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Gojira (Joe & Jean Michel) 24 Novembre 2005 Rockstore Montpellier

Comment se déroule cette tournée ?
Jean Michel : Vraiment excellente. Tout est très enrichissant, le public, les lieux … De très bons moments.

 Y aurait-il des choses que vous aimeriez passer lors de vos concerts, peut être y a t-il des choses que vous souhaiteriez réaliser sur scène mais que vous ne pouvez faire ?
Joe : chaque album a une atmosphère précise, de ce simple fait, chaque tournée change naturellement d'ambiances. Et comme nous mélangeons les anciens morceaux aux plus récents, cela teinte notre prestation scénique. Après, nous ne recherchons pas forcément des choses très théâtrales, nous travaillons pour que ce soit surtout brut. Pour l'instant, nous n'avons pas eu vraiment de contraintes scéniques, et nous avons fait tout ce que nous souhaitions.

 J'ai vu que vous projetiez des images sur écran géant, dont entre autre le clip de Love réalisé par le photographe Alain Duplantier lors de vos concerts.  Qui s'occupent de tout ça, de tout le visuel du groupe?
Joe : Et bien c'est moi qui fait quelques croquis de ci de là, des choses inspirées de mes textes, je gère les visuels diffusés dans les concerts ainsi que les pochettes…

 Ah oui ? C'est toi qui  travailles tous les Artworks des pochettes?
Joe : Oui, en effet c'est moi…
 
Et qui s'occupe des photos du groupe ?
Joe : C'est ma sœur Gabrielle qui est la photographe officielle du groupe. Richard (manager) prends aussi pas mal de photos lors des concerts.
 
Comment choisissez  vous les gens qui vous entourent ? Manager ? Attache de presse ? Tourneur ? Vous qui revendiquez avant tout le respect, n'est ce pas un peu difficile de s'affirmer dans cet univers aux stratégies de marketing ?
Joe : Nous nous entourons de personnes avec qui humainement ça fonctionne. Nous avons eu un premier manager avec qui ça n'a pas fonctionné, nous nous en sommes séparés et depuis nous avons une équipe qui fonctionne à merveille.

 Avez-vous un droit de regard sur tout ce qui touche le groupe ?
Jean Michel: Chacun dans l'équipe fait son travail, on pose à plat tout ce que chacun doit faire, et si on a quelques chose à dire on le dit. En général on fait confiance aux autres.
Joe : c'est plus qu'un simple droit de regard. Nous gérons ce groupe nous même avec notre management. Il y a beaucoup de discussions entre nous pour comprendre où chacun veut aller au final, et ça se passe très bien.

 
Concernant votre statut de musicien, vous êtes passé désormais à la vitesse supérieure. Quel est votre point de vue sur l'état de l'intermittente en France, Est-ce que pour vous ça a concrètement changé quelque chose ?
Joe : Ce qui a le plus changé pour nous, c'est de vivre enfin de notre musique... C'est un sentiment très agréable et enrichissant, qui ouvre des portes intérieures comme la confiance en la vie ou le sentiment d'avoir officiellement un rôle dans cette société. C'est un énorme privilège de connaître ce statut et nous sommes je crois, le seul pays au monde à avoir une intermittence. Ce qui ne veut pas dire que nous roulons sur l'or (bien au contraire). Pour une tournée d'environs cinquante dates, nous touchons des assedics pendant seulement huit mois. Pour un groupe qui compose et enregistre son album avant de partir en tournée, c'est très compliqué de joindre les deux bouts...

Concernant la distribution, la promotion de ce nouvel album, beaucoup de choses ont changées pour vous. L'album est désormais disponible via les grosses distributions FNAC – VIRGIN & Cie. Alors que pour les précédents, vous étiez plutôt à contre courant en passant par vos propres moyens de distrib. Est-ce incontournable à l'heure actuelle de passer par certaines grosses industries ? Est-ce que le fait d'être des musiciens 'libres' qui souhaitent vivre de leur propre musique, a concrètement des limites qui impliquent des compromis ?
Joe : Nous n'avons jamais été contre la grosse industrie, ni contre la petite, nous sommes pour la musique pour tous. ( … )

 Il faut bien l'avouer, votre album était très attendu. Ca créé pas une certaine pression ? Vis-à-vis de votre création, vous naviguez selon vos seules envies ?
Jean Michel : Tout c'est fait très naturellement … Tout vient de nos tripes … on a bien vu aux premières critiques qu'il se passait quelque chose, mais cela n'a pas eu d'impact sur notre création.

