Chroniques
Pochette Seeress
Pochette Songs For The Firing Squad
Pochette Boy Meets Girl
Pochette Sexorcism
Pochette amo
Pochette A Call To Arms Pochette Verkligheten
Découverte
Pochette Worships

Alexander von Meilenwald (The Ruins of Beverast) La Mézière, novembre 2018

Cela va faire maintenant dix ans que Metalorgie suit les méfaits d'Alexander von Meilenwald avec son projet The Ruins Of Beverast, sorte de fusion difforme de Black et Doom Metal teintée de chœurs impies, explorant les méandres les plus sombres de l'âme à grand renfort de longs albums, souvent impressionnants. C'était à l'origine un simple one-mand band allemand se limitant au studio. Depuis 2013, Alexander sévit avec un groupe sur scène, et c'est lors de leur passage au Samaïn Fest près de Rennes que nous l'avons rencontré, pour parler de sa musique, de collaboration et de cinéma.



Le nom de ton groupe fait référence au pont de Bifröst et à la mythologie nordique. Comment fais-tu le lien avec le thème chamanique d'Exuvia?

Alexander : Tu sais, The Ruins Of Beverast n’évoque pas vraiment la mythologie germanique, pas seulement en tout cas. Les paroles traitent souvent de la part sombre de l'histoire et de l'âme. La seule chose liée à la mythologie germanique est le nom du groupe et quelques paroles que j'ai pu écrire. Mais en réalité, le nom du groupe est un symbole de la fin du monde, donc c’est ce qui compte vraiment à ce sujet. Je ne veux pas vraiment me réduire à une de ces mythologies, ça me limiterait trop.

Ton premier album, Unlock The Shrine, a été la première sortie de Ván Records. Comment perçois-tu l'évolution du label depuis cette époque et as-tu des sorties en tête qui ont été des paliers importants dans son histoire?

En fait, le label a été fondé juste parce que nous voulions sortir ce premier album. Je ne voulais pas le faire au début. Et quand Sven [von Hackelnberg] l'a écouté, il a dit "tu es idiot, tu dois le sortir." [Rires] Nous avons juste eu l'idée de le sortir nous-mêmes, c'est pourquoi nous avons fondé le label. J'ai travaillé pour le label pendant un an et demi, puis je me suis rendu compte que je ne pouvais pas faire ça, parce que ce n'est pas le genre de travail pour lequel je suis talentueux. C'était une meilleure décision de laisser Sven le faire seul. C'est incroyable de voir comment cette chose s'est vraiment développée.  Je veux dire, Sven a beaucoup d’objectifs et ils sont énormes. Il a beaucoup d’énergie pour les atteindre. La meilleure chose qui lui soit arrivée est bien sûr la signature de The Devil's Blood et c'est dommage que ce groupe se soit séparé, pas seulement à cause de la mort de Selim, parce que le groupe s'était dissous avant que ça n'arrive. C'était vraiment triste parce que ce groupe aurait pu amener le label à un niveau supérieur, vraiment. Et après, je ne sais pas ... En fait, quand je vois Sven, nous parlons à peine de ce qui concerne le label, donc je ne sais pas vraiment quel est son plus gros groupe à l’heure actuelle.

Je me souviens d’une vieille interview de 2007 dans laquelle tu avais annoncé le prochain album de Verdunkeln. J'ai écouté, c'est plutôt bon!

Ce sont des amis qui viennent de ma  région et j'ai joué la guitare rythmique pour eux sur scène. Oui, ils ont sorti de bons albums. J'espère qu'ils pourront en sortir un nouveau l'année prochaine ou l'année suivante, je ne suis pas sûr.

J'ai lu qu'Exuvia évoque l'avilissement de la nature et que tu considères l'humanité comme un parasite de celle-ci. Donc y a-t-il une sorte de, faute de meilleur mot, message "écologique" dans The Ruins of Beverast?

