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Damantra Toulouse, juillet 2018

Cette chronique ne suffisant pas à retranscrire le coup de cœur que j'ai eu pour Damantra, l'envie s'est vite imposée de profiter de Metalorgie pour mettre encore plus en avant ce petit groupe du coin qui essaye de se donner les moyens d'avancer. Quelques emails plus tard et le rendez-vous était pris (dans un bar à whisky, ça ne s'invente pas). Le quatuor au complet s'est déplacé pour l'occasion, c'est le moment d'en apprendre un peu plus sur cette formation prometteuse.

Oui oui, c'est un logo Metalorgie...!Salut Damantra, ma première question sera assez bateau : est-ce que vous pouvez me raconter brièvement l'histoire du groupe ?

Mélanie (chant) : A la base avec Virgile on avait un duo Blues et on avait envie de passer a quelque chose de plus "velu", disons. On s’est installés à Toulouse et rapidement après Teddy a aussi déménagé à Toulouse, on le connaissait car on avait un peu joué ensemble avant.
Virgile (guitares) : On vient d’une petite ville où une sorte d’ancien fort a été converti en salles de répète, ça s’appelle le Rockhatry. Y avait une super ambiance entre les groupes qui y allaient, et un groupe de Metal qui s’appelle Desybes s’est dit "tiens pourquoi on ferait pas comme Le Bal Des Enragés mais articulé autour du Rockhatry, avec des reprises en mélangeant les groupes". On a fini par faire deux concerts, à la fête de la musique et à la Poudrière, qui est une belle salle à Belfort.
Teddy (batterie) : La jauge est à 300 et c’était blindé, avec chacun qui ramène ses potes, vu qu’on était super nombreux à jouer ! Et on était tous ensemble sur scène pour le dernier morceau, c’était vraiment ouf.
Virgile : Et donc c’est là qu’on a joué avec Teddy pour la première fois, on a repris Kashmir de Led Zeppelin.
Mélanie : Donc voilà, on avait joué ensemble, on vient tous les trois de Franche-Comté, c’était un ami, on se connaissait bien, on s’est dit que c’était l’occasion.
Teddy : En fait on a commencé par faire la fête ensemble, et un jour ils m'ont demandé si je voulais pas jouer de la batterie avec eux. J’avais déménagé de Besançon un an avant, et j’avais plus vraiment pu jouer de batterie, entre le nouvel appart’, le nouveau travail... Je bouillonnais !
Mélanie : Donc ça c’était en juin 2017, et durant l’été on a répété à trois, mais on s’est vite dit qu’il nous fallait un bassiste. Du coup on a passé une annonce...
Teddy : On a pas trouvé un bassiste, on a trouvé LE bassiste !
Robin (basse) : (rires) Moi je vivais en Espagne juste avant, je venais de rentrer et j’avais plein de potes qui font de la musique ici mais c’est du Punk, c’est pas forcément ce que je voulais faire. Et j’ai regardé les annonces, j’ai répondu à une seule et c’était celle-là. J’y suis allé un peu au culot. Ce qu’ils m’ont proposé à la première répète c’était de faire des reprises de Black Country Communion et c’est le genre de musique que j’aime bien.
Mélanie : A la première répète avec Robin, on lui avait demandé de bosser deux reprises, y avait Black Country Communion donc, et la deuxième c’était T.N.T. d'AC/DC... Et il a pas voulu la jouer ! (rires)
Teddy : On a grave apprécié ça d’ailleurs ! Il nous a dit "ouais bah T.N.T. on s’en bat un peu les couilles non ?" et on a rigolé et on a dit "allez ouais okay !".
Mélanie : On avait aussi un bout de compo, on lui a montré, on a jammé sur cette ébauche et il a donné des idées comme s’il était déjà dans le groupe depuis longtemps ! Ça s’est super bien passé musicalement, et humainement aussi, alors on l’a gardé ! (rires)

Vous avez donc des racines qui viennent du Metal d'un côté, et du Blues de l'autre. Et donc la musique Heavy Rock que vous jouez s'est imposée intuitivement pour vous quatre, à ce que je comprends ? C’est pas un peu "trop bourrin" pour certain et/ou "pas assez bourrin" pour d'autres ?

