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Paul Waggoner (Between The Buried And Me) La Maroquinerie, Paris, le 25/09/2015

Between The Buried and Me en live, c'est toujours un succès ! C'est pourquoi il ne faudra pas les rater lors de leur passage au Divan du Monde le 11 juillet prochain. Nous avions pu rencontrer Paul Waggoner, lead guitariste du groupe, lors de leur dernier passage dans la capitale en septembre dernier. Et il nous dévoilait déjà à quoi s'attendre sur leur tournée qui va débuter d'ici quelques semaines...

Comment s'est passée la tournée en Angleterre ?

On s'est bien marrés ! Il y a eu des concerts meilleurs que d'autres, à Londres ça a été excellent, à Manchester aussi et on a pris vraiment du bon temps pour notre dernier show à Brighton.

Quelle a été la réaction du public sur les nouvelles chansons ?

Plutôt bonne il me semble. C'est vrai qu'on ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre, là les spectateurs semblaient déjà vraiment familiers avec les nouveaux titres, ce qui est généralement bon signe.

Comment s'est passé la création de The Coma Ecliptic ?


L'écriture n'a posé aucun problème. Au moment de se retrouver, tout le monde avait déjà plein d'idées en tête. Si on peut dire, on est arrivé et on a tout mis sur la table. Tommy avait déjà la ligne directrice pour les paroles. On a vraiment tout fait ensemble, en simultané, à peine la musique d'un titre était finie que Tommy posait ses paroles dessus. Tout s'est fait en douceur.

Ce n'est pas courant de travailler musique et paroles en même temps.

Oui, on compose quand même le musique en tout premier, en essayant toujours d'obtenir un résultat dynamique, fait de hauts et de bas. Ensuite Tommy adapte et modèle ses paroles pour épouser au mieux la structure du morceau. Il fait généralement du bon boulot (rires).

L'album raconte une histoire un peu déprimante (une personne dans le coma qui se rêve une vie toute différente de celle qu'il a réellement vécue), mais musicalement il y a plein de passages légers, comme le solo de guitare sur Turn on the Darkness. Ces passages vont sont venus des jours où vous étiez de meilleure humeur que d'habitude ?

(rires) Ces passages trouvent leurs origines dans nos différentes influences musicales. Pour ce passage en particulier, ça vient du Classic Rock, avec des groupes comme Herman Brothers, ou du Southern Rock, des styles que j'écoute beaucoup. Donc on peut dire que j'étais d'humeur Classic Rock ce jour-là, et pour les passages plus violents, heavy, que j'étais d'humeur agressive (rires). En fait je ne saurais pas vraiment te répondre, le truc c'est simplement de placer le bon passage, au bon moment, sur la bonne chanson. Turn on the Darkness, on l'a vraiment abordé comme un jam, d'où cette impression.

Avec cet album, je trouve que vous vous êtes un peu éloignés du côté progressif de votre musique, ou plutôt que cette facette progressive s'entend moins, tu en penses quoi ?

Wow, c'est compliqué ! Je ne sais pas, ça vient peut-être simplement du fait qu'on cherche toujours à faire des albums différents et à ne pas se répéter. Peut-être aussi qu'en vieillissant, on se tourne naturellement vers la simplicité, vers un son plus épuré. Mais bon on garde toujours ce coté complexe, avec une musique faite de plusieurs couches. Ça dépend quoi, on essaie surtout de donner le meilleur pour chaque chanson. Cet album est peut-être un peu moins technique, un peu moins dans la démonstration, mais je le trouve plus complexe, avec plus d'instrumentation, les claviers occupent une part plus importante, les guitares sont un peu en retrait... C'était ce qu'on devait faire, dans l'intérêt de cet album ! Ça suit l'évolution et la croissance du groupe et c'est venu très naturellement.

The Ectopic Stroll est vraiment la chanson la plus barrée de l'album, avec cette ambiance "freakshow / circus" un peu dérangeante, comment êtes-vous arrivés à un tel résultat ?

On adore ce type de son bizarre, ces mélodies étranges. On est fan de Danny Elfman et il fait partie de nos influences. En plus c'est super marrant à jouer et cette chanson, à ce moment de l'album, est complètement à sa place ! Elle lui redonne du punch et participe à la dynamique de l'ensemble. C'est sûrement ma chanson préférée du nouvel album !

Mais alors, pourquoi vous ne la jouez-vous pas ce soir ?

