Rendez Vous : Retour en terrain connue (Nantes - Stereolux, Novembre 2018)



Metalorgie est allé à la rencontre du groupe de Post-Punk parisien Rendez-Vous dans le cadre de sa tournée européenne pour discuter de la sortie de leur premier album « Superior State », un album enfonçant le clou d’un Post-Punk aussi froidement romantique qu’agressivement dansant. 

Comment se passe la tournée pour l’instant ? Les gens interagissent bien avec l’arrivée de ce nouvel album joué en live ?

Elliot (guitares, synthés, choeurs) : Ouais beaucoup...On est hyper heureux parce qu’on joue dans des salles à chaque fois complètes quasiment, on est super surpris que ça réagisse aussi bien, même à l’étranger donc oui on est très heureux.

C’est pour quoi Superior State ? Est-ce que c’est un peu le titre qui synthétise l’évolution que vous avez depuis 5 ans, un nom d’album comme pour marquer une toute nouvelle évolution ? Vous vous sentez plus fort que jamais actuellement ?

Maxime (Synthés, machines, choeurs) : Ça peut être pris comme un titre faussement présomptueux mais c’est plus pour la blague parce qu’en vrai c’est pas ça mais ça peut paraître un peu prétentieux dis comme ça. En vrai, il peut y avoir plusieurs interprétations dans le nom de l’album. La photo de l’album donne plutôt une direction qui parlerait plutôt de quelque chose un peu totalitaire mais l’interprétation est libre. C’est un titre qui regroupe plein de choses, ça couvre plein de choses et c’est ce qui nous plaisait. 



Votre son est évidemment influencé du Post Punk mais vous n’avez cessé de le répéter en interview, Rendez Vous ne se nourrie pas uniquement de ça...il y a des influences qu’on aurait pas soupçonné qui ont été incorporé dans l’album ?

Elliot :J’écoute pas mal de rap. Je pense que ça s’entend pas dans Rendez-vous (il rigole), pas mal de dub aussi. En fait, quand c’est bien, on écoute...on est assez curieux pour écouter des trucs différents. 

Votre son oscille entre une certaine violence très martiale et des mélodies assez entraînantes, comment ça se construit en studio le son Rendez-Vous quand vous vous rassemblez ?

Elliot : On travaille rarement tous ensemble. En général, ça part généralement d’une ligne d’une basse de Francis ou Max ou moi qui composons une base et ensuite on l’enrichit à deux ou à trois. On travaille par layers, on fait une première piste puis ensuite on cherche une mélodie...généralement ça part de la basse et puis après on essaye de trouver une mélodie là-dessus et au fur et à mesure, quelque chose s’écrit mais on ne fait pas de jam. On joue ensemble et à un moment il y a un truc qui vient...

Pour cet album vous avez recruté un batteur qui tourne désormais avec vous sur scène, terminée la boite à rythme, pourquoi ce choix ?

Maxime : En gros, c’est venu de toute la période où on a composé le nouvel album, on s’est rendu compte que les morceaux qu’on écrivait, on se disait « ouais mais là en live ça va pas marcher avec des boites à rythme pour telle ou telle partie ». On voulait qu’il y ait des espèces de montées, des parties  hypnotiques qui traînent un peu, des choses qu’on faisait moins avant. Puis ça faisait 3 – 4 ans qu’on tournait avec cette formule, on avait envie de changer un petit peu, amener une énergie. Puis on avait peut-être aussi besoin de renouveler un peu la formule en live.

Elliot : Ça a été un peu compliqué au début quand on a commencé à bosser avec guillaume, de s’adapter et je pense que c’est bien quand on se sent trop assis, trop confortable dans cette formule, de remettre les trucs à zéros. Maintenant ça fait une trentaine de concerts qu’on a fait ensemble et maintenant on est vraiment à l’aise ensemble. Mais ça a mis du temps, mais c’est une bonne chose...


Comme l’EP Distance, on finit l’album sur une chanson qui dénote un peu, une espèce de ballade toute légère …

Maxime : Order Of Bael, c’était une idée à la base de Elliot et Francis qui avaient enregistrer un bout de basse ,un bout de ligne d’accordéon très simple, parce qu’il y a quelques morceaux, il y en a pas beaucoup mais il y a quelques morceaux qu’on adore où il y a de l’accordéon, un morceau de Death In June notamment. C’était un moyen de faire un clin d’oeil à ça. On a développé le morceau, ça a mis du temps, on était un peu en terrain inconnu, c’est des harmonies qu’on a pas l’habitude de faire dans nos morceaux. Et comme tu le dis, c’est aussi un moyen de faire un écho à l’EP Distance effectivement. En vrai, on écoute pas que des trucs sombres, on écoute des morceaux qui nous mettent bien comme Neil Young, etc.

Ce nouvel album paraît encore plus sombre que ce que vous avez produit auparavant…

Elliot : C’est peut-être plus sombre mais c’est aussi parce qu’on a affirmé quelque chose en tant que groupe aussi. On s’est un petit trouvé avec le temps et en tant que groupe dans quelque chose d’assez sombre. Au début, on cherchait, on savait pas trop où aller et puis à un moment on a commencé à vraiment se trouver sur Distance et s’affirmer sur cet album. 


Vous avez joué dans de multiples festivals, Rock En Seine, Dour. Vous avez joué notamment au Motocultor 2015 qui on le rappelle est un festival metal, ça vous a étonné d’être appelé sur ce genre de festivals ? comment était l’expérience pour un groupe de Post Punk de se retrouver au milieu des chevelus ?

Simon (guitare) : On était un peu excité pour ce festival parce que c’est le tout premier festival connoté metal qu’on faisait et on savait que le public metal pouvait être très très cool. La réaction du public était mortelle, très à l’écoute et très ouvert au final, peut-être même plus ouvert que parfois des publics parisiens snobs classiques. 

Elliot (en rigolant) : Et puis je pense que ça leur fait du bien, dans l’après-midi, d’écouter un truc plus léger.

Est-ce que maintenant avec la sortie de l’album et le succès, vous vous projetez un peu plus dans l’avenir ?

Elliot : Non pas vraiment, on est juste super heureux de pouvoir jouer, c’est l’aboutissement qui nous rend heureux actuellement. 

Théo (Février 2019)

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