Virgile : Notre duo Blues c’était de l’acoustique à la base. J’en avais un peu marre à force... Donc on avait vraiment envie d’aller vers un truc un peu plus costaud. Et même si je viens du Blues, j’ai écouté pas mal de Metal quand j’étais plus jeune. Donc oui, moi je voulais aller là-dessus.
Mélanie : Et moi, faire de l’acoustique dans un bar, bon ça commence à me manquer un peu parce que j’en fais plus du tout, mais à la base je voulais chanter pour me lâcher et faire n’importe quoi sur scène. C’est pas dans un format acoustique que tu peux le faire. En plus ça faisait un moment que j’avais envie d’apprendre des techniques vocales plus Rock, de la saturation, tout ça. Donc pour nous, passer a quelque chose de plus bourrin qu’avant c’était vraiment une envie.
Teddy : Moi j’ai toujours été un gros bourrin dans mon jeu. J’ai fait quasiment que du Metal, en dehors de quelques groupes : j’ai eu un groupe de Funk, un groupe de Blues, un groupe de Hip-Hop, un groupe d’Electro mais quand même bien Metal... Du coup, j’ai toujours été bien bourrin, et quand j’étais dans ces formations non-Metal j’ai appris à... pas à "ronger mon frein", parce que je gardais le plaisir de jouer, mais arriver à nuancer, groover, pas être à fond tout le long. Les influences Blues dans Damantra elles vont dans ce sens et ça me va bien. J’avais un peu peur de devoir me refréner, mais ça passe tout seul en fait. Genre Robin il arrive et il pose un groove de ouf, bah la question elle se pose pas, tu peux pas avoiner, t’es obligé de groover, ça vient tout de suite.

Du coup, j'ai une question piège : les blueseux, quels sont vos groupes de Metal favoris ? Et toi Teddy, quels sont tes artistes de Blues préférés ?

Teddy : Bon je veux bien commencer parce que ça va être très rapide ! Je vais avoir du mal à t’en citer, très honnêtement ; mais plutôt des morceaux sur lesquels j’aurais pu bœuffer. C’est de Joe Cocker, Cocaine ? On peut dire que c’est du Blues ça ?
Mélanie : Ouais, un peu quand même. Ça compte.
Teddy : C’est un morceau que j’ai pas mal joué en caf'conc'...
Mélanie : Par contre attend c’est Joe Cocker qui joue ça ? C’est pas Clapton ?
Teddy Clapton ! Eric Clapton, pardon... Coupez ! (rires)
Mélanie Joe Cocker c’est You Can Leave Your Hat On !
Teddy : C’est parce que j’enlève toujours mon chapeau, alors forcément... (rires)
Mélanie : Et Virgile et moi on écoute aussi du Metal, pas uniquement du Blues. J’aime beaucoup le dernier Ultra Vomit, parce que déjà tu te marres, et surtout c’est très éclectique, y a beaucoup de styles différents. Mais ce que je préfère c’est le Stoner.
Virgile : Tu détournes la question, donne des noms !
Mélanie : Orange Goblin par exemple, Kadavar...
Virgile : Godsmack pour moi ! Slash aussi... Ah et Robin et moi on est fans de Alter Bridge !
Robin : Non, non, non, non ! (rires) De Myles Kennedy seulement ! [note : le chanteur de Alter Bridge, qui chante aussi pour Slash]

... et là aussi d'ailleurs !Justement Robin, on a pas mal parlé des influences de Mélanie, Virgile et Teddy, et du coup toi, comment tu te positionnes dans le spectre des influences des trois autres ?

