acteurs, de leurs motivations, etc. Et je veux lire des avis, des théories, des dissonances. Arrivé au point final d’un texte, je veux m’enthousiasmer ou m’énerver.

Tout cela m’anime depuis le blog, l’émission Metal BlaBla avec M. Canard, le podcast Inoxydable et maintenant le magazine. Décrire, expliquer, réfléchir à cet univers et pas seulement relayer la banalité des discours des musiciens ou des communiqués de presse. Donc, vous ne trouverez dans le magazine aucun commentaire d’actualité, aucune chronique récente, etc. Les papiers s’attardent sur leur sujet, pour réfléchir, redécouvrir, penser. Je peux t’assurer que tous les articles m’ont appris des choses, m’ont poussé à reconsidérer certains groupes ou carrément énervé !

A qui s'adresse-t-il ? Aux maniacs aguerris ? Aux novices avides de découvertes ?

Le magazine s’adresse aux passionnés. Qu’ils le soient depuis 30 ans ou depuis hier. Le dossier Motörhead par exemple, ne détaille pas la carrière de Lemmy, son histoire avec Hawkwind, etc. Les vieux briscards connaissent tout ça déjà par cœur, et les p’tits nouveaux ont d’autres sources d’information pour l’apprendre. Donc, peu importe ton expérience, les textes proposent quelque chose de différent, voire d’unique.
Cette veste à patch vous dit-elle quelque-chose ? 

Se lancer dans un projet papier en 2020, pourquoi ? 

1 - Par défi personnel. C’est juste amusant de « faire des trucs » non ?
2 - Pour montrer l’exemple et ouvrir - peut-être - une voie. C’est un peu prétentieux, mais j’ai envie de prouver qu’il est possible de sortir un magazine papier, différent, intéressant, beau, sans rien donner de conventionnel au lecteur, dans le fond ou la forme. Les amateurs de Hard Rock ont besoin d’être un peu bousculé dans leur routine. J’ai l’impression qu’on s’encroûte. On lit nos p’tites chroniques, on fait notre p’tit marché, on trouve le Metallica pas si mal, le dernier machin Black Metal gentiment dérangeant, on se paye le Hellfest et on rentre chez maman. Cela me semble ennuyeux.

Je me dis que, peut-être, un « gamin » chopera le mag et se dira, « ah ok, c’est possible de faire autrement ». Parfois on croit certaines choses impossibles simplement parce qu’on n’a pas d’exemple sous les yeux. Là aussi, je suis certain que des lecteurs de cette interview me trouveront prétentieux. Peu importe. Dans ma vie, des choses m’ont inspiré, des gens m’ont montré des chemins de traverse, des possibilités. A mon tour de filer un coup de main. Et les mecs qui me trouvent prétentieux peuvent toujours aller grommeler sur leur forum purgatoire, entre le ciel et l’enfer (I know who you are !)

Sur dix intervenants, on brasse plusieurs générations, des fans de styles très variés qui ne consomment pas la musique de la même façon. Quels avantages apporte une telle diversité de profils ? 

J’ai « rencontré » pas mal de gens via l’émission. Tous différents. En prenant du recul j’ai vu là un « vivier » qui, finalement, devenait un peu représentatif de la population Metal. Ou au moins d’une grande partie. Et l’avantage de cette diversité c’est… qu’on s’engueule ! On se bouscule. Les conversations ne sont clairement pas de tout repos. Elles m’obligent à me remettre en question, à réévaluer mes opinions, mes théories. Intellectuellement, c’est très intéressant, stimulant. En plus d’être très vivant, dynamique, énervant, enthousiasmant, généreux et très amusant aussi.
On parle de "Post-Hardcore" ou de "Post-Metal", mais c'est quoi au juste ? 

On peut lire « Fields Of The Nephilim », « Whitesnake » ou « Darkthrone » dans le sommaire. Ce sont les pages Wikipédia des groupes, imprimées et en couleur, c’est ça ? 

Exactement. Et en plus on vous les vend 13 balles. C’est dire si on est doué pour le business. Non évidemment. Lors de la première réunion, certains m’ont demandé : « quelle est la ligne éditoriale ? ». La réponse tenait en quelques mots : fond, analyse et point de vue. Trois choses qu’on ne trouve pas sur Wikipédia.

Effectivement les articles dont tu parles reviennent sur des carrières et suivent, pour certains, la discographie des groupes. On ne réinvente pas la roue. Mais tous proposent un angle particulier. Le choix d’un angle était l’une des exigences de départ pour tous les articles proposés. La visite de Darkthrone passe par son goût pour le patrimoine, le retour aux sources, la citation etc. L'article sur Whitesnake explique la force de Coverdale, sa gestion du groupe et ce qui le différencie d’autre chanteurs menant le même type de carrière. L’article sur Fields Of The Nephilim traque les liens entre le groupe et le Black Metal. Tous ces papiers ont une partie « Wikipédia » puisqu’on cite des dates, des titres d’album, etc. Mais la trame principale, l’intention, diffère. Chaque article a un but, un objectif, une théorie à défendre. Sans cette approche le sujet serait refusé.

Avec la vigilance qu’on te connaît, tu es attendu au tournant sur les formules toute faites et les phrases bateau de chroniqueurs ! 

C’est évidemment l’angoisse de tout donneur de leçons que d’en recevoir une. Je peux garantir que vous ne lirez aucun des clichés au sujet desquels je peste depuis longtemps. Et je salue le courage et la résistance de toute l’équipe dans la phase de corrections. Je pense qu’aucun d’entre eux ne s’attendait vraiment à être maltraité à ce point, même si j’avais prévenu. Les habitués du podcast connaissent quelques unes de mes marottes via « La chronique de disques pour les nuls », mais cette rubrique ne représente que l’écume, la couche superficielle de la méthode de correction. Et c’est probablement la partie la plus lourde du processus de création du magazine. Le résultat me semble satisfaisant. Tout n’est pas parfait, des erreurs et des maladresses passeront les mailles du filet, j’en suis déjà désespéré, mais c’est la loi du genre. Arrive un moment où il faut publier.

Peux-tu nous parler de l’objet ? A quoi peut-on s’attendre une fois le magazine imprimé ? 

A un magazine Metal comme vous n’en avez jamais tenu entre les mains. La charte graphique s’éloigne radicalement des codes de la presse Metal. J’avais envie de proposer une ambiance plutôt haut de gamme, un peu « mook », à la croisée donc du magazine et du livre. La maquette met en valeur le boulot des rédacteurs, donne de l’importance au sujet et, finalement, au lecteur. Ce dernier doit en avoir pour son argent. Enfin, c’est l’idée. A eux de dire si le résultat tient la route. Côté impression, le format est assez grand (23 x 30 cm) et l’ensemble devrait avoir une bonne tenue : chouette papier, beau pelliculage, etc.
Et si on parlait business ? Camille s'est interrogée sur la survie des disquaires français. 

Pourquoi le lectorat de Metalorgie devrait-il lire Inoxydable ? 

Une partie de votre lectorat s’intéresse déjà à des articles un peu différents : vous avez une rubrique « Dossiers » dont j’ai déjà salué la qualité dans l’émission et qui s’inscrit dans la même démarche. C’est d’ailleurs pour cette raison que je t’ai proposé de participer au magazine (tout comme à Pentacle qui n’a malheureusement pas pu être disponible, mais ce n’est que partie remise). En cela, la passerelle d’un média à l’autre me semble naturelle.

Un dernier mot ? Une anecdote sur les coulisses de ce premier numéro par exemple ?

Toute l’équipe communique beaucoup sur Facebook via plusieurs fils de discussion. Si tu n’es pas connecté toute la journée et que tu reviens sur le « chan » le soir, une notification t’informe généralement que tu as 500 messages non lus. Voilà. Pour moi cette petite anecdote résume l’affaire. Personne ne se connaissait vraiment avant de se retrouver autour de ce projet. On a été infoutus de faire un top 10 de groupes en commun, j’ai envie d’en étrangler certains par moment, d’autres pensent probablement que je suis sénile, la moitié du « chan » lève les yeux au ciel quand l’autre moitié poste, mais, au final, ça discute, encore et encore, avec passion. Je crois que notre commun est là. Et dans Motörhead, Led Zeppelin et Black Sabbath. C’est déjà pas mal finalement !

Et le dernier mot : merci à toi et Metalorgie de se faire l’écho du projet. Rares sont les sites qui relaient l’actualité du podcast. Metalorgie le fait naturellement, de son côté, depuis longtemps. Là vous suivez le truc et me donnez la parole. Y a du beau geste. Esprit Coubertin. Ça mérite bien un merci. Et bisous à l’équipe d’insupportables qui a écrit la centaine de pages du mag. Même si on n’en vend pas assez pour parvenir l’imprimer, on pourra être content de notre « machin » !

Pour un aperçu du mag, voici une vidéo teaser. Pour plus de détails sur la génèse du bestiau, sa conception, son financement, vous trouverez plein d'infos dans le dernier podcast d'Inoxydable. 



Le magazine Inoxydable est en précommande sur Ulule. Entièrement rédigé, illustré et mis en page, il ne reste qu’à trouver les fonds suffisants pour l’imprimer. Son prix (13 euros, frais de ports compris en France métropolitaine) sert uniquement à rentrer dans les frais inhérents à sa production (vous pouvez retrouver le détail complet ici) et n’est en aucun cas à but lucratif. 

Skaldmax (Septembre 2020)

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