Alex CF (Fall Of Efrafa, Light Bearer, Morrow, Anopheli, ...) Par Email

Pouvoir interviewer l'un des artistes que l'on apprécie le plus et qui se révèle être, en complément, l'homme derrière de multiples projets que l'on écoute régulièrement (Fall Of EfrafaCarnist, Momentum, Light Bearer, ...), c'est un rêve de gamin qui se concrétise. Nous avons donc pu interviewer, par mail (la distance n'aide pas), Alex CF sur ses projets, ses anciens groupes, son travail d'artiste et son activisme.

Version anglaise plus bas / English version below


Hello Alex. Merci de m’accorder ce temps. Ta discographie est vraiment impressionnante, et c’est un honneur de pouvoir te poser quelques questions. Owsla est l’un de mes disques favoris et après toutes ces années, tu es toujours autant investi dans la musique qu’avant.
Anopheli me rappelle les premiers albums de Fall Of Efrafa. Est-ce que c’est dans la continuité ?


Anopheli a été créé comme un projet passionné, nous voulions marquer notre nouvelle amitié avec Brian, Josh et Jasmine, et concrétiser de façon permanente tout le temps à faire de la musique et sortir ensemble. Comme à l'époque j’étais déjà en train de créer Morrow, j'étais au début un peu dubitatif sur le fait de jouer de l'Emo Crust, mais j’ai vite réalisé que ce style de musique était quelque chose qui nous passionnait vraiment, et il était naturel pour nous de faire un disque qui nous rappelait ce lien. Il n’y avait aucune volonté délibérée de sonner comme nos anciens groupes, mais avec naturellement certaines similitudes apparaissent inévitablement lorsque vous jouez un genre que vous avez déjà exploré.

Certains des musiciens avec qui tu as travaillé ne sont pas en Angleterre. Comment t’organises-tu avec eux ?

Ce sont tous mes amis et les groupes en découlent. J’imagine peut être que de l’extérieur je donne l'impression de toujours créer de nouveaux groupes, mais ce n’est pas vrai. Ma vie est concentrée sur mes oeuvres et l’écriture. Les groupes sont un hobby, nous sortons, nous prenons du bon temps et faisons de la musique ensemble. Je l’ai dit de nombreuses fois, créer des projets partagés est une manière de maintenir les amitiés que l'on peut avoir un peu partout dans le monde. Cela garde ces gens dans ta vie.

J’ai l’impression que tu as joué peu de fois en France. Est-ce à cause d’un manque d’opportunité ?

Je pense que cela vient des circonstances, parfois on ne trouve pas de promoteur pour booker le concert, mais la plupart du temps c’est parce que je n’aime pas tourner, ce qui fait que nos tournées sont très courtes et commencent toujours en Allemagne, là ou notre label (et notre van de tournée) est basé.

Peux-tu parler un peu de Morrow, ton nouveau groupe ?

Morrow est un groupe d’Emo Crust, influencé par mes groupes précédents et des formations comme Ekkaia, Ictus, Madame Germen. Avec mon ami Dave nous avons écrit le premier album à deux. Depuis que nous avons sorti ce disque, nous sommes devenus un véritable groupe, avec nos amis communs Gerfried, Olly et Matthias, avec qui nous avons déjà collaboré au sein de divers groupes. Morrow et un autre de mes groupes appelé Archivist partagent une influence commune construite autour d’une sortie de mythologie post-civilisationnelle. Covenant of Teeth, notre premier LP est disponible en téléchargement gratuit sur notre bandcamp, où vous pouvez choper aussi une version du vinyle.

Tu bosses beaucoup avec Alerta Antifascista Records. Pourquoi avoir choisi ce label ?

Timo, qui gère Alerta, est un de mes meilleurs amis. Nous bossons ensembles sur tous les albums auxquels j’ai participé. C’est un soutien incroyable, très passionné et gentil. Lui, ainsi que Cory de Halo Of Flies Records, ont toujours été des soutiens et nous bossons ensembles depuis presque une décénnie. C’est incroyable qu’ils soient toujours avec moi !