Robin : Les gars j’ai jamais aimé ce qu’on fait, en fait... (rires) Non en vrai j’écoute du Rock au sens assez large. Je crois que mon artiste préféré c’est John Butler, mais ça n’a aucun rapport avec ce qu’on fait ou quoi que ce soit. Après y a des trucs que j’aime en tant que bassiste mais que j’écouterais pas forcément souvent. J’aime bien les bassistes qui jouent pas que des toniques, qui réfléchissent vraiment bien à leur son, aussi. Genre le bassiste des Who... je vais être incapable de citer son nom en plus mais bon... (rires) Je suis un grand fan de Tim Commerford (Rage Against The Machine, Prophets Of Rage, Audioslave), de Billy Sheehan (Mister Big, Sons Of Apollo, The Winery Dogs)... Tu vois, ils jouent dans les médiums, c’est des bassistes plutôt lead, c’est des trucs que j’ai envie de faire dans le groupe dans lequel je suis. Enfin voilà quoi. J’écoutais du Metal quand j’étais ado, aujourd'hui c’est plutôt du Hard-Rock, du Rock, a la Slash... Et okay okay, j’aime aussi beaucoup Alter Bridge mais je l’assume moyen ! Je reconnais que c’est super vendu, mais c’est quand même super bien fait, alors...
Teddy : Attend y a ce groupe dont tu nous rabats les oreilles H 24, tu l’as même pas cité !
Robin : Ah oui, Lysistrata ! Ça c’est génial. Ils sont un peu connus depuis pas très longtemps, moi je qualifierai ça de Punk Progressif. C’est clairement du Prog, ils sont trop bons, ils sont tout jeunes, c’est fait à l’arrache en mode Punk, c’est trop bien. Ils sont passés y a pas longtemps au Petit Journal. Ah et Cancer Bats aussi, je suis un gros fan de ça.

Parlons un peu de votre premier EP. C’est justement toi Robin qui a enregistré, mixé, et masterisé le tout. Je trouve que ça sonne vraiment bien pour une autoproduction, donc déjà bravo, et ensuite, est-ce que vous pouvez me raconter l'enregistrement ?

Mélanie : On s’est gelé les coooouuuuilles !
Robin : En fait mes parents ont une maison au dessus d’Argeles-Gazost, dans les Hautes-Pyrénées, et est tous allé là-bas...
Mélanie : C’était le week-end du 15 janvier, sachant que Robin est arrivé dans le groupe début novembre !
Robin : On a passé le samedi et le dimanche là-bas et on a quasiment tout fait en deux jours.
Metalorgie : Du coup c’est juste une maison, pas un studio ? Vous avez emmené votre batterie, vos amplis, installé les micros devant, la totale, en deux jours ?
Robin : C’est ça. Et le samedi soir, entre les deux sessions, on a fait une grosse raclette et on a picolé, c’était une mauvaise idée ça ! Mais bon on avait que ces quatre titres-là, donc on s’est chauffés de tout faire quand même.
Mélanie : On a enregistré toutes les batteries, toute la basse, quasi toutes les guitares sauf les solos, quelques voix, en fait on a fait le chant de Go Learn Respect In Hell parce qu’on voulait faire un morceau filmé. Sur YouTube y a une vidéo making-of qu’on a faite ce week-end-là dans les Pyrénées et qui montre l’enregistrement de Go Learn. Y a même un plan sur les Pyrénées, il avait neigé et tout ! Et on a pris le week-end d’après pour finir les voix et les leads de guitare, dans la maison où on répète ici à Toulouse.
Robin : Après, mixage et mastering à la maison ! Je suis technicien du son de formation, donc je m’en suis chargé. Mais je pense que si on fait un album on va rajouter des chansons mais réenregistrer ces quatre aussi, elles ont évoluées depuis, un peu au niveau de la structure mais surtout au niveau du son, de la voix aussi, elle gueule beaucoup plus maintenant. Au final je pense qu’aucun de nous quatre n’est vraiment satisfait de cet EP. On l’a fait au tout début, on avait que quatre compos, c’était pour démarcher et c’est cool de l’avoir, mais on se rend compte que notre son est pas exactement comme ça, on est peut-être un petit plus vénère maintenant.

Je voulais vous demander pourquoi n'avoir enregistré que 4 titres, alors qu’en concert vous avez pas loin d'une heure de set, mais du coup vous m’avez déjà répondu...