Pas écologique. C'est juste que je pense que nous sommes incroyablement ignorants en ce qui concerne la nature, qui nous a tant donné. Nous dépendons de la nature et nous ne l'acceptons pas vraiment. Nous ne la connaissons pas et, putain, nous l'ignorons. Ce n’est donc pas un message écologique, c’est plutôt accuser l’humanité de… J'essaie juste de réveiller l’humanité en ce sens que nous devons réaliser que nous sommes des gouttes d'eau dans l'océan et qu’il nous faut être reconnaissants d'avoir ça autour de nous, et ne pas simplement l'ignorer et la détruire. Nous devons retrouver cette conscience. Il y a tant de choses aujourd'hui qui sont en quelque sorte vénérées par l'Humanité, qui sont si petites et sans importance, alors que les choses vraiment importantes ne sont plus vraiment vénérées, mais simplement ignorées.

Votre premier concert a eu lieu à Roadburn 2013 si je ne me trompe pas ?

Nous avons fait une sorte de concert de répétition à Berlin avant, mais le Roadburn était le tout premier concert officiel.

Est-ce que c'est cette offre du Roadburn qui a été le déclencheur pour commencer à jouer sur scène ou avais-tu déjà ça en tête?

J'ai beaucoup parlé de ça avec Sven avant de commencer à faire des concerts. Je veux dire, j'ai déjà joué sur scène avec mes précédents groupes et en fait, j'aime faire des concerts, parce que c'est cool. Il y a en général une bonne ambiance dans un festival, j'aime vraiment le faire. En fait, je n'ai pas dit que je ne jouerais jamais en live avec Ruins. C'est juste que je ne savais absolument pas comment je pourrais le faire. Si tu prends Rain Upon The Impure, cet album a été très compliqué à enregistrer, il y a des passages sur des chansons qui ont près de cent pistes, je ne savais pas comment je pourrais le faire, donc je n’utilisais aucune énergie pour y réfléchir. Et puis, quand le Roadburn m'a fait cette offre, j'ai tout juste commencé à réfléchir comment faire de ça une réalité. Le concert a eu lieu en avril 2013 et, en novembre 2012, nous n'avions pas vraiment de guitariste lead ! Je ne pensais donc pas que cela pourrait se faire avant une très bonne répétition en janvier, et à partir de là les choses ont commencé à s'améliorer.



Justement, en 2018, vous avez joué à Exuvia en entier au Roadburn. C'est venu d'eux ou c'était ton idée ?

Le problème est que le Roadburn demande toujours l'exclusivité. Nous avons joué beaucoup de concerts et il y a eu une tournée juste avant le festival, donc ils n'auraient pas accepté un concert normal. Notre deuxième guitariste, qui n'est pas avec nous aujourd'hui, ce qui veut donc dire que nous jouerons avec une guitare ce soir, ce qui est un peu triste mais bon... En tout cas, il a proposé qu'on joue l’album en entier, parce qu’il l'adore! [rires]

Tu es donc ouvert aux idées de ton groupe de scène ?

Oh oui ! Je veux dire, nous n'avons pas de relation du type : un chef de groupe et ses serviteurs. [rires] Non non, nous sommes amis. Ils ont beaucoup d'énergie quand il faut travailler pour le groupe. Notre clavieriste s'occupe de toutes les merdes en rapport avec le merch, ce que je ne peux pas faire parce que je déteste ces conneries organisationnelles ! Le bassiste s'occupe du booking, donc c'est une bonne chose que je les aie, j'en ai vraiment besoin.

Tu dis souvent que tu veux créer des images dans l'esprit de l'auditeur. Serais-tu intéressé pour écrire de la musique de film si quelqu'un te le demandait?

