Jordan de Krod Records Par Email

Après A Fond D'Cale il y a quelques semaines, c'est cette fois Krod Records, label orienté vers le Punk Rock, au travers de son fondateur Jordan, de jouer le jeu de l'interview sur quelques questions. On vous laisse lire la suite !

Hello Jordan. Ca va ? Peux-tu présenter Krod Records à ceux qui ne connaîtraient pas le label ?

Salut Euka ! Je vais bien, merci. :- ). Tout d’abord, Krod (Keine Rose ohne Dornen : Pas de Rose sans Epines) Records est un petit label de punk rock que j’ai créé en mars 2015 à Paris mais j’ai très vite déménagé sur Toulouse et maintenant Berlin…. J’ai ajouté Loïc dans ma team pour m’aider sur les concerts que nous organisons de temps en temps, sur les visuels et surtout un soutien quotidien que j’apprécie énormément. Il me propose de nouvelles choses à faire et à améliorer. Nous avons aussi Valentin (RockurLifeAtlas For Home) depuis quelques mois dans l’équipe pour gérer les réseaux sociaux et il nous donne également son avis. Je suis très bien entouré. Concernant l’esthétique, c’est punk rock mais aussi un peu de pop punk / emo-punk / mélo-hardcore de temps en temps. Nous avons des groupes de France, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni et dans l’année un groupe du Canada. KROD Records c’est surtout une famille/label plutôt qu’un business même si je m’investis à 200% que ce soit financièrement ou de mon temps.

Monter un label est quelque chose qui j’imagine nécessite de la passion et du temps. Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer ?

La passion. Quand j’avais 15 ans, j’organisais des concerts de punk et hardcore avec Loïc et d’autres amis sur Nevers et Clermont-Ferrand. Pendant 3 ans, c’était bien fun mais comme tout, il y a eu des hauts et des bas. Ensuite, je suis parti faire mes études sur Lyon, Paris et Toulouse et sur ma dernière année d’étude à Paris j’ai voulu créer le label pour bosser encore plus avec les groupes : produire un vinyl/cd et promouvoir ce groupe sur les magazines, webzines et radios. Parfois, leur trouver quelques dates de concerts et les aider sur divers domaines. Si le groupe est motivé et qu’il se sent bien avec nous, ça avance et on fait de belles choses. On se donne à 200% et j’adore ça, je ne pourrais pas m’arrêter de si tôt.

Comment choisis-tu les groupes avec qui tu veux bosser ? Je prends par exemple Elm Tree Circle, comment s’est passée la rencontre ?

Pour choisir les groupes, il faut que j’ai un coup de cœur pour la musique (comme tout label indé j’imagine), que le feeling passe bien avec les musiciens et qu’on ai les mêmes envies. Pour prendre l’exemple d’Elm Tree Circle, ils m’ont contacté pour bosser avec moi et j’ai tout de suite adoré l’album que l’on va sortir au mois de mai. J’ai discuté pas mal de temps avec eux avant de finaliser la signature, on a eu un temps pour qu’ils réfléchissent bien comment je bosse aussi et ce qu’on peut leur apporter et ça se passe vraiment bien pour le moment. Avec Hightower, c’est le groupe de mon frère (Alexis Calvi) du coup c’était différent, c’est depuis qu’ils ont commencé le groupe que je les voulais. Colour Me Wednesday, c’est moi qui les ai contacté car j’ai adoré leur précédent album et leur côté DIY et à défendre certaines valeurs qui nous correspondent.

Tu as déménagé en Allemagne si je ne me trompe pas. Est-ce que tu constates une gestion de la musique et du label différente entre les deux pays pour une petite structure ?

Exact, je suis à Berlin maintenant et c’était (et c’est toujours) assez fou ce que je peux voir comme différences entre ces deux pays. Tout d’abord, d’un point de vue administratif, l’enregistrement d’une (micro-)entreprise en France est moins facile avec la lourdeur des taxes. En Allemagne, j’ai payé 20 balles pour être enregistré.
Ensuite, je trouve que le contact avec les gens se fait plus rapidement. J’ai très souvent des rendez-vous avec des managers de labels, d’organisateurs de concert ou des groupes : c’est vraiment agréable. Tu vas boire un verre ou un café avec un tel pour discuter, et tu gardes le contact, ce côté humain j’adore et ça reste. Ma dernière rencontre était le manager d’Audiolith Records par exemple !
Berlin est gavé de bons concerts. C’est la ville de Destiny Tourbooking (NOFX, LagwagonNo TriggerNot On Tour…), il y a des salles de concerts de fou comme SO36, Cassiopeia, Astra et Mad Tourbooking (Agnostic Front, Blacklisted, Crowbar, Down To Nothing…) sont aussi sur Berlin. Sur l’Allemagne, en général, ça se bouge beaucoup et les médias sont là pour soutenir la scène. Les organisateurs se démènent à programmer de belles dates et beaux festivals et du coup le public joue le jeu et vient aux évènements. En France, le nombre d'organisateurs et de médias est moins élevé mais tout de même présent, je peux citer en médias, vous, Metalorgie, et par exemple New Noise Magazine et le blog Les Rêveries et de très bons organisateurs comme Till de Guerilla, Romain des Knardage, Remy et Sarah de Growing Older ou Max des Rhinos, c’est juste un pourcentage beaucoup plus élevé en Allemagne et j'aimerai que la scène punk rock se développe autant en France.

Vous avez une orientation très Punk Rock, est-ce un choix ou un concours de circonstance ?

J’ai grandi en écoutant Millencolin, Nofx, Comeback Kid, Verse, Have Heart, Raised Fist, Nine Eleven, donc du mélo hardcore et punk rock/skatepunk. Du coup on a un mix de ces styles et c’est vraiment un choix. Nous avons un peu dévié avec Colour Me Wednesday qui est plus pop-punk ou bien Cold Reading qui sonne mélancolique-emo-punk.

Est-ce que des rééditions des premiers Fire At Will, même s’ils ne sont pas sortis chez toi, sont prévues ?

J’ai reçu un message de Quentin Rettig en fin de semaine dernière à ce sujet ! Affaire à suivre… :D

Regrettes-tu d’être passé à côté de certaines signatures ?

J’ai découvert récemment un groupe parisien qui s’appelle Affidavit que j’aurais voulu prendre sous notre aile. Ce n’est pas un regret au sens où je peux et je vais les soutenir comme un simple consommateur de musique que je suis aussi. 
Inversement, j’ai eu un regret d’avoir voulu signer un groupe de Madrid Upside Down mais on a vite lâché l’affaire. Les princesses qui veulent être Sum 41 du jour au lendemain et qui portent plus d’importance au nombre de likes sur Facebook que de faire des concerts ou un bon enregistrement : il ne faut pas venir chez moi.

Quelle a été pour toi la sortie la plus emblématique ? Et celle que tu préfères ?

Hightower parce que le bassiste c’est mon frangin mais je ne peux pas dire que je préfère un groupe à un autre, c’est seulement le fait d’avoir son frère dans le label c’est un petit plus. J’essaie de ne pas faire de différence entre les groupes. Si parfois on nous voit bosser plus avec certains groupes c’est parce qu’ils nous donnent les clés pour travailler à fond avec eux.

On a vu récemment que Walmart allait arrêter de vendre des CDs. En tant qu’acteur dans le milieu de la production, quel est ton point de vue sur ce sujet ?

Je ne vends pas beaucoup de CD mais ils sont nécessaires pour la promotion d’un artiste. Le disque vinyle ou bien la cassette audio reviennent et c’est un bel objet de collection. Cependant, je pense qu’on va vite venir à écouter la musique seulement en ligne (Spotify, Deezer, Apple, Tidal…) plutôt que d’acheter des disques. Nous serons les « vieux » à notre tour qui collectionnent les 33T. Actuellement, j’aime les deux formats, j’écoute beaucoup en ligne et si j’ai un gros kiff, je vais acheter l’album au format physique.

En complément de la production, est-ce que tu as un regard sur toute la partie artwork / mix des disques que KROD sort ?

On aime donner notre avis et discuter avec le groupe du mix, de l’artwork, de la promo, etc. Pour l’artwork, par exemple, Loïc a fait entièrement la pochette de l’EP Passing Time du groupe EARL GREY. Pour les mix, on donne notre avis un peu plus surtout quand c’est un groupe assez jeune qui a besoin de conseils. De toute façon, que ce soit le groupe ou nous, on cherche ensemble à avoir un produit de qualité qui nous plait avant de plaire aux autres.

Tu as majoritairement des groupes qui chantent en Anglais. Est-ce que tu constates un comportement différent entre le marché Européen et le marché US ?

Je constate une différence entre le marche UK/US et le marché « Le reste du monde ». Difficile de promouvoir un groupe qui n’est pas nord-américain ou du Royaume-Uni. Et si on parle du rock qui n’est pas en langue anglaise, c’est assez difficile de l’exporter. Quand je demande aux allemands ce qu’ils connaissent en groupes de punk/punk rock qui chantent en français, on va trouver souvent Guerilla Poubelle et…c’est tout.
Et toi, Euka, tu connais quoi en groupe de punk/rock allemand ? :- )
Réponse de l'intéressé : Pas énormément dans ce domaine à part peut être Blackout Problems, et si je liste les groupes d'Emo / Hardcore / Screamo / ..., ce sera à côté. Pour troller : Ahab et Yacopsae.

De mémoire, vous n’avez jamais fait de coproduction, est-ce un choix ?


Si, on en a fait plusieurs d’ailleurs mais nous ne sommes pas vraiment fan de ce choix. Nous préférons justement s’engager totalement avec un groupe. Cependant, au début ce n’était pas facile financièrement ou c’était un choix du groupe de faire une co-production.
Plusieurs co-prod : QuittersThe DeadnotesRaincheck, Fake Off, Topsy Turvy’s.

On a souvent l’impression qu’un label, c’est du temps, de l’énergie. C’est quoi la routine pour toi lorsque tu gères le label ?

La routine c’est la promotion des groupes sur nos partenaires médias et nos réseaux sociaux. C’est une routine que j’aime. En dehors de cela, c’est s’occuper de notre magasin en ligne, commander de nouveaux disques pour notre distro, préparer les commandes, distribuer les disques à des distros/shops de vinyls/cds et répondre à diverses demandent.

Quels sont vos prochains projets ?

Nous préparons pour 2018 un nouvel album pour Colour Me WednesdayElm Tree Circle et Kill Her First un premier album pour South BerkeleyForgive et un groupe canadien que je ne dévoile pas encore. Je monte un nouveau projet à coté de Krod Records : Red Toad Music. C’est de la distribution digitale et promotion de groupes. C’est comme Krod Records sauf qu’on ne fait pas de sorties physiques et pour la promotion des groupes , ils ne sont pas forcément dans notre roster.

Un grand merci pour ces réponses, je te laisse le dernier mot de la fin.

Merci Metalorgie, Euka, toujours un plaisir de discuter avec toi et de travailler ensemble ! J’aimerai voir plus de webzines comme vous sur la France mais en attendant, longue vie à Metalorgie !

Euka (Mars 2018)

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