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Pénitence Onirique Nantes, octobre 2018

Octobre 2018, le label Les Acteurs de l'Ombre Productions fête ses dix ans d'activités avec un festival sur deux jours sur Nantes. Dans les groupes sur places, on retrouve les plus anciens du labels comme Pensées Nocturnes ou The Great Old Ones, mais aussi les très prometteurs Pénitence Onirique qui ont sorti un excellent premier album, V​.​I​.​T​.​R​.​I​.​O​.​L, en 2016 et qui commence tout juste à se produire sur scène depuis quelques mois. On a donc la chance de s'entretenir avec ses deux créateurs, Bellovesos (Guitare / Basse / Batterie) et Diviciacos (Chant) pour revenir sur la création du projet, leur musique, leurs influences et leurs débuts sur scène.

C’est votre troisième concert ce soir, vous avez un peu la pression ?

Troisième concert oui, et non ça va, c’était pour le premier concert que c’était un peu plus compliqué pour Les Feux de Beltane car il y avait plusieurs choses qu’on avait mises en place notamment question visuel. Et puis parce qu’on n’était pas les seuls à jouer, parce que c’était filmé et puis parce que c’était le premier concert. Mais ça s’est visiblement plutôt bien passé.

Et comment ça s’est passé le second concert, c’était dans un bar à Rennes il me semble…

C’était l’horreur ! Enfin pas au niveau du staff car c’était très bien organisé. Mais ce n’était pas raisonnable ni judicieux de jouer dans un si petit endroit. C’était la guerre ! Avec trois guitares, donc trois amplis à tête et puis il y avait 200 personnes dans un bar qui fait même pas la moitié de la taille d’ici. La fin de concert a été vraiment épique, on crevait de chaud. C’était un bon concert quand même, mais il y a eu des séquelles (rires)

Vous avez prévu quelque chose de spécial pour ce soir, peut-être visuellement ?

En fait on a surtout travaillé notre setlist, après il y aura un nouveau morceau, Aphonie, qu'on trouve sur le dernier sampler des Acteurs de l’Ombre Productions et qui fera parti du prochain album prévu pour 2019. Au niveau des lumières, on a été un peu pris de court avec les vacances et ça réclamerait de réaliser une nouvelle résidence pour mettre ce genre de chose en place. Donc on s’est vraiment concentrés sur la qualité de la setlist, de la réalisation musicale, on a aussi vu quelques petits détails entre nous, mais rien qui ne va changer massivement du set qu’on a pu faire aux Feux de Beltane par exemple. On essaie de poser des petites pierres au fur et à mesure, voir comment ça réagit, mais on a plein d’autres idées derrière qui prennent plus de temps, qui nécessitent un budget. Et puis sinon on stagne, donc on préfère essayer de renouveler intelligemment les prochaines fois que de tout balancer d’un coup et ne plus rien avoir, ne plus avoir de matière pour évoluer. C’est pas une question d’être original, c’est pas le mot, mais détonner un peu, il y a eu une grosse période de groupe de Black Metal à capuche, toute une imagerie qui se fait, et puis tout a déjà été fait, ou presque, donc on essaie un peu de se démarquer de tout cela.



Je voulais revenir sur les débuts de Pénitence Onirique. Qu'est-ce qui vous a poussé à monter le groupe et est-ce que vous aviez déjà eu d'autres projets musicaux avant ?

C’était sur un gros coup de tête. On a toujours fait de la musique ensemble, ça fait même une vingtaine d‘années qu’on fait ça. On a eu deux groupes et un projet studio ensemble avant Pénitence Onirique. On a eu un groupe de Metalcore avant qui s’appelait Coven, ça a commencé comme du Black Metal pour bifurquer ensuite, on s’est beaucoup cherchés. On a sorti un EP trois titres Sourd et Aveugle. Après on a été dans Heyser, un groupe de Deathcore au tout début du genre, on a fait pas mal de concerts avec le gratin du Hardcore européen à l’époque. Puis ça s’est terminé, on est tous partis sur d’autres projets, on a enregistré quelques démos avant que, Bellovesos au départ puis Diviciacos, on se lance sur Pénitence Onirique.

Quand V.I.T.R.I.O.L est sorti en 2016, j'ai été vraiment impressionné par la composition, les mélodies et les ambiances. C'est votre premier album et pourtant il fait déjà preuve d'un savoir faire important, comme si c'était l’œuvre et la réflexion de plusieurs années. Est-ce le cas ?

En fait, Pénitence Onirique a toujours été un projet qui est resté en suspend. Certains riffs, certaines inspirations, pas sur les morceaux de l’album nécessairement, mais tout cela s'est nourri du Black Metal des années 90 purement et simplement, toute la scène suédoise aussi avec des plans très mélodiques ou très épiques dans les riffs et puis les rythmiques en trois temps… C’était des ambiances et des riffs qui traînaient depuis longtemps dans un coin de la tête sans que ça soit très défini. Çà a mis très longtemps à mûrir, mais après les morceaux ont été composé en un mois, la construction a été très rapide en fin de compte. Mais ce ne sont pas des riffs que j’avais écrit avant, j’étais face à une page blanche et tout s’est mis en place au fur et à mesure de la composition. C’était un peu enfoui et ça a resurgi à ce moment-là. Et d’ailleurs pour la suite, pour le prochain album, ça changera en terme d’ambiance globalement, parce que là on joue sur scène donc il faut une efficacité qui n’est pas la même que quand tu es posé chez toi avec ta musique en mode contemplation. Et d’ailleurs, V.I.T.R.I.O.L est tranché en deux. Les deux premiers morceaux sont très ambiant, plus linéaires, mais ensuite avec l’ajout du chant, il a fallait prendre en compte qu’il y allait y avoir des paroles et donc que les titres seraient plus rythmés et il fallait qu’on les rythme d’une autre façon. C’est vrai que les morceaux V.I.T.R.I.O.L et Carapace ont cette dynamique là, ils sont plus impactants, plus directs, plus variés dans leur progression.

Justement, ma question d’après c’était comment c'est passé le processus de composition ? Bellovesos tu avais déjà toute la partie instrumentale en tête avant que Diviciacos ne pose son chant dessus ? Pour l'enregistrement, vous êtes vous mis dans des conditions particulière, pour créé une atmosphère peut-être étrange, sinon propice à la musique ?

Diviciacos est arrivé en court de route, il y avait déjà pas mal de morceaux terminés puis Bellovesos a composé la suite, on a attendu que tout soit terminé avant de poser le chant sur les compositions. On n’avait rien écrit avant, on s’est servi des ambiances pour m’imprégner et trouver ce dont j’allais parler mais aussi que ça colle au concept du disque. Et non il n’y avait pas vraiment de condition particulière, si ce n’est que j’ai tout composé chez moi en plein mois d’août, presque comme un ermite, avec comme seule ligne directrice d’écrire l’album rapidement. Après, pour Les Acteurs de l’Ombre Productions, on a repris ce que j’avais enregistré pour refaire le mixage et le mastering, pour embellir et solidifier les compositions, mais à la base c’était très brut, ça devait juste être balancé comme ça.

Je trouve l'album très réussi, notamment dans sa production à la fois claire et vaporeuse. Avez-vous utilisé du matériel particulier pour apporter ce type d'ambiance presque brumeuse ?

Ça s’explique de plusieurs manières. En premier lieu, ça s’est fait de manière très instinctive, j’ai écrit et travaillé les morceaux plusieurs fois, et puis je n'avais pas toutes mes tables d’enregistrement, même si j’avais déjà fait de l’enregistrement avant c’était en studio, encadré, donc rien à voir avec le fait tout faire soi-même chez soi. A la base je ne devais rien en faire. Ce n’est qu’après que ça a changé et qu’on a commencé à rajouter des pistes, des idées ici et là, ça a commencé à s’étoffer. Mais on a bien galéré au niveau du son quand il a fallu sortir l’album. On nous a demandé de faire un mixage et un mastering, donc on est passé par un ami. On lui avait passé le matériel brut, la musique d’un côté, les voix de l’autre, donc il s’est débrouillé pour assembler tout ça et faire sonner l’ensemble. On est conscient des éventuels défauts qu’il peut y avoir. Mais je pense que ça joue aussi à ce niveau là, cet aspect ambiant, il y a des éléments qui ont été rattrapés de cette manière. Ca fonctionne, on est très contents du résultat, mais ce n’est pas dit que si on avait eu d’autres moyens, V.I.T.R.I.O.L aurait sonné comme ça. Ce n’était pas tant une volonté d’avoir cette ambiance-là, c’est venu spontanément au fur et à mesure de la construction. Ce n’est pas parfait, mais au moins ce n’est pas aseptisé comme beaucoup de groupes qui ne peuvent même pas reproduire sur scène ce qu’ils ont composé en studio. On est très vite déçu de groupes qui amènent une grosse technicité sur disque, une production parfaite qui ne laisse rien dépasser, mais ça ne sonne pas naturel et ça ne rend jamais aussi bien sur scène. Nous on essaie de trouver le juste équilibre entre ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Par exemple, pour le prochain album, on a un meilleur contrôle là-dessus, mais on veut garder cet aspect aéré dans le son. Ce qui importe dans notre manière de sonner c’est cette guitare aux effets atmosphériques, qui vient donner une autre ampleur, avec de la reverb, c’est moins tranchant dans le rendu global, ça vient napper l’ensemble. Pour justement ne pas avoir ce rendu trop incisif, trop lourd.

