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This Gift Is A Curse Par Email

A l'occasion de la tournée de This Gift Is A Curse sur le territoire français, nous avons pu poser plusieurs questions au groupe par email, et c'est Jonas A. Holmberg (chant) qui prend le temps de nous répondre. On y parle de musique, de littérature et de leurs projets.
Version anglaise plus bas / English version below

Bonjour This Gift is A Curse. Nous vous suivons depuis votre opus I, Gvilt Bearer, qui a eu un impact fort sur la scène musicale. Comment allez-vous ?

This Gift is a Curse version 2016, c'est du bon, du lourd. On a un deuxième guitariste depuis quelques mois, on a écrit de nouvelles compos tous ensemble et ces chansons semblent être encore plus massives et brutales qu'avant. C'est toujours This Gift… mais avec des trucs en plus et je suis vraiment impatient de voir ou ça va nous mener. De plus, on prévoit déjà d'enregistrer des nouveautés l'année prochaine. A propos de I Gvilt, Bearer, je pense qu'on n'a pas assez de recul pour voir l'impact que l'album a eu, ou va encore peut être avoir. On a plutôt tendance à rester dans notre bulle et ne pas penser à ce qui se passe en dehors après une sortie. Tout ce que je sais, ce qu'on n'était pas ravi du son de notre premier EP, donc quand on a commencé l'enregistrement de I Gvilt Bearer, on a dit à notre producteur qu'on voulait mettre tous les boutons à 11 ! On a vraiment poussé notre équipement à fond, on a cramé des lampes et nos guitares couinaient comme si elles allaient crever. On s'est vraiment déchiré à mort en y mettant toute notre haine, et c'est pareil quand il a fallu écrire les paroles. Après qu'on ait sorti l'EP, des critiques nous ont qualifié de groupe de post-metal et ça nous a pas vraiment plut. On s'est dit "Putain, allez, on va envoyer un truc punk, rapide et vicieux ! … Et c'est comme ça qu'est né l'album. Pas mal de gens qui l'ont entendu on dit qu'ils aimaient l'atmosphère générale et la qualité de production, du coup on est vraiment ravis que ce soit notre premier album.

Vous me rappelez le côté sombre de Celeste, un groupe français qui a un son massif, comme vous. Est-ce que vous connaissez ce groupe ?

En fait on a déjà partagé l'affiche sur quelques dates suédoises en 2010 et on en a revu une partie d'entre eux à Lyon pendant notre tournée avec Hexis, quelques années plus tard. Ils connaissent Filip de Hexis (Leur plus grand fan !?) et quelques uns d'entre eux sont venus nous dire bonjour et sont sortis avec nous après. J'aime beaucoup l'album Morte(s) née(s). Il est vraiment excellent, et c'est un grand groupe qui est important pour moi.

Il y a une sensation religieuse ou mystique dans certains titres, comme à la fin du clip de « Swinelord » ou « Rites ». Est-ce que c’est quelque chose d’essentiel dans votre musique ou juste une manière de composer ?

Pour moi qui au minimum écrit les paroles et agence les aspects visuels, All Hail the Swinelord a été écrit comme une sorte de guide rituel sur comment se tuer, ou plutôt tuer le « Moi ». L’objectif était de passer outre tous les bagages psychologiques qui m’ont définis jusqu’à maintenant. Je voulais renaître libre de mes propres limites et cadres déterminés. J’étais très déprimé à cette période et était sur cet aspect, disons « voyage », en mesure de comprendre ma position et ce qui définissait ma propre réalité. Je suis sûr que cela sonne comme abstrait quand je le décris maintenant mais habiller ma compréhension de la réalité avec un certain symbolisme avait du sens pour moi à l’époque. Ma dépression s’est manifestée, d’elle-même, de manière anésthétique comme une entité démoniaque que j’ai nommée « The Swinlord ». Mais après l’avoir fuie, j’ai plutôt suivi mon propre vide le plus sombre. J’ai poussé aussi loin que possible dans cette manière de penser : « Brûler tout ce que j’adorais, Adorer tout ce j’ai autrefois brûlé » était en quelque sorte mon mantra.
This Gift Is A Curse a toujours été un moyen pour moi d’aborder la métaphysique et la façon de comprendre ce que nous percevons comme la réalité. J’en ai parlé davantage cette fois-ci avec l'aide des enseignements gnostiques et ésotériques. Pour moi, l'art est une passerelle, comme les portails. Il y a différentes portes et clés. Vous avez juste à les trouver, ou plutôt identifier comment les trouver.

