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Bertrand Alary, photographe pour Enfer Magazine par mail, 2020

Cette interview fait partie d'une série d'articles pour vous présenter la presse Metal française depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui. Cette série est financée grâce à vos dons Tipeee, si nous n'arrivons pas à l'équilibre ce genre de contenu ne pourra pas continuer.



Après notre dossiers sur la presse papier française dédiée au Rock / Metal (Partie I / Partie II) nous avons souhaité nous entretenir avec certains de ses acteurs et en savoir un peu plus sur ces magazines. Ici, on laisse la parole à Bertrand Alary qui a été photographe pour Enfer Magazine, Metal Attack, Hard Rock Magazine, Best, Rock&Folk...

Comment en es-tu venu à rejoindre Enfer Magazine en 1983 ? Avais-tu suivi une formation de photographe avant de rejoindre le magazine ?

Bertrand Alary : Je me suis présenté à eux dès la parution du premier numéro en kiosque avec quatre ans d’archives de photos de concert dans le HR. Ils en ont publié dès le numéro suivant, le numéro deux. Je n'ai pas eu la moindre formation, si ce n’est sur le tas. De toute façon, aucune école n’apprend à prendre des images d’un gars qui court sur scène en étant éclairé en contre-jour (ça se voyait d'ailleurs dans mes plus anciennes photos).



Étais-tu rémunéré pour tes clichés ? Et si oui, te souviens-tu à peu près du montant ?

Oui bien sûr, chaque photo avait un tarif selon la taille utilisée. C'était assez bas par rapport au second magazine que j’ai rejoint l’année suivante en 1984 : Metal Attack.

Comment choisissais-tu les groupes que tu allais photographier ? J’imagine qu’à cette période le choix n’était pas très vaste ? Recevais-tu des demandes du magazine pour couvrir tel ou tel groupe ?

Etant devenu copain avec l’attachée de presse de KCP (le principal tourneur de l’époque) je pouvais accéder aux concerts et j’essayais d’en couvrir le plus possible grâce à leur  pass-photos.

Te souviens-tu des personnes qui constituaient l’équipe d’Enfer Magazine (rédacteur en chef, journalistes...) ? Comment était organisé le partage des tâches ?

Il y avait Gérard Manvu en directeur de rédaction, Dany Terbèche et Philippe Touchard en rédacteur en chef, puis en journalistes : Bruno Labati, Bruno Bages, Jean-François Jimenez, Bruno Tequila Khaled, Christian Albouy, Mad Scott, Philippe Ducayron ou Eric Galinsky, entre autres. J’en revois certain de temps en temps sur les festivals d’été.
Une fois le sommaire établi, on me demandait les photos des groupes dont on avait besoin.

Sais-tu comment était organisé la mise en page ? D’un œil récent en tombant sur les couverture et le contenu, Enfer Magazine apparaît un peu comme un fanzine. C’était le cas ? Vous appreniez sur le tas ?

Je dirais que pour cette période la maquette était très bien. Plus tard, Hard Rock Magazine était beaucoup plus évolué et professionnel que Enfer Magazine.J’y ai publié aussi des clichés dès 1985.

Est-ce qu’un magazine se vendait plus selon la couverture, si c’était un groupe plus connu / populaire qui était mis en avant ?

Oui, tout à fait, chaque rédacteur en chef y faisait très attention, surtout quand sont arrivés des concurrents directs.

J’ai lu qu’à un moment du magazine, celui-ci était tiré à 100 000 exemplaires, puis il s’est arrêté brutalement en 1987. Que s’est-il passé à ce moment là ?

Justement, la concurrence (Hard Rock et Hard Force) était là, et les gamins ne pouvaient acheter qu'un ou deux magazines chaque mois.

As-tu des anecdotes ou des souvenirs marquants des années 80 ? J’imagine que tout cela était un peu nouveau et que tu découvrais tous ces groupes là comme Mötorhead, Iron Maiden ou Scorpions alors qu’ils n’avaient pas le statut de groupes cultes comme actuellement. Ca devait être assez fou aussi de les voir en concert pour la première fois, non ?

Tous ces groupes, je les ai côtoyés de très près, ils étaient encore abordables facilement. Des souvenirs, j’en ai plein. Ils seront justement racontés sous forme d’anecdotes qui seront compilées dans mon livre, à paraître avant noël. Si en prend Scorpions en exemple, j’ai du les voir bien 45 ou 50 fois depuis le début de leur carrière.

Tu as fondé l’agence Dalle, une agence spécialisée dans la photo de concerts : l’expérience à Enfer Magazine t’aura suivi toute ta vie , comment es tu passé de photographe pour un magazine Metal à en faire ton métier ?

J’ai été chanceux, je suis arrivé au bon moment, mais j'ai aussi été persévérant. J’ai d’abord agrandi mes sujets de shooting  aux concert de Rock, pour bosser aussi avec Best et Rock&Folk. Ensuite, après quinze années là dedans, j’en ai eu marre d’aller à des concerts tous les soirs, donc la suite logique était de continuer en vendant les photos des autres photographes qui étaient devenus mes potes. Je ne retourne en concert qu’avec des groupes dont je connais personnellement les membres et avec qui je sais que j’aurai un accès privilégié, par exemple sur le bord la scène et en coulisses.

Tu sors un livre en octobre sur 40 ans de Metal, avec des photos de nombreux (225!) artistes Rock et Metal. Dans la liste des groupes on peut voir des grands noms (Metallica, Slipknot, Mötorhead) mais aussi des groupes moins connus (Zeal And Ardor, Tysondog, Barón Rojo, Chrome Molly), comment s’est fait le choix des artistes ?

Contrairement aux livres habituels qui ne couvrent que les vingt groupes du moment, les plus à la mode, j’ai essayé de faire un dictionnaire du Hard Rock et donc d'en mettre le plus possible, je crois qu’on approche finalement  les 400 groupes, en 300 pages et 500 images). Mais j’ai dû en oublier certains...



Quel est ton souvenir live le plus marquant ?

Mon tout premier concert : Kiss le 27 septembre 1980 à Paris. Ensuite, sans doute le stade Maracana de Rio au Brésil : un public presque trop enthousiasme, 350 photographes, une scène gigantesque et une sécurité relativement musclée… Il y a aussi le final du concert d'AC/DC à Donington en 1991 avec la rangée de canons hissés en haut de la structure !

Tu as également fait des photos posées : as tu des anecdotes à ce sujet ?

Plein, aussi racontées dans ce livre en détails avec photos a l’appui. De Rudolf Schenker de Scorpions (au fond d’une piscine avec sa guitare flying V) à Ozzy Osbourne ou Lemmy Kilmister déguisés...

Qu’as tu souhaité faire passer avec ce livre ? Des découvertes ? Un héritage ?

Déjà, en effet mon expérience. Et ce livre sera une référence car très peu de photographes couvraient absolument tous les festivals étrangers de manière si assidue. Je pense aux Monsters Of Rocks en Angleterre, en Allemagne et celui aux Etats-Unis, le Parkpop et le Pinkpop, le Aardschock en Hollande, le Rock Werchter et Torhout en Belgique, Leysin en Suisse, ou le Roskilde Festival du Danemark, et le Sweden Rock  en Suède ainsi que le Rock In Rio au Brésil. Je faisais tout cela sans être défrayé, en tant qu’indépendant.

Sur ces 40 ans la scène a énormément évolué, beaucoup d’activités se sont professionnalisées, le Metal est devenu plus grand public aussi. Quel est ta vision sur cette évolution ?

Le mauvais aspect de cette évolution sont les restrictions à tout-va. J’ai connu le pass-photo donnant accès au concert en entier, puis à seulement deux ou trois titres, puis aucun accès à la fosse en devant de scène, mais des photos à prendre de la table de mixage ! Je n’en remercie pas les managements. Le fait que le Metal soit devenu plus grand public n’est pas grave en soit tant qu’il n’est pas galvaudé par les chaines de télé en manque de sensationnalisme.

Et une question sur l’actualité, ton activité est de fait en arrêt avec la crise sanitaire actuel. Comment une agence comme la tienne vit ce moment ? Est-elle menacée ?

En vendant des vieilleries, pour les stories des magazines ou des livres, puisque aucun concert n’a lieu depuis cinq mois.

Merci à toi pour cet entretien.

De rien !

Pentacle (Septembre 2020)

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Commentaires

bertrand ALARYLe Dimanche 20 septembre 2020 à 12H04

exclu , la couv à changer !