Robin : Bah ouais, à l’époque on avait que ceux-là, et d’ailleurs en concert c’est pareil, on joue tout ce qu’on a ! On peut pas faire de rappel ! (Rires)
Virgile : Mais avec la dernière qu’on a faite hier je pense qu’on a quasiment assez de matière pour faire un album, maintenant...
Robin : Ouais, neuf-dix morceaux, mais ils font 6 minutes... Je compare toujours ça aux groupes de Punk qui font des disques avec vingt chansons et ça dure vingt minutes ! (Rires)

Comment vous avez choisi cet artwork ? Vous ne pensez pas que ça oriente l'auditeur vers quelque chose de bien plus perché et psychédélique, que ce que vous jouez en réalité ?

Virgile : Si, mais elle est super stylée !
Mélanie : On aimait trop le tableau !
Virgile : C’est un artiste alsacien, il était amateur et maintenant je crois qu’il est pro. Ça fait un moment que je le suis tout simplement parce que je suis sorti avec sa fille... J’ai toujours bien aimé ce qu’il faisait, et à un moment je suis tombé sur cette image et direct je...
Robin : Nous on veut juste savoir ce qu’il s’est passé avec sa fille en fait ! (Rires)
Teddy : Y a un nu de Virgile quelque part, à vous de le trouver ! (Rires)
Virgile : Du coup... Putain j’en étais où ? (Rires) Ah oui donc j’ai vu cette image, le tableau il doit avoir trois-quatre ans, et tout de suite je m’étais dit "ça ferait une super pochette d’EP". Ou d’album quoi, enfin peu importe. Et donc, quand on enregistrait, on s’est dit qu’il fallait réfléchir à une pochette. Donc je leur ai parlé de ce mec en leur disant qu’il fait un super boulot, un peu street-art, un peu aztèque... un peu psychédélique effectivement... Et il s’appelle Paxal. Donc je leur ai montré son site où il met des photos de ses tableaux, on a en trouvé plusieurs qui étaient biens, mais c’est sur celle-là qu’on a jeté notre dévolu. Mais on a gardé de côté notre deuxième choix, parce que si on fait un album...
Mélanie : J’adore son univers alors que pourtant je suis pas très sensible à l’art pictural. Mais alors ce genre-là en particulier je trouve ça vraiment beau est c’est le genre de tableau que je mettrai chez moi. Et j’adorerai qu’on puisse... Enfin, si on utilise une image de Paxal pour la suite, comme disait Virgile, ça ferait une identité visuelle, avec les pochettes dans le même style...
Teddy : Enfin il a pas encore dit oui hein ! (Rires) Par contre y a un truc duquel on avait discuté, vous me dites si je dis de la merde, mais cette pochette elle fait aussi un peu écho aux paroles de Mélanie, notamment a Nightmare. L’EP est éponyme, mais...
Robin : D’ailleurs j’avais pas réalisé plus tôt que l’EP s’appelait Damantra. Pour moi il avait juste pas de nom en fait ! (Rires)
Teddy : ...mais y a ce côté cauchemardesque, y en a partout, assez brouillon, ça nous a bien plu aussi et ça fait écho à Nightmare.

Vous avez un line-up complet depuis fin 2017, vous avez enregistré un EP début 2018, et vous avez déjà pas mal de dates à votre actif, sans compter d'autres prévues tout au long de l'été... Vous allez vite ! Est-ce que les choses se font juste comme ça, par chance, ou est-ce que vous voulez vraiment forcer le destin ?

Robin : Et séparation du groupe dans six mois... (Rires)
Metalorgie : Vous avez le temps de faire deux albums alors ?
Teddy : Ouais, et une overdose !
Mélanie : Alors, je pense qu’il y a plusieurs choses à prendre en compte. Je pense qu’on veut pas forcer le destin, on répète pas trois heures tous les soirs, mais on a beaucoup d’inspiration. C’est peut-être parce que c’est le début, je sais pas ? Et dès qu’on a eu l’EP, je me suis fait une grosse base de donnée avec plein de festivals, de fêtes... C’est peut-être ambitieux, mais on essaye de se donner les moyens de cette ambition, mais on vise tout ce qui va être festival, salle de spectacles, SMACs, fêtes en plein air... Evidemment qu'on joue et qu'on continuera sûrement de jouer dans des bars parce que c'est quand même sympa, mais on fait en sorte que ce soient au moins des caf'conc' ou des trucs du style. Un petit bar classique, ça s’y prête pas, c’est trop bourrin. Pour l’instant on a postulé qu'à des petits festivals mais on se dit "pourquoi ne pas tenter ?" et ça fonctionne. On a eu des coups de chances aussi, comme le concert à Paris. On a joué sur le Champs De Mars, ça devait être notre premier concert, donc à vite trouvé un petit concert avant pour se chauffer un peu ! (Rires) Donc ouais, y avait une annonce sur internet, j’ai envoyé l’EP, voilà. Avoir l’EP et de la réactivité, et oser postuler à tout, c’est le secret. Et dès septembre-octobre, on essayera les trucs un peu plus gros, peut-être, des festivals de moyenne taille par exemple.
Teddy : Mais honnêtement on a vraiment pas l’impression de rusher. Si on a pas envie, on fait pas. Quand on a pas envie, on annule la répète quoi. On s’est jamais forcé.
Mélanie : En fait on a la chance d’avoir une maison de quelqu’un de ma famille, qui est inhabitée, et on l’a à disposition, plus ou moins juste pour nous en fait. Ce qui fait qu’on peut aller répéter quand on veut, même si les voisins commencent un peu à tirer la tronche. On a aucune limite. Ça nous arrive régulièrement de passer le week-end là-bas, et si on a envie de jammer le soir en acoustique parce qu’on est fin ronds... On joue ensemble avant tout par plaisir. Mais jamais de la vie je laisserai ça devenir une contrainte, sinon j’y prendrai plus de plaisir et ça marchera plus. Donc les deux sont pas opposables : on a la niaque et ça vient naturellement.
Virgile : A chaque fois qu’on compose on va hyper vite, naturellement. En une ou deux répètes on a une compo prête.
Teddy : J’ai du mal à le croire. Encore hier soir, Virgile il arrive, il dit "ouais j’ai un riff là", bim boum, et on repart avec un morceau. Bon il est pas rodé, il faut qu’on apprenne à mieux le jouer, il va vivre, mais la structure elle est là. On était en transe en fait, on se coupait la parole pour chacun donner nos idées, c’était fou.
Virgile : Bon des fois ça fait de la merde hein, mais on retombe toujours sur nos pattes et on avance !

Du coup c'est quoi la prochaine étape ? Encore plus de concerts, un album ?

Mélanie : Dans l’ordre chronologique, ça va être des concerts, on en a déjà plusieurs qui sont bookés. On a des plans jusqu’en novembre, déjà. Moi je voyais l’album avant la saison prochaine, et la prochaine étape se sera les belles scènes. C’est l’ambition du groupe, faire de belles scènes, quitte à en faire un peu moins peut-être.
Robin : On s’est rendu compte que quand on fait plusieurs dates d’affilé, on est moins efficaces le lendemain... (Rires)
Mélanie : Pour des raisons qu’on ignore ! (Rires) Mais quand on tournera plus régulièrement j’espère que ça ne sera plus moi le tourneur.
Robin : Oui, on va aussi chercher un label qui puisse nous épauler là-dessus, on sait pas bien comment ça marche tout ça. On essaye de se débrouiller, mais ce serait bien d’avoir quelqu’un de pro. On a pas d’avis extérieur, on fait la prod’ nous-mêmes...
Teddy : Peut-être qu’une prochaine étape ce serait de bien s’entourer. Travailler avec des labels, des gens qui puissent nous encadrer, nous mettre sur de bons rails.
Mélanie : Pas des rails de coke parce que là ce serait pas stable. (Rires)

Comment est-ce que vous travaillez quand vous écrivez des morceaux ? Qui compose ?