L’un de vos titres est en Suédois. Pourquoi avoir choisi de chanter en Suédois sur seulement un titre et pas l’intégralité de l’album ?

C’est juste quelque chose que nous voulions essayer depuis longtemps.  « Askrådare » (le dernier titre de All Hail the Swinelord) était un test que nous avons principalement travaillé en studio. Nous avons utilisé plusieurs paroles en Suédois avant mais là on en voulait une entièrement en Suédois. Nous avons pensé que cela correspondait parfaitement au titre et soulignait le thème en rapport avec la porte et couper les ponts avec quelque chose que tu aimes mais qui en même temps te détruit petit à petit. C’est notre « hymne Emo » et Johan G. Winther (Scraps of TapeBlessings / …) l’a transcendé avec son chant clair et des choeurs.

Auparavant, certains nombres étaient visibles (III, VII et XI). Sur All Hail the Swinelord, nous pouvons voir le I, III et VII. Qu’est ce qui se cache derrière ces nombres ?

Les nombres sont sensés représenter une correspondance numérologique aux spectateurs. III (3), VII(7) et I (1) - qui combinés font XI (11,AA). Dans les écrits occultistes et gnotisques, le nombre onze tient une place toute particulière et symbolise, pour faire simple, la voie de la Main Gauche. Par exemple dans la tradition mystique de la goétie, il est perçu comme le nombre de la libération et du schisme avec "Dieu", plutôt que comme le nombre pour se fondre avec le divin. Au lieu de ça vous vous mettez sur le chemin pour devenir votre propre dieu. La Main Gauche et une voie sombre et inconnue. On peut visualiser ça comme un fleuve noirâtre sur lequel, au lieu de s'offrir aux auspices de Dieu, et facilement se laisser porter par le courant pour arriver dans le vaste océan, on se dresse dans les rouleaux à contre-courant et on lutte. Les magiciens noirs s'efforcent de remonter coûte que coûte en amont, vers la source. De là, il ou elle pourra finalement voir et comprendre le cours de l'eau et sera alors capable de le contrôler. Il ou elle est sur le point de franchir le seuil pour renaitre libre, affranchi de toute limite. Tous les nombres que j'utilise ont également un sens personnel mais ce serait trop long et pas intéressant d'expliquer tout ça ici. Mais, encore une fois, voici une interpretation simplifiée : "I" représente l'intelligence cachée, le Moi céleste comme une entité autarcique. "III" est le symbole du triangle. C'est le trident, ainsi que la Lune et ses phases. "VII", le seuil métaphysique, c'est la clé mais c'est aussi la porte.

Les artworks de vos deux premiers albums sont sombres. All Hail the Swinelord penche vers le rouge, le sang séché. Est-ce que cela reflète une approche différente de votre musique ?

J’aime vraiment ce schéma de couleur, cela me fait penser à l'automne et au délabrement. Je pense que cela symbolise le changement. Quand j’ai fait la pochette, je n’ai pas voulu regarder nos artworks précédents parce que je n’ai pas pensé que cela sentait ou sonnait comme ce que nous avions fait auparavant. Pour moi, cela sonne comme une évocation primitive et tellurique. Comme un programme en 8 étapes (8 titres) au-dehors et au-dedans du chaos intérieur. Je pensais à un rituel organisé explosant sur les participants, comme si quelqu’un avait ouvert la mauvaise porte qui l'aspirait ensuite dans un vide inconnu, pour aller « à travers le trou du lapin » (NDLR : image d'Alice au Pays des Merveilles) et au-delà. Quand j’ai la possibilité, j’essaie toujours de prendre du recul à propos de moi-même, en tant que concepteur de pochettes ou de merch de groupes « lourds et heavy ». Peu importe le côté sombre dans le son ou l’approche, noir sur noir ne rend pas toujours l’histoire meilleure.

