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Dan Briggs (Between The Buried And Me) par email

Telle une horloge bien huilée, Between The Buried and Me continuent de sortir des albums à intervalle régulier, tout en maintenant un rythme de tournée de croisière. Avec leur nouvel album Automata, ils tentent l'expérience de l'album en deux parties. Nous en avons discuté par mail avec leur incroyable bassiste Dan Briggs.



Metalorgie : J'ai lu qu'
Automata est un concept-album autour de la notion de rêve et de rêveur. Comment vous est venue cette idée ? Peux-tu nous en dire plus sur la façon dont ces concepts sont exploités dans les paroles ?

Dan Briggs : C'est plutôt une question pour Tommy ! Il écrit toutes les histoires et les paroles, on lui laisse le contrôle total sur cet aspect.

Coma Ecliptic, l'album précédent, racontait l'histoire d'une personne dans le coma qui se rêvait une vie différente de celle qu'il avait réellement vécu. Y a-t-il un lien entre le concept de Coma Ecliptic et celui de Automata ?

Je ne pense pas, non. Mais encore une fois, Tommy écrit toutes les paroles, ce serait plutôt à lui d'expliquer ça !

Il y a environ un an, un jeu vidéo appelé "Nier : Automata" a été publié. Même si l'histoire du jeu et son ambiance générale n'ont rien à voir avec ce qu'on entend dans le nouvel album de BTBAM, il y a néanmoins des éléments du jeu qui font penser au monde des rêves. Par exemple, les personnages sont des robots à l'apparence humaine, et certains portent un tissu noir qui leur bande les yeux, un peu comme peuvent le faire les personnes qui ont besoin de porter ce genre de masque pour dormir... As-tu entendu parler de ce jeu vidéo, et si oui, a-t-il eu une influence sur l'écriture de l'album ?

Je n'en ai jamais entendu parler, mais ça a l'air vraiment intéressant !

Coma Ecliptic m'avait surpris pour être moins "fou", moins "barré" que certains de vos précédents disques. Seule The Ectopic Stroll avait ce côté complètement cintré. Dans Automata, cet aspect de votre musique est encore moins présent, je trouve (seul le riff dissonant dans l'intro de Blot me ramène à ce côté déjanté). Peux-tu nous parler de cette évolution ?

Eh bien, on a écrit cet album d'un seul bloc, donc peut-être que plus de ces éléments se trouvent dans la seconde moitié de l'album, et n'ont pas été trop abordées dans la première partie. Tu devrais être impressionné par tous les trucs chelous qu'on y a mis, quand tu te pencheras sur la deuxième partie, tu verras. L'ambiance barrée fera toujours partie de notre musique, et de mes goûts personnels aussi. On ne change pas ce qu'on est !



Comment s'est passé l'enregistrement ? Avez-vous enregistré et mixé les deux albums en même temps ?

Oui, ça n'a été séparé en deux qu'après que nous l'ayons écrit en entier, comme un seul album. C'est notre label qui a eu cette idée. L'enregistrement s'est super bien passé, on a fait tous nos albums (sauf un) avec notre producteur Jamie King, il nous comprend vraiment. Il comprend aussi où on veut emmener notre musique, quelle que soit l'évolution de notre son au fil du temps. Du coup, c'est vraiment très facile de travailler comme ça. Ça rend notre écriture et l'enregistrement des démos tellement précis et complet, que l'on sait exactement quoi faire une fois en studio, et qu'on peut se concentrer sur les sons qu'on recherche. Vraiment aucun stress !

Peux-tu nous décrire la façon dont vous écrivez votre musique aujourd'hui ? Penses-tu que cette méthode a évoluée depuis le début de votre carrière ?

Oui, ça a un peu changé d'une certaine façon, l'écriture et les arrangements se font en majorité depuis chez nous. On se retrouve pour enregistrer des démos, discuter des arrangements. Parfois des titres complets sont proposés, avant de devoir faire des allers-retours dessus. Cette fois-ci, on a tellement pris de temps avant de se retrouver tous ensemble, qu'on a chacun eu le temps de proposer plein de choses. On s'est installé dans une pièce tous ensemble, et on a juste écouté les démos de chacun et pris des notes sur ce qui nous semblait intéressant d'exploiter sur l'album.

Automata I dure 35 minutes alors que vous nous avez habitués à des albums de plus d'une heure. Est-ce que Automata II sera plus long ? Est-ce que les deux parties pourraient tenir sur un seul disque ? Si oui, pourquoi avoir choisi ce format séparé ?

C'est un seul disque, vous pouvez le voir de la manière qui vous plait le mieux, mais à la base c'est un seul disque qui s'est retrouvé coupé en deux. En tout, ça fait environ 65 minutes. C'était l'idée de notre label de le séparer en deux parties, et on s'est dit "pourquoi pas ?". Aujourd'hui, les gens peuvent se procurer de la musique de tellement de façons différentes, que l'idée d'en avoir la moitié maintenant et le reste dans quelques mois n'a pas l'air de déranger grand monde. En fait, les gens ont l'air de tripper sur ça !



Paul [Waggoner, guitariste de BTBAM] avait réagi à une phrase de Kerry King lors d'une interview en 2015, une phrase qui disait que "les albums de plus de 40 minutes sont du remplissage pour faire croire au consommateur qu'il en a pour son argent". Paul disait que tout était dépendant du style de musique, et que bien qu'il trouve ça logique pour Slayer, il ne voyait pas Between The Buried And Me faire un album de 30 minutes. D'ailleurs, The Parallax: Hypersleep Dialogues est considéré comme un EP. Au final, avec Automata, pensez vous proposer un album, deux albums, deux demi-albums, ou deux EPs ?

Là encore, pour moi c'est un album. Mais voyez-le comme vous voulez. EP, LP... Au final, c'est une seule histoire, et une seule oeuvre musicale.

En 2015, Periphery a sorti ses albums Juggernaut Alpha et Juggernaut Omega un peu de la même manière : les deux albums durent environ 40 minutes chacun et sont sortis en même temps. Penses-tu que ce format est devenu plus intéressant que celui des albums conventionnel, d'un seul bloc ?

Nous sommes sur le même label, donc je suppose que ce genre d'idée a fait son chemin via le label. Ce n'est pas une pratique révolutionnaire, mais ça nous a semblé quelque chose de nouveau pour nous, et on s'est dit qu'on aimerait essayer.

Aujourd'hui, tout est streamable sur internet, et les groupes tournent beaucoup car c'est souvent un meilleur moyen de gagner de l'argent comparé aux revenus des ventes de disques. Au vu de cette situation, penses-tu qu'il y a toujours un intérêt à sortir un album dont la moitié des titres ne seront pas joués sur scène et dont les trois quarts n'auront pas de clip ?

C'est vrai. Je trouve que les clips sont justement assez peu significatifs, encore moins que le reste. Ils n'ont pas de vrai débouché, de vraie utilité, en dehors de les avoir sur YouTube et de faire un post Facebook à propos de ça. Enfin, c'est toujours sympa d'avoir un élément visuel, j'aime ça d'ailleurs. Mais c'est vrai qu'on gagne notre vie en jouant des concerts et je ne pense pas que ça puisse changer... Heureusement qu'on aime ça !

Le solo de guitare au milieu de Condemned To The Gallows me fait penser au solo final de Selkies: The Endless Obsession, sur l'album Alaska. Tous les deux sont posés sur une rythmique dynamique sans être trop violente, et ils sont tous les deux très mélodiques et lumineux, pas trop rapides, et explorent un large spectre de notes, tout en montées et descentes. J'adore ces deux solos ! Est-ce que vous aviez Selkies: The Endless Obsession en tête en écrivant ce solo, ou pas du tout ?

Ha ha, non, vraiment pas... Mais c'est assez marrant, la façon dont tu l'as remarqué et décrit ! De mon côté, à la basse, c'est une partie vraiment cool à jouer parce que je double le solo de Paul à partir de la moitié, ça devient un unisson que je trouve dingue.

La dernière fois que je vous ai vu en concert, Leprous avait joué avant vous et Devin Townsend était en tête d'affiche. On peut dire que c'était une bien belle affiche sur cette tournée ! Est-ce que vous avez des anecdotes à partager sur cette tournée ?

On a invité Leprous pour notre tournée américaine qu'on fait en ce moment même ! Pendant la tournée que tu mentionnes, on est vraiment tombés amoureux de leur musique mais aussi de leurs personnalités, donc on est très contents de les avoir avec nous ici. On s'est tellement régalé avec Devin et eux en Europe !

Parlons un peu de Nova Collective (Prog instrumental avec Dan Briggs à la basse, Matt Lynch (batteur de Trioscapes, groupe de Jazz-Fusion avec Dan Briggs, justement), ainsi que Richard Henshall et Pete Jones, respectivement guitariste et ex-guitariste de Haken). Allez-vous tourner avec cette formation, ou avez-vous prévu enregistrer d'autres albums ? Ou est-ce un projet "one-shot" ?

Ouais, on va bien entendu tourner et continuer à jouer ensemble, on doit juste réussir à trouver un moment pour le faire. Deux des membres sont en Angleterre et les deux autres aux Etats-Unis, donc c'est un peu délicat de faire avancer un projet comme ça, mais crois-moi, pour moi c'est une priorité.

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?

J'écoutes les nouveaux singles de David Byrne en ce moment, son nouveau disque va bientôt sortir. Aussi Laurie AndersonTim BerneMichael Formanek... Et bien entendu, je me suis préparé à la tournée en écoutant The Dear Hunter et Leprous, c'est tellement incroyable de les entendre chaque soir !






Metalorgie Team (Avril 2018)

Photos par Chazo

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