Est-ce que tu aimerais être impliqué dans un projet radicalement différent sur le plan musical ? Quel style est-ce que ce serait ?

J’ai quelques projets sur lesquels je chante au lieu de hurler. En premier il y a Labunum, un sorte de projet Doom Folk que je partage avec Joe, l’ancien batteur de Light Bearer, et Eleleth, le groupe de Noise que je partage avec Michele de Gottesmorder, nous avons un projet sombre dans les tuyaux !

Est-ce que tu es proche des autres groupes ?


Bien entendu ! Je pense que pas mal de groupes gravitent les uns à côté des autres et finissent par partager non seulement des amitiés de longue date, mais également souvent des projets. Morrow est ainsi l’occasion de rassembler plusieurs « amis musicaux » et de créer un collectif bigarré. A l’école, quand on faisait du sport, j ‘étais toujours le gamin qui n’était pas choisi, alors maintenant je suis un partisan d’inclure tout le monde. Le Punk est une communauté !

Je pense personnellement que Dead To a Dying World a beaucoup de similitudes avec ce que tu fais. Est-ce que tu les connais ?

C’est marrant que tu en parles ! J’ai convaincu la plupart des membres de ce groupe de participer au prochain Morrow. Des gens adorables !

Avec les années, Fall Of Efrafa a laissé une empreinte forte dans la musique. Quelle est ta perception de tout cela ?

Je suis vraiment content que les gens aient apprécié le groupe, cela reste l’une des plus importantes parts de ma vie. Sur plusieurs aspects cela m’a sauvé d’une longue dépression, m’a appris à aimer le fait de partager un groupe avec des amis. Sa fin a été profondément troublante mais au final aussi appropriée. Je me suis battu avec cela pendant longtemps, mais j’ai appris à le voir comme un ensemble merveilleux. Ces gars seront toujours une partie de moi, mais c’est aussi bien de pouvoir en garder les choses que j'ai apprises et créer avec

L’artwork de Hellish de Carnist est esthétiquement violent et différent de ton travail précédent. Pourquoi avoir choisi celui-ci ?

Nous voulions montrer aux gens une vérité : manger de la viande a un coût très élevé et qui n’est jamais montré. La photo est grotesque, dans son affichage du meurtrier humain sans visage, le tragique manque de respect et la peur des cochons qui assistent au meurtre de leurs semblables. Je pense que j’ai rendu l’enfer de l’industrie de la viande assez éloquent.

Quand as-tu lu The Warren of Snares ? Est-ce que c’est un livre que tu lis souvent ?

The Warren of Snares est un chapitre de Watership Down, donc je présume que tu parles de Watership Down. J’ai lu le livre quand j’étais enfant, et je l’ai parcouru à nouveau quand j’étais dans le début de ma vingtaine. Je suis un passionné de mythologie animale, quelque chose que je partage avec ma mère. Elle était très vive. Ma soeur et moi lisions beaucoup quand nous étions enfants. Elle m’a lu le Silmarillion quand j’avais 10 ans ! Je suppose que Watership Down a laissé une marque en moi. Plusieurs années avant Fall of Efrafa, Steve était en train de lire le livre pendant que nous étions en tournée avec son ancien groupe. Je me souviens avoir soulevé que nous devrions baser une groupe dessus un jour. Plusieurs années plus tard, avec lui en tant que guitariste, cela se concrétisa !

Tu sembles très créatif et productif, mais tout en restant disponible. Quelle est ta relation avec l’art ?

Je dessine tous les jours ! C’est ma carrière ! J’ai une relation très positive avec cela, mais bien entendu c’est très dur de vivre de l’art, donc je dois constamment créer et réinventer. J’ai constamment peur de ne pas en faire assez. C’est une conséquence du fait que j’ai vraiment été malade pendant quasiment toute ma vingtaine et que j’ai dû combattre la tentation de tout abandonner. Il y aurait sans doute d’avantage à raconter là-dessus, mais ouais, l’essentiel c’est de continuer à dessiner, de continuer à faire et de ne jamais se rendre !

"Je pense que souvent les gens oublient qu’un groupe est avant tout un rassemblement de personnes. "

Tu vas sortir un livre « Seek the Throat from which we sing ». Est-ce que tu peux nous en parler ?

Ma passion pour la mythologie animale a culminé au point de créer mon propre univers avec lequel je peux jouer. J’ai commencé à écrire il y a 4 ans. J’imagine que c’était une progression naturelle, la plupart de ces dessins se transformant en ces personnages animaux, créant des religions et idéologies pour eux,. J’ai construit un monde autour de tout cela. Le livre est un conte sur comment les cultures animales rivalisent pour leur propre volonté sous le trône croulant de l’homme. Le premier livre de la série, « Seek the Throat from which we sing », est actuellement en précommande.

Quels sont les artistes qui t’ont inspiré dans le dessin ? J’ai lu que tu parlais de Brian Froud.

Oui, Brian Froud est une grosse influence. Il y a aussi Arthur Rackham etGustave Doré. Je pense qu’il y a une grosse différence entre dessiner et aimer l’art. J’ai tendance à ne pas suivre les artistes qui dessinent dans une veine proche de la mienne. Intellectuellement, le plaisir de dessiner occupe pour moi une place particulière et mes influences graphiques viennent généralement d’idées d’histoires, ou de représentations de l’anatomie animale. 


Tu es plutôt connu pour ton travail en tant que musicien plutôt que ton travail en tant que dessinateur, pour posséder la collection Merrylin ou ton activisme Vegan. Est-ce que c’est difficile de tout gérer ? Est-ce qu’il y a des liens entre chacune de tes activités ?

Je pense que la plupart du temps ce sont des cercles très différents qui aiment les différents aspects de ce que je crée. Peut-être que ceux qui aiment les groupes dans lesquels je joue n’apprécient pas forcément mon musée de monstres ! Ironiquement, la collection Merrylin est peut-être le projet auquel j’ai consacré le plus de temps. Durant les quatre dernières années, j’ai consacré tout mon temps dessiner et à écrire, en passant constamment de l’un à l’autre. Ce n’est pas dur de faire plein de choses différentes, il suffit de considérer chaque jour comme un nouveau projet. Il y a toujours quelque chose de fun à faire ! 


Est-ce que tu voudrais créer un nouveau groupe avec un projet basé sur un livre ? Comme China Mieville (tu as parlé de lui sur ta page Facebook). Par exemple, l’Ile des Condamnés de Stig Dagerman ?

Le nom Anopheli vient d’un livre de China Mieville, mais non je ne créerai plus aucun groupe rendant hommage à des livres ! Je souhaite me concentrer sur la création de mes propres histoires.

"A bien des égards, j’applique ce que je ressens à ce que je fais chaque jour, artistiquement parlant et dans la manière dont je communique avec ceux qui aiment ce que je crée. "

Quand je regarde ton travail, je ne peux pas m’empêcher de penser à la Ferme des Animaux de George Orwell. Est-ce que tu l’as lu ?

Oui, en première lecture c’est un livre fantastique avec des animaux, mais en réalité c’est une métaphore abordant la révolution, le fascisme, le capitalisme… C’est un livre très intelligent.

Tu as joué dans plusieurs groupes : Fall Of Efrafa, Momentum, ArchivistCarnist, Anopheli … Mais derrière chacun il y a peu de sorties. Est-ce que c’est un choix ? J’ai le sentiment qu’il y a une histoire ou un concept au centre de chacun de tes projets. Le reste, avec la musique, arrive ensuite. Est-ce que j’ai raison ?

Je pense que souvent les gens oublient qu’un groupe est avant tout un rassemblement de personnes. En fin de compte les motifs derrière la fin d’un groupe ou amenant à une fin proche n’ont rien à voir avec une personne. Le seul groupe qui s’est délibérément terminé était Fall of Efrafa. Les autres groupes se sont terminés à cause de différences d’opinions ou parce que nous étions fatigués du style de musique que nous jouions et que voulions faire quelque chose de nouveau ! Lorsqu’une histoire est à la base d’un groupe alors souvent les deux se terminent en même temps. Jusqu’à maintenant cela ne m’est arrivé qu’avec un seul groupe.

