Albums du moment
Pochette Sky Void Of Stars
Pochette Ocean
Pochette Fog Infinite Pochette Gris Klein
Chroniques
Pochette Myriad
Pochette Enigme
Pochette Sun Sect Pochette Italian Folk Metal

Bongripper Ferrailleur Nantes, 2016

En cette fin mai, on accueillait pour la première fois en France, Bongripper au Ferrailleur de Nantes dans le cadre des Stoned Orgies. L'occasion pour nous de discuter après le concert avec Nick Dellacroce (Guitare) et Ronald Petzke (Basse) de revenir sur leur dernier album Miserable, mais aussi de brasser plus large sur les désormais plus de dix ans d'activité du groupe, de parler de leurs influences, leur manière de composer...

Bonjour à vous ! C'est votre premier passage en France, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Nick : Eh bien on a tous un boulot et un loyer à payer. (rires)
Ronald : On a déjà eu l'occasion de jouer une ou deux dates en Europe mais c'est là on est en congés et c'est la première fois que l'on fait huit dates à la suite ici, une sorte de mini-tournée Européenne si on veut.

Et avec vos boulots vous avez de quoi jouer deux ou trois semaines complètes par an ?

R : Oui, en fait Nick et moi on travaille pour Reverb.com, un site d'achats en ligne dédié à la musique, et ils sont assez cools avec les musiciens mais on a tous que deux ou trois semaines de libres par an. 
N : Je n'avais que deux semaines avant, mais on fait avec ce qu'on a.

Vous avez joué au Roadburn 2012 et 2015. La première fois vous avez joué Satan Worshipping Doom en entier et trois ans plus tard c'était le tour de Miserable. Etait-ce une demande particulière du festival ?

R : Oui c'était à la demande du festival car jusque-là nous ne jouions jamais le morceau Doom de Satan Worshipping Doom à cause de toutes les couches de sons qui sont présentes sur l'album donc nous devions apprendre à recréer tout ça. Je pense qu'on s'en est pas trop mal sortis malgré quelques problèmes techniques. 
N : J'ai raté deux trois choses...
R : On était capables de bien le jouer mais le jour J on a eu quelques bavures donc on va mettre ça sur le compte de l'équipement. (rires)

Ca vous prend du temps de répéter pour le live ?

R : Ca va, Doom par exemple est un titre qui contient seulement deux parties et c'est plutôt facile à jouer, il faut surtout arriver à s'en rappeler entièrement et à faire sonner le morceau comme sur l'album avec ces sons qui s'empilent. Et pour ça on s'en est sortis avec des pédales d'effets. 

Quatre ans se sont écoulés entre Miserable et l'album précédent, c'était difficile d'écrire de nouveaux morceaux ?

R : Pas vraiment, une fois qu'on est lancés ça se fait tout seul. Le truc c'est qu'on répète une fois dans la semaine, et quand on a un concert en approche par exemple, on s'y prépare et on est obligés de laisser la composition de côté pendant un moment. 
N : C'est la difficulté avec notre groupe, on doit assez souvent laisser des compositions en suspend pour des raisons diverses.
R : On travaille sur un nouvel album en ce moment, il sortira... un jour.

Comment faites-vous pour ne pas paraître répétitifs ?

R : On essaye de ne pas l'être, donc merci de penser cela ! Parce qu'en réalité on n'utilise que deux notes !

Est-ce que vous réécoutez vos albums précédents pour vérifier ?

R : On le sentirait si on se mettait à jouer quelque chose qu'on a déjà composé, ce serait facile à repérer. Mais honnêtement j'écoute très peu d'autres groupes de Doom, on essaye au maximum de les garder à distance et de tirer nos influences d'autres genres.



Comment se déroule la composition d'un album de Bongripper ? Vous commencez par des riffs ? De plans de batterie ?

N : En général on commence avec un riff oui puis on construit autour.
R : On essaye de voir un peu où ce riff nous mène, ou parfois ça part simplement d'une idée comme « Oh j'ai envie de faire une partie en mesure ¾ » et on voit comment mettre ça en place.

Votre son est à la fois profond et lourd, et ça fait partie de l'identité du groupe. Passez-vous beaucoup de temps à le travailler ?

R : C'est un travail permanent depuis onze ans à vrai dire. Il m'a fallu huit an dans le groupe avant que je ne puisse à peu près apprécier notre son. Je pense que maintenant on s'en sort à peu près entre tous nos amplis et nos pédales mais ça a mis du temps.
N : Est-ce que vous jouez d'un instrument ?

Oui un peu.

N : Voilà, vous ne pouvez jamais être complètement satisfaits de votre son, et vous êtes tout le temps à la recherche de ce qui pourrait être encore mieux.

Sur certains de vos albums, on pourrait penser à du jam. Est-ce le cas ?

R : Oui beaucoup sur nos premières sorties. Par exemple, quand nous sommes allés en studio pour The Great Barrier Reefer, on avait simplement trois riffs. Au début c'était juste pour voir si on y arriverait et on est ressortis avec 80 minutes de musique. C'était juste pour se marrer au début, et ce n'est qu'à partir de Satan Worshipping Doom qu'on a commencé à avoir nos morceaux clairement établis. Après sur Worship notamment, la guitare lead était prête mais pendant quelques mesures j'ai joué quelque chose de différent avec Dennis et les autres m'ont dit de trouver quelque chose à faire avec ces quelques mesures finalement. Je suis plutôt un mauvais guitariste mais je suis assez à l'aise avec les mélodies donc j'ai pu en tirer quelque chose. Et ça nous arrive encore assez souvent de procéder comme ça.
N : C'est assez différent aujourd'hui parce qu'à l'époque de The Great Barrier Reefer, on était juste partis pour voir de quoi on était capables et je pensais que personne n'écouterait notre musique. J'avais envoyé ça via AIM (Aol Instant Messenger) à quelques personnes, et tu sais combien de temps ça peut prendre d'envoyer 80 minutes de musique avec AIM ? Trois heures ! Et j'ai envoyé ça à une ou deux personnes, puis quelques semaines plus tard c'était publié sur Internet, et tout a commencé un peu comme ça. Jusqu'à Satan Worshipping Doom, on allait en studio pour se tester avec quelques idées en tête et pour voir ce que ça donnerait. Et depuis qu'on essaye d'avoir nos morceaux finalisés avant de les enregistrer, ça prend plus de temps : trois ans pour Satan et quatre pour Miserable.



Sur le morceau Satan il y a un riffing typé Black Metal, quels groupes du genre écoutez-vous ?


R : Je n'en écoute pas une seule seconde.
N : J'ai une relation d'amour/haine envers le Black Metal. J'adore les groupes traditionnels bien entendu, mais j'aime aussi le Black dissonant un peu taré à la Deathspell Omega.

Et des choses comme Deafheaven ?

N : J'aime Deafheaven uniquement quand ils blastent dans tous les sens, sinon je suis moins intéressé.

Vous êtes toujours un groupe instrumental, avez-vous déjà pensé à recruter un chanteur ?

R : Non, on n'y a jamais vu d'intérêt. On a un titre sur Hippie Killer avec des cris dessus pour changer un peu du premier album mais on n'a jamais vraiment voulu de chanteur...

A propos de quoi chanteriez-vous ?

R : Rien, on n'a pas grand chose à dire, on n'est pas très intelligents (rires). Vous n'avez qu'à jeter un œil à nos titres de morceaux ou d'albums, ils deviennent de plus en plus courts et de plus en plus cons (rires).

Vous n'avez jamais essayé de le faire avec quelqu'un en dehors du groupe ?

R : Tom Waits !  
N : Non réellement on n'en a pas besoin. Et puis grandir avec du Metal dans les oreilles, notamment du Grind, ça veut dire quelque part assimiler le chant à du bruit. Je me fous des paroles et personne ne veut entendre les opinions d'un musicien.
R : Ou du moins pas les nôtres !

Pourquoi avoir choisi d'enregistrer The Great Barrier Reefer et Heroin en un seul morceau ?

R : Pour The Great Barrier Reefer, c'était une blague à la base. Le Dopesmoker de Sleep n'exploitait pas les 74 minutes disponibles sur un CD alors nous avons décidé de faire un morceau de 74 minutes et on pensait que personne ne l'écouterait. Pour Heroin, on est simplement allés chez Dennis, notre autre guitariste, un jour où on ne savait pas quoi faire, et on y a passé six heures. Ca a donné Heroin. Quant au nom, c'est simplement parce que Nick a fait remarquer qu'un des passages sonnait comme si on venait de se shooter et de s'endormir sur nos amplis.



Et vous aviez un fantastique packaging pour accompagner l'album.

R : Oui une fois qu'on avait le nom, le concept est venu immédiatement et on s'est dit que c'était beaucoup trop stupide pour ne pas le faire. Il n'y en avait que 25 et ils ont été vendus en 12 heures sur Internet et c'est bien la première fois que l'on a vendu quelque chose rapidement. 

Vous avez eu des problèmes avec cette box ?

R : Non, on avait inclus un briquet à la base mais c'est impossible d'envoyer un objet inflammable via le service postal américain donc on a dû l'enlever. Mais on a quand même brûlé les cuillères avant de les envoyer et il y avait une feuille chiffonnée avec la tracklist dessus. 

Pensez-vous refaire un packaging comme celui-ci à l'avenir ? Un Cocain par exemple ?

R : C'était ça l'idée au début, faire une cassette Cocain avec des morceaux de 30 secondes qui serait livrée avec un miroir et une carte de crédit. 

Pour finir, connaissez-vous quelques mots de français ?

R : Oh euh.. « Oui », voilà, ça se résume à ça !
N : On est des Américains stupides !

Merci beaucoup pour cette interview et pour ce concert.

R : Merci à vous !

Pentacle (Juin 2016)

Merci à Skaldmax pour la retranscription et à Bongripper pour leur gentillesse et leur disponibilité.

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment