John Famiglietti (Health) feat. Oddzoo [Par mail, 2019]

Indus ? Metal ? Noise ? Sur leur excellent quatrière album, malicieusement titré Vol. 4 - Slaves Of Fear, Health continuent de brouiller les pistes, même si les guitares ont pris de la lourdeur dans la balance. En pleine tournée européenne, John (basse) a accepté de répondre à nos questions et surtout celles de Seb d'Oddzoo, groupe français trop méconnu qui va partager l'affiche avec Health début mars, une consécration pour eux puisque la formation américaine fait partie de leurs influences.
Voici les dates françaises avec Oddzoo, toutes les autres par ici :

5 mars à Lille (Aeronef)
9 mars à Paris (Badaboum)
12 mars à Bordeaux (Iboat)




Venant d’un background Noise, quels artistes, styles ou idées ont motivé la mutation opérée sur Death Magic et désormais Vol.4 - laves Of Fear ? 

John : Concernant la mutation de Get Color à Death Magic : la musique électronique actuelle (de l'époque), ou pour être plus précis, la production de la musique électronique : vers la fin des années 2000, de jeunes gamins qui se servaient uniquement de plugins pour faire de la musique créaient, en termes de production, ce qui se faisait de plus lourd, et ça faisait un bail que je n’avais pas constaté un tel changement de paradigme, alors on a su qu’on devait évoluer nous aussi. A propos du changement opéré entre Death Magic et Vol.4, maintenant nous avons trouvé notre son, et puis onest dans un ère du streaming post-algorithmique. La frise temporelle en musique est désormais complètement brisée, aujourd’hui un album est bien moins lié à des courants de mode ou à une époque. On est retournés à des choses qui me paraîssaient trop conservatrices sur  Death Magic pour aller de l’avant. Nous avons intégré la musique de notre passé à notre nouveau son, en plus de choses intéressantes qui se passent dans le paysage musical actuel : le Thrash Metal, le Soundcloud Rap et nos albums précédents. 

Combien de temps avez-vous mis pour écrire cet album ? Contient-il seulement de nouveaux morceaux ou y a-t-il des titres composés à l’époque Death Magic ?

En tout et pour tout, ce disque nous a pris un an et demi, sachant que l’on ne travaillait pas dessus tout le temps, et on a eu des périodes complètement inactives qui nous permettaient de voir d’un autre œil ce que l’on avait composé. Tout est nouveau et on a démarré l’écriture tout juste après avoir fini les morceaux originaux de DISCO3.

Est-ce que le studio fait partie des bons moments pour Health

Pas tellement, ça va, mais c’est la tournée qui est vraiment fun. La composition, c’est du travail.

Health a toujours eu un son et des attitudes uniques sur scène. Quelle a été la réaction la plus étrange que vous ayez reçue de la part du public ? 

On ouvrait pour Nine Inch Nails à l’occasion d’un de leurs concerts « d’adieux » (LOL)  à Los Angeles il y a quelques années. Et pendant qu’on jouait notre deuxième titre, j’ai senti une terrible odeur de merde, j’ai cru au début que quelqu’un du groupe avait lâché une caisse, mais ça puait tellement que c’était forcément de la merde. Alors j’ai jeté un regard aux autres, mais tout d’un coup j’ai vu qu’une fille slammait et que tout le monde en dessous d’elle criait. Elle portait un short de sport avec des paquerettes rouges dessus, et j’ai vu que de la diarrhée coulait le long de ses jambes. A ce moment-là je me suis dit « On a atteint la brown note, baby ! ». Je pense que le Jagermeister est le coupable, mais je me rappelle encore de cet éclair de génie. Finalement ils l’ont laissée rentrer dans la foule à nouveau donc tout est bien qui finit bien. 


 
J’ai toujours aimé comment Health sonnait, je me souviens de toutes les édales d’effets, notamment la Boss Slicer qui avait une place de choix sur les premiers albums. Sur Slaves Of Fear, avec quel matériel ou logiciel avez vous fait joujou ? 

iZotope Trash 2, baby !

Health a toujours été entre plusieurs scènes musicales, quelle place a le Metal dans vos influences ? Quels groupes avez-vous écoutés en grandissant ?

Vol.4 est le premier album sur lequel on perçoit vraiment des influences Metal dans Health, et je pense que ce qui nous a le plus influencés c’est le Thrash. Et puis, Vol.4, je pense que l'origine du nom est assez claire. Mais on a quand même des goûts de touristes, nos groupes préférés sont finalement très classiques, pas de surprise (j’ai toujours pensé que le Metal et les autres musiques extrêmes, plus que d’autres genres, sont une vraie méritocratie). En grandissant, Jake et moi on a découvert la musique via le Punk Rock et au fur et à mesure on a exploré d’autres styles grâce à Internet. Ce qui nous rapprochés avec Jake et BJ c’est que l’on est tous les trois fans d’Album Oriented Rock classique.

Sur Death Magic on a l’impression que vous intégrez des séquences dansantes avec des rythmiques très catchy, mais ça ne dure jamais. C’est toujours cassé par un break ou un changement de structure. Est-ce fait exprès ? 

Oui.

Est-ce que vous feriez un disque complètement dansant ? 

Non.

Vous avez collaboré avec le sorcier du son The Haxan Cloak. Comment cette collaboration a-t-elle eu lieu et que vous a-t-il apporté ?

Haxan a travaillé avec nous sur un titre, Victim, qui ouvre l’album. J’avais très envie de travailler avec lui depuis un moment, et on n’avait aucune idée de comment débuter le disque, on avait quelques sons par-ci par là et on a fait le morceau ensemble, que nous avons finalement coupé en deux (l’autre moitié se trouve sur DISCO3 et est la suite directe de Victim) et on en est très contents. 

Vous avez récemment sorti quelques pistes avec des featurings, notamment Perturbator. Pourquoi vouliez-vous travailler avec lui ?

Nous étions de sa musique et nous avions l'impression d'avoir plein de choses en commun donc une collaboration semblait être une bonne combinaison.

Vous allez faire quelques dates en France avec les locaux de Oddzoo, qui en sont visiblement ravis car Health fait partie de leurs influences, et ça s’entend. Particulièrement dans leurs arrrangements électro glitchy, et aussi, faute d'une expression plus juste, dans les voix « androgynes » qu’ils utilisent. Ce sont des éléments clés de votre musique, selon toi ? 

Oui complètement. Je pense que l’on se complètera bien.

Oddzoo et Health traitent tous deux des problèmes liés aux drogues n’est-ce pas ?

Pas seulement mais ça arrive de temps à autres.

Je ne sais pas si les gens l’ont remarqué mais la première fois que j’ai rencontré t'ai rencontré à L.A, je lui t'ai demandé quel était le numéro de téléphone sur la cover de DISCO3, sur les posters, le merch etc... Et tu m'avais dit que c’était ton numéro perso. D’où vient cette idée, et qu’est ce que vous avez reçu sur ce téléphone ? Je trouve ça hyper cool, et c’est aussi pour ça qu'à mon avis, Health est un des groupes les plus intéressants du moment. 

Quand on a tourné le clip de DIE SLOW, on voulait faire apparaître un faux numéro de téléphone, mais il n’y avait pas de moyen abordable de le faire. Donc quand NEW COKE est sorti on voulait vraiment afficher un numéro et avec Google Voice c’est facile. On a discuté du numéro de téléphone qui devrait recevoir les messages mais finalement le plus drôle et le plus logique était de les transférer sur mon téléphone parce que j’y répondrais. 

Qui est l'auteur des tweets graveleux du groupe ?

C’est Jake et moi qui écrivont ces blagues crades. Celles de Jake sont généralement plus verbeuses et intelligentes, les miennes sont plus sexuelles et vulgaires. Donc…Tu fais sans doute références aux miens.


Neredude (Février 2019)

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