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Dylan Baldi (Cloud Nothings) Hôtel Arvor, Paris, 24 novembre 2016

Alors que Cloud Nothings s'apprête à sortir son quatrième album, Life Without Sound, nous avons pu rencontrer son fondateur, leader et compositeur, Dylan Baldi dans un hôtel parisien. Entre une employée qui rangeait bruyamment des couverts et une couple d'Allemands qui parlaient super fort à la réception, nous avons quand même réussi à en apprendre un peu plus sur ce nouvel opus.


Votre nouvel album s'appelle Life Without Sound, cela impliquerait une vie sans musique. Est-ce que ce serait quelque chose d'envisageable pour toi ?


Oui, mais ce serait une vie ennuyeuse. Je joue de la musique tout le temps, partout où je vais, donc ce serait difficile pour moi.

C'est toi qui a composé seul l'intégralité de l'album ?

En quelque sorte oui, j'avais préparé des démos acoustiques de toutes les chansons, seulement basse et guitare. Ensuite, on s'est retrouvé tous les quatre et on a beaucoup bossé ces morceaux et on n'a pas arrêté d'y apporter des modifications par rapport à leur version d'origine, mais on les reconnaît quand même. Donc oui, j'ai eu les idées de base mais on s'est occupé des arrangements tous ensemble.


Pourquoi avoir choisi Modern Act comme premier extrait de l'album ?

C'est un choix du label, je voulais comme premier single que ce soit la première piste de l'album, Up To The Surface ! Mais bon j'ai pas insisté et on a dit ok pour Modern Act.

C'est la chanson la plus entraînante de l'album il faut dire...

Oui, c'est sûrement son coté catchy, rapide, qui leur a plu !

Il se dégage de ce nouvel album une impression de mélancolie, je n'ai pas retrouvé la légèreté que l'on pouvait entendre sur vos précédents albums.

C'est marrant tiens, tout le monde me dit pourtant le contraire, que c'est l'album le plus joyeux qu'on ait fait.

Ah, il va falloir que je l'écoute mieux...

Il n'y a pas de souci. En tout cas oui, cet album est vraiment différent de ce qu'on avait déjà fait, et c'était vraiment notre objectif. Ce serait vraiment chiant de faire deux fois le même disque, et en plus, si on faisait ça, les gens pourraient ne se contenter que du premier album. C'est donc mieux pour tout le monde que les choses soient différentes (rires).

Tu n'as recours à quasiment aucun effet sur ta voix sur ce disque ?

Oui, j'ai voulu faire simple. En live j'en utilise très peu également, je gueule surtout (rires). Là je voulais un résultat vraiment mélodieux pour le chant.

En parlant de ça justement, on ne t'entend pas beaucoup crier sur l'album.

Non, c'est vrai ! J'ai essayé, un peu, mais ça ne collait pas avec ces chansons là.

En fait, tu grandis et deviens un peu plus sage ?

Il y a un peu de ça oui ! Je ne me vois pas continuer de brailler toute ma vie (rires). Là c'est vraiment le coté mélodique des chansons qui nécessitait du coup un chant mélodieux.

La seule chanson sur laquelle tu cries est Darkened Rings, qui se trouve au milieu de l'album, vous l'avez placé là pour créer un climax ?

En quelque sorte oui. On a construit l'album de façon à ce qu'il coule de source, que l'on sente la logique dans l'enchaînement des chansons. J'aime avoir l'impression que l'album ne forme qu'une très longue chanson (rires). La construction interne d'une chanson est quelque chose d'important, la construction d'un album l'est tout autant ! La première chanson commence calmement, au piano, ensuite ça monte, puis ça explose sur Darkened Rings et l'album se termine de façon plus douce. C'est la première fois qu'on écrit une véritable conclusion pour un album, j'aime beaucoup le résultat.


C'est vrai que la fin de Realize My Fate est scotchante. Vous l'avez enregistrée en prise live pour obtenir un tel résultat ?


En fait toute la base de l'album a été enregistré en condition live, puis on a retravaillé par endroit les guitares, en changeant la tonalité, en ajoutant des petits trucs. Par contre la batterie, on n'y a pas du tout touché, elle était assez bien comme ça (rires).

Il y a plusieurs passages de guitare assez intenses sur l'album, les solos de Up To The Surface ou Enter Entirely, le pont de Things Are Right with You, et donc la fin de l'album dont on vient de parler.

Oui, j'aime beaucoup ce genre de structure, qui démarre tout doucement pour monter en intensité et finir par exploser. J'essaie de le faire sur toutes les chansons, à vrai dire. Donc oui, ces passages, il faut que ce soit un gros bordel, je m'assieds avec ma guitare et je bosse pendant des heures, en essayant de trouver une bonne idée et une fois que je l'ai trouvée, construire et développer autour d'elle jusqu'à atteindre le niveau d'intensité souhaitée.

On a l'impression d'entendre une multitude de pistes de guitares par moment, c'est facile ensuite de vous diviser la tâche pour le live ?

Il n'y a généralement que deux pistes de guitare, donc c'est assez simple à se partager. Mais oui sur cet album il y a deux ou trois chansons pour lesquelles on aura plus de mal (rires).

Il y a une chanson qui s'appelle Strange Year, de quelle année s'agit-il ?

(Rires) C'est 2015 ! J'ai vécu seul cette année là, dans le Massachusetts, en pleine forêt, au milieu de nulle part ! J'avais déménagé là avec ma copine, mais elle joue également dans un groupe et elle a été en tournée quasiment toute l'année. Donc j'étais seul, dans un endroit où je ne connaissais personne, c'était très bizarre comme expérience. J'ai passé la plupart de mon temps à bosser sur l'album. Je l'ai composé en majeure partie là-bas et je l'ai terminé après être revenu à Cleveland.

Donc les chansons tristes sont celles que tu as écrites quand tu étais exilé au Massachusetts ?

Oui ! (rires) Quand j'étais seul et abandonné... (rires)

Tu joues sur une guitare RD Artist sur le clip de Modern Act, est-ce que tu es "endorsé" par Gibson ?

Oh non, personne dans le groupe ne l'est. Je joue tout le temps sur de nouvelles guitares, je suis du genre collectionneur en plus. Celle-là, je ne l'ai pas utilisée sur l'album, je ne l'ai achetée qu'en juillet dernier à Chicago.

Du coup, tu as utilisé quelles guitares pour enregistrer l'album ?

Ils avaient tout un stock de vieilles guitares au studio donc j'ai pu me faire plaisir ! J'ai utilisé une vieille SG et je me souviens surtout d'une guitare signature Stevie Ray Vaughan qui sonnait un truc de malade !

D'après votre clip Modern Act, votre vision du paradis, c'est une plage ensoleillée ?

Cette vidéo est très intéressante. On a très rapidement eu cette idée. Quand le réalisateur est arrivé à Cleveland pour le tournage, on lui en a parlé et il a été tout de suite emballé. Et cette plage, c'est vraiment ce qu'on pouvait trouver de plus paradisiaque à Cleveland (rires).

Qui a eu l'idée de l'histoire de la vidéo Modern Act  ?

C'est un travail collectif. Le réalisateur Michael J.S. Murphy est un pote, il habite à Los Angeles, il est venu à Cleveland exprès, et son idée de base était de mettre en scène des personnes âgées sur le porche d'une maison. Quand il est arrivé, on lui a dit "et si tout le monde mourrait ?" Et hop (rires).

La vidéo débute directement par l'enterrement de Jayson, version agée.

Ah oui, il ne voulait pas jouer dans le clip ! (rires) Il nous a dit "plutôt mourir que d'être dans le clip", dont acte !

Comment avez vous choisi ensuite l'ordre dans lequel vous mourrez ?

C'est le réalisateur qui a fait son choix. Les scènes n'ont pas du tout été tournées dans le même ordre que ce qu'on voit dans la vidéo, on a d'abord filmé la mort de Chris, puis la mienne et enfin celle de TJ.

Ça parait plus logique que ce soit toi qui meurs en dernier.

Je trouve aussi, ça rend bien quand j'arrive et commence à chanter.

Vous vous êtes entraîné avant le tournage ? Parce que je trouve ta manière de mourir bien plus convaincante que celle de Marion Cotillard dans Dark Knight Rises !

(Rires) Merci, ça fait plaisir ! Mais crois-le ou non, je n'ai jamais pris de cours, je dois être doué, naturellement (rires).

à l'époque, Cloud Nothings était un trio.

Je vous ai découverts sur scène à Rock en Seine en 2014. C'était en plein mois d'août, il faisait super chaud et je me souviens que tu portais une veste, ça me paraissait dingue...

Ah ? Je ne me souviens pas de ce que je portais ce jour-là mais oui, ça m'arrive très souvent d'oublier d'enlever mon pull ou ma veste avant de monter sur scène et une fois le concert commencé, je me rends compte que je ne suis pas à l'aise. Mais dès qu'on est lancé, je ne veux pas interrompre le concert pour si peu, donc je continue de jouer et tant pis si j'ai trop chaud (rires).

Ce jour-là j'ai été très impressionné par la performance de Jayson à la batterie.

Il est très bon, oui.

Il avait pris quelque chose avant de jouer ?

(Rires) Non, non, c'est simplement sa façon de jouer. C'est un ouf !

Vous allez jouer à Petit Bain en mars prochain, est-ce qu'on t'a prévenu que c'était un bateau ? Tu n'as pas le mal de mer au moins ?

Ah c'est cool ça ! Et non, ça va, je ne souffre pas de ce problème...

Pour finir, tu es originaire de l'Ohio, un des "swing states", quel est ton sentiment à propos des élections qui arrivent ?

Précisément je viens de Cleveland, qui est une ville très libérale, donc je suis d'accord avec Cleveland ! (rires) Pour le reste (il fait la grimace), je ne suis pas d'accord. Et pour ces élections, difficile à dire, on verra bien ce qui se passera...

Grum (Janvier 2017)

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