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Richard Henshall (Haken) par email

A l'occasion de la sortie de Vector, le cinquième album d'Haken, nous avons pu poser quelques questions à l'une de ses principales têtes pensantes, le guitariste Richard Henshall. Il nous livre ainsi sa vision de ce nouvel opus, du live, et nous fait même des confidences sur Nova Collective et sur les chaussons-requins.



La première chose que j’ai remarqué à propos de Vector est sa durée. Y a-t-il une raison particulière qui fait qu’il soit beaucoup plus court que les autres albums de Haken ?

Richard Henshall : La courte durée de Vector pourrait dérouter certains de nos die-hard fans, mais nous avons voulu rationaliser et organiser nos idées, et enlever tout ce qui n’était pas indispensable à chaque titre. Nous avons essayé de nous focaliser sur les passages-clés des chansons et de nous débarrasser des sections sinueuses qui n’apportent rien. Je ne pense pas que la qualité de l’album ait été impactée, nous avons plutôt tenté de créer un album qui s’écoute agréablement et qui garde un certain sens de l’énergie sur toute sa durée.

Peut-être est-ce lié à sa durée, mais je trouve que c’est l’album le plus bourrin jamais écrit par Haken. La plupart des titres s’appuient sur des gros riffs et ont des passages ultra massifs. Était-ce le résultat que vous recherchiez, ou cette lourdeur est venue spontanément lors de l’écriture ?

Je suis complètement d’accord ! On avait déjà trempé les pieds dans la partie la plus lourde de notre musique, mais cette fois on y a plongé la tête la première. Ce n’était pas conscient, mais c'est le résultat d’un échange d’idées et la canalisation de certaines influences... qui sont nos plus bourrines, en effet. Quand j’étais jeune j’ai beaucoup écouté de Fear Factory, de Soulfly, de Meshuggah... C’est génial de pouvoir sortir un disque qui rend hommage à certains groupes qui étaient extrêmement importants dans mon développement en tant que musicien. Je suis super impatient de jouer ces titres en concert, je pense qu’ils vont vraiment bien rendre !

Peux-tu expliquer le rôle de votre nouveau producteur Adam « Nolly » Getgood [bassiste de Periphery] Est-il (au moins un peu) responsable de ce son massif qu’on a mentionné ?

Nolly était carrément cool, c’était super facile de travailler avec lui. Nous sommes de grands fans de ses productions avec Periphery, Sikth et Devin Townsend, donc il nous a semblé être le choix parfait compte tenu de la direction plus lourde qu’on a prise sur Vector. Il a supervisé le premier jour de l’enregistrement de la batterie et il a accordé les peaux d’une certaine façon qui a complètement fait ressortir la résonance naturelle des fûts. On avait jamais eu de la batterie qui sonnait aussi énorme ! Il a été flexible, réceptif à nos idées, ce qui a aidé à ce que tout le processus se passe vraiment très bien. Il nous a aussi donné pas mal de conseils et de suggestions, et il a eu un gros impact (positif) sur la production de l’album.

Est-ce que le son de guitare est le même que sur Affinity ? Peut-être est-ce dû au ton global un peu plus « rentre-dedans », mais je trouve que le son des grattes est plus mordant, acéré, plus « djenty » et pourtant pas vraiment plus froid. As-tu utilisé une autre guitare, ou est-ce que ce rendu a été obtenu au mixage ?

The Mountain et Affinity ont été mixés par Jens Bogren et les guitares avaient été reampées via des amplis à lui. J’adore ce qu’il a fait avec nos enregistrements de guitares sur ces disques, et j’ai l’impression que ces choix vont vraiment avec la musique présente sur ces albums. Nous voulions aller de l’avant et essayer quelque chose de neuf, et travailler avec Nolly nous a semblé être une étape logique. Il habite assez près de chez Charlie [Griffith, l’autre guitariste de Haken] et moi, donc nous avons pu aller à son studio et reamper nos parties Heavy via ses amplis, ce qui ajoute franchement encore plus de massivité ! C’était très cool de pouvoir avoir un aperçu et même un peu d’influence sur ces étapes du mixage, on avait rarement pu avoir la chance de vivre ça les précédentes fois.