Qu’est ce qui t’a fait devenir Vegan ? C’est le sujet du dernier EP de Carnist, de Momentum ou du morceau « No Longer Human » de Fall of Efrafa n’est-ce pas ?

Propagandhi m’a fait devenir Vegan. J’écoutais « Less Talk More Rock » et la phrase « Meat is still Murder, Dairy is Still Rape, I’m still as stupid as anyone but I know my mistakes, I have recognised one form of oppression now I recognise the rest, lives too short to make others shorter ». C’était le point déterminant : réaliser que tu es d’accord avec cette déclaration et donc soit tu l’ignores et d’une certaine manière tu te laisses aller, soit tu l’acceptes et tu épouses cette cause.

Tu parles d’Humanité, de la condition animale mais aussi de thèmes sociaux. Est-ce que tu es, en plus d’être un artiste, engagé dans ces causes ? J’ai vu que tu avais participé au London Animal Free Fest par exemple. Est-ce que, pour toi, la musique doit porter un message social dans tes morceaux ?


Je suis passionné par les droits animaux. J’essaie de faire des projets pour aider à faire avancer ces idées. Je tiens un projet de vêtements appelé Animal Allies : je fais des t-shirts avec des slogans Vegan et je reverse de l’argent à des associations caritatives. Cela fait presque 5 ans que je fais cela et j’ai ainsi collecté pas mal d’argent. Les groupes sont une bonne manière de porter des messages sur les droits animaux, le Punk définit mieux mes pensées politiques, donc je pense que c’est une manière de passer le flambeau. Je ne pense pas que le Punk prêche des convertis, ou qu’il rabâche sans cesse le même message. Etre Punk, c’est introduire ces idées aux nouvelles générations. 


Comment es-tu arrivé à la musique ?

Je suis arrivé dans la musique par ma petite soeur, et j’ai découvert le Punk quand j’étais adolescent. J’ai eu des phases Skate Punk, Anarcho Punk, Crusty Punk et même Metal (!) mais certains groupes Punk m’ont toujours collé à la peau. Le Punk est vital pour moi, même si certains jours je n’écoute que de la Pop Ambient et du Post Rock. A bien des égards, j’applique ce que je ressens à ce que je fais chaque jour, artistiquement parlant et dans la manière dont je communique avec ceux qui aiment ce que je crée.

Dernière question, quelle est ta bière favorite ?

Je ne bois pas, donc je prendrais de l’eau s’il te plait !

Version Anglaise

Hello Alex. Thanks for your time. Your discography is very impressive, and it’s an honor to ask you some questions. Owsla is one of my favorite album and after all these years, you’re as involved in music as before.
Anopheli reminds me of first Fall of Efrafa’s album. Is that it is the continuity ?


Anopheli was created as a passion project, we wanted to mark a new friendship between myself and Brian, Josh and Jasmine, a permanent record of a time spent making music and hanging out. I was initially unsure about playing emo crust, as I was already trying to start Morrow at the time, but soon realised that this style of music was something we were all very passionate about and so it was natural for us to make a record which reminded us of that connection. There was no deliberate desire to sound like past bands, but the nature of playing a genre you have played before, it will inevitably sound similar!

Some musicians with whom you worked are not in England. How organized are you with them?

They are all my friends and the bands extend from this. i guess maybe from the outside it appears that I am always doing bands, but its not true, my life is very much about my artwork and writing. Bands are a hobby, we hang out, we have fun and make music together. I have said this many times, but friendships with people all over the world, creating shared projects is a means to maintain those friendships, it keeps those people present in your life.

I feel you played a very few times in France. Is it because a lack of opportunities ?

I guess it just comes down to circumstance, sometimes we can’t find promoters to book shows, but most of the time its because I don’t like to tour, and so our tours are very short and always start in germany, where our label (and tour van!) is based.

Can you talk about Morrow, your new band ?

Morrow is an emo crust band, influenced by my previous bands and stuff like Ekkaia, Ictus, Madame Germen. The first record was written by my good friend Dave and I, and since we released this record, we have now become a full band, with our mutual friends Gerfried, Olly and Matthias, who we share many bands with! Its influenced by a kind of post civilisation mythology, a story shared between Morrow, and another band called ArchivistCovenant of Teeth was our first LP and thats available to download for free on our band camp and you can pick up a copy of the vinyl too.

You work a lot with Alerta Antifascista Records. Why did you choose this label ?

Timo, who runs Alerta is one of my best friends. We’ve worked together on all of the albums I have been involved in. He is incredibly supportive, a very passionate and kind man. Him, along with Cory at Halo of Flies records have always been very supportive and having worked with them both for almost a decade, its amazing that they still put up with me!

Would you like to be involved in a project that is musically radically different? What style would it be?

I have a few projects where I will sing instead of scream, first will be Laburnum, a kind of doom folk project I share with Joe, the former drummer of Light bearer, and Eleleth, the noise band I share with Michele of Gottesmorder, we have a dark radio play in the works!

Are you close with other bands?


Of course! I think bands always gravitate towards one another, and end up sharing not only lifelong friendships, but often share creative endeavours too. Morrow was actually a chance to bring together a lot of other musical friends and create a collective of sorts. I was always the kid who didn’t get picked during sports, so I am very much a fan of including everyone. Punk is community!

I personally think that a Dead To A Dying World has a lot of similarities with what you do. Do you know them?  

Funny you should mention them! I think I have convinced the whole of that band to feature on the next Morrow record! Lovely people.

With the years, Fall of Efrafa has left a strong mark in music. What’s your perception about this ?

I am very glad people enjoyed the band, it will remain one of the most important parts of my life. In many ways it saved me from a long depression, taught me the love of sharing a band with friends, its end was deeply upsetting but also fitting. I wrestled with it for a long time, but have grown to see it as a wonderful whole. Those guys will be part of me forever, but its also good to take what i learned from it and do new things with it.

CarnistHellish artwork is aesthetically violent, and different of your previous work. Why did you choose this one ?

We wanted to show people a truth, and that truth was that eating meat holds the highest cost, and that cost is always shielded from people eyes. The photo is grotesque, in its display of the faceless human murderer, the tragic lack of respect, the fear of the pigs who have to witness their fallen comrade. It communicate the hell of the meat industry quite eloquently I think.

When did you read « The Warren of Snares » ? Is it a book you read often ?


The warren of snares is a chapter in watership down, so i assume you mean watership down? I read the book when I was a child, and revisited it when I was in my early 20’s. I have a great passion for animal mythology, something i share with my mother. She was very keen my sister and I read a lot when we were kids. She had me reading the Silmarillion by the time I was 10! I guess Watership down left a mark on me. Many years before FoE, Steve was reading the book when we were on tour with his former band. I remember remarking that we might base a band on it one day. Years later he would become the guitarist, and we did just that!

You seem to be very creative and productive, while remaining very available. What’s your relationship with art ?

I draw every day! Its my career! I have a very positive relationship with it, but of course it is very difficult to make a living from art, so I have to constantly create and reinvent. I have a constant anxiety that I don’t do enough, which stems from being ill much of my early 20’s, and having to fight the desire to give up. Thats perhaps a much bigger story to tell, but yeah, keep drawing, keep making, never surrender!

"I think often people forget that a band is made up of a group of people. "

You will release a book « Seek the Throat from which we sing ». Can you tell about it ?

My passion for animal mythology culminated in creating my own universe to play with. I began writing the book about four years ago. I guess it was in many ways a natural progression, much of my drawing turned to these animal characters, creating natural religions and ideologies for them, and I constructed a world around them. The book is a tale of how animal cultures vie for their own will under the crumbling throne of humans. The first book, in a series, “Seek The Throat From Which We Sing” is available to pre order now!

What are the artists that inspired you in you drawing work ? I read about Brian Froud. I see you drawn animals.