Je n'ai jamais réfléchi à faire de la musique de film, j'ai pensé à faire des films! [rires] Je ne sais pas, c'est une idée qui me revient en permanence. Je pense juste que, à un moment donné, je pourrais réaliser des films, ou du moins des court-métrages parce que c'est une sensation tellement puissante, vraiment. Et quand j'écoute mes propres chansons, je les renvoie à des films. 

Est-ce que ces films auraient un lien avec Ruins ?

Non, ce serait totalement différent. Mais je suppose que ce serait probablement des films sombres comme ceux de Lars von Trier.

Alors, qui sont tes réalisateurs préférés? Tu as déjà dit aimer les réalisateurs underground français, tu penses à des gens comme Garpar Noé ?

Je pensais aussi à lui, mais connais-tu Alexandre Aja? Ses films sont vraiment bons, n'est-ce pas? Mais il y a d'autres films français que j'aime bien mais je ne me souviens pas du nom des réalisateurs. Il en va de même pour les réalisateurs de la région des Balkans, de l'ex-Yougoslavie. Ils ont de très bons films mais j'oublie toujours les noms. Il y a auss les cinéastes polonais comme Andrzej Żuławski. Quoi qu'il en soit, mon réalisateur préféré est probablement Lars von Trier et aussi Stanley Kubrick.

Puisque tu essaies de créer des images cinématiques avec ta musique, quels seraient les films parfaits pour l'illustrer ?

Je suppose qu'il y a au moins des chansons de Ruins qui seraient parfaitement représentées par Antichrist de Lars von Trier, parce que c'est un film cauchemardesque. [il réfléchit] 

Ce n'est pas une question facile ! 

Oui, c'est très difficile. Donne-moi un peu de temps pour y réfléchir, parce que c'est intéressant, en fait! [quelques semaines plus tard, Alex nous a donné sa réponse réfléchie.]

De manière générale, je dirais que la musique de Ruins devrait être juste visualisée de manière instinctive pour voir ce qu’elle deviendrait à l'écran. Je serais probablement moi-même surpris. Mais, si on prend pour référence l’ambiance et les couleurs de films existants, j’adorerais voir la qualité apocalyptique de l'œuvre la plus sombre de Lars von Trier, Antichrist, avec la musique de The Ruins of Beverast, c'est certain. Je pense aussi à Possession (Andrzej Żuławski), certaines parties de Begotten (E. Elias Merhige) et même des parties de 2001 de Kubrick. Je pense aussi à des films bien plus anciens qui ne me viennent jamais à l’esprit lorsque j'essaie de m'en souvenir parce que j'oublie toujours leurs noms. Ces œuvres sont tellement axées sur des maelströms émotionnels et des images abstraites qu'elles se détachent presque complètement du film en tant que tout. C’est pourquoi j’ai toujours eu l'impression qu’elles laissaient de l'espace à une autre dimension, qui pourrait potentiellement être acoustique.

Quelles sont tes musiques de film préférées ? 

Je ne sais pas. Ce n'est pas pareil quand j'écoute une bande-son sans regarder le film. J'ai écouté la bande originale de 300: La Naissance d'un Empire au travail il y a quelques semaines. C'est cool, la musique est vraiment bonne, mais ça n'a aucun effet sans regarder le film.



As-tu déjà envisagé d'écrire des paroles en allemand ?

NON ! [Rires] Je l'ai fait avec mon groupe précédent et ce fut un désastre, vraiment. J'ai écrit trois fois des paroles pour Nagelfar et quand je les lis aujourd'hui, c'est horrible. C'est tellement difficile d'écrire de très bonnes paroles en allemand. Ca sonne un peu pathétique ou un peu ridicule. Je ne pourrais pas vraiment le faire avec Ruins car les paroles doivent être abstraites et un peu distantes, et il est impossible de créer ça dans ma drôle de langue maternelle.

Tu es un grand fan de Dead Can Dance et ta reprise d'Enigma of The Absolute est surprenante. Par contre, j'ai remarqué que les metalheads ne semblent être obsédés que par leurs premiers enregistrements, jusqu'à Aion peut-être. Apprécies-tu aussi ce qu’ils ont fait ensuite, comme Into The Labyrinth et Spiritchaser?