Parlons maintenant de « From mars to sirius ». Après une recherche concernant ce titre From mars to sirius et votre artwork (la baleine), j'ai trouvé des correspondances avec la mythologie grecque, des combats écologiques, des histoires sur des illustrateurs de cartes célestes anciennes qui nous ont laissé des images de monstres marins, des recherches scientifiques assez étonnantes sur les capacités cérébrales de ces animaux. Le plus étonnant reste sans doute, les Dogons, peuple vivant sur le plateau desséché de Bandiagara au Mali, qui prétendent connaître deux étoiles compagnes de Sirius qui est l'étoile la plus brillante du ciel. Alors qu'à l'œil nu, on ne peut apercevoir qu'une seule étoile. J'imagine que tout cela n'est pas un hasard ?
Joe : Ils se passent des choses étonnantes dans notre univers, que l'on apprend souvent qu'en légende à l'école, Que ce soit les Dogons, l'Iliade, les pyramides égyptiennes ou incas… Tu vois, ils ne se sont pas concertés pour monter leurs pyramides, pourtant elles ont étés faites, il y a comme des connexions des fois, des histoires dont on ne sait pas grand-chose. Ce sont des histoires d'ailleurs que l'on ne prend pas vraiment au sérieux car il est difficile de pouvoir tout prouver par A+B …. Je suis très attiré par tous ces mythes, ces histoires qui font prendre conscience d'autre chose dans notre univers. Et tout simplement, je dirai que je suis fasciné par tout ce qui n'est pas "certain" il y a une marge énorme entre ce qui est établi, prouvé, admis et l'inconnue le plus total....

De l'homme recroquevillé, plongé dans le noir de « Terra Incognita », vous êtes passé à l'arbre de vie entouré de rouge vif sur « The Link » et maintenant, c'est le tour à l'infini univers aux tons écrus, … Ces couleurs révèlent-elles un état d'esprit ? Est-ce qu'un album aux coloris plus doux serait le signe d'un apaisement ? Ou la quête d'un apaisement ?
Les deux. Nous sommes en quête. De ce simple fait, nous sommes apaisés. Je m'explique : le fait  de savoir qu'un mieux-être est possible, le fait de savoir que l'on va vers ce "mieux-être" par des actions simples comme l'écoute de soi et des autres et une meilleur connaissance de son fonctionnement interne et du monde, est une source de bien-être en soi. Nos albums sont le reflet de ce cheminement que nous avons en commun dans Gojira.

 J'ai vu que vous aviez pas mal de retour de presse étrangère ? Est-ce qu'il est question pour vous d'exportation, ou de dates à l'étranger ?
Jean Michel : Nous avons de très bons retours en Allemagne, et on prévoit une tournée là bas. Nous allons aussi tourné aux Pays Bas, en Norvège, et participé à beaucoup de festivals d'été dans toute l'Europe... Se faire connaître à l'étranger est en effet la prochaine étape pour nous.
 
Musicalement, il semblerait qu'il y ai eu un gros travail réalisé sur le chant, puisque celui-ci nous apparaît désormais beaucoup plus prolifique, on découvre des tonalités qu'on ne connaissait pas sur les précédents albums… Comment c'est goupillé en somme cette envie nouvelle d'explorer le chant ? Est-ce venu naturellement ?
Joe : Lors de la tournée "The Link" j'ai travaillé ma voix à force de concerts. C'est vraiment venu naturellement. Ce n'est qu'après en lisant les chroniques, et en prenant compte des critiques du nouvel album, que je me suis rendu compte qu'il y avait du progrès... Mais c'est vraiment naturellement que c'est venu, rien de prémédité, je ne me suis pas dit : 'bon cette fois ci je travaille vraiment ma voix, j'essaie d'autres choses"

 
Sur le morceau « From Mars », j'ai ressentis dans le chant, une influence version album « The Wall » des Pink Floyd, est-ce prémédité ? Sur d'autres morceaux, j'ai comme pressentis des influences de Devin Townsend; je ne suis d'ailleurs pas la première à le remarquer apparemment, cette influence serait inconsciente ?
Joe : Devin Townsend j'ai un album de Straping Young Lad, y avait un passage qui m'avait étonné, mais clairement si j'ai fait ce chant là,  c'est inconscient, idem pour Les Pink Floyd, je connais un peu mais de là à faire un clin d'œil non pas du tout. C'est un peu comme je te disais tout à l'heure les pyramides des incas et les pyramides égyptiennes. Il y a peut être eu des connexions quand j'ai créé ces chants là.

 
Sur le net, je n'ai vu nulle part une seule chronique de ce dernier album avant sa sortie, pourtant dans la presse écrite, il semble faire l'unanimité quasi parfaite. Il semblerait que côté promo, vous ayez fait l'impasse sur les webzines (Violent Solutions, Fenec, Métalorgie…).Y a t-il des raisons particulières à cette directive promotionnelle ?
Joe : Et bien, je suis très étonné à vrai dire. Tu as demandé l'album à Richard ?