Qu’est-ce que tu écoutais pendant que vous composiez et enregistriez l’album ?

J’ai écouté beaucoup de Tigran Hamasyan dernièrement. C’est un pianiste de Jazz arménien qui incorpore des rythmiques incroyables à la Meshuggah dans du Jazz et de la Folk. Le résultat est juste ahurissant ! J’ai aussi pas mal écouté Agent Fresco. L’équilibre est parfait entre les différents tons de la musique de ces mecs.

Je sais que Ross Jennings peut faire du growl (je l’ai vu en live chanter la partie hurlée par Einar Solberg (Leprous) dans The Architect), et même dans cet album très brutal pour vous, il chante mais ne growle pas. J’entends à peine quelques chœurs un peu énervés dans une section au milieu de Puzzle Box. Est-ce que vous avez songé à utiliser des screams ?

Bien sûr qu’il peut growler ! Certes, c’est super difficile d’être à la hauteur d’Einar, mais je trouve que Ross fait un super boulot à ce niveau. Et même si la musique qu’on fait a pris un tournant plus bourrin sur Vector, aucune des chansons ne semblait nécessiter du growl pour qu’elle puisse fonctionner. Comme c’est le cas pour chaque élément de nos compositions, nous n’inclurons à notre musique que les choses qui lui sont vraiment nécessaires.

A propos de chant, Nil By Mouth est le premier instrumental « complexe » (hors intros, quoi) que vous sortez depuis que vous composez tous les six, et pas juste toi. Est-ce que Ross a été impliqué dans la création de ce titre ?

Ouais, ça faisait longtemps qu’on avait pas fait un instrumental. Si je me souviens bien, Portals (sur Visions) était le dernier. On a écrit Vector de la même façon qu’Affinity, en groupe, en collaborant complètement sur chaque titre. On s’est partagé via internet nos idées à propos de chaque piste pendant quelques mois, et je pense que Ross a participé en donnant quelques suggestions sur la structure d’ensemble et les arrangements de Nil By Mouth.

Je trouve que le concept derrière les paroles est assez vague, et que pas mal de passages peuvent être librement interprétés. Peux-tu nous dire comment tu vois cette histoire ?

Le décor est planté dans la deuxième piste, The Good Doctor. Ça parle principalement d’un patient qui subit un traitement à base d’électrochocs de la part d’un médecin sadique et glauque, et ce traitement fait ressortir en lui des souvenirs sombres et des réalisations troublantes, qu’il lui faudra gérer. Les paroles se placent majoritairement sur le point de vue du patient, mais il y a aussi un thème global sur la psychothérapie qui est évoqué régulièrement. Il y a bien entendu beaucoup de « trous » pour que l’auditeur interprète ça à sa façon, donc je ne veux pas vraiment aller plus loin, ce serait risquer d’amoindrir l’expérience d’immersion pour les gens qui veulent se plonger dans les paroles et y trouver leur propre sens.

Haken avait déjà invité différents guests (Pete Rinaldi (Headspace), Einar Solberg (Leprous), Mike Portnoy), mais cette fois je n’ai vu aucune mention à propos d’un invité (en tout cas, pas dans les mp3 promotionnels qu’on a reçu). Est-ce que tu peux nous en dire plus sur les collaborations entre Haken et d’autres artistes, et expliquer pourquoi n’avoir impliqué personne d’autre que le groupe cette fois-ci ?

En fait, Pete Rinaldi est à nouveau invité sur Vector. Il a enregistré une partie des guitares acoustiques dans Host et le solo de slide-guitar dans The Veil. Son boulot est incroyable, comme d’habitude ! On a aussi demandé à Miguel Giroud de faire un solo de bugle sur Host, qui s’est avéré être bien mieux que tout ce qu’on espérait. Ça a vraiment ajouté une dimension hantée, éthérée, à ce morceau. Ajouter des invités sur nos albums ajoute vraiment une autre dimension à notre musique, et je pense qu’on continuera à le faire dans le futur.