Oui, on ne la joue pas sur cette tournée, mais promis on la jouera lors de la prochaine ! Là on ne pouvait mettre que trois nouvelles chansons dans notre setlist.

Vous jouerez The Coma Ecliptic en entier sur cette prochaine tournée ?

Très certainement ! J'espère que The Ectopic Stroll deviendra d'ici là une des favorites du public, car vraiment c'est une de mes préférées.

Sur The Coma Machine, la façon dont Tommy chante, avec les effets et la répétition, ça m'a fait penser à Bohemian Rhapsody. C'était voulu ?

(Rires) Non, pas vraiment ! On aime beaucoup Queen, ce n'est pas un secret, et Freddy Mercury fait partie des plus grands musiciens de tous les temps. En fait on travaille toujours en superposant plusieurs pistes harmonisées, c'est un truc qu'on adore faire, et quand Tommy enregistre son chant, il travaille aussi toujours en terme d'harmonies, pour obtenir un son plus imposant et donner l'impression de la présence de choeurs. On adore ce type de son, et oui forcément ça ne peut que faire penser à Queen, toutes ces voix empilées.

Entre les passages calmes et énervés, lesquels préfères-tu jouer ?

Difficile à dire. Pour moi, cela ne forme qu'un tout, un ensemble qui compose le voyage musical que l'on propose à nos auditeurs, le tour de montagne russe. C'est cet enchaînement de parties dynamiques, douces, énervées, étranges, mélodiques qui rend les choses intéressantes et qui te fait ressentir différentes humeurs. Donc impossible de te répondre, tout cela fait partie de la musique et tout est important !

Avec l'EP The Parallax : Hypersleep Dialogues et l'album The Parallax II : Future Sequence, vous êtes passés d'un son de guitare très agressif vers un son plus léger et rond, chaud. Avez-vous changé de matos au fil des années ?

Non, rien à voir avec le matos, on a simplement travaillé notre son. Pour ces deux derniers albums, on avait besoin de plus de clarté dans notre son de guitare, que chaque note soit vraiment audible et non pas noyée dans un mur de son, donc pour obtenir un son plus clair, forcément on y est allé mollo sur le gain, sur les graves également, tout cela afin de permettre une meilleure cohabitation entre les instruments. On ne souhaitait plus se contenter d'un gros son super lourd, d'où ce changement. C'est d'autant plus important qu'on est allé encore plus loin en terme de nombre de pistes, d'instruments et d'harmonies sur cet album ! Si on n'avait pas fait ça, le disque n'aurait été qu'un gros bordel sonore (rires).

Rien à voir avec ton retour chez Ibanez donc ?

C'est marrant que tu me demandes ça ! C'est vrai que le modèle d'Ibanez que j'utilise maintenant a un son plus clair et chaleureux, une meilleure définition sur l'attaque au médiator, c'est sûr que ça a joué pour cet album. Dustie continue par contre de jouer sur sa PRS qui a un son vraiment sombre, heavy. Le fait de pouvoir utiliser et faire la balance entre les deux est très intéressant. Dustie se concentre sur les parties qui nécessitent un gros son, tandis que moi, je me charge de toutes celles qui ont besoin d'aller dans le détail, avec moins de gain et de saturation, et une attaque plus souple au médiator. C'est génial de pouvoir faire ça, continuer à sonner heavy tout en ayant de la précision.

Le fait que ta guitare ait un corps plus fin a-t'il une influence sur ton son et ton jeu ?

Mon modèle a pour base la S-series, en plus fin effectivement. Ce n'est pas du mahogany (acajou) mais du swamp ash wood (frêne), et ce bois en lui-même donne déjà un son plus clair. C'est une guitare très polyvalente, avec laquelle tu peux tout jouer suivant les micros que tu installes dessus.

Tu utilises combien de guitares quand tu es sur la route ?

Pour cette tournée, une seule ! (rires) Je sais, c'est risqué. Généralement Dustie et moi emmenons deux ou trois guitares chacun. Par contre, elles ont toutes le même accordage, donc on en change vraiment qu'en cas de pépin technique, si une corde casse...

Tu n'es pas trop branché guitares 7 cordes, 8 cordes...

Non, pas vraiment. Je n'ai rien contre, ça fonctionne très bien pour beaucoup de groupes, mais ça ne conviendrait pas pour nous, pour avoir le son qu'on cherche. On aime la façon dont sonnent nos guitares et on a notre bassiste qui est là pour s'occuper des notes graves (rires). Aux guitares on s'occupe des médiums et ils n'y a aucun besoin pour qu'on couvre de notes que ça.

Kerry King a dit que les longs albums, qui durent plus de 40 minutes, ne sont que du remplissage pour donner l'illusion aux auditeurs d'en avoir pour leur argent ?

Il a dit ça ? Qu'il n'aimait pas les longs albums ? Il aime les longues barbes par contre ! (rires) Après c'est son opinion, c'est en accord avec ce qu'il fait dans Slayer. Tout dépend en fait du style de musique, pour la notre ça a du sens je trouve et nos fans ont l'air d'apprécier ça. Il n'y a plus beaucoup de monde qui achète encore de la musique, donc oui, pour ceux qui le font encore, on cherche évidemment à leur en donner pour leur argent ! L'autre point positif avec les longs albums, c'est qu'il te faudra plusieurs écoutes pour en apprécier toutes les subtilités, tu découvriras de nouveaux trucs à chaque écoute. Je ne nous verrais pas composer un album de 30 minutes, on a toujours trop d'idées et de choses à expérimenter. Et sans s'en rendre compte, on a sur les bras un album de 55 minutes.

Ça a dû être difficile alors de vous canaliser pour l'EP The Parallax : Hypersleep Dialogues ?

Oh oui, on n'avait pas eu beaucoup de temps à l'époque pour le faire, on a écrémé de nombreuses idées pour ne garder que les plus percutantes.

Je ne sais pas si tu connais le site Rate Your Music, vos albums sont très bien notés dessus. C'est un exemple parmi d'autres, mais ça fait quoi, toute cette reconnaissance ?

C'est un sentiment très agréable. On écrit et on joue de la musique avant tout pour nous, et quand des personnes apprécient ce qu'on fait et nous le dise, c'est du bonus ! C'est grisant de savoir que des gens peuvent ressentir les mêmes choses que nous en écoutant notre musique. J'adore ça. Mais parfois je lis aussi de mauvaises critiques de nos albums, ça arrive, on ne peut pas plaire à tout le monde (rires).

Sinon il y a une chose qui me rend triste : Vous ne jouez aucune chanson de The Great Misdirect sur cette tournée.

Oh, vraiment ? Je suis désolé ! On devait manquer de temps sur la setlist.

Obfuscation est ma chanson préférée, le solo final me scotche toujours autant à chaque fois que je l'écoute !

C'est une chanson super difficile. On l'a jouée sur des précédentes tournées !

Oui, ici même à la Maroquinerie en septembre 2011, j'étais-là ! Ce solo est un de mes préférés, tous styles, tous groupes confondus, est-ce que par hasard tu te souviens quand tu l'as composé ?

Très simplement, je l'ai visualisé dans ma tête et il est sorti d'une traite dès que j'ai pris ma guitare ! (rires) Il est difficile à jouer, très rapide. Je fonctionne toujours comme ça pour les solos, je trouve une mélodie dans ma tête puis je rajoute des éléments par-dessus ! J'essaie vraiment de ressentir les choses en les jouant.

Pour finir, j'ai vu que tu participais à Metalsucks avec la rubrique Necessary Roughness, qui parle de Football Américain. Ce sport est devenu assez populaire en France, le Superbowl est même diffusé en direct sur des chaines gratuites.
 
Sans déconner ? C'est excellent ! Tu le regardes du coup ?

Oui, oui, tous les ans ! Peux-tu m'en dire plus et surtout, comment fais-tu pour suivre les matches quand tu es comme ça en tournée, loin de ton pays ?

Très bonne question ! En fait cette rubrique était écrite avant par Dave Brockie de Gwar, qui est malheureusement décédé comme tu le sais. Chez Metalsucks ils cherchaient quelqu'un pour le remplacer et ils savaient que j'étais un grand fan de la NFL, ils m'ont contacté et j'ai de suite accepté ! J'aime le sport en général, le Foot US, le Basketball, le Baseball... Je suis vraiment accro ! Le Football Américain est vraiment le sport majeur chez nous, le dimanche tout le monde est scotché devant la télé pour suivre les matches, c'est un rituel dans ma famille, et c'est vraiment cool d'être passionné et de pouvoir écrire sur sa passion. Je m'amuse beaucoup à le faire. C'est sûr qu'en tournée c'est impossible de suivre les matches, donc je me tiens informé grâce à internet sur mon smartphone, j'analyse les stats, l'état de forme des joueurs et ça me