Virgile : C’est moi qui apporte d’abord des idées de riffs, ou d’accords pour un refrain, puis ensuite c’est Mélanie qui pose une ligne de chant.
Mélanie : 90 pourcents du temps, oui. J’ai besoin d’un truc sur lequel me baser, ensuite je vais improviser dessus, jammer dessus, et viendra ce qui viendra. Après, des fois, Virgile aime pas trop mais quand il joue des trucs et qu’il est pas spécialement inspiré, des fois je l’aide un peu à trouver autre chose à partir de ça... Bon des fois c’est de la merde et il le modifie, mais ça fait quand même un peu avancer le schmilblick.
Virgile : On jamme beaucoup à partir de ces idées de base, ensuite. Enfin, moi je jamme mais avec parcimonie. Je le fais un peu moins maintenant, mais je composais beaucoup dans le bus ! J’avais des idées qui me venait en tête, sans réfléchir, pendant le trajet en bus, et je les retransposais a la gratte ensuite.
Robin : Ça fait des trucs un peu chelou à jouer des fois !
Virgile : C’est surtout sur la structure. Quand je sais pas trop quoi faire d’un plan, je le tourne dans ma tête, et au bout d’un moment ça se met en place, je construis un morceau comme ça. Et Mélanie elle apporte sa touche ensuite, elle chante par dessus, elle jamme jusqu’à trouver une bonne ligne de chant sur le morceau...
Mélanie : Le début de morceau...
Robin : Oui, parce ce schéma c’est vrai pour les premiers morceaux, mais maintenant quand ils arrivent avec un début de morceau, des fois c’est juste un riff, ou quelques voix, et ça devient un truc qui n’a plus rien à voir après. Teddy et moi on s’investit de plus en plus dans l’écriture. Genre le morceau d’hier ils avaient un riff, et deux accords pour un refrain, et tous les quatre on a fait vivre ça, on composé un pont, on a changé toute la structure... Une fois y a même Teddy qui a dit "ce serait cool que la guitare fasse un truc genre ça" et il a joué de la batterie pour montrer ce qu’il voulait dire ! Le pire c’est qu’on a compris, qu’on a essayé, et qu’on a l’a gardé, c’est un passage assez long dans un de nos titres !
Teddy : Comme ça quand ils bloquent, ils ont l’option "appel à un ami" !

Je vous ai découvert en live, puis j'ai écouté vos enregistrements. J'ai été surpris par la différence entre les deux au niveau du chant, qui est plus posé et mélodique sur l'EP alors qu'il est bien plus éraillé, proche de la semi-saturation, lors des concerts. Comment tu expliques cette différence Mélanie ? Est-ce une volonté de ne pas enregistrer avec ce timbre plus rocailleux ?

Mélanie : Déjà, au concert où t’es venu, j’avais la grosse crève et j’arrivais à sortir qu’un mot sur deux le matin même !
Virgile : Donc voilà, la réponse à ta question c’est "le climatiseur" !
Mélanie : J’ai encore l’écharpe d’ailleurs, alors que je meurt de chaud [note : on est mi-juillet]. Mais bon, en gros jusqu’à juin 2017 j’avais pas pris de cours de chant, et je savais pas du tout saturer à l’époque. Mais ça me faisait bander, j’avais envie d’aller... (sourire) eh oui !
Robin : Ah oui, on t’as pas tout dit ! (Rires)
Mélanie : Au début c’était juste pour rigoler, pour faire la maline sans me faire mal. Petit à petit j’ai écouté de plus en plus de Metal et de Hard Rock et j’ai voulu vraiment chanter comme ça. Donc j’ai appris, je prends des cours de chant avec Julien Cassarino [note : chanteur de Psykup, Rufus Bellefleur, Manimal...] et il est super doué pour transmettre ce genre de technique. Mais avant d’apprendre à saturer il faut apprendre à bien maîtriser ta voix, ce qui fait qu’il a fallu un certain temps, jusqu’au mois de mars environ, pour que je maîtrise suffisamment ma voix pleine normale. Enfin par "normale" je veux dire "non-saturée". En jeune fille docile, j’ai pas essayé avant qu’on me dise que c’était le moment, j’avais peur de me faire mal. J’ai commencé à saturer mon chant vers le mois de mars, ça vient petit à petit et je suis encore en train d’évoluer sur ce niveau. C’est encore assez gras parce que j’arrive pas encore à le maîtriser correctement. Mais peut-être que ça gagnera en légèreté ! Donc voilà, j’ai appris après la sortie de l’EP, mais sur le prochain album y en aura.
Robin : Mais pas trop quand même.
Mélanie : Oui, Robin a tendance à me calmer sur ça, parce que j’en fous un peu trop, j’aime tellement ça ! En fait même depuis que je suis petite j’ai toujours aimé ca, les voix rauques, avec beaucoup de souffle. Ça parfait con mais j’adore Carla Bruni par exemple ! [note : eh oui, à priori on a une page Carla Bruni sur Metalorgie...]

