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Xibalba en mai 2020 par Mail

Xibalba sévit depuis maintenant 13 ans au sein de la scène Hardcore et Death Metal en même temps. Le trio originaire de Pomona (une ville de la région urbaine de Los Angeles) en est déjà à son quatrième album, une belle réussite d'ailleurs, Años En Infierno. L'occasion était trop belle pour ne pas poser quelques questions au groupe et c'est Ortiz, guitariste de la formation, qui s'est plié au jeu des questions et des réponses depuis son domicile puisque la Californie, comme la très grande majorité des Etats Unis, reste confinée.




Bonjour Xibalba, j'espère que tout va bien pour vous et votre famille en ce moment. Comment vous sentez vous face à cette situation (le COVID 19 bien sûr mais aussi les élections qui approchent rapidement) ? Avez vous des dates qui ont été annulées ?
Bonjour et merci pour l'interview et ta sollicitude. De mon côté, moi et ma famille sommes tous sains et saufs. J'espère que c'est le cas de votre côté aussi bien pour vous que pour vos proches. Je suis un peu déçu que notre release party et la mini tournée qu'on avait organisé pour la sortie de Años En Infierno soit annulée ou reportée. Cependant, je comprends parfaitement la situation et on espère simplement que tout cela passera le plus vite possible. On essaie de faire au mieux et on espèce réellement que le moins de monde possible sera touché par tout ça. On est tous dans le même merdier.


Votre nouvel album me paraît encore plus sombre avec des thèmes se tournant plus vers le désespoir et le suicide. C'est quelque chose que vous souhaitiez faire ?
Je ne dirai pas que c'est quelque chose que l'on a voulu faire de manière préméditée mais plutôt que c'est la manière dont on se sentait quand on a écrit les morceaux et les paroles. On essaie d'écrire en permanence et parfois, quand notre état d'esprit est plus sombre, ça ressurgit dans ce que l'on fait. On prend toutes ces énergies négatives et on le transforme en quelque chose de positif, malgré le fait que ça puisse sembler cliché de dire ça.


Vous avez  toujours dit que vous n'étiez pas un groupe politique mais qu'il devait tout de même amener l'auditeur à se poser des questions. J'imagine que les trois dernières années vous ont cependant influencé non ?
Effectivement, nous ne sommes pas un groupe politique, mais celle-ci nous affecte tous les jours donc on peut dire que c'est une inspiration. Je pense que ces trois dernières années ont amené, si l'on peut dire, les compositions les plus enragées. La plupart de ce qu'on pourrait appeler les « morceaux dépressifs » ont été écrit il y a 4 ou 5 ans et je me suis finalement décidé à les terminer. 


Est ce que vous pourriez nous expliquer comment vous avez composé l'album ?
L'album a été en majorité écrit durant les 4 ou 5 dernières années, ce fut un processus assez long donc à cause de nos emplois, nos vies, nos familles. Dès que l'un de nous deux avait une idée, on essayait de l'enregistrer ou Jason m'en parlerait et j'essaierai de jammer sur quelques parties de batterie. J'ai aussi écrit quelques riffs que j'ai agrémenté de parties de batterie numérique que j'envoyais ensuite à Jason qui les apprenait en lui demandant d'y intégrer son propre style de jeu et de me prévenir s'il voyait des points à améliorer. On jammait donc encore et encore et, à partir de ces quelques riffs, on créait les morceaux.


Le travail en studio sur votre disque est impressionnant, notamment en ce qui concerne la batterie. Comment vous avez choisi de travailler avec Arthur Rizk ? Que vous a t-il apporté ?
[NDLR : Arthur Rizk a accueilli dans son studio Black Curse, Cro-Mags, Crypt Sermon, Prurient, Inquisition, Power Trip. Il a aussi énormément travaillé comme ingénieur mixeur et ingénieur mastering avec de très nombreux groupes. Son CV détaillé ici ]
On voulait essayer quelque chose d'autre [NDLR : le groupe a enregistré les deux albums précédents, ainsi que leur 7' sorti en 2017 avec Taylor Young qui a aussi bossé avec NailsTwitching Tongues, VitriolJudiciary....] et Arthur est un très bon ami, on se connaît depuis des années. On est aussi des énormes fans de son travail, de son groupe [NDLR : il joue dans Sumerlands, mais aussi de la batterie dans Eternal Champion], on s'est donc dit que ce serait une bonne idée de se lancer avec lui. Je lui ai donné quelques références concernant le son de guitare que je voulais et il a mis dans le mille. Il s'est vraiment investi pour qu'on donne le meilleur de nous mêmes pendant que l'on enregistrait. Il est aussi sorti avec nous tous les soirs alors que l'on venait tous de passer 10 ou 12 heures par jour dans un studio, nous a permis à chaque fois d'être calmes et relâchés dès qu'on revenait bosser.

Justement, est que c'était une fois encore un enregistrement long et difficile ?
Oui, malheureusement à cause de nos divers emplois du temps qui ne s'accordaient pas. Les jams dont je parlais plus tôt, on aurait aimé en faire plus et tout ça ralentit le processus de composition. D'un autre côté, ce fut aussi une bonne occasion de pouvoir réfléchir sur le temps long, apporter des changements aux morceaux jusqu'à ce qu'ils soient parfaits, en tout cas pour nous.

Nous avons fait quelques recherches mais, puisque c'est un morceau instrumental, auriez vous une explication à nous donner à propos de « Saka » ?
Le saka est un breuvage maya sacré préparé par les chamans pour les offrandes rituelles offertes aux dieux. C'est Jason qui a trouvé ce titre qui semblait tout indiqué pour ce morceau.




Une fois encore, la pochette est signée Dan Seagrave qui s'est dépassé. Comment travaillez vous avec lui ?
Nous lui envoyons le nom de l'album et ce que cela signifie et nous le laissons faire. Il nous envoie quelques essais avec des concepts différents et il nous laisse choisir ce qui nous plaît le plus. Ensuite, il se met au travail. C'est vraiment un très grand artiste, nous sommes très fiers de travailler avec lui et c'est quelqu'un avec qui les relations sont très faciles. Il n'y a rien de compliqué avec lui.


Au-cours de votre carrière, vous avez jonglé entre l'Espagnol et l'Anglais. Comment vous choisissez d'utiliser l'un ou l'autre ?
Et bien c'est Nate, notre chanteur, qui choisit ce qui lui semble le plus adéquat. Quelques fois il se tourne vers l'Espagnol car cette langue lui semble plus fluide. Nous avons aussi pas mal de morceaux qui mélangent les deux. Il fait ce qu'il veut et il s'adapte à l'atmosphère de chaque morceau.


C'est donc le troisième album que vous sortez avec Southern Lord. Pourriez vous nous expliquer ce que vous aimez chez eux ?
Ils nous aident à sortir le disque que l'on veut, le distribue et ils ne nous imposent aucune pression. Pas de date limite, pas de contrainte. Nous sommes vraiment libres.


Certains d'entre vous mettaient sur pieds des concerts de Hardcore dans votre ville d'origine, Pomona. Vous continuez de le faire ? Et avant le confinement, quels groupes avaient vous fait jouer ?
Nate organisait des concerts à Long Beach, vers Los Angeles et dans le sud de la Californie. Il y a énormément de bons groupes dans notre région et en voici quelques uns, même s'ils ne jouent pas du Hardcore : Frozen Soul (Death Metal du Texas), Apparition (Death Metal de la Californie du sud), Unanswerable Hatred (Black Metal de San Gabriel) et Teeth (Death Metal de Los Angeles).


Ces dernières années, le Beatdown Hardcore est enfin en train de reprendre un second souffle avec des groupes comme Kruelty, Knocked LooseNever Ending Game... et nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que c'est un peu grâce à vous. Vous vous sentez proches de ces groupes ?
Nous sommes de grands amateurs de ces groupes, en tant qu'artistes et qu'êtres humains. Je ne sais pas si on a eu un rôle dans tout ça mais je suis vraiment très heureux de voir de plus en plus de groupes lourds naître.


Sauf erreur, vous avez un jour déclaré que musicalement vous vous sentez plus proches du Death Metal mais que vous avez une « mentalité Hardcore ». Comment vous la définiriez et qu'est ce que cela implique dans votre vie de tous les jours ?
Je pense que le Hardcore a eu un impact énorme sur ce que nous sommes aujourd'hui en tant que personne. Il a aidé à forger notre personnalité, nos valeurs et nos attentes de la vie. On est un groupe de Hardcore pour certains et un groupe de Metal pour d'autres, de notre côté on est contents dès que les gens nous apprécient. Par contre, je pense que le Hardcore a un groove et un « rebond » [NDLR : « Bounce » en Anglais, ce qui est difficilement traduisible] très spécifique qu'un grand nombre de groupes de Metal n'ont pas et nous cherchons à chaque fois à l'intégrer à notre son.


Toutes les interviews que nous avons lu de vous finissent par une question où vous recommandez des groupes. Vu que nous sommes français et que la nourriture latine est parfois difficilement accessible dans nos contrées, pourriez vous nous partager l'une de vos recettes préférées ?
Impossible de se tromper avec du riz mexicain accompagné de frijoles refritos de pinto avec du guacamole ou des chili verde. Avec de la carne asada (de la poitrine de porc mariné, après un processus de cuisson assez long, avec du jus d'orange, des oignions, du jus de citron, de l'ail et de la coriandre). C'est la recette d'un barbecue mexicain typique mais très plaisant.

Raikage (Mai 2020)

Metalorgie tient à remercier très chaleureusement Xibalba pour son temps et sa gentillesse ainsi que l'équipe de Rarely Unable

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