Oui. J'aime tous leurs albums. J'aime même Anastasis qui a eu beaucoup de critiques négatives parce que les gens ont dit qu'il était un peu ennuyeux et commercial. J'aime cet album. Je peux comprendre leurs critiques car, bien sûr, ce n’est pas vraiment comparable à leurs débuts étranges. Il n'y a pas de mauvais album de Dead Can Dance.

L'une des principales caractéristiques de ta musique est l'harmonisation des voix. Est-ce que ça vient de Dead Can Dance, ou d'un autre groupe peut-être? J'ai aussi pensé que cela pourrait venir de ton expérience personnelle, si c'était lié à la religion ou à un choeur d'église?

Non, c'est difficile de dire d'où ça vient vraiment. J'aime tout simplement le timbre des choeurs, parce qu'ils ont toujours un ton spirituel et, faute d'un meilleur mot, "sombre". Je suppose que c'est quelque chose qui est venu naturellement, il doit y avoir une influence bien sûr, mais je ne sais pas laquelle.

Tu as une chanson intitulée The Moselle Enigma is a Tale about all that frightens men. C'est une histoire que tu as imaginé ou est-ce que ça vient vraiment d'une histoire particulière sur la Moselle ?

L'histoire se passe aux alentours de cette rivière, oui. Il y a souvent un cadre avec Ruins, en fait. Et c'est un conte fantastique que j'ai lu dans un livre sur ma région natale, l'Eifel, si jamais ça te dit quelque chose. C'est une montagne juste au nord de la Moselle et le livre avait aussi quelques histoires de la Moselle. C'était plein de fantaisie, j'ai aimé cette histoire et j'ai pensé que ce serait cool d'écrire des paroles autour de ça.

On entend parfois des sonorités à la Type O Negative dans tes compositions, comme l'orgue sur Malefica. Ce groupe fait-il partie de ton bagage musical?

Eh bien oui, j'aime beaucoup Type O Negative. Mais le truc avec Blood Vaults, c’est que je n'ai utilisé que des orgues d’église, parce que je voulais des claviers naturels. Je me suis donc dit que ce serait sans doute mieux d'avoir des orgues d'église d'autant plus que ça correspondait au concept. Mais j'aime toujours beaucoup Type O, Pete Steele était un héros. [Soupir]

Tu vas donc jouer un concert au Thousand Lost Civilization à Bruxelles en mars, qui a une affiche impressionnante. As-tu prévu quelque chose de spécial pour cela?

En fait, il n’y a rien de spécial à ce sujet. C'est pour commémorer la fermeture du Magasin 4. C'est devenu une salle culte et Leslie y a organisé beaucoup de festivals. Je ne sais pas s'il a prévu quelque chose de particulier. Je suppose que nous devrions avoir un set long, ça nous permettrait d'intégrer des chansons que nous n'avons pas souvent jouées.



Pourrais-tu nous en dire plus sur la suite Blood Vaults? Il y a l'album mais aussi des chansons Blood Vaults qui sont sur d'autres albums. Je suppose que tout est lié dans une seule histoire?

Non, Blood Vaults est en fait une série de paroles qui traite des crimes de l'église catholique. Cela a commencé avec les abus sexuels dans la première partie, puis la deuxième partie traite des croisades et ensuite j'ai eu l'idée d'une troisième partie. Ce n'était censé être qu'une chanson sur le Malleus Maleficarum [rires]. Ensuite, j'ai réalisé qu'il était impossible raconter tout cela dans une chanson et j'ai pensé que ça pourrait faire un mini-album, mais ça ne s'est pas fait non plus. J'ai complètement laissé tomber l'idée et je me suis dit que j'allais faire un album complet sur ce sujet. Mais je pense que ce sera la dernière partie de la série Blood Vaults, tout simplement, parce que c'est la chose ultime que je pourrais faire là-dessus.