Est-ce que vous avez déjà pensé à expérimenter de nouvelles sonorités dans This Gift is a Curse ? Par exemple, même pour quelques minutes ou un titre, quelque chose de plus proche de Terra Tenebrosa.

Je pense que Terra Tenebrosa aborde certains aspects que nous ne voulons pas plus expérimenter. Comme une transition entre les titres de Terra Tenebrosa pour lier à quelque chose de plus complet. La structure est très fluide et pour moi, Terra Tenebrosa est plus une expérience métaphysique qu’un simple acte musical. Il est presque dégradant de l’étiqueter comme cela. Quoi qu’il en soit, je pense que Cuckoo fait un boulot 666 millions de fois mieux et plus profond que nous. Je sais que nous aimons tous les deux les mêmes atmosphères et tensions, mais je pense qu’il / que ça est à des kilomètres devant nous dans ce couloir sombre de bruit. Je m'inspire du travail de Cuckoo et je suis heureux de lui avoir ouvert une porte sur ce monde par mes designs et artworks. Cependant, This Gift is a Curse va toujours essayer de développer l'enveloppe que nous avons. Je ne suis juste pas sûr maintenant de ce que ce sera.

Sur « Head and Arms », tu parles d’un triste fait divers qui a eu lieu en Suède il y a quelques années. Sur ce nouvel album, est-ce que tu as écrit sur quelque chose de similaire ou t’es-tu inspiré de faits divers similaires ?

Les paroles sur I, Guilt Bearer étaient plus variées thématiquement parlant, mais il y a toujours une noirceur sous-jacente qui les relie. All Hail the Swinelord a un fil rouge plus anesthétique et thématique tout en étant personnel. Le sujet est plus sur le guide rituel que j’ai mentionné avant et le fait de suivre nos démons dans cette vaste nuit.

Certains lecteurs savent que je suis un grand fan de Stig Dagerman, un écrivain suédois qui parle beaucoup de sombres émotions et de fatalisme. Est-ce que c’est une potentielle source d’inspiration pour vous ? De la même manière, est-ce que certains écrivains suédois vous inspirent ?

Lars (basse) et moi aimons vraiment l’écrivain-poète suédois Dan Andersson mais je ne pense pas que cela se sente dans nos paroles ou notre musique. Son travail le plus intéressant parle du « petit peuple » dans les limites extérieures de la société. En d’autres mots : ceux qui sont catégorisés en tant que cinglés et exclus. Je pense que nous pouvons nous y rapporter dans un certaine mesure. Nous avons l’habitude de lire à haute voix ses livres autour du feu quand nous faisons du camping dans les bois. Sur nos 2 albums, je me suis beaucoup inspiré de l’auteur Suédois et icône culturelle August Strindberg et ses livres « Inferno » et « Le Journal Occulte ». J’ai vraiment aimé le voyage qu’il a fait quand il écrivait ses livres et qu’il a déménagé à Paris, à la fin des années 1800. Il a cessé d’écrire de la fiction pour devenir scientifique.
Ce qu’il a vraiment fait en s’aventurant dans l’occulte à cette époque était plus ou moins cliniquement fou et probablement psychotique. Ce qu’il a fait ensuite était encore pire en s’empoisonnant accidentellement quand il faisait des expériences alchimiques, comme ne jamais dormir ou boire comme un trou. Son point de vue de la réalité dérivait progressivement en quelque chose de bizarre, déconnecté du monde.
J’ai aussi beaucoup lu l’auteur controversé Nikanor Teratologen quand j’écrivais les paroles de I, Guilt Bearer. Ses mots sont SI laids et répugnants qu’ils deviennent beaux. Toute son oeuvre est une totale abomination linguistique et mindfuck qui crée un univers unique au noir total. Dire que c’est très nihiliste et misanthrope est le minimum. J'ai même pris un titre d'un de ses livres pour une de nos chansons; Att Hata Allt Mänskligt Liv (Haïr toute vie humaine). Il y a toujours eu beaucoup de secrets et de controverses qui l'entourent, lui et ses œuvres. Récemment, un magazine en Suède a fait une enquête et l’a relié à d’obscurs forums internet et messages (propos énigmatiques) à travers différents pseudos sur une période de 10 ans. Certaines d'entre eux ont été écrits à partir d'un point de vue évidemment fasciste et dépravé. Même si rien n'est sur, si c'est vrai, c’est bien sûr quelque chose avec lequel je ne suis pas du tout en phase. Je suis seulement dans « … hate everyone equally » pour citer Slayer. Enfin, bien que je ne vais plus à l'université, je lis encore les œuvres d'une partie de mes sociologues préférés comme Michel FoucaultRandal Collins et Viven Burr. La littérature occulte diffère beaucoup de mes habitudes, mais récemment, j'ai lu le livre de Vexior "Panparadox".