Vous avez aussi sorti récemment votre premier album live, sur lequel on peut y découvrir le morceau Aquamedley. Penses-tu que vous pourriez jouer à nouveau ce genre de medley basé sur un autre album (ou peut-être basé sur d’autres parties de titres d’Aquarius) ?

Ouais, ce live nous aura pris 10 ans ! On nous avait beaucoup demandé d’en sortir un, donc c’est génial de pouvoir enfin offrir aux fans ce qu’ils réclamaient. Aquamedley était très fun à jouer et le public semblait l’apprécier, ce qui aide forcément. On a pour l’instant pas prévu d’en faire un autre, mais qui sait ce que nous réserve le futur ?

Vous avez déjà prévu la tournée pour Vector (ou en tout cas, une première tournée), et vous allez pouvoir jouer dans des salles plus grandes et vous avez plus de morceaux à jouer. Penses-tu que vous ferez un autre album live ?

Nous sommes vraiment ravis de ce DVD, donc on va essayer d’en faire quelque chose de régulier. Nous sommes aujourd’hui en meilleure position pour rendre ça réalisable. Sortir un album live à la fin de chaque cycle de tournée pourrait être un excellent moyen de documenter chaque étape de notre carrière à partir de maintenant.

Comment s’est passé la tournée « Shattered Fortress » avec Mike Portnoy, où tu jouais des morceaux iconiques de Dream Theater ?

C’était un tel honneur que d’être choisi par Mike pour faire partie de cette tournée ! La musique de Dream Theater a été d’une importance capitale lors de mon apprentissage en tant que musicien, et à été une source d’inspiration constante au fil du temps. J’ai grandi en regardant Mike sur scène lors de je-ne-sais-même-plus-combien de concerts de Dream Theater et j’ai toujours été hypnotisé par sa capacité à être autant expressif envers le public, tout en jouant une musique aussi exigeante ! Avoir l’opportunité de partager la scène avec lui et de jouer ces chansons extraordinaires a été la plus dingue des expériences. C’est vraiment un moment inoubliable de ma carrière.

Pendant cette tournée, est-ce toi (et/ou Charlie Griffith) qui avaient décidé de laisser tous les solos à Éric Gillette [The Neal Morse Band, troisième guitariste de la tournée] ?

Si je m’en souviens bien, je crois que c’était la volonté de Mike de faire ça de cette façon. Bien entendu, Charlie et moi n’avions aucun problème à laisser la majorité des solos entre les mains du prodigieux Eric, puisque de toutes manières les riffs de John Petrucci étaient déjà suffisamment ardus pour nous ! C’était juste une incroyable expérience pour rendre hommage à certaines de nos chansons préférées.

Il y a environ 6 mois, j’ai demandé à Dan Briggs [Between The Buried And Me] s’il avait des projets à propos de Nova Collective. Il m’a répondu qu’il était compliqué de prévoir quoi que ce soit, mais que ça faisait partie de ses priorités. Donc, six mois plus tard, as-tu une meilleure vision des choses ? Allez-vous tourner, et/ou enregistrer un autre album ?

Tu seras heureux d’apprendre que nous avons commencé à travailler sur un deuxième album ! L’écriture avance bien et à en juger par les premières idées qu’on a échangé, ce sera vraiment une sorte de suite logique de The Further Side. On essaye de repousser nos limites sur celui-ci, en s’appuyant sur les bases qu’on a posé avec le premier disque. Il me tarde de voir où cet album nous mènera !

J’ai envie de terminer cet interview sur une note positive. Peux-tu citer trois bonnes choses qui te sont arrivées aujourd’hui ?

Je me suis réveillé.
J’ai acheté des chaussons-requins à mon fils.
Et j’ai reçu ma nouvelle guitare Strandberg ! Merci Ola !

Merci pour ton temps et tes réponses, Richard. Un dernier mot ?

Merci d’avoir lu jusqu’ici et j’espère que vous allez tous aimer Vector !

Zbrlah (Octobre 2018)

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