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Plebeian Grandstand Par mail, 2017

Alors que l'édition 2017 du Metalorgie Fest arrive d'ici quelques jours (12 et 13 mai 2017), nous avons pu échanger avec Simon et Ivo de Plebeian Grandstand par email afin d'en apprendre un peu plus sur leur dernier opus, leur actualité ou encore leurs groupes fétiches.

Hello les Plebeian Grandstand, nous avions échangé en 2012 pour votre split avec Cortez. Comment allez-vous depuis ce temps ?

Simon (guitare) : Bien ! Il s'est passé pas mal de choses depuis 2012, ce split avec Cortez était le dernier enregistrement avec notre ancien batteur Raphaël. Ivo a ensuite rejoint le groupe début 2013 durant le processus d'écriture de Lowgazers.

Votre son a pris une tournure plus massive, plus Blackisée et proche de l’extremisme de Celeste ou d’un Deathspell Omega. Comment s’est passée cette évolution ? Est-ce que vous allez encore nous surprendre sur la prochaine ?

Ivo (batterie) : Quand j'ai rejoint le groupe en 2013, Simon avait déjà commencé à composer Lowgazers et a programmer des blast beats. Cette orientation me convenait parfaitement donc j'ai été tout de suite très a l'aise artistiquement, j'arrivais de plusieurs groupes plutôt Noise / Hardcore / Chaos (Quartier RougePal, Stuntman) et j'avais envie de jouer des choses plus "Black" dans l'idée, de tout colorer au blast et à la double grosse caisse. J'avais beaucoup plus la culture "Metal Extreme" que l'ancien batteur Raph, donc c'était naturel. Cette évolution c'est donc simplement ce que chacun avait envie de jouer, ou si tu veux, c'était utiliser des outils différents pour atteindre les mêmes objectifs : la tension, la suffocation, la négativité. Les gens qui s'imaginent qu'on a intégré des textures Black Metal parce qu'on vient de le découvrir, sont des abrutis et ne nous connaissent pas. On écoute du Black Metal et du Hardcore chaotique depuis les années 90, et si on respecte évidement Deathspell Omega, on n'a pas eu besoin d'eux pour avoir envie de combiner ces deux types de textures.

Le rouge de False Highs, True Lows est très agressif visuellement, amène une rupture face à un Lowgazers d’apparence plus classique, même si on retrouve ce jeu de bichromie. Que signifie ce visuel ?

Ivo : Ma vision de l'art, qu'il soit sonore ou visuel, est qu'il n'a pas besoin de notice d'explication, qu'il se suffit en lui même. Ce qui compte, ce n'est pas ce que nos visuels, nos paroles, ou notre musique "signifient", c'est ce que les auditeurs y projettent, ce que ça évoque dans leur psyché et ce que ça leur procure comme émotions, un peu comme un test de Rorschach.

Quels sont les thèmes abordés au travers des paroles de False Highs, True Lows ? S’agit-il plutôt de thèmes personnels ou tout autre ?

Ivo : ce sont des thèmes personnels, plutôt abstraits, modernes et urbains, très éloignés des thématiques "Metal" de base.

Constatez-vous, du fait de l’évolution de votre musique, une évolution également de votre public ? Vous avez tourné un peu partout, de fait face à des publics et cultures différentes, j’imagine que le ressenti n’est pas le même.


Ivo : le public pour cette musique "violente mais un peu intello" est le même partout, même tronches, même look, même références. La seule différence est que dans des pays plus isolés culturellement, comme la Russie où nous avons tourné à deux reprises, les gens sont plus enthousiastes, moins blasés quand ils sortent en concert, et donc ils gueulent d'avantage, des pogos, des trucs comme ça. En Inde c'était très différent, ils avaient une attitude très fraîche, très positive et spontanée, zéro poseurs. Ce qui change beaucoup la donne de manière générale, c'est de tourner loin de chez toi. Le facteur "exotique" modifie beaucoup le regard des gens et leur motivation, surtout pour un groupe français : en France dans cette scène Metal / Hardcore pas traditionnelle, le sport national c'est de sucer la bite des groupes américains même quand ils sont objectivement fades et surfaits, alors que des groupes français avec une vraie personnalité artistique et un super niveau comme Comity, Pord ou Hangman's Chair restent relativement peu connus et sous-appréciés, à mon humble avis. A l'étranger, le ricain, c'est toi.

Est-ce que vos écoutes personnelles ont évolué en fonction de votre son ?

Ivo : C'est plutôt le contraire, mais encore une fois, notre son a surtout évolué en fonction de la composition du groupe et de nos envies, plus que d'influences actuelles.

Avez-vous des projets en parallèle de Plebeian Grandstand ? Est-ce que le son s’y est également radicalisé ?

Ivo : Pour ce qui est de projets en activité actuellement, Simon joue dans Orme (Math Folk), Adrien dans Noir Coeur (Electro Pop) et Olivier dans Vermine (one man band Black Metal). Moi j'essaye d'étrangler des types, ça c'est plutôt radical oui.

Dans une interview pour Cult Nation, vous indiquiez qu’Olivier et Ivo étaient plus fans de Black Metal que le reste du groupe, ce qui a pu influencer le rendu global. Quels sont vos groupes incontournables de Black Metal ?

Ivo : Plutôt des albums que des groupes entiers : De Mysteriis Dom Sathanas de MayhemFilosofem de Burzum (je parle de musique, pas d'idées hein, peace and love tout ça), Panzer Division de Marduk (pareil, c'est pas de ma faute s'ils font de la provoc, enfin je pars du principe que c'en est, l'album défonce indépendamment de l'imagerie), Mort de Blut Aus NordVobiscum Satanas de Dark FuneralWW de GehennaLight Of A Dead Star de NehëmahBattles In The North d'Immortal. Enorme fan de The Inexorable d'Angel Corpse aussi, même si c'est pas totalement considéré comme du Black Metal, ça en a la négativité et la violence pour moi. J'adore aussi quelques trucs très créatifs et expérimentaux comme Spektr ou Jute Gyte.

En dehors de la musique, est-ce que vous êtes aussi adeptes d'œuvres extrêmes ? Que ce soit en cinéma ou littérature ?

Ivo : oui, même si "extrême" est un mot qui peut avoir de nombreuses significations. Un auteur comme Charles Bukowski, dont je suis très grand fan, te parle de ses courses de chevaux et de ses cuites sur des milliers de pages. C'est « extrême » pour moi. Je suis attiré par l'extrême, mais quand il est exprimé avec des outils d'adulte. Seul Contre Tous de Gaspar Noé, Victoria de Sebastian Schipper, The Act Of Killing de Joshua Oppenheimer, oui. Les films d'horreur, les zombies, le sang, non, rien à battre.

Simon : en littérature oui, j'aime l'extrême, en particulier Georges Bataille et Anthony Burgess. En cinéma je ne suis pas pointu mais je seconde Ivo sur Gaspar Noé

Avec le recul, comment percevez-vous vos premières sorties ?

Simon : Je les perçois comme un marqueur de ce qu'était notre son à l'époque, ce que l'on a eu envie de faire tout les quatre en démarrant ce groupe.

N’avez-vous jamais eu envie de composer une seule pièce plus massive ? Un peu à la manière de Dirge sur Wings Of Lead Over Dormant Seas ?

Ivo : Je ne connais pas cet album. Si par massif tu entends "qui dure une plombe", bof. J'ai envie que les gens se concentrent sur notre musique, qu'ils soient attentifs à 100%, qu'ils aillent chercher les moindres détails. C'est difficile d'être attentif sur un morceau d'une heure, mais c'est culturel, ce sont des héritages des formats "radio" ou "pop song", donc je sais pas, je suis ouvert à tout format et à toute texture. Ça dépend de si pour toi la "pièce" est le morceau ou l'album. Le principal avantage que je vois au découpage en morceaux "courts" (moins de 8 min) est la capacité physique à restituer la musique avec intensité sur scène. Jouer live deux heures de drone, facile, mais une ou deux heures de blast beat rapide sans interruption ? Pas pareil.

Qu'est-ce qui tourne en ce moment sur vos platines ?


Ivo : Dälek, Neurosis, Enablers, Knut, BiohazardDesolated, Earl Sweatshirt, Hangman's Chair.

Simon : Dawn Of Midi, DodecahedronHaunter, King DudeChristian Scott, Ulcerate, Foudre!, Enablers également.

Quels sont vos prochains projets ? Avez-vous envie d’aller plus loin musicalement ?

Ivo : Plus loin, oui, donc justement, on va prendre beaucoup d'élan avant de sauter...

Un grand merci à vous !

Euka (Mai 2017)

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