Yeah Brian Froud was a big influence, Arthur Rackham, Gustave Dore. I think there is a big difference between drawing and liking art, I tend to not follow artists who draw in a similar vein to me, the pleasure of drawing occupies a very particular part of my brain, and my influences for drawing usually come from story ideas, or studying animal anatomy.

You’re most know for your work as musician than your work as an illustrator, for having the Merrylin collection or vegan activist. Is it hard to manage all ? Is there any links between each activity ?

I think its more of a case that different groups of people like different aspects of what i create, perhaps those who like the bands I am a part of, wouldn’t necessarily like the my museum of monsters! Ironically the Merrylin collection is perhaps my biggest and most time consuming project in my life, has seen mutiple exhibitions and has been my main focus over the years. In the last four years I have switched my focus to drawing and writing full time. Its not hard to do lots of different things, each day is a new project, something fun to make!

Would you create a new group with a new concept based on a book ? Like China Mieville (you talk about him on your Facebook page). For example, Island of the Doomed by Stig Dagerman ?

The name Anopheli is taken from a China Mieville book, but no I won’t be creating any bands paying homages to books anymore! I think I will focus on creating my own stories!

"In so many ways I apply how I feel about it to what I do every day, with my art, how I communicate with those who enjoy the stuff i create. "

When i look at your work, i can’t stop thinking about « Animal Farm. A Fair Story » by George Orwell. Did you read it ?

Yes, in a way this is an animal fantasy book, despite it being a telling metaphor for revolution, fascism, capitalism etc. Its a very clever book.

You played in various bands : Fall Of Efrafa, Momentum, ArchivistCarnist, Anopheli, … But each band had few releases. Is it a choice ? I have the feeling that a concept or a story is always at the core of each of your projects. The rest including the music just follows. Am I right? 

I think often people forget that a band is made up of a group of people and that ultimately the reasons for a band ending or drawing to a close are not to do with one person. The only band that ended deliberately was Fall of Efrafa. Other bands ended because of difference of opinion, or because we felt we had exhausted that genre, and wanted to do something new! If its a story based band then often the story ends and so does the music. So far that has only happened with one band.

What makes you become Vegan ? It’s the subject of Carnist last EP, Momentum or Fall Of Efrafa’s song « No Longer Human », isn’t it ?

Propagandhi made me a vegan, I was listening to “less talk more rock” and the line, “meat is still murder, dairy is still rape, I’m still as stupid as anyone but I know my mistakes, I have recognised one form of oppression now I recognise the rest, lives too short to make others shorter’ that was the turning point, it was realising that you agree with a statement and so you either ignore it and let yourself down, or you embrace it.

You speak of Humanity, the animal condition but also social themes. Are you, besides your being an artist, involved in theses causes ? I see you were part of London Animal Free fest for example. For you, must music carry a social message in your songs ?

I am passionate about animal rights, I try to do projects that help to forward those ideas. I run a clothing project called Animal allies, I make vegan slogan t shirts and donate money to charity. thats been going for about five years and has raised quite a lot of money. Bands are a good way to convey animal rights messages, punk defined much of my personal politics, so I guess in a way its passing the torch on to other people who have discovered punk. I don’t think punk preaches to the converted, or that the message is needlessly repeated - its about introducing those ideas to new generations.

How did you came into music ?


I got into music through my little sister, and discovered punk when I was a teenager, there are bands that have stuck with me through my skate punk, anarcho punk, crusty punk phases, and my sojourn into metal! Punk is a huge vital part of me, even if some days I listen to nothing put ambient pop and post rock, and in so many ways I apply how I feel about it to what I do every day, with my art, how I communicate with those who enjoy the stuff i create.

Last question, what’s your favorite beer ?

I don’t drink, so I will have a water please!

Euka (Septembre 2016)

Un grand merci à Alex CF pour sa rapidité, sa disponibilité et tous les visuels fournis (toutes les photos et illustrations). Pour voir sa page Facebook, c'est par ici. Pour son shop, c'est par là.

Et merci à rwn pour son aide et ses questions !

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