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Obituary Gohelle Fest

Gohelle Fest, espace presse, quatre mecs arrivent en toute décontraction et se présentent aux reporters. Les mecs d’Obituary sont comme ça, ils se disent d’ailleurs être des « easy guys ». Pas besoin de leur dire ou demander quoi que soit, après avoir salué tout le monde, ils se répartissent le boulot, pour moi, ce sera interview en tête à tête avec Donald Tardy (batterie), c’est lui qui m’a choisi … Au menu de cet entretien : le dernier album, Inked In Blood, la vie en tournée, le passé, ses goûts musicaux, l’avenir et Chuck Schuldiner !

Donald, merci d’accorder cette interview pour Metalorgie. Vous voilà de retour en France pour le Gohelle Fest, en tête d’affiche ce vendredi, avec votre expérience j’imagine que c’est devenu presque une routine de monter sur scène et de voir un public totalement en folie ?

Oui c'est vrai, on a la chance de faire vivre ce groupe depuis bientôt trente ans, et venir en France en tant que tête d'affiche pour ce festival est vraiment un honneur et on est vraiment impatients de jouer ce soir.

J’ai écouté Inked In Blood des dizaines de fois et j’ai l’impression que vous avez réalisé un album à mi-chemin entre le vieux Obituary et le son plus moderne qu’on obtient aujourd'hui avec les nouvelles technologies, je me trompe ?

Eh bien crois-moi ou non mais c'était plutôt un retour en arrière en termes d'enregistrement sur cet album, c’est assez proche de ce que l'on faisait dans les années 90. On n'a utilisé rien de plus que des micros finalement donc c'était un peu old school, mais on est très satisfaits de ce nouvel album et on pense que les fans aussi apprécient Inked In Blood.

Toujours concernant Inked In Blood, pourquoi avoir fait appel aux fans et financement participatif ? Obituary voulait-il se rapprocher de son public avec cette démarche ou c’est la force des choses qui vous y a amenée ?

On est un groupe qui n'a pas peur de tenter de nouvelles choses, et on a trouvé que le crowdfunding était une bonne opportunité pour les fans de soutenir le groupe, d'assister en quelque sorte au processus d'écriture et d'enregistrement d'un album. D'être proche de nous en sommes. Et de leur côté, ils ont eu accès à du merch, des stickers et d'autres choses assez cool via Kickstarter. C'était une idée comme ça, je ne sais pas si d'autres groupes de Death Metal avant Obituary avaient réussi des opérations de financement participatif, mais on a apprécié la démarche. C'était différent, et je ne sais pas encore si on le renouvellera ou non.

Le groupe a aujourd'hui un peu plus de trente ans d’existence. Sincèrement, quand vous avez commencé l’aventure, vous pensiez avoir une telle longévité ?

Au début on était simplement ravis d'enregistrer un album, Trevor et moi on était de très bons amis d'enfance et on était passionnés de Metal donc on a commencé par jouer ensemble, simplement pour le plaisir de nos potes. On voulait juste sortir un album, on ne pensait pas à un deuxième ou même à durer plus de dix ans. On a simplement eu de la chance de continuer si longtemps et c'est parce que nous sommes de très bons amis à la base, je pense que c'est essentiel pour la longévité d'un groupe.

La question suivante s’impose d’elle-même, en trois décennies de carrière, vous avez eu des hauts et des bas, quel bilan dresses-tu de celle-ci ?

Encore une fois, c'est excellent de jouer, de composer, se sont des moments très excitants, mais une carrière n'est pas toujours idyllique. Tu joues sur scène pendant une heure mais le reste du temps tu vis loin de chez toi, entre les hôtels, les aéroports, les tours bus, etc... ce n'est pas un style de vie idéal. il n’y a pas d’école pour apprendre à gérer ces moments, mais on est potes et on prend les bons comme les mauvais côtés, je pense qu'au bout de trente ans on a réalisé qu'il fallait faire avec et en retenir le meilleur. Nous essayons de toujours être positifs et de garder le sourire, c’est le plus important.

On imagine toujours que les musiciens de Metal Extreme n’écoutent que du Metal, quels sont goûts musicaux ? Tu écoutes quoi en ce moment ?

J'écoute pas mal de choses, je reviens souvent vers de vieux albums : j'adore Ronnie James Dio, Black Sabbath, les vieux Slayer. Mais j'aime aussi les groupes actuels qui vont laisser leur marque, ou certaines formations qui techniquement sont vraiment impressionnantes, je pense à Psycroptic notamment, je ne sais pas comment ils font pour jouer comme ça, ils ont une technique incroyable. Mais je reviens tout le temps vers mes racines, qu'elles soient Metal ou non comme Lynyrd SkynyrdCharlie DanielsStevie Ray VaughanWillie Nelson. Je suis du Sud, et j'ai grandi avec du Rock qui vient de là bas donc je réécoute tout le temps ces albums.