A propos de concerts, est-ce que vous avez un set acoustique qui s'axe plus sur le côté bluesy ?

Virgile : On a essayé ! Enfin, on en a déjà parlé ouais...
Mélanie : On a déjà essayé pendant un des week-ends qu’on a évoqué, qu’on passe dans la maison où on répète. Pour remettre dans le contexte, Robin a ramené  là-bas sa tireuse à bière, ce qui n’est pas forcément très judicieux ! (rires)
Teddy : Et la tireuse à bière a eu le dessus sur le set acoustique !
Mélanie : On a essayé de faire le set complet mais en acoustique. Teddy était au cajon, Virgile était à la folk, moi j’étais bourrée... (Rires)
Robin : Y a Jealousy qui passait pas mal en Swing.
Virgile : On a des enregistrements mais je crois qu’on les a supprimés...
Mélanie : On a réécouté ça le lendemain et... Voilà quoi !
Teddy : On les zippera avec le nu de Virgile et on foutra ça en ligne ! (Rires)
Robin : Y en a certaines qui tournent vachement autour d’un riff et du coup c’est galère à retranscrire en acoustique.
Virgile : Ça demande une phase de recomposition, il faut complètement revoir les morceaux et les déconstruire totalement. Faut qu’on se ré-interprète nous-mêmes. Mais on y a pensé, ouais !
Mélanie : Mais est-ce qu’on le fera vraiment ou pas ? Faut encore qu’on réfléchisse.
Teddy : Ça peut nous faire ouverture vers d’autres scènes ou d’autres événements, si on le fait, des trucs où le Metal n’aurait pas forcément sa place. Je pense beaucoup à Klone, j’ai adoré l’album acoustique.

Ca vous dit une petite session de questions "réflexe" ?

Tous : Ouais !
Mélanie : Qu’on apporte un buzzer !

Ok alors répondez sans réfléchir ! Si vous deviez jouer dans un gros festival, plutôt Hellfest, ou Jazz In Marciac ?

Tous : Hellfest !

Les textes de vos futures chansons, plutôt des histoires fictives, ou des messages politisés ?

Mélanie : Politisé.
Teddy : Du sexe !
Robin : Engagé mais pas politisé.
Mélanie : Oui, plutôt engagé que politisé en fait.

Les instrumentation de vos futures chansons, plutôt plus vénères ou moins vénères que celles de l'EP ?

Tous : Plus vénères !

Vous préférez voir un concert génial de votre groupe préféré, ou être invités par eux pour que vous ouvriez sur toute leur tournée mais que leurs concerts soient nuls ?

Robin : Aaahh putain... La deuxième ?
Mélanie : La deuxième !
Teddy : Mais ouais, comme ça l’année d’après c’est nous qui les invitons à faire notre première partie ! (Rires)

Si vous rajoutiez un instrument dans Damantra, ce serait une deuxième guitare ou un synthé ?

Tous : Synthé.

Si vous pouviez n'en choisir qu'un seul des deux, vous feriez un concert dans une salle de dingue avec des conditions parfaites ; ou un album de dingue avec des conditions parfaites ?

Mélanie : Mmhhh... Concert.
Robin : Non, moi l’album...
Virgile : Le concert.
Teddy : Franchement je me tâte. L’album ça reste dans le temps, le concert c’est juste une fois...
Robin : Mais imagine, t’arrives au studio, t’as genre vingt caisses claires à choisir...
Mélanie : Ouais mais notre but premier c’est de faire des concerts à mort, et si c’est des conditions de fous, on a qu’à dire qu’il est enregistré ce concert, et qu’on sortira un live qui aura le même impact qu’un album !
Robin : Et on réenregistre en studio toutes les parties sans faire de pains ! En vrai celle-là elle est dure, comme question...

Plutôt reprise de B.B.King à la sauce Metal, ou reprise de Slayer à la sauce Blues ?

Teddy : Hmm... Avec Mélanie, plutôt du Slayer à la sauce Blues.
Mélanie : Ouais.
Virgile : Moi aussi.
Robin : Moi joker. J’ai beaucoup de mal avec Slayer, c’est pas le bon exemple...
Metalorgie : Bon, remplace par Iron Maiden si tu veux !
Robin : (Flottement embarrassé) Merde t’as choisi le deuxième mauvais exemple ! (Rires) Mais ouais, plutôt Metal repris à la sauce Blues !

Dans le futur album de Damantra, le ou la guest idéal(e) pour vous ce serait qui ?

Mélanie : Emmanuel Macron ?
Teddy : La chanteuse de Jinger.
Mélanie : Un bon claviériste.
Virgile : Ah tiens c’est une bonne idée ça. Un bon claviériste.
Robin : Un bon claviériste ?
Mélanie : Ouais. Un bon claviériste qui fasse un solo d’orgue, j’ai toujours aimé les solos d’orgues.
Virgile : Antoine Rupp ! C’est un ami qui est très bon au clavier et faire du Metal ça va carrément le brancher, il pourra vraiment apporter un truc sur les enregistrements.
Robin : J’interdis les solos à la Dream Theater par contre !
Teddy : Je suis trop fan moi ! Enfin, à la base je suis fan de Mike Portnoy.
Virgile : Bah le voilà le guest parfait, on prend Portnoy !

Plutôt café ou thé ?

Les garçons : Café !
Mélanie : Thé ! J’aime pas le café. Enfin j’aime pas le thé non plus mais c’est le moins pire des deux !

Plutôt bière ou vin ?

Tout le monde sauf Robin : Bière !
Robin : Ça dépend des jours... Avec une raclette, un petit vin là...
Mélanie : Mais un vin de quelle couleur avec la raclette ??!! (Rires)
Robin : Ah oui... On s’est fritté pendant l’enregistrement, on se connaissait depuis deux mois et on s’est vraiment engueulés parce que j’avais envie d’un vin rouge alors qu’on faisait une raclette... Ils en revenaient vraiment pas alors que dans mes potes ça choque personne, mais eux ils était en mode "wooaaaaah" !
Mélanie : Si on avait dû choisir un nom à l’EP, on l’aurait appelé La Raclette De La Discorde !
Teddy : Damantraclette ! (Rires)

Et pour finir, ça vient d'où le nom "Damantra" ?

Mélanie : Alors !...
Robin : C’est la seule question à laquelle on a essayé de réfléchir avant !
Teddy : Le "mantra" c’est une espèce d’incantation, une espèce de prière que tu répètes, qui te permet d’extérioriser et de te sentir mieux. Et c’est une belle image de ce qu’est la musique pour nous. Plus on en fait, mieux on se sent bien. Ça veut rien dire mais ça vient des tripes ! Et le "da" c’est un "the" mais en contraction. "Da mantra, you know ?!"
Robin : Et parce que The Mantra ça existait déjà ! (Rires)
Mélanie : Mais Damantraclette ça existe pas !
Virgile : A la base j’avais proposé Cannibal Holocaust comme nom de groupe mais ça a pas fait l’unanimité. J’aurais du penser à Cannibal Raclette ! (Rires)

Je vous laisse le mot de la fin !

Robin : Bah j’ai faim, maintenant qu’on a parlé de raclette...
Mélanie : Merci Metalorgie !
Virgile : Venez nous voir en concert !

Zbrlah (Août 2018)

Retrouvez les dates des prochains concerts de Damantra sur leur page Facebook, et écoutez leur EP sur YouTube ou sur Bandcamp.

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