Penses-tu que ça ferait sens de jouer toute la série Blood Vaults sur scène ?

[Rires] Je ne sais pas! En fait, j'aime beaucoup l'idée de jouer des albums complets, parce que les albums ont normalement une dramaturgie, un fil conducteur. Je n'écoute jamais une ou deux chansons de ces albums, je les écoute en entier. C'est donc une bonne chose de reproduire ça sur scène. Le problème est que nous sommes cinq personnes très éloignées les unes des autres et que nous n’avons pratiquement aucune oppurtunité pour répéter. Et nous avons déjà fait Exuvia en entier,et quelqu'un nous a demandé si nous pourrions jouer Rain Upon The Impure... [Rires] Ce qui ne serait pas tâche aisée! Et maintenant, tu me demandes pour Blood Vaults ! Il se pourrait que certains de ces anciens albums soient un jour complètement répétés, mais je ne peux pas te dire quand parce que c'est un véritable défi pour nous. Je suis en train de relever la partition de Soil of The Incestuous en ce moment, donc nous pourrons peut-être la jouer sur scène bientôt.

Tu as enregistré beaucoup de reprises intéressantes: Tiamat, My Dying Bride, Depeche Mode, Pink Floyd... Ces groupes sont tes influences ?

Oui absolument. Je veux dire, cela peut sembler un peu étrange mais Depeche Mode est le tout premier groupe qui m’a amené à la musique. Cela veut dire : regarder la pochette du disque, lire les paroles, écouter au casque, donc être vraiment complètement mobilisé par la musique. C'est le premier groupe qui m'a vraiment fait faire ça. Ils ont gardé une place dans mon coeur en fait. Il y a eu un temps, pendant quelques années, où il était interdit de les écouter à cause du Black Metal. [Rires] Mais ensuite c'est revenu. J'aime vraiment ce groupe. Dans le cas de Tiamat, il ne s'agit en fait que de l'album Sumerian Cry. Je les aime jusqu'à Clouds, je n'aime plus vraiment Wildhoney. Et le tout premier album a eu une grande influence sur tout ce que je fais, parce que c'est un album très sombre, ça me plaît.

À ma connaissance, tu n'as jamais fait de reprise de black metal.

Eh si, une reprise de Beherit. Mais ce n'est jamais sorti officiellement, c'était seulement sur un CDr je suppose. 

Tu envisages de le faire un jour? 

Je pense que je ne le ferai pas, parce que c'est trop proche de ma propre musique. Quand je fais des reprises, je veux vraiment ressentir ce que ça fait de les jouer et je sais ce que ça fait de jouer du black metal, ce n'est pas nouveau pour moi.

Tu joues avec des musiciens sur scène depuis quelques années maintenant. Est-ce qu'une collaboration avec eux serait possible pour la composition ? 

Non. [Rires] Nous avons parlé de cela très souvent au sein du groupe et ce n'est pas vraiment une bonne idée. Il est parfaitement clair que je m'en charge seul. Personne n'en a vraiment ressenti l'envie, je crois et ils ont tous leurs propres groupes où ils peuvent être créatifs. Et moi-même, je ne voudrais pas le faire non plus car j'ai quitté mon groupe précédent à cause de conflits permanents avec notre guitariste. Et ce n’était pas entièrement sa faute, c’est aussi que je suis une personne très difficile quand il s’agit de travailler de façon créative dans un groupe. Si c'est seulement pour faire des concerts, c'est très simple à gérer, mais la partie créative est quelque chose que j'adore et que je dois contrôler. Je ne peux pas donner une once de contrôle à qui que ce soit. Je ne sais pas pourquoi, c'est difficile. Je ne peux pas m'en empêcher.

Neredude (Février 2019)

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment