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Aurélien Renoncourt (Ekpyrosis) le Cirque Électrique, Paris, le 17 décembre 2016

Quelques minutes avant qu'il endosse son rôle de batteur au sein de Red Mourning, nous avons pu nous entretenir avec Aurélien Renoncourt (batterie/chant) afin qu'il nous parle de son autre groupe, son bébé : Ekpyrosis. Avec un premier album - The Taste Of Shadow - fraîchement sorti, il avait effectivement plein de choses à nous raconter dessus.

Comment s'est passée la résidence à la Batterie de Guyancourt ?


Très bien ! On a fait ça sur deux jours, on a testé de petits décors de scène, la disposition sur scène, le jeu de de scène et tout un tas de détails techniques. On a aussi vu comment ça rendait de jouer sans baffles sur scène, les deux gratteux et le bassiste sont en Axe-fx, c'est-à-dire directement branchés à la sono et donc tout passe par les retours. Et j'ai pu essayer de jouer en "ear monitor", c'est quand tu joues au casque ou aux écouteurs, sans retours classiques, c'était assez spécial ! Surtout que ça sert en même temps de protection auditive et du coup, tu n'entends tout bien. C'est vraiment différent !

Après l’exercice de l’EP, comment avez-vous abordé la phase de préparation et de composition de l’album ?

Pour l'EP, on n'avait enregistré que les batteries chez Francois de Pitbulls in the Nursery, au Dark Wizard Studio, et on avait fait tout le reste nous-mêmes, le chant, la basse, les guitares, le mix, le mastering. Pour l'album, on a tout fait chez François. Niveau compo, on avait posé les bases avec l'EP et on a essayé d'aller plus loin avec l'album, au niveau du chant clair qui est plus travaillé notamment, au niveau des arrangements aussi. L'objectif était vraiment de réussir à franchir un pallier, musicalement. Ce fut intense et éprouvant, mais je trouve qu'on arrive à un résultat bien plus abouti que l'EP, plus complexe aussi mais qui demande du coup plus d'écoutes pour bien rentrer dedans.

Justement, avec ce coté complexe et sinueux, est-ce que l'écriture des chansons a suivi le même chemin ?

L'EP avait été composé de manière collégiale, le guitariste amenait ses riffs et on voyait ça tous ensemble. Pour l'album, ce sont mes compos qu'on a ensuite réarrangées ensemble. J'arrivais avec un morceau quasi fini que je présentais au groupe et on en discutait ensemble. Même chose pour l'écriture des paroles, et ensuite on affinait en fonction des remarques de chacun. Dans le lot, il y a des compos qui ont près de 10 ans, même certaines que j'avais déjà bossées avec mes groupes précédents, et des compos très récentes aussi. Malgré ça, il y a une homogénéité dans le tout, grâce à la guitare lead, au chant gueulé de JC de Red Mourning, aux lignes de basse à la Tesseract. On s'y retrouve malgré l'écart entre la composition des chansons (rires). Après on a vraiment poussé dans nos limites pour obtenir un résultat dont on est fiers, ça a été difficile, il y a eu quelques engueulades "mais non je t'avais pas dit de faire un bend là, il fallait faire une harmonique !" (rires).

C’est souvent le batteur qui enregistre ses parties en premier. J'imagine que ça a été le cas pour toi ?

Tout à fait ! Par contre, ce que j'aime bien faire, même avec Red Mourning, c'est d'enregistrer avec le gratteux en live, pour conserver ce petit coté organique. J'ai pas un jeu ultra-clinique de death-metalleux à jouer sur le clic et que ça bouge pas. Au contraire j'aime quand des fois ça tire un peu vers l'arrière, je trouve ça intéressant et jouer avec quelqu'un en face, c'est cool. Après la batterie on a enregistré la basse, puis les guitares et on a fini, plus tard, avec JC et moi pour le chant. Le chant clair que j'ai fait tout seul et JC qui a fait tout le chant gueulé sur l'album.

Est-ce que tu utilises le même set pour Ekpyrosis qu’avec Red Mourning ?

J'utilise un set plus dépouillé pour Ekpyrosis, car il y a un coté un peu plus rythmique et "corps" entre les grattes et la batterie, vu que je compose beaucoup de passages où tous les instruments sont calés ensemble. Dans Red Mourning, il y a un coté plus Rock'n'Roll, il y a plus de sonorités sympas à avoir, au niveau des cymbales surtout. Donc c'est de ce côté-là que c'est moins fourni avec Ekpyrosis, pour rester efficace et ne pas me disperser

D’après les deux “studio report” (ici et ), l’ambiance avait l’air détendue. Mais, enregistrer un album en tongs, est-ce que c’est vraiment Metal ?

(Rires) Alors oui mais non, je ne cautionne pas du tout les tongs de mon guitariste ! Mais oui, il y est allé à la cool et enregistrer avec François, qu'on commence à bien connaître, ça a aidé. On vient du même département, on a souvent vu Pitbulls In The Nursery en concert, à Rambouillet notamment. C'était comme à la maison. Bon, il y a eu quand même quelques moments de tension, où ça n'a pas été évident, mais globalement on a essayé de ne pas se prendre la tête.

Sur l'EP, c'est toi qui assurait déjà le chant ?

Le chant clair, oui. Pour le chant gueulé on avait un chanteur dont on s'est séparé peu de temps avant d'entrer en studio. On s'est demandé si on devait enregistrer de suite l'album ou si on devait attendre d'avoir trouvé un remplaçant. J'avais envie qu'on fasse l'album de suite, pour continuer dans la lancée. L'intégration d'un chanteur pour notre groupe, c'est pas évident, c'est pas un chant Hardcore classique, et surtout je savais qu'avec JC ça allait le faire : on se connaît bien, je pouvais lui demander ce que je voulais, c'était ma marionnette ! (rires) Depuis, on a trouvé un nouveau chanteur avec lequel on a fait notre résidence et le concert de la release Party au Dr Feelgood en novembre. Ça se passe très bien, ça colle parfaitement, il s'est bien intégré, il a une voix hardcore un peu différente de celle de JC, mais il a le même coté agressif et ça se marie très bien avec ce qu'on fait, ce coté moderne et léché.

En live, c'est pas trop dur d'assurer chant et batterie ?

Alors (rires). Ça peut être dur, à s'entendre surtout. Mais avec Red Mourning, j'assure les choeurs et donc ça m'a bien permis de m'entraîner à chanter et jouer en même temps. Après c'est comme chanter et jouer de la guitare et, de toute façon, la batterie consiste à se désynchroniser, donc le chant n'est qu'un élément de plus à désynchroniser.

C'est tellement simple dit comme ça !

(rires) Le plus compliqué en fait c'est la justesse, comme je me prends beaucoup de son dans la tronche avec la batterie et les retours, car il faut quand même que j'entende les guitares. Donc parfois, c'est chaud de réussir à bien entendre la hauteur de la note.

La chanson Ekpytechts, avec ses éléments électro en intro, attire bien l'oreille et fait un peu penser à Between the Buried and Me.

Cette chanson est en fait un hommage à Architects, d'où son nom en clin d'oeil. Mais Between the Buried and Me est un groupe qu'on adore tous et c'est une influence totalement assumée.

La partie planante au milieu de Stuck In Mind est très réussie. Son enregistrement, notamment le solo, n’a pas été trop compliquée ?

Oui, ce n'est pas le passage le plus Metal de l'album, ce n'est pas le moment où il fallait taper le plus fort et être le plus droit possible ! Au contraire la rythmique basse/batterie est très groove dessus. Il fallait aussi que tout cela s'insère dans une chanson Metal ! C'est le genre de partie qui est le plus compliqué à enregistrer, trouver l'équilibre entre le groove et le Metal, car on ne peut pas tomber dans le funk. Même pour le bassiste ça a été compliqué. Pour le solo de guitare bizarrement c'est passé nickel en deux secondes alors que c'est un truc sur lequel on avait beaucoup bossé et qu'on pensait mettre 3 plombes à l'enregistrer. Et à coté de ça, tu peux bloquer 1 heure sur un riff super simple (rires). Il fallait rendre ce passage pas chiant, qu'il ait une dynamique.

Show Is Over en ouverture de l’album est très impressionnant avec son riff à la Meshuggah ?

Oui, on y retrouve le coté martelant de leur musique.

Les petits solos en intro dessus sont surprenants et captent de suite l'attention, on dirait qu'ils sont joués backward, ou mixés à l'envers, si tu vois ce que je veux dire.

(rires) Ah, ce n'est pas le cas. C'est vrai que la façon dont il le joue, avec de slides partout, donne un résultat très particulier. On voulait que cette intro sonne de façon inattendue et bizarre. Il y a un riff qui bétonne et une petite mélodie qui arrive par dessus. Après au niveau du traitement de sa guitare, on n'a pas mis de reverse, pas à ma connaissance, mais ils l'ont peut-être fait dans mon dos (rires).

Sur l’album, la basse est bien mise en valeur. Est-ce que c’est difficile d’obtenir le même résultat en live ?

Non, justement avec les Axe-fx qu'on utilise maintenant, tu peux vraiment sculpter ton son et tout est audible. Quand le guitariste lead doit faire son solo, on l'entend parfaitement, quand c'est un gros riff avec un mur de son aussi, et dans le passage calme de Stuck in Mind, les guitares sont bien en retrait par rapport à la basse/batterie. On essaie vraiment de reproduire ça sur scène et justement on n'a pas mis un milliard de couches de guitares afin que l'on puisse facilement reproduire sur scène ce que l'on entend sur l'album.

Comment avez-vous abordé le réarrangement de Flowing Sand pour cette version acoustique qui clôt l'album ?

C'est arrivé complètement par hasard en fait ! J'avais un riff de guitare acoustique que j'aimais bien et que je voulais exploiter, pas forcément avec Ekpyrosis à la base. Du coup j'avais les paroles de cette chanson qui étaient déjà écrites, j'ai fait mon test avec ces paroles là que j'avais sous la main et ça collait plutôt bien. À la base, on ne devait pas l'inclure sur l'album, c'était un trip en solo quoi, mais les autres ont trouvé ça cool et ça faisait une bonne chanson pour finir l'album, pour retourner à la vie normale en quelque sorte.

Nous sommes fin 2016, tes albums préférés pour l’année écoulée ?

J'ai bien aimé l'album de Vola, j'ai été déçu par le dernier The Dillinger Escape Plan, même chose avec le dernier Destrage, qu'il faudra que je réécoute, et pour le dernier Meshuggah, je suis toujours en phase d'apprentissage dessus, j'ai pas encore mes cent écoutes de l'album avant de pouvoir l'apprécier au maximum. Sinon il y a le dernier Korn qui est vraiment bien et le dernier Devin Townsend que je commence à bien apprécier, et il y a aussi le dernier Candiria qui est très cool et en plus ils jouent au Hellfest ! Le dernier Opeth est sympa, le dernier Periphery aussi, et pour finir je recommande le dernier Watchtower.

Qu’est ce qui est prévu en 2017 pour Ekpyrosis ?

On a déjà deux dates de prévues, une à la Batterie de Clignancourt, comme on a fait notre résidence là-bas, ils n'ont pas encore annoncé la tête d'affiche ni la date exacte mais ça ne saurait tarder. Et on jouera à l'Asylum Metal Fest le 1er avril 2017 à Limours avec Benighted et Pitbulls in the Nursery et Kronos. L'album étant sorti en décembre, on est encore à la recherche de dates. 

Et avec Red Mourning, avec qui tu joues ce soir ?

On va rentrer en studio en janvier chez Francis Caste, jusqu'en février. Et après il va falloir mettre en place toute la promo de l'album. On ne va peut-être pas le sortir sur le même label, donc il y a plein de choses à voir. Les nouvelles compos ont du potentiel, on a renforcé le côté gospel, le chant à plusieurs, on a rajouté des parties d'orgues, pas mal de petites nouveautés en plus. On espère sortir un bon album, on va tout faire pour !

Grum (Janvier 2017)


Le premier album d'Ekpyrosis, The Taste of Shadow, est en écoute intégrale sur Youtube.

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