Phil (Khemmis) Par mail (juin 2018)

En constante ascension depuis leur premier album, Khemmis a sorti récemment son troisième volet nommé Desolation et a tout juste commencé à le défendre sur scène. Nous avons pu nous entretenir par mail avec Phil, chanteur et guitariste du groupe. 

Salut Khemmis, quoi de neuf ces jours-ci ? 

On attend fébrilement la sortie de notre nouvel album, Desolation, le 22 juin. On est toujours assez impatients de voir ce que les gens pensent de nos nouveaux morceaux.
 
Si je devais décrire votre musique en seulement quelques mots, je dirais que vous arrivez à être un groupe à la fois moderne et old-school de Heavy Doom, est-ce que vous partagez ce même ressenti ?
 
Je pense que c’est une description convenable. Nous essayons de rendre hommage à différents genres qui nous sont chers comme le Heavy, le Metal Extrême et le Classic Rock, tout en essayant de nous les approprier. Et si tu trouves que l’on fait ça bien, alors j’en suis ravi. 
 
A mon avis l’une de vos plus grandes forces c’est le ton et les mélodies de vos chants, ça rend vraiment les titres mémorables et percutants. Est-ce que Khemmis serait un groupe de Pop en réalité ? 
 
Merci. J’essaye de de sonner le plus authentiquement possible, et je fais tout pour éviter d’être comparé à d’autres chanteurs. Et sur ce nouvel album plus encore qu’avant, je me suis fixé comme défi d’explorer ma puissance et mon spectre vocal. Par contre on n’a rien d’un groupe de Pop, on a écrit qu’un seul morceau qui fait moins de 5 minutes, mais on fait en sorte d’écrire des passages vraiment marquants à la première écoute, qui vont ensuite dévoiler de la complexité et de la technique quand l’auditeur revient dessus. 

D’un autre côté, vous aviez plongé vers le Funeral Doom sur Hunted (sur le titre Candlelight), et Desolation comporte quelques moments Sludge. Est-ce que Khemmis se lancera un jour dans un album 100 % sombre et extrême ?
 
Selon nous ce disque est très sombre, c’est ce qu’on a produit de plus agressif jusqu’alors, et les paroles sont très désespérées. On n’enregistrera jamais un album qui aille complètement dans une unique direction. On aspire à inclure beaucoup de diversité et de dynamiques différentes dans notre composition.
 
Est-ce que quelque chose a évolué dans l’écriture de Desolation ? Ou bien vous gardez la même formule depuis toujours pour créer ? 

Au fur et à mesure que nos albums sortent, on est de plus en plus collaboratifs. Je pense aussi qu’on a réalisé à quel point il est important d’avoir des thèmes vocaux et instrumentaux qui accrochent l’auditeur très rapidement, étant donné que l’on joue devant des publics plus nombreux qu’avant. Qui dit plus de monde à nos concerts dit de nouvelles salles, et on veut remplir ces plus grands espaces avec nos nouveaux morceaux.

Hunted était très porté sur des thématiques marines, et si j’y ai bien tout compris, les paroles racontaient une histoire. A quel point la dimension scénarisée est-elle importante dans  vos textes ? Quelle relation celle-ci entretient-elle avec les pochettes d’album ?

Hunted est très clairement rempli d’imagerie aquatique. Tout cet album est inspiré de mes rêves et de leurs relations avec des moments critiques et difficiles de ma vie personnelle. Desolation est également un disque thématique, basé sur des pertes que nous avons subies dans notre entourage et de la colère qui en résulte. En quelque sorte, les titres représentent diverses étapes du deuil de manière chronologique, et l’un des morceaux est particulièrement relié à la cover, mais c’est à vous de le trouver.
Pour rentrer davantage dans les spécificités de Desolation, cet opus traite de nos sentiments face à ces pertes, de ma difficulté à redéfinir comment je me perçois en tant qu’être, et aussi du salut que représente le fait de jouer cette musique pour des gens qui y attachent de l’importance,  de comment ça me donne un but dans la vie. Chaque titre est une facette de ces réflexions. 

Puisque l’on parle de vos artworks, vos trois albums représentent une femme armée d’une épée et un vieil homme qui semble être un sorcier. Est-ce que Khemmis est un groupe affilié au courant Sword&Sorcery ? Est-ce que des livres, films ou jeux-vidéos vous inspirent pour votre musique ? 
 
On n’est ABSOLUMENT PAS un groupe affilié Sword&Sorcery. Je trouve l’imagerie plutôt cool et elle existe de manière indépendante sur nos pochettes en racontant une histoire, mais ces thèmes ne sont que reliés de manière symbolique à notre musique, qui selon moi procure un sentiment épique qui fonctionne bien avec ces illustrations. Textuellement, tout est très ancré dans le réel, bien que j’essaye de passer par la métaphore pour que l’on ne sonne pas trop terre-à-terre. Pour ce qui est des autres formes d’art, on n’est pas explicitement inspirés par celles-ci mais je pense que l’on créée quelque chose de très cinématographique avec notre musique. 

Vous avez joué au Roadburn cette année, qu’avez-vous pensé de cette expérience ? Est-ce que ça revenait à jouer dans n’importe quel autre festival, ou bien est-ce que c’était spécial d’une manière ou d’une autre ?

C’était vraiment incroyable. Walter (ndlr : promoteur et directeur artistique du festival) et tous ceux qui travaillent sur cet événement savent bien traiter les groupes. Quant aux fans ils sont vraiment bien rentrés dans le concert et ils étaient râvis de nous voir enfin en Europe. 

A ce sujet, allez-vous partir en tournée européenne bientôt ? 
 
On l’espère vraiment. C’est vraiment le premier disque que l’on sort en Europe avec une grosse distribution, donc on espère que Nuclear Blast saura nous créer de belles opportunités pour faire de belles choses sur le vieux continent assez vite. 

Qu’avez-vous de prévu pour les semaines et mois à venir ?


Trois release parties à Los Angeles, Chicago, et Denver pour promouvoir le nouvel album, puis des festivals à Pittsburg et Montreal fin juillet. On espère continuer à faire des tournées sur des weekends dans d’autres coins des Etats-Unis ou du Canada plus tard dans l’année, et on adorerait revenir jouer en Europe. 
 
Puisque Denver (666!) a une scène Metal assez florissante, est-ce que vous avez des recommandations de formations récentes et/ou obscures pour nos lecteurs français ?

« Denver 666 ! Denver 666 ! » Je recommande Speedwolf bien-sûr, pas du tout prise de tête et ils sont les dignes successeurs de l’esprit Metal qui est mort avec Mötörhead. Ce serait juste impossible d’aimer le Metal et de ne pas aimer Speedwolf. Sinon, il y a tellement de bons groupes par ici que c’est dur de tous les avoir en mémoire, mais envoilà quelques-uns qui assurent : Blood Incantation, Primitive Man, Spectral VoiceWayfarer (qui a sorti un super album cette année), In the Company Of SerpentsDreadnoughtCloud CatcherMuscle Beach
 
Bien, merci pour le temps que tu as consacré à cette interview, veux-tu ajouter quelque chose ? 

Amenez-nous une ou deux bouteilles de Cantillon quand on viendra jouer en France et on vous aimera pour l’éternité. Merci pour cette interview !

Skaldmax (Juillet 2018)

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