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Weaksaw Par Email

A l'occasion de la sortie de leur nouvel opus The Wretched of the Earth, Metalorgie a pu échanger quelques mots avec Erwan, guitariste au sein de Weaksaw. On va parler de l'enregistrement de cet opus, de bière, mais aussi de l'évolution du combo depuis ses débuts.

Hello les Weaksaw. Pas mal de chemin parcouru depuis vos premières chroniques sur le site. Comment allez-vous depuis toutes ces années ? Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

On est en pleine forme, le poil est soyeux, l’œil vif et la truffe humide ! On est un groupe de metal originaire de Montpellier, on existe depuis 2008 et on joue une sorte de mélange de trucs grassouillets et « atmosphériques ». On a sorti une démo, 2 Ep et 2 albums, le dernier en date, The Wretched of the Earth, est sorti le 27 mai chez Lifeforce Records.

Vous avez signé chez Lifeforce Records. Comment s’est passé pour la prise de contact avec eux ? Etait-ce différent des labels précédents ?

On a tout simplement utilisé leur formulaire de soumission de démos, et ils nous ont répondu qu'ils voulaient en entendre plus. À partir de là tout s'est fait très naturellement, et on a rapidement reçu une première version du contrat discographique. Lifeforce est une structure avec de l'expérience, et c'est la première fois que nous avions sous les yeux un véritable contrat, dans lequel le label s'engage réellement auprès de WeaksaW, ce qui est rarissime pour un groupe « underground » comme le nôtre. On est très fiers de pouvoir sortir The Wretched of the Earth, qui représente un énorme travail de plus de 4 ans, dans de bonnes conditions.

Comment avez-vous abordé la composition de The Wretched of the Earth ? Est-ce que vous avez changé votre manière de bosser depuis les premières années ?

Il y a eu énormément de pré-productions pour cet album, une soixantaine de chansons, sur une période de 4 ans. Un sacré paquet de matériel donc, qu'on a trié. On a sélectionné les chansons qui nous semblaient s'inscrire le mieux dans notre démarche pour cet album, et on a commencé à les jouer en répètes, à les arranger tous ensemble. C'est peut-être ça la nouveauté pour WeaksaW, ce travail d'arrangement en commun, qu'on avait esquissé sur James Huston Jr et qui a pris de l'ampleur sur The Wretched of the Earth. Les parties chants se sont mises en place petit à petit et les paroles ont suivi.

Quels souvenirs gardez-vous de la release party du disque avec Dead Cowboy’s Sluts ? 

Des souvenirs flous, éh éh ! C'était une soirée d'écoute, et je pense que ça nous a un peu frustré de pas faire un concert plutôt. Mais on bosse là-dessus, on veut revenir jouer sur Paris, ça fait trop longtemps ! Sinon c'était une très bonne soirée, on a pu découvrir le dernier album des DCSObedience, qui est vraiment excellent, et on a bu des coups avec un paquet de gens cool, que demande le peuple !

Quel sens donnez-vous à ce nouveau titre ? Est-ce un album avec un thème comme pour James Juston Jr ?

« The Wretched of the Earth » tourne autour du thème de l'oubli, des oubliés de l'Histoire et aborde en particulier les recoins sombres de celle-ci, des faits qui sont passés à la trappe. « The Wretched of the Earth » est la traduction de « Les Damnés de la Terre », qui est le titre du dernier livre de Frantz Fanon, un essai anticolonialiste écrit en pleine guerre d'Algérie, préfacé par Sartre et interdit à sa sortie.
L'album n'a pas de concept à proprement parlé, c'est plutôt une suite de récits, réels ou fictifs, liés par cette référence à l'oubli, Zabveniye en russe. Certaines des chansons marchent par deux, comme « Natoma » et « Whitetip », ou encore « Zabveniye pt.1 » et « Zabveniye pt.2 », et peuvent présenter deux facettes de la même histoire, ou deux points de vue différents sur ladite histoire.

