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La Sélection #11 : Pink Floyd commenté par The Young Gods [Par e-mail, 2019]

Après un retour en grâce à la fois sur album avec Data Mirage Tangram et sur scène, Metalorgie se devait de s'entretenir avec The Young Gods. Nous leur avons proposé de nous concocter une sélection discographique et ils se sont prêtés avec enthousiasme à l'exercice. Au départ, ça devait être Kraftwerk, mais ils ont finalement fait le choix de la facilité avec Pink Floyd... ou pas. Tout simplement, parce que leur sélection ne se dirige pas vers les albums les plus évidents de leur discographie. Et nous vous rappelons que les Young Gods seront bientôt en tournée dans toute la France (dates par ici).






Le meilleur album pour découvrir Pink FloydA Saucerful of Secrets (1968)



BERNARD TRONTIN (batterie) :  A Saucerful of Secrets. La transition entre la période Syd Barrett et celle de David Gilmour, avec plein de pistes passionnantes qu’ils vont développer…et quelques maladresses touchantes aussi. Des étudiants en architectures qui se lancent dans la composition musicale avec plans et graphiques ! Il faut palier au départ de Syd Barrett et la méthode va bientôt supplanter l’intuition, mais là il y a encore cohabitation. Set the Controls for the Heart of the Sun reste une de mes chansons du Floyd préférées d’entre toutes (incroyable bon en avant de Roger Waters comme compositeur/ concepteur), et le glaçant Jugsband Blues où Barrett nous explique qu’il n’est plus dans sa tête ! A noter que celui-ci joue de la guitare sur plusieurs autres titres alors qu’on a longtemps cru que le groupe avait repêché ce titre de précédentes sessions. 
 
CESARE PIZZI (claviers) : Meddle marque à mon avis le tournant du groupe et une qualité sonore que je ne trouvais pas à l’époque sur d’autres galettes d’autre groupe. 

FRANZ TREICHLER (chant et guitare) : Pour moi c'est Meddle également, mais surtout les morceaux One of These Days et Echoes.


Votre album préféréMeddle (1971)



BERNARD : Meddle, La démonstration de ce qu’est selon moi le rock progressif : une ambition collective ! Jamais les talents d’instrumentistes émergents du groupe ne sont mis en avant, l’équilibre est parfait. La force émotive de cette musique reste intacte (je parle surtout d’Echoes  et de One of these Days, le reste est plus léger.) Le son est énorme, tellurique ! C’est aussi la première fois qu’ils réussissent vraiment à intégrer les parties vocales dans leur musique de manière convaincante. Vraiment chapeau !

CESARE: Meddle - One of These Days, un titre  avec la basse en premier plan et l’orgue marquant en alternance des mesures (et  avec un reverse) le traitement de la guitare - puis le synthétiseur ? dans la middle part encore plus fort, etc, etc. A noter que la batterie rentre à la moitié de la song - REMARQUABLE pour l’époque

FRANZ : Meddle. J'adorais Echoes : son début aquatique et ses plages oniriques sans rythme au milieu du morceau. A cette époque, c'était nouveau d'intégrer des sons concrets dans la musique pop/rock : des cris de corbeaux, du vent… Ce disque m'emmenait dans un monde étrange qu'il me semblait connaître. Comme si c'était la bande-son de certains de mes rêves. J'avais l'impression d'avoir des grands frères que je ne connaissais pas, habitant une autre partie du monde, et ces grands frères me parlaient avec un langage nouveau. La première fois que j'ai écouté One of These Days, je devais avoir à peine 10 ans. J'étais seul à la maison et écoutais les disques de mon vrai grand frère. Quand le morceau arrive dans le passage avec la grosse voix qui dit "One of these days I'm gonna cut you in little pieces…" "Un de ces jours je vais te couper en petites morceaux…" je suis sorti de la pièce, super intimidé.

Leur album le plus sous-estimé selon vousUmmagumma (1969), MORE (1969)





BERNARD :  Le disque instrumental d’Ummagumma ! Un gros risque à l’époque, très décrié et surtout cité en exemple a contrario que la somme vaut mieux que ses parties, chacun des membres du groupe composant et exécutant seul un quart de l’album.
Pourtant dans Sisifus par exemple, la partie de Richard Wright, est géniale selon moi. Elle a du être pleine d’enseignements pour les musiciens allemands de l’époque !  On y entends de la musique de Peplum, du free jazz, de la musique concrète, de l’ambient... du collage certes mais personnellement, je suis souvent aussi touché par les musiciens qui cherchent que par ceux qui trouvent. 

CESARE: je ne saurais quoi dire.

FRANZ : pour moi c'est MORE. Comme c'est une bande-son de film, j'ai l'impression que les gens ne le connaissent pas  bien. J'aime beaucoup ce disque. Il y a des perles "ambient" et surtout j'adore : The Nile Song avec son gros riff de guitare qui n'arrête pas de moduler.

Un album pour approfondir ses connaissances du groupe : ???

BERNARD:  Là je ne vois pas… il existe pleins de Best of, mais je trouve que c’est un format qui ne sied pas du tout à ce groupe. La progression est tellement grande et sur si peu de temps, en 5 ans on passe D'Interstellar Overdrive à Money… Mieux vaut se plonger dans chaque album séparément.


CESARE: oui comme Bernard: l’oeuvre des Pink Floyd s’étale sur diverses périodes. Chacune apporte des nouveautés tant sur le plan du mixage, la recherche de sonorité et la composition.

FRANZ : je pense également comme Bernard.


Un album moins réussiThe Wall (1979)



BERNARD:  Bon, je n’aime ni la période où Waters se sert du groupe pour entreprendre sa thérapie personnelle, ni la suivante ou Gilmour tente de prolonger artificiellement une entité en coma dépassé, même si je leur reconnais bien sur le droit de le faire.
Simplement ça ne fonctionne plus pour moi, l’équilibre est rompu, et par quelque bout qu’on le prenne, le groupe ne se transcende plus. Ne reste que le savoir faire.
A ce compte je préfère encore les albums solos de Waters où l’on sent une envie impérieuse de dire des choses, mais sans la musicalité de Wright et de Gilmour, et sans le drumming de Mason que je trouve indispensable ! (remplacer ce gars par un requin de studio est pour moi une énorme erreur) Ca tourne trop vite au pamphlet sans émotion. J’ai écouté The Endless River, mais je ne m’y retrouve pas. Je trouve que dans tous ces albums récents, on lâche trop la bride à Gilmour qui solifie à tout va, c’est très lassant. Je pense que Waters savait cadrer cela.

CESARE: A part les récents, je ne vois pas - depuis le début, chaque album apporte son lot de surprises, même Obscured by Clouds pour le film La Vallée, que je trouvais un peu simpliste au départ, je l’aime aussi ! Pas que je sois nostalgique, mais dans les récents albums - je ne retrouve pas la magie de leurs arts. Je reconnais que c’est toujours d’excellents musiciens, mais ce n’est plus des artistes !

FRANZ : moi j'ai décroché avec The Wall. Je n'ai pas réussi à rentrer dans cet album. Trop grandiose, trop pompeux, peut-être trop calculé. A partir de Dark Side of the Moon, j'ai commencé à trouver que les albums étaient surproduits. J'aimais pourtant beaucoup les versions pirates live de Dark Side of the Moon quand il s'appelait encore Eclipse. On en trouvait avant que l'album sorte. J'ai encore suivi plus ou moins Wish You Were Here, puis Animals que je trouvais étonnant et assez paranoïaque. Puis j'ai perdu mon intéret avec The Wall.



Une chanson de Pink Floyd qui signifie quelque chose de spécial pour vous : 



BERNARD : Cirrus Minor de l’album MORE. Une ballade hantée qui me fait toujours autant d’effet, on l’avait reprise en live avec November, très difficile à faire je trouve de reprendre du Pink Floyd ! le problème vient de cette synergie du groupe si difficile à recréer.

CESARE: Je reste sur One of these Days - il paraît que plusieurs versions existent de ce titres, mais je ne les ai jamais trouvés ? Bernard? Est-ce que tu connais d’autres versions?

BERNARD:  Il y a des versions live, la fameuse de Pompei, j’ai quelques versions pirates aussi …sinon des plus récentes, mais je ne connais pas de version studio alternatives.Je ne les ai jamais vu en live malheureusement, et je n’ai pas souhaité voir leur reformation sans Waters. Cela dit j’ai été ému de les revoir ensemble au Live Aid et je suis allé voir Roger Waters. Je sais aussi que Nick Mason fait une tournée en jouant de vieux titres de l’époque Barrett... je suis tenté mais j’ai peur d’être déçu…

FRANZ : The Nile Song sur l'album MORE. C'est du stoner avant l'âge.



Un bon album liveUmmagumma (1969), Live at Pompeii (1972)





BERNARD: Le premier disque d’Ummagumma, un des rares albums live que j’adore, les versions sont transcendées, la musique est encore très improvisée, et l’intensité en est sidérante, pas si planant qu’on a voulu le dire, je crois même me souvenir que l'attitude de Waters sur scène à l’époque était assez agressive !

CESARE: Le Live at Pompeii - mais c’est aussi le seul que je connaisse.

FRANZ : Moi aussi j'adore ces deux albums live : Ummagumma et spécialement son morceau Careful with that axe Eugene et le live à Pompei. Dans le film Live at Pompeii on peut les voir jouer Echoes, c'est très pur.

Neredude (Octobre 2019)

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