 Et bien, non, en général ce n'est pas vraiment à nous à demander …
Joe : Oui oui, je comprends, tu l'aurais demandé on te l'aurais donné direct sans problème. Je crois que niveau promo, on est un peu surpassés. Nous avons la même équipe depuis le début, et il est possible que nous soyons un peu débordés. Mais ce n'est pas du tout un boycott, au contraire, nous sommes très sensibles aux webzines, la preuve nous répondons aujourd'hui à cette interview, et nous faisons un tas de partenariat avec des zines.

 Avant sa sortie on pouvait  trouver l'album en P2P. Quelle est votre position vis-à-vis du téléchargement ?
Joe : Internet est une médiathèque fantastique. Les personnes peuvent avoir accès à la culture en quelques clics. Des personnes qui n'ont pas assez d'argent pour s'acheter un album, peuvent avoir accès à tout ce qu'ils aiment. Je pense que l'industrie de la musique est en train de muter, il ne faut pas la réprimander, ça ne sert à rien, faut se laisser glisser… Après je ne vais pas non plus faire l'apologie du P2P, car pour nos ventes ça a aussi un impact. Ceci dit nous ne touchons pas grand chose sur les ventes directes de nos albums.
 
Vous avez réalisé (avec Empalot) la musique de 5 documentaires sur les vacances d'été de 5 adolescents sur la côte Landaise diffusé sur Arte. Comment avez-vous eu cette opportunité, et comment l'avez vous vécu ?
joe : le plus simplement du monde, puisse que Arte à simplement pioché sur un album d'Empalot. Nous avons juste eu à allumer une télé pour regarder le reportage (héhé)

 Et puisque j'évoque Empalot, quoi du neuf pour le groupe?
Joe : C'est une formation complexe car nous sommes tous très occupés. Il y a 4 Gojiras dans Empalot, mais aussi un étudiant aux beaux arts qui se balade de ville en ville, et d'autres musiciens qui ont leur vie… Un album est prévu depuis longtemps, toutes les batteries ont étés enregistrés depuis des mois, mais le problème est que nous avons tous des vies très différentes... Empalot reste un groupe de détente et de délires. Et comme avec Gojira on enchaîne les dates, c'est vrai qu'on n'y passe plus trop de temps. Mais un album doit sortir … mais quand … j'en sais rien … peut être dans 10 ans !

 Qu'est ce que vous aimeriez évoquer d'autres ? Quelque chose qui vous tient à cœur ? Un film, une personne, un livre … vous mentionnez souvent le respect, un mot peut  être ?
Jean Michel  : Oui nous sommes pour l'écologie humaine, outre le fait de faire attention à notre planète, nous devrions faire attention aux relations que nous portons aux autres, et surtout avec nous-même.
 
Dans une interview de www.spirit-of-metal.com  ,  Joe disait : « De tout façon, celui qui fait du metal, c'est qu'il a une faille, une blessure. Tu vas sur scène, tu gueules et tu vas tout péter, c'est qu'il y a quelque chose, une rage à exprimer. Quand tu ne veux pas y faire face, tu te drogues, tu bois, c'est hyper pratique. Nous faisons face à nos angoisses, ce qui nous rend donc plus sensibles que la moyenne. » Comment tu y fais face ?
Joe : J'essaie de ne pas me mentir, et avant d'essayer d'aider les autres, j'essaie d'aller mieux moi. De relativiser, de comprendre mes douleurs, mes angoisses, c'est en réalisant ce chemin sur soit qu'on arrive à être mieux avec soit même, d'être heureux. Le fait de se droguer, c'est ne pas vouloir voir la réalité en face. Pourtant on a tous le droit de vivre, et d'être bien au fond de soit.

J'emploie tout le temps une phrase qui dit «  ne pas oublier d'être heureux », ça s'en rapproche non ?
Joe : Oui c'est exactement ça. Ne pas oublier d'être heureux.

Gojira dans le futur, vous souhaiteriez que ce soit quoi ? Vos projets a court, et moyen terme ?
Joe : Une tournée Internationale et beaucoup d'albums …

Vous aviez pour « Terra Incognita » travaillé un clip superbe, avec le fameux photographe Alain Duplantier, y aurait-il d'autres projets de courts métrages avec lui pour ce nouvel album?
joe : Oui faisons actuellement un nouveau clip avec Alain. Il sera prêt aux alentours de Mars prochain

 Et pour finir la question récurrente à toutes les interviews de Métalorgie. Que pensez vous du Surimi?
 Joe : Paradoxalement c'est bon et dégueux en même temps.

 Un dernier mot ?
Joe : Merci à toi
Jean Michel : merci à Métalorgie

Buffet Froid (Janvier 2006)

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