« XYY » est votre premier clip je crois, comment s’est passé le tournage et cette nouvelle expérience pour vous ? (lien)

Oui, XYY est notre premier vrai clip. On avait déjà tourné des playthroughs, des clips live, mais on avait toujours renâclé quand il s'agissait de tourner un clip scénarisé, avec des acteurs, on trouve que le résultat est souvent ultra cheap si on n'y met pas les moyens et qu'on ne bosse pas avec un réalisateur qui maîtrise son sujet. La question s'est donc posée pour ce nouvel album : est-ce qu'on franchit le pas, et surtout qu'est-ce qu'on a envie de montrer ? On essaie de garder une maîtrise totale de l'image du groupe, en soignant nos vidéos à chaque fois, et on s'est donc dits qu'on allait tourner ce premier clip tout seuls comme des grands, en se dirigeant vers quelque chose de sobre mais travaillé, comme ce qu'on a essayé de faire avec notre musique et l'artwork de l'album. C'est donc Tristan (chant) qui a réalisé le clip, c'est également lui qui a filmé et monté tous nos studio reports. On a loué un super lieu, un théâtre dans lequel on pouvait avoir un grand espace noir, et on a bossé avec un très bon éclairagiste, en composant des lumières pour chaque plan. On est très contents du résultat, ça n'a rien d'original mais on trouve ça sobre et esthétique, c'est ce qu'on avait en tête au départ.
On va sortir pas mal de vidéos pour cet album, en essayant à chaque fois d'y apporter le même soin.  

Est-ce que cela vous arrive de réécouter vos premiers titres ? Comment les voyez-vous avec le recul ?

On buvait un petit coup chez moi, y'a pas si longtemps, juste avant l'enregistrement de Wretched il me semble, et on s'est fait une session nostalgie. On a réécouté la première démo, 13x13, le premier Ep, The Overture et l'album éponyme (vous pouvez chopper tout ça sur notre bandcamp). On a bien rigolé, y'a certains titres qui sont vraiment sauvages, avec des structures et des tempos improbables. Plus ça va, et plus notre écriture s'est épurée, les tempos sont redescendus et les structures tendent vers la simplicité, avec une volonté plus « musicale », une façon plus directe d'exprimer réellement ce qui nous passe par la tête. Mais il y a pleins d'anciens titres qu'on aimerait reprendre, réarranger. On a commencé à le faire avec « Oil Slick », une chanson du premier album, dont on a joué une version remaniée lors de notre release party à Montpellier. On aimerait beaucoup réenregistrer des vieux titres, comme « My Own Necropolis », et sortir un petit Ep à la cool, mais comment trouver le temps ? On garde ça dans un coin de notre tête en tout cas.

Votre line-up n’a pas bougé me semble-t-il depuis 2008. Comment arrivez-vous à rester ensembles depuis ces années ?

Le line up n'a même jamais bougé. Léo (guitare) et Bryan (batterie) ont commencé à bosser sur du répertoire à l'été 2007, Charles (basse) et Tristan (chant) les ont rejoint à l'automne, et je suis arrivé dans la foulée, le groupe prenant sa forme définitive début 2008. Je pense que ce qui fait la longévité de ce line-up, c'est qu'on a toujours tous regardé dans la même direction. Artistiquement et humainement, je pense qu'on a les mêmes envies et les mêmes « valeurs », même si c'est un terme que je n'aime pas. WeaksaW, c'est un travail de fond depuis le début, avec une ligne artistique dure, on a franchi les étapes lentement, et il nous reste encore énormément de chemin à parcourir, et pour l'instant personne ne s'est découragé, alors que c'est un milieu musical qui peut générer beaucoup de frustration, rien n'est simple. Mais je pense qu'on a tous la même passion, et tant qu'on sera excités à l'écoute des nouvelles pré-productions et qu'on aura hâte de jouer tout ça en répète, ça continuera comme ça.

"On a mis tellement d'énergie, de temps et de moyens dans cet album, on tenait vraiment à ce qu'il sorte dans de bonnes conditions. "

Vous avez gardé un logo avec ces racines depuis ces années, quelle en est la symbolique ?

L'arbre est apparu assez rapidement, sur la pochette de The Overture, en 2009, et tout notre univers esthétique s'est développé autour. Au point qu'il finisse par atterrir directement dans notre logo. C'est un choix purement visuel au départ, qui a fini par faire partie de l'identité du groupe au fil des années.

En quelques mots, comment donneriez-vous envie à quelqu’un d’écouter votre album ?

"Je te jure qu'il n'y pas de chant clair, promis". "Ce disque possède des chansons de type écoutable". "Le chanteur a des écarteurs et on joue sur 7 cordes, ne sommes-nous pas au sommet de l'avant-garde Jean-Luc, je te le demande ?".

Quelles sont vos influences sur The Wretched of the Earth ? Est-ce qu’elles ont évolué depuis vos débuts ? Je me souviens avoir fait le rapprochement avec Eyeless au début. Tristan, quelles ont été tes influences pour les lignes vocales ? Ton chant semble plus massif que sur les précédentes sorties.

Les influences sont vastes sur Wretched, c'est une sorte de distillat de tout ce qui nous a marqué musicalement depuis qu'on a créé ce groupe. ça va de Hate Eternal à This Will Destroy You en passant par Deftones et Gojira, en essayant de trouver de la cohérence et du sens dans notre façon de nous exprimer à travers notre musique, tout en gardant ce côté « droit dans le mur » et immédiat qu'on affectionne.
Ce qui a pu changer par rapport à nos débuts, c'est peut-être le fait que ces influences soient moins facilement identifiables à l'écoute de ce nouvel album. Sur nos premiers Eps et démos, tu sentais très clairement l'ombre d'Hatesphere, de Lamb of God ou encore d'Eyeless effectivement, groupe qu'on apprécie énormément. J'ai l'impression que c'est un peu plus compliqué de nous comparer clairement à une autre formation de metal avec Wretched. Peut-être que je me trompe hein !

Tristan : je ne sais pas si on peut parler d'une influence en particulier, j'écoute beaucoup de styles de musique différents et j'essaie de poser les lignes de chant à l'intuition en fonction des paroles et de ce qu'elles peuvent provoquer chez moi.
Le temps passe et je découvre de plus en plus de groupes et de très bons chanteurs qui motivent toujours plus à progresser.
J'ai beaucoup travaillé l'aspect technique de la voix sur cet album grâce aux précieux conseils de Pierre Rodriguez (coach vocal à Marseille ), ce qui ma permis de pousser plus loin mes limites et donc la créativité qui va avec.

Pourquoi avoir choisi Mark Lewis pour la prod, le mixage et le mastering ? Certains de ses disques vous avaient marqués ?

C'est l'envie d'être encadrés par quelqu'un avec de l'expérience qui a déterminé ce choix, quelqu'un capable de valoriser les années de travail qui avaient été nécessaires à l'écriture de cet album. Le nom de Mark Lewis est revenu à de nombreuses reprises dans la discussion, on avait beaucoup aimé le son plus naturel des derniers Whitechapel, le travail qu'il venait d'accomplir sur A Skeletal Domain de Cannibal Corpse, et la production incroyable de l'album éponyme de Bury Your Dead sur lequel il avait bossé avec Jason Suecof. On l'a contacté, on lui a fait écouter des démos de l'album et il a accepté de bosser avec nous.

Vous avez enregistré une partie de l’album en Floride (la partie batterie) et le reste en France, est-ce un choix délibéré ou alors un concours de circonstance ?

C'est un choix délibéré. Mark voulait enregistrer les batteries dans la room du Audiohammer, parce que cette salle sonne incroyablement bien et qu'ils bossent avec un super drum tech. C'est Jason Suecof qui a enregistré les batteries, Mark était encore sur le Coal Chamber qui avait pris du retard. Il nous a proposé d'enregistrer les cordes et la voix en France, chez nos potes des Chicken Coop Studios, pour des questions de budget. On l'a donc accueilli chez nous pendant 3 semaines en février 2015, c'était bien fun de passer du temps avec lui, de lui faire visiter les innombrables bars de Montpellier. On a énormément appris à son contact, il s'est impliqué à fond dans le processus, allant jusqu'à jouer quelques parties de gratte sur Wretched. C'était l'expérience la plus formatrice qu'on ait vécu en tant que groupe jusqu'à maintenant.