Cet aspect brumeux, magique je trouve, il est également en lien avec les paroles très poétiques. Quelles ont été les influences, littéraires ou non, pour ces textes ?

Sur le fond, ça reste des réflexions personnelles, des choses qu’il me fallait sortir, traduire des questionnements que j’ai ou que d’autres personnes peuvent ressentir. On a essayé de mettre ça en lien avec ce concept d’alchimie. En fait, c’est une jonction entre les deux, entre ce que moi je me pose comme question et ce que l’alchimie peut répondre à cela. Après au niveau des influences, elles peuvent être littéraires effectivement. Je ne lis pas beaucoup, même si certaines œuvres m’ont marqué, mais ça reste ciblé et assez varié. Ca va autant aller de Michael Moorcock avec Le Cycle d’Elric en passant par Charles BaudelaireLautréamont, pas mal de choses issues du symbolisme en littérature donc Baudelaire comme je te disais ou Arthur Rimbaud. Je pense aussi à Albert Caraco, très nihiliste, anarchiste de droite dans sa vision du monde, mais aussi pas mal de poésie ou toute cette littérature d’heroic fantasy donc MoorcockRobert E. HowardJ. R. R. Tolkien forcément, ou même H. P. Lovecraft pour le fantastique. J’apprécie beaucoup l’univers heroic fantasy crade qu’on retrouve dans Le Cycle d’Elric ou dans d’autres esthétiques comme dans le manga Berserk ou le jeu vidéo Bloodborne. C’est pour ça que je parlais de Lovecraft, ce truc cradingue, qui suinte, on s’est inspiré de ça.

C’est marrant parce que quand j’ai vu la pochette, j’ai pensé à Bloodborne justement.

De toute façon, le titre Carapace De Fantasme Vide, c’est une référence directe à Bloodborne, c’est un item que tu peux récupérer dans le jeu. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui ont trouvé cette référence (rires). Et d’ailleurs les questionnements que posent cette œuvre, c’est aussi des choses que l’on peut retrouver dans Pénitence Onirique

J’ai l’impression que ça forme un tout complémentaire et cohérent, les visuels, vos tenues, mais également la pochette participent à cela. Qui s'est occupé de cette dernière ? Y avait-il des indications soumises par vous dans sa création ? Par ailleurs je trouve intéressant qu'on y retrouve ni nom d'album et encore moins de logo ou de nom du groupe dessus. Ca change des groupes de Black Metal avec un visuel en noir et blanc et des logos typiques du genre.

Alors pour la pochette, c’est moi qui ai dessiné la porte qu’on voit sur l’illustration. Mathieu Voisin, un ami, qui travaille dans le design et est très doué dans l’art numérique, il a vu cette porte dessinée chez moi un peu par hasard. Il m’a dit qu’on pouvait en faire quelque chose. Moi, je voulais garder cet aspect monolithique, comme dans 2001, L’Odyssée de l’Espace, on voit cet élément posé, sans trop savoir pourquoi ou comment et on se questionne dessus, ça laisse place au mystère. Concernant le logo, justement, on voulait vraiment épurer au maximum le visuel et puis arriver de manière assez humble, même si on a signé sur Les Acteurs de l’Ombre Productions après et que ça a permis de nous mettre en avant. On voulait en tout cas clairement éviter l’effet de "tu fais défiler les pochettes dans les bacs avec que des logos de Metal, où tu ne sais plus trop qui est quoi" ou bien que tout paraît un peu cliché. On voulait un peu captiver les gens avec ce visuel, qu’ils se questionnent, comme à travers ce que l’on peut faire dans notre musique pour nous, mais aussi pour les personnes qui nous écoutent. Et on avait la chance d’avoir un beau visuel, le dénaturer avec un logo, quand en plus personne ne te connait, ça ne rimait à rien. Sur certains vinyls, t’as une superbe illustration, mais un logo à côté qui ne sert pas à grand-chose, c’est devenu une norme, même si le logo est bien, je ne dis pas le contraire, mais c’est posé en haut à droite pour dire qu’on fait du Black Metal, c’est assez chiant comme code. Nous on avait pas envie de ça.

Avez-vous démarché Les Acteurs de l'Ombre Productions pour la sortie de l'album ou ce sont eux qui sont venus vers vous ? Que pensez-vous du label et appréciez-vous certains des groupes signés chez eux ?

J’étais en contact depuis un moment avec Jeff Grimal de The Great Old Ones et Romain des Acteurs de l’Ombre Productions, on discutait simplement comme ça, et je leur ai envoyé les démos pour savoir ce qu’ils en pensaient, qu’on aie des retours sur notre musique. Alors au début on a sorti un titre sans rien, sans mixage, sans mastering, sur youtube, Romain l’a écouté, l’a fait écouter aux autres membres du label et ils se sont montrés intéressés dès le départ pour le sortir sous la division du label, Emanations, donc on a tout de suite accepté. C’est un super label et c’est tout à fait la structure et l’esprit dans lequel on voulait être. On apprécie The Great Old Ones, Déluge aussi, ce qu’on trouve impressionnant chez eux, c’est leur efficacité en live. Pensées Nocturnes est super intéressant dans la manière qu’ils ont d’apporter de nouvelles choses dans leur musique, dans leurs visuels sur scène. Ils ont créé un univers qui leur est propre et ça c’est super respectable. Chaque groupe du label a développé quelque chose, a quelque chose à raconter. Et pour nous, on ne souhaite pas s’enfermer dans cette thématique de l’alchimie, ça changera d’un album sur l’autre, on ne veut surtout pas s’enfermer sous une cloche. Tu vois The Great Old Ones c’est très axé Lovecraft, mais nous pour notre second album, ça sera totalement différent de V.I.T.R.I.O.L comme on te disait tout à l’heure.

Il y a peu, vous avez monté un line-up pour les concerts. Était-ce une volonté depuis les débuts du projets de faire des concerts ? D'autre part, votre musique est ambitieuse et travaillée. N'est-il pas trop difficile de traduire cette musique en live ?

Au tout début ce n’était clairement pas l’idée de faire des concerts, ça devait être uniquement un projet studio. Et puis là où on habitait avant à Chartres, c’était impossible de monter un line-up, il n’y avait pas du tout de culture musicale pour ça, on était isolé de tout là-bas. Ensuite on a déménagé, on s’est rapprochés de la région parisienne, on avait quelques contacts et de ramifications en ramifications on a pu monter le line-up actuel. Comme tu dis en parlant de musique ambitieuse, il a tout de même fallu aussi prendre les trois guitares, équilibrer les trois pistes de manière intelligente. On est toujours en réflexion de comment rendre telle ou telle partie, comment optimiser telle ou telle chose. Le rendu live est du coup un peu plus nerveux que sur album, mais je crois qu’on a plutôt bien réussi à traduire cela, la rythmique est plus vivante aussi, il y a un peu plus de profondeur avec cette guitare ambiante. On a aussi réadapté quelques petites choses, mais ça tient vraiment de l’ordre du détail. Il y a des morceaux, du moins un en particulier pour du live, qu’on évite de placer, surtout avec ce que l’on prépare pour le deuxième, concrètement ça sera la même patte, car dans l’agencement ce n'était pas possible. On a réajusté un peu le chant aussi, c’était plus judicieux pour le live sur certains passages pour apporter quelque chose de plus, mais dans l’ensemble il n’y a pas de grand changement. Après on a fait des paris un peu osés, par exemple notre batteur, c’est un novice dans le Metal, avant il était batteur de Jazz, il n’a jamais fait de scène. On préférait miser sur un mec comme ça plutôt que sur une usine à gaz et avec qui on ne s'entende pas. Ca n’aurait pas été possible. On a une vraie cohésion de groupe, on se rassemble, on discute, on rigole, c’est cet aspect humain qui est important aussi derrière Pénitence Onirique.



Quel est votre rapport au Black Metal ? Est-ce un genre dans lequel vous écoutez toujours des groupes ? Paradoxalement, j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de formations, mais finalement assez peu de véritablement intéressantes qui osent tenter de nouvelles choses. Est-ce un avis que vous partagez ?

Je généralise, forcément, mais je trouve que ça tourne un peu en rond, même s’il y a des groupes qui sortent du lot, clairement, dans l'imagerie, dans l’idéologie, artistiquement de manière générale. Mais on est en 2018, t’as encore tout ces types qui sont en train d’enculer Jésus, bon, ça va cinq minutes. C’est pour ça qu’on apprécie Les Acteurs de l’Ombre Productions, parce qu’ils sortent de ces schémas, de ces clichés. Même musicalement, j’écoutais le dernier album de Moonreich, il y a un passage ou c’est du Hardcore, Pensées Nocturnes qui ont leur propre esthétique… Ce sont des groupes qui sortent des clichés de ces groupes qui font pendant vingt ans des albums sur Satan, genre Dark Funeral, qui sort le même album maintenant que celui de leurs débuts, mais en moins bien… Après oui, le Black Metal j’en écoute depuis longtemps, ce que j’aimerai toujours c’est la scène Black / Death mélodique suédoise tels que Dissection, At The Gates… Le truc c’est qu’on apprécie aussi pas mal de choses différentes comme du Trip-Hop, du Hip-Hop, de la Musique Classique…

Et dans des choses récentes, de ces dernières années ?

Pas tant de choses que ça en fait, mais là je pense à Der Weg Einer Freiheit, qui a été une grosse claque, The Ruins Of Beverast aussi avec le dernier opus, Exuvia, Urfaust, Deafheaven sur le premier album Roads To Judah j’ai trouvé ça excellent, puis après c’est parti sur quelque chose de trop vaporeux, un groupe de Punk Hardcore de New York genre Trapped Under Ice qui ferait un truc trop arty, et je n’arrive pas à rentrer dans leur musique.

La programmation du Roadburn vient de tomber et ils arrivent à réunir des formations des scènes extrêmes ou non aussi variées et différentes que Misþyrming, Thou, DälekPhurpa ou Drab Majesty, je me dis qu'artistiquement il y a encore des ponts à faire et que la création est foisonnante, mais elle mérite sans doute d'aller plus loin que certaines barrières stylistiques...

Dälek c’est trop bien ! Je préfère largement aller au Roadburn et ce genre de programmation que d’autres festivals plus fermés. La programmation Sludge / Doom qu’il peut avoir comme Yob ça m’ennuierait peut-être un peu parce que ça reste lent et contemplatif, mais t’as une puissance sonore qui est dingue. Je préfère largement ça à enchaîner sur trois heures de Black Metal, et c’est même pas nécessairement une question de groupes en eux mêmes, c’est juste que moi je peux pas. Après le Roadburn apparemment c’est assez élitiste au niveau de l’organisation, enfin on ne connaît pas trop...

Pas nécessairement, mais par exemple les groupes de Black Metal qui jouent au Roadburn ça va être de type Oranssi Pazuzu, Wolves In The Throne RoomMisþyrming

Oui je vois, les gars ils ont tout compris, tu peux aller voir du Doom, du Black Metal, des choses plus expérimentales, c’est assez dépareillé, mais varié, ça développe quelque chose, et pour moi ils ont tout compris. Ca reste super cohérent. Quand tu écoutes Wolves In The Throne Room, tu écoutes aussi Enslaved, Yob, Chelsea Wolfe, tout le roaster de Van Records, c’est un tout, un ensemble.

Pour conclure, quelle est la suite pour Pénitence Onirique ? Un nouvel album comme on parlait plus tôt… des concerts aussi ?

Le nouvel album est en court, un morceau est sorti sur le sample des Acteurs de l’Ombre Productions. Tout est pratiquement enregistré, il reste le chant, le mixage et le mastering et ça devrait sortir courant de l’année prochaine. On n’a pas spécialement de concerts prévus, parce qu’on avait pas anticipé ça. Comme on te disait, l’album ne devait pas sortir puisque ça devait rester un projet personnel et studio. Après on a eu le label, on a décidé de le projeter sur une scène, donc créer un line-up, et là on se retrouve le cul entre deux chaises, entre l’ancien album qu’on joue sur scène et ce que l’on prévoit pour la suite. On travaille à la fois dans le passé et dans le futur, c’est pas évident. On a eu des contretemps pour tout ça, pour le line-up, l’apprentissage qui s’en suit, le nouvel album, mais on est confiants pour l’année prochaine, les choses devraient se dérouler de manière plus fluide, car on sera tous sur le même pied d’égalité. Dans tous les cas on préférera quelques dates de qualités, que d’en faire en quantités. Tu as des groupes parfois, tu vois leur noms sur des flyers où ils jouent tous les weekends, c’est pas grave si tu n’y vas pas tu iras le weekend prochain, mais ça tue un peu le truc dans l’œuf. On préfère quelque chose d’un peu plus ritualiste, de réfléchi. En plus on est six, on a tous des emplois du temps différents, avec des vies différentes, il faut qu’on agence tout cela. Dans tous les cas, quand l’album sortira, il faudra le défendre sur scène !

Pentacle (Octobre 2019)

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