Dragunov par mail, 2020

Dragunov, le duo de Post-Metal parisien s'apprête à sortir son prochain disque, Arkhipov, dans quelques jours et on vous le fait écouter en avance par ici. On revient avec eux sur la création de ce nouvel album, sur leurs influences et leur univers de manière plus générale.


Guillaume Reynaudo


Est-ce que vous pouvez revenir sur la création de Dragunov ? Comment ça vous est venu de monter un groupe de Post Metal en duo ?


Euh, on est pote avant tout. Ca fait une dizaine d’années qu’on se connaît, qu’on fait des soirées. Le fait de faire de la zik ensemble était assez naturel. Seb commençait la guitare et on s’est tout les deux retrouvé à Paris en 2013, donc on a commencé le groupe comme ca. On ne savait pas trop l’ampleur que ça allait prendre !

Faire de Dragunov un projet instrumental c’était l’idée de départ ? Il n’a jamais été questions de recruter un.e chanteur.se ?

Ouai, effectivement. On a voulu faire un groupe tout les deux. Le fait d’être deux est primordial, tout est plus simple : la compo, les répète, les apéros… On a essayé de rajouter du chant mais on est pas doué du tout pour ça. Du coup, pas de troisième membre, pas de chant. 

Quels sont les groupes qui vous parlent à tous le deux ? Qui seraient des influences ou non pour Dragunov ?

Russian CirclesTriptykon, Cult Of Luna, Rosetta, ou encore plus récemment 16 et Mantar. Mais on écoute de tout ! Surtout du rap russe,comme Alyona Alyona et Tommy Cash.

Sur le dernier album, Arkhipov, je me dis que certains passages sonnerait aussi très bien avec des vocaux. Est-ce que ça pourrait vous tenter dans le futur de le faire, même sporadiquement ?

En feat why not, mais le concept du groupe c’est vraiment nous deux, comme on l’expliquait précédemment.

Sur Arkhipov, vous avez un gros son, une production massive et froide, c’était là-dessus que vous souhaitiez partir ? Comment s’est passé l’enregistrement d’ailleurs ?

On kiffe le son fat mais audible et avec des subtilités, c’est ce que Raphaël Bovey à su faire avec brio ! On a du développer un son massif en live pour palier le fait qu’on soit que deux, sans basse. C’est devenu un peu notre marque de fabrique. L’enregistrement a été sportif, les prises de batterie se sont faites en deux jours et demi en studio en Avril, avec Raphaël et on a enregistré les guitares par la suite à la maison sur un Kemper, ce qui nous a permis de prendre plus notre temps. Raphaël nous a bien poussé dans nos derniers retranchements pour pondre cet album. On est hyper reconnaissant de nous avoir soutenu tout au long du projet, c’était pas facile tout les jours pour lui hahaha !

Et au niveau des compositions, comment ça se passe ? Vous jammez ensemble ou vous partez plutôt d’un riff de guitare ou d’un patern de batterie que l’un ou l’autre vous ramenez en répétition ?

En général on jam en délirant sur des genres de riffs qu’on aime bien puis qu’on enregistre pour les développer, les pousser, les retravailler. Le Hellfest reste un moment d’inspiration important. Le concert de Primitive Man, par exemple ou on a été scotché par la lourdeur de leur son. On se dit souvent “wah ca c’est cool, on pourrait faire un truc dans le genre”. On a aussi une vidéo de nous deux en train de chanter un riff, sur la route du retour vers le camping après le concert de Neurosis en 2018 à Clisson. Ce riff est sur l’album !

J’ai vu que Arkhipov était un officier de la marine soviétique. Avec la pochette de l’album qui représente un sous-marin… Est-ce qu’il y a un concept ou une thématique principale sur le dernier album ?

Effectivement ! Le thème est bien sur les sous marins et l’exploration marine. Tout comme Korolev était axé sur l'exploration spatiale.

Vous utilisez des samples parfois ? Ce sont des éléments d’archive ?

On utilise beaucoup de samples pour développer l’univers du groupe et des compos. Il y a des archives, mais aussi pas mal de trucs tirés de banques de données.



Est-ce que vous avez essayé de trouver un label pour sortir vos albums ?

Pour le moment, on a pas vraiment essayé. On attendait de se développer un peu. Mais on espère que Arkhipov va nous permettre d’attirer un label !

Le nom du groupe, les visuels des disques, vos photos promos, tout tourne autour de l’univers de l’URSS. Comment ça vous est venu de développer ça ?

La base est le nom du groupe que l'on a décidé de choisir avant même d'avoir écrit de la musique. Et puis on s'est rendu compte que c’était une source hyper riche d'idées...  On exploite donc tout ce qui se trouve autour, ça nous permet d’avoir une identité très forte, qu'elle soit sonore, via les samples et qui pallient au manque de chant ! mais ça nous permet aussi d'avoir une identité visuelle forte avec les masque à gaz, ce qui est important dans le monde de la musique et des réseaux sociaux actuel. Les gens se rappellent souvent des masques...

En concert, vous avez une sorte d'énergie communicative et une sorte de ferveur quand vous jouez, ce qui tranche un peu par rapport à votre musique assez froide ou par rapport à vos thématiques. Est-ce quelque chose que vous vouliez prendre à contre pied ?

En concert on aime surtout se faire plaisir, envoyer du lourd et faire vivre les compos. Dans la vie on est pas des mecs froid et distant malgré ce qu'on compose. On aime se marrer et kiffer le moment présent. C'est ce qu'on essaye de transmettre en concert, tout en envoyant du gros son ! Il faut aussi qu’on soit communicatif corporellement, vu qu’on ne chante pas.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2020 ?

Pleins de beaux concerts un peu partout ! On va commencer par la release party à Glazart le 31 Janvier, puis avec la tournée en Février ! Et peut être une signature chez un label ?

Pentacle (Janvier 2020)

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