"Il faut qu'on tourne pour défendre Wretched sur scène, on va mettre notre énergie là-dedans pour la fin 2016/début 2017. "

Vous avez pu être interviewés par des Suédois et l’album semble avoir eu pas mal de retours très positifs (Metallian par exemple). Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir une reconnaissance qui croît sur ce nouvel opus ?

On est vraiment satisfaits que Wretched bénéficie d'une meilleure exposition médiatique que nos précédents opus, grâce au travail de Lifeforce. On a mis tellement d'énergie, de temps et de moyens dans cet album, on tenait vraiment à ce qu'il sorte dans de bonnes conditions. C'est vraiment valorisant de répondre à des questions pour des médias allemands, suédois, italiens, français... Le retour de Metallian a été une excellente surprise, je crois me souvenir qu'ils avaient démoli le premier album, c'est donc d'autant plus agréable à lire ! On va continuer le travail dans ce sens, on est très fier de cet album et on veut le faire écouter à un maximum de personnes.

La question que j’aime poser : Qu’est ce qui tourne en ce moment chez les membres de Weaksaw ?

De mon côté, j'écoute pas mal le dernier album d'une rappeuse suisse bien énervée, La Gale, le dernier ep de San Salvador, des potes limousins qui font une polyphonie bien sauvage, en occitan (lien), Obedience, le dernier album des Dead Cowboy's Sluts (lien) et Apus, le nouvel album de The Schoenberg Automaton, du tech death australien (lien). Ah, et le dernier Moderat aussi,III.
En ce moment, Charles (basse) écoute Zack Brown Band, un groupe de country bien costaud et particulièrement délicieux, et Bryan (batterie) est à fond de Dance Laury Dance du drunkrock de Montréal.
Du côté de Léo (guitare), c'est le dernier Blink 182 California, le premier EP de CocaïneJesus Safety et Tycho l'album Dive en boucle, et pour Tristan ce sont les derniers Oathbreaker, Yob et Verdun.

Après ce nouvel opus, quels sont vos prochains projets ?

Il faut qu'on tourne pour défendre Wretched sur scène, on va mettre notre énergie là-dedans pour la fin 2016/début 2017. On va filmer pas mal de vidéos également, on a beaucoup d'idées et on va essayer de les mettre en pratique petit à petit. Pour la suite, on verra, on a déjà commencé à écrire de nouvelles choses, mais rien ne presse de ce côté-là.

Erwan, il me semble que tu as un projet avec des chants en occitan. Peux-tu nous en parler ?

Je joue actuellement dans deux groupes qui chantent en occitan, Lo Barrut, de la polyphonie avec des percussions trad (lien), et Uèi, un projet assez barré qui mêle polyphonie et électro, le tout joué sur des percus fabriquées maison (lien). C'est un groupe tout neuf, très ambitieux, avec une grosse prise de risque technique et artistique, bref, je m'ennuie pas quoi ! Allez jeter un oeil (Lo BarrutUèi). Y'a d'autres projets autour de l'occitan qui verront le jour en 2017, on va rigoler.

Et la dernière question, celle qui est totalement inutile : quelle est la meilleure bière pour vous ?

Mais c'est une excellente question, parce que ça me permet de parler du Black Sheep ! Le Black Sheep c'est un bar de Montpellier, et c'est l'un des derniers endroits en centre-ville, avec le Black Out, où on peut encore organiser des concerts de metal. La salle de concert est vraiment cool, l'équipe est très pro et on y boit une quantité phénoménale d'excellentes bières. De là à choisir laquelle mérite de finir sur le podium, difficile... Je bois pas mal de Chouffe Soleil en ce moment, une blonde nickel pour l'été, et sinon de la Vedett IPA à la pression, un breuvage qui ne veut que du bien à ton corps. Bref, une victoire totale de nos amis belges de mon côté !

Euka (Août 2016)

Un grand merci à Erwan pour l'interview.

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