Connais-tu cette compilation ? Il s’agit de Masters Of Brutality, elle est parue, 1992, c’est grâce à elle que j’ai découvert Obituary en 1996. Comme tu peux le voir il y a du beau monde dessus : Cannibal Corpse, Death, Carcass, Napalm Death, Morbid Angel … La plupart de ces groupes sont toujours en activités et sont des légendes aujourd’hui. Tu pensais que vous que vous auriez un tel impact sur la musique extrême à cette époque ?

Wow, c’est vraiment vieux, c’est presque une relique ! C’est sympa de voir ça. Tu sais, on n'y a jamais vraiment pensé, on n'était que des jeunes passionnés et on ne savait pas ce que voulait dire Death Metal. On ne savait pas ce que c'était le Thrash, le Speed, le Black...tout ça pour nous c'était juste du Metal. On ne cherchait pas à faire quelque chose de différent, on cherchait à incarner Obituary, simplement. On ne réfléchissait pas trop, on savait ce qu'on aimait jouer et ce que nos fans appréciaient, donc je n'aurais jamais imaginé que trente ans plus tard on serait encore là et avec autant de succès. Quelque part je dois t’avouer que c’est incroyable, nous sommes fiers de ce que nous avons accompli.

Qui seraient les « Masters of Brutality » de la nouvelle génération ?

Wow, pas facile cette question, c’est difficile à dire. Tu sais, à l’époque nous étions au début d’une ère, en Angleterre il y avait Napalm Death et Carcass qui avaient un style bien particulier et totalement différent de ce que nous nous faisions au Etats-Unis. Sans oublier la Scandinavie qui avait un son et un style encore à part. Nous avons tous évolué, nous-nous sommes croisés sur les routes, avons échangé et nous avons créé un mouvement. Tout cela a pris du temps et je t’avoue qu’on est restés dans notre trip sans réellement voir si ce mouvement évoluait avec l’arrivée de nouveaux groupes. Mais si je devais en citer un, je dirai Lamb Of God. A mon sens, ils sont l’un des meilleurs groupes actuellement, ils se bonifient au fil des albums, ils sont vraiment incroyables. Sinon je t’avoue sincèrement que je ne peux pas te dire qui sont les « Masters of Brutality » de notre époque, on verra avec le recul.

Donald, tu as connu Chuck Schuldiner il me semble ? Peux-tu nous parler de lui ? Pour les fans, il est une légende, le créateur du Death Metal, mais qui était-il vraiment ?

Chuck était une personne formidable et vraiment gentille. C’était un musicien complet, une sorte de visionnaire, il avait une culture incroyable, il avait tout pour être l’une des plus grandes stars du Metal. C’était un mec intelligent, il adorait les animaux, surtout les chats ! J’ai le souvenir d’un homme positif et très créatif, c’était un guitariste très talentueux qui a laissé une trace indélébile dans les mémoires des fans de Metal. Les albums qu’il a composés avec Death sont d’une puissance phénoménale, c’est une légende ! Il est l’un des créateurs et parrains du Death Metal.

Tournons nous vers l’avenir si tu le veux bien, quels sont vos projets pour les mois et l’année à venir ?

On a été pas mal occupés à promouvoir Inked In Blood, là on a une tournée européenne de prévue avec Carcass, Napalm Death et Voivod (le Deathcrusher Tour) ainsi qu'une tournée sur les Etats-Unis et le Canada début 2016. On va également bientôt repartir en studio, on avait attendu cinq ans avant d'enregistrer Inked In Blood mais cette fois-ci ce ne sera pas aussi long et on espère avoir de nouveaux titres pour 2016.

Il est temps se quitter, encore merci pour le temps accordé à notre webzine, as-tu un dernier mot pour nos lecteurs ?

Ca fait trente ans que le groupe existe et je souhaiterais remercier à la fois les jeunes fans qui nous découvrent à l'heure actuelle mais aussi ceux qui nous suivent depuis les débuts. Nous reviendrons en France et en Europe pour porter les couleurs du Death Metal, nous faisons partie des fondateurs du genre et nous pensons que les fans ont envie de nous voir sur scène donc nous allons continuer à partager notre musique avec eux.

Shades of God (Octobre 2016)

Remerciements : L’équipe du Gohelle Fest, Elodie de Dooweet Agency et Lorène de Garmonbozia INC.

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