Est-ce que le Live apporte une dimension différente à votre musique ? Il y a quelques années, tu parlais de votre volonté d’agresser tous les sens en live, ce qui n’est pas le cas sur album.

Pour moi, le live et enregistrer sont deux formes différentes d’art. Ce que tu ne peux avoir sur album, tu peux l'improviser pour le live. J’aime les deux même si j’ai le sentiment que le live est plus dirigé par le Chaos. Tu ne peux jamais savoir ce qui va arriver, ce qui est ce que j’aime personnellement quand je vais voir un groupe jouer.

En 2013, tu parlais de plusieurs projets, avec des membres de Suis La Lune et Meleeh. Quelques nouveautés ?

Lars (basse) joue de la guitare et chante dans un projet à la Black Sabbath appelé Benrangel (lien), qui partage des membres avec Suis La LuneJIRM et the Presolar Sands. Il joue aussi dans un groupe de Rock de Stockholm appelé Mysteriet (lien).
J-Rot joue des beats anti-blast dans le groupe de Pop Lo-Fi Haleiwa (lien). Nous avons volé notre nouveau membre et second guitariste Dave au groupe de Post-Hardcore Traktor.
J’ai personnellement un groupe de Powerviolence / Chaos, avec pour thème Twin Peaks, appelé Spirits of the Black Lodge, avec des membres de Meleeh et Scraps of Tape. Nous n’avons encore rien enregistré mais j’espère que ce sera le cas l’année prochaine. J’ai été récemment impliqué dans un projet sans nom de « Dark Electronic / Synth », qui je pense donnera quelque chose d’intéressant. J’ai vraiment à l’esprit l’idée de jouer dans quelque chose qui n’est pas orienté Rock.

Est-ce qu’il y a certains artistes avec qui tu aimerais collaborer ? Même pour un titre.

Je suis vraiment content des collaborations que nous avons pour All Hail the Swinelord avec Billie Lindahi (Promise and the Monster), Johan G. Winther (Scraps of TapeBlessings) et Christna Blom (Agrimonia). Leur travail a vraiment aidé l’album dans son ensemble et l’a rendu meilleur que ce que nous espérions. Nous avons une nouvelle collaboration en cours mais il est trop tôt pour en parler. Mais tu peux facilement trouver des indices si tu regardes suffisamment. Je pense que ce sera quelque chose de spécial, comme un trou noir qui est aspiré dans un autre trou noir. Tu comprendras bientôt.

Vous avez sorti un split avec Hexis, un groupe qui joue aussi une musique extrême. Est-ce que vous êtes également proches de ces musiciens ?


Oui et non. Hexis a subit un gros changement de line-up l’année derrière et il ne reste que Filip (chant) en tant que membre originel. Nous sommes toujours proches des anciens membres de Hexis. Lars a même joué en tant que bassiste avec eux plusieurs fois et nous nous rendons visite à chaque période hors tournée. De manière plus proche, nous avons fait deux concerts avec le nouvel Hexis au printemps dernier et ils sonnent excellents. Ils ont l’air d’être des gens biens. Ils ont récemment enregistré et ont un million de shows prévus cette année et la prochaine. On leur souhaite tout le meilleur avec ce nouveau chapitre dans l’histoire d’Hexis.

Quels sont vos projets ? Je pense que vous avez commencé à composer depuis la sortie de votre album précédent.  

Nos projets sont actuellement de continuer à composer de nouveaux titres avec un guitariste en plus et d’enregistrer en début d’année prochaine pour un projet secret. Et aussi continuer à faire des concerts ! Nous serons en tournée au Japon et en Russie l’année prochaine et nous espérons que nous pourrons jouer dans certains des plus gros festivals l’été prochain, comme le Hellfest ou le Roadburn. Ce serait un rêve qui deviendrait réalité pour ce groupe.

Dernière question, quelle est la meilleure bière pour toi ?

Drôle de question. Je ne m’en soucie pas trop. Si je vois, je suis plutôt whisky ou vin. Mais J-Rot (batterie) aime beaucoup ses bières et il ne fait aucune discrimination. Il aime tout, de la plus rare et chère micro-brasserie jusqu’à la bière la moins chère que tu achètes à l’arrière des voitures de contrebande. Il aime tellement la bière qu’il a investi dans le développement d’une application pour téléphone qui t’indiques ou tu peux trouver les bières les moins chères à Stockholm. Mais le but est de le faire de manière globale je pense, comme « Bière pas chère pour tous à portée de clic ». Quand nous sommes en tournée, nous achetons généralement de la bière locale des différentes villes / régions pour ramener à la maison et boire plus tard. Donc si tu veux une fête d’après concert sympa, amène de la bière locale et demande lui ses 5 batteurs de Black Metal préférés de tous les temps.

Un dernier mot ?

Merci pour cette interview et l’attention que Metalorgie nous porte. Nous sommes vraiment contents de partir en tournée avec Keep On Living et particulièrement heureux de pouvoir jouer plusieurs concerts en France, un pays ou les gens ont l’air intéressés par ce que nous faisons depuis le tout début. J’espère voir autant de visages que possible aux concerts. Nous jouerons de nouveaux titres pas encore enregistrés ainsi que des anciens, mais principalement des morceaux de notre dernier album qui a donné son nom à la tournée. Personnellement, je pense que nous n’avons été aussi bons que maintenant et les deux guitares amènent à un palier supérieur en live. Donc ne soyez pas paresseux et à la maison à rêver du vieux Emperor ou des concerts de The Dillinger Escape Plan sur Youtube, coupez votre Wifi, brûlez vos smartphones et venez à des concerts underground. All Hail the Swinelord !

Version Anglaise

Hello This Gift Is A Curse. We follow you since your album « I, Gvilt Bearer ». It strongly impact on the music scene. How are you ?

This Gift is a Curse anno 2016 are good and strong. We have a 2nd guitarist since a couple of month back and been writing new songs with him in the mix. The new songs seem to become even more massive and harsh than before. It´s still THIS GIFT… just more of it. I’m really stoked to see where this is going. We are aiming on recording something new next year.
About « I, Gvilt Bearer »; I don´t think we have no real overview of what kind of an impact that album had or still might have? We tend to stay inside our little bubble and not think so much on what is going outside after a release. All I know is that we were pretty displeased on how the sound of our first EP came out. So when we started to record what was to become “« I, Gvilt Bearer » we told our producer that we wanted to “turn everything up to eleven”. We really went in on torture the hell out of all our equipment. Amps burned and guitars squealed out noise as if they were in the moment of death. The process was really hate driven and tearing. Same thing with how we wrote the songs to the album really. Because after the EP some music critics wrote that we were a “post-metal band”. So we thought: “Fuck that, let’s write some fast and vicious punk songs!”… And out came that album. Many listeners seem to like the general sound and the atmosphere of that production. We are really satisfied to have it as our debut album.

