War Inside au Mondo Bizarro (Rennes), 2018

Est-ce qu'un groupe peut durer dans le temps ? Après dix ans, l'alchimie opère-t-elle toujours ? Les nantais de War Inside prouvent que la longévité a du bon. Les cinq musiciens parlent bien de ce qu'ils font : ils mettent en avant une démarche honnête, férue de détails techniques et de créativité. Leur son nous raconte quelque chose de lointain, d'aérien... Le temps se fragmente en une construction audacieuse et désarçonnante. Un jeu habile qui ne tombe jamais dans un cliché purement mécanique. L'écoute, la transparence et le plaisir de travailler ensemble y sont sans doute pour beaucoup. Après un passage au Hellfest, une tournée avec Belphegor, deux albums et une place sur le label Finisterian Dead End... ils ont encore des projets plein la tête. Mais place aux artistes ! Nous les rencontrons ce soir, à l'occasion de leur concert – organisé par Ankou Prod - au Mondo Bizarro, à Rennes.



Votre musique est très narrative, presque séquencée. Comment composez-vous ?

Nico : on compose d'abord avec les deux grattes, voire avec la batterie. On a pas encore composé à partir du chant. Les paroles sont écrites après que la musique soit installée. Après, à partir du moment que ça déclenche une idée, pourquoi pas ?

Le groupe existe depuis 2008, il fêtera ses dix ans en 2018. Vous allez marquer le coup ?

Ed' : une tournée dans l'ouest, à partir du mois de mai. On peut pas encore vraiment en parler : tout est en cours.

En 2016, votre chanteur part pour rejoindre le groupe Regarde Les Hommes Tomber. À ce moment là, qu'est-ce qui se passe ?

Ed' : la question ne s'est pas posée au départ. Pendant un moment, il a joué dans les deux groupes, mais le manque de temps a fait que ce n'était plus possible. On a décidé de faire passer des auditions pour trouver un autre chanteur.

Et toi Loud, en tant que chanteur, comment s'est passée l'audition pour toi ?

Loud : je connaissais déjà War Inside, je ne les avais jamais vu sur scène mais j'avais leur disque. À l'époque, j'avais arrêté la musique depuis trois ans et j'avais envie de reprendre. L'annonce de l'audition est tombée au bon moment. Je me souviens même du jour précis de l'audition : le dimanche 12 février à 16h00.

Vos trois plus beaux souvenirs de scène ?

Ed' : sans hésiter, le Hellfest en 2013. Il y a aussi la tournée avec Belphegor, on a pu jouer avec eux à Paris. Et sinon, à Angers au T'es rock Coco, on était dans une cave, y'avait trop de monde et il faisait au moins 40°.



Cinq minutes avant de monter sur la scène du Hellfest, qu'est-ce qui s'est passé dans vos têtes ?

Nico : la même chose que là. Pas de stress particulier.
Ed' : pas le temps de réfléchir. On est là, on monte sur scène. Et pour être franc, on s'était bien préparé. C'était une période où on répétait énormément et où on enchaînait les dates.

Au niveau du travail des instrus, est-ce que vous bossez beaucoup chacun de votre côté ?

Ed' : moi et Nico, on se voit en dehors du groupe. Dès qu'il y a des plans qui fonctionnent, on voit avec le batteur. On est les deux plus vieux membres du groupe : on était au même boulot, on a fait une première répète et résultat : une compo directe. À partir de ce moment, on s'est dit qu'il fallait continuer.

Si un réalisateur vous proposait de gérer la bande originale d'un film. Avec qui voudriez-vous travailler ?

Tom : Stanley Kubrick
Loud : Neill Blomkamp
Ed' : Christopher Nolan

Et si on vous demandait de refaire la bande-son d'un film ou d'une série ?

Tom : True Detective
Ed' : L'Exorciste
Loud : Ghostbusters

Comment on se retrouve sur le label Finisterian Dead End ? Avec presque deux ans de recul, qu'est-ce que ça change ?

Ed' : Thomas connaissait Laurent, et on s'est rencontré avant un concert. Le son lui a plu et voilà. Et... ce que ça change ? La visibilité. La possibilité de faire des dates comme le Samaïn Fest.

La scène Metal de Nantes a une identité forte. De l'extérieur, les groupes semblent très solides, presque cérébraux dans leur approche musicale et scénique. Vous êtes d'accord avec ça ?

Arthur : je suis d'accord. Il y a beaucoup de groupes nantais qui réfléchissent à leur son, leur jeu de scène et qui font des résidences. Mais nous, pour dire la vérité, on est pas trop comme ça.
Loud : (blagueur) c'est beaucoup plus reptilien.
Ed' : (rires) qu'est-ce que tu racontes ? Et avec ça, on se prend pas la tête ?

Il y a quelques semaines, vous avez enregistré une session live studio. Vous êtes cinq, votre musique est très technique, qu'est-ce qui prime à ce moment-là ? La spontanéité est-elle forcément mise de côté ?

Arthur : globalement, on a essayé de faire le plus propre possible.
Ed' : on se met tous le stress, et on se dit, là faut que ça soit propre, réussi. Et on est surtout tous très contents d'être le premier groupe de Metal à passer sur SUN.



Vos influences musicales ?

Nico : Immortal, Dissection, The Black Dahlia Murder, Dark Tranquillity...
Ed' : Hypocrisy, DeathAge Of Sanity...

Un mot pour résumer ce que vous aimez dans le Metal ?

Nico et Ed' : technique.
Loud : intensité.
Tom : rythme.

Pour les dix ans à venir, qu'est-ce qu'on vous souhaite ?

Tom : des albums, des festoches...
Ed' : des compos et des albums.
Nico : du kiff à jouer. Continuer à se fendre la gueule pendant dix ans.

Ubuto Kro (Avril 2018)

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