You remind me of the dark side of Celeste, a french band that sounds powerful, like you. Do you know this band ?


We actually played a couple of shows together back in 2010 in Sweden. We also met a few of them in Lyon while on tour with HEXIS some years later. They know Filip of HEXIS (their biggest fan!?) and some of them came to the show to say hello and hang out. I really like the “Morte(s) nee(s)” album, it is just excellent. I think they are a great and important band. 


There is a religious or mystical sensation in some songs, like the end of the video of « Swinelord » or « Rites ». Is this something essential in your music or just a way of composing ?

To me at least who writes the lyrics and orchestrate all of the visual aspects. ‘All Hail the Swinelord’ was written as a kind of ritualistic guide how to “kill yourself”, or rather kill the Self. The purpose was to get rid of all the psychological baggage that had become how I defined myself up until then. I wanted to be “reborn” free of my own limits and deterministic frames. I was really depressed at the time and was on this, let’s say “journey”; in able understand my position and how to define my own reality. I´m sure it comes off as rather “abstract” when I describe it now it but dressing up my understanding of reality with certain symbolism made sense to me at the time. My depression kind of manifested itself aesthetically as a demon entity that I gave the name “the Swinelord”. But rather fleeing it I instead followed into my own darkest void. I pushed as far as could into this way of thinking. “To burn everything I worshiped, to worship all that I once burned” was kind of my mantra.
This Gift… has always been a way for me to address the metaphysical and how to understand what we perceive as reality. I just took it further this time with the help of gnostic and esoteric teachings. To me art is a gateway, like portals. There are different doors and keys. You just have to find them, or rather how to find them.


One of your song is in Swedish. Why did you choose to sing in swedish in only one song and not the whole album?

It was just a thing we wanted to try out for a long time. ‘Askrådare’ (the last song of the ‘All Hail the Swinelord’ album) was an experiment that mainly came together in the studio. We had used some Swedish lyrics before and this time we wanted to go all the way. We thought it really suited the song and its underlying theme about loss and cutting ties to something that you love but also at the same time are slowly destroying you. It is our own “emo anthem” and Johan G. Winther (Scraps of Tape/Blessings etc.) really made it come together beautifully with his clean vocals and choirs.


Previously, some numbers were visible (III, VII and XI). On All Hail the Swinelord, we can see I, III et VII. What’s behind this numbers ?

The numbers are supposed to work as numerological correspondence with the spectators. III (3), VII (7) and I (1) – which I use together, become XI (11, AA). The number eleven has a very special place in occultism and gnostic teachings and I said to be the number of the Left Hand path (to simplify). Like for for instance; in goetic magical traditions it is said to be the number that significance breaking free from god rather than become one with “Him”. Instead you are in pursuit on becoming your own god. The Left Hand is a dark and unknown pathway. Imagine understanding as a dark river and rather giving you self over to God’s hands to easily floating down streams into the vast ocean you instead push up streams against the hard current. The dark magicians strive to get to the headwaters and the very source of it all. From there him/her will finally see and understand the flow of the water and thereby also be able to control it. It is about taking the finally step through the gateway and become reborn and free from all boundaries. All the numbers I use all have individual meanings as well, but it would be too long and boring to explain them all here. But again to simplify here is my interpretation: “I” is equal to the hidden intelligence, the celestial I and to be an autarkic entity. “III” is the symbol of the triangle. It is the trident and the moon and her phases. “VII”; the metaphysical gateway, it is the key and it is the gateway.

The artworks of your first two releases are dark. All Hail the Swinelord turns to red, like dried blood. Does this reflect a different approach of your music ?

I really like that color scheme; it feels like autumn and decay to me. I feel it symbolizes “change”. When I was designing the cover I didn´t want it to look as our previous artwork because I didn´t thought it felt or sounded as anything we done before. To me it felt like an “earthy” and primitive evocation. Like an eight step (eight songs) program in and out of totally inner chaos. I thought of an organized ritual backfiring at the participants, like someone opened the wrong door and then sucked them deep into an unknown void, to “go down the rabbit hole” and beyond. Also, when I have the chance I always try to step away from doing what is expected of me as a designer of covers and merchandise for “dark heavy bands”. No matter how dark the shade might be in sound and approach: black on black doesn’t always tell the story best.

Did you already think of experimenting new sounds with This Gift is A Curse ? For example, even for a few minutes or a song, something closer to Terra Tenebrosa.

I think Terra Tenebrosa covers some aspects that we tend not to explore further. Like something we would maybe use as a passage between songs Terra Tenebrosa can base a whole song structure on. It is very fluid in its frameworks and to me Terra Tenebrosa is more of a metaphysical experience rather than just a “music act”. It is almost degrading to label it as that. Anyhow, I think the Cuckoo does its thing a 666 million times better and more profound than we ever could do. I know we both like the same atmosphere and tension but I think He/it is miles ahead of us down that dark corridor of noise. The work of the Cuckoo is really inspirational and I´m happy to have given a door into that world through my design and artwork. Although; THIS GIFT… will always try to push the envelope whit what we are doing I´m just not sure right now what that will be.

On « Head and Arms », you speak of a sad fact which takes place in Sweden a few years ago. On your new album, did you write something similar or did you inspire of similar facts ?

The lyrics on ‘I, Guilt Bearer’ was more spread out thematically, although they all had an underlying darkness to them that bounded them together. ‘All Hail the Swinelord’ are more aesthetically and thematically streamlined as well as more personal. It was all about the ritual guidline I mentioned before and following your demons into the vast night.

Some readers know i’m a deep fan of Stig Dagerman, a swedish writer who speaks a lot of dark emotions and fatalism. Is he an artist that may be influential for you ? Similarly, some Swedish writers inspire you ?

I and the bass player Lars really enjoy Swedish writer/poet Dan Andersson but I don’t think it come off in the lyrics or music. His most interesting work is about the “little people” on society’s outer limits. In other words: they who we labeled as the weirdos and the outcasts. I think we can relate to that in some extent. We usually read aloud from his books around the fire when we are out camping in the woods. 

On both full length albums I’ve taken a lot inspiration from Swedish author and culture icon August Strindberg and his books “Inferno” and “the Occult journal”. I really like the journey he did when writing these books as he moved to Paris, France in the late 1800’s. He basically stopped writing fiction to become a “scientist”. What he really did was dabbling with the occult and was at the time more or less clinically insane and most probably in and out of psychosis. Which he then made even worse by accidently poisoning himself while doing alchemic experiment as well as never sleeping and excessive drinking. His views of reality gradually drifted into something otherworldly and bizarre. I also read a lot of the highly controversial Swedish author Nikanor Teratologen when writing lyrics to “I, Guilt Bearer”. His words are SO ugly and repugnant they become beautiful. All his works are total linguistic abominations and mindfuck that create a pitch black universe of its own. It is very nihilistic and misanthropic to say the least. I even took a title from one of his books for one of our songs; Att Hata Allt Mänskligt Liv (To Hate All Human Life). There have always been a lot of secrecy and controversies souring him and his works. Recently a magazine here in Sweden did an investigation and linked him to some of shady internet forums and posts (see enigmatic rants) done under different alias for over a period of 10 years. Some of these were written from a depraved and obvious fascist viewpoint. Although nothing is certain, if this would to be true is of course something I don´t agree with at all. I’m only into “… hate everyone equally” to quote Slayer. Finally: although I don’t go to university any more I still read the works of some of my favorite sociologist like Michell Foucult, Randal Collins and Viven Burr. The occult literature differs a lot but recently I have been reading Vexior’s book “Panparadox”.

Does live brings a different view of your music? Few years ago, you were talking about this desire to attack all the sens live, which is not the case on album.

To me live and recording are two different art forms. What you can´t get on track you can make up for while preforming live. I like them both although I feel that the live show is more ruled by chaos. You never know what can happen which is what I like to feel myself when I go and see a band play.


In 2013, you speak of some projects, with members of Suis La Lune or Meleeh. Whats news ?

Lars (bass) play bass and sing in a Black Sabbath oozing rock’n’roll project called Benrangel which shares members with Suis La LuneJIRM and the Presolar Sands (link). He also plays with a Stockholm based rock outfit called Mysteriet (link).
J-Rot (drums) plays anti-blast beats with lo-fi pop act Haleiwa. We stole our newest member and second guitarist Dave from post-hardcore band Traktor.
I myself have a Twin Peaks-themed power violence/chaos band called Spirits of the Black Lodge with members from Meleeh and Scraps of Tape. We have nothing recorded yet but it will hopefully happen next year. I also recently got myself involved in a so far unnamed “dark electronic/synth” project that I think will turn out very interesting. I´m really into the idea of playing something that isn´t “rock band” oriented.

Is there some artists you would like to collaborate ? Even for a title.


We are really happy with the collaborations we manage to do on ‘All Hail the Swinelord’ with Billie Lindahl (Promise and the Monster), Johan G. Winther (Scraps of Tape/Blessings) and Christna Blom (Agrimonia). Their work really contributed to the album as a whole and made us sound better than we ever expected. We actually have a new collaboration in the works but it is too early to talk about it right now but you can easily find clues if look close enough. I think it will be something really special - like black hole that gets sucked into another black hole. You will understand soon enough…

You released a split with Hexis, a group that practices a rather extreme music, like yours. Are you also close to these musicians?

Yes and no. HEXIS went under a big member change last year that left only Filip (vocals) still in the band as an original member. We are still pretty close with all the old HEXIS members. Lars have even played stand-in bass with them a couple of times over the years and we have visited each other “off tour” as well. On closing note: we played two shows with the “new” HEXIS last spring and as well as sounding excellent - they all seemed like really good people. They have a new recording just recently made and like a million shows booked for this year and the next. We wish them all the best with this totally new chapter of the HEXIS story.

What are your plans ? I think you started to write some songs since the release of your last album.

Our plans now is to continue to write new songs with the guitar upgraded line-up and record it early(?) next year for a at the moment “secret project”. As well as play more shows! We will be touring Japan and Russia next year and we really hope that we can play some of the bigger heavy music festivals next summer like Hellfest and Roadburn. That would be a dream comes true for this band.

Last question, what’s the better beer for you ?

Funny question. So I don´t care about this that much, I´m more of a whiskey or wine guy if I drink. But J-Rot (drums) really loves his beer and he doesn’t discriminate! He loves everything from the rarest and most expensive micro-brewery stuff down to the cheap “beer” that you buy from the back of a smugglers car. He loves beer so much that he has invested hard cash in the development of a mobile phone app that tells you where you can find the cheapest beers in Stockholm. But their goal is to make it globally I guess. Like “Cheap beers for everyone - just a click away!” When we are on tour he usually buys local beers from different towns/regions to take home and drink later. So if you want to have a nice post-show party (see friend for life) just bring some genuine local brew and ask him about his 5 favorite black metal drummers of all time.

Any last word ?

Thanks for this interview and attention you at Metalorgie are giving us. We are really happy to go out on tour with Keep On Living and we are particular happy to be able to play a lot of shows in France, a region were people seem to been interested in what we do from the very beginning. So hopefully we will see as many faces as possible at the shows. We will play new un-recorded songs as well as older bits, but mainly songs from our latest album which also have given the name of the tour. Personally I think we never sounded as good as we do now and two guitars really take the live experience a few steps up. So don´t be lazy and at home dreaming away with old Emperor or The Dillinger Escape Plan concerts on Youtube; crash your WIFI, burn your smartphones and come out to a underground show. All Hail the Swinelord!

Euka (Octobre 2016)

Un grand merci à Avalanche Soundprod et Jonas pour sa disponibilité.
Photo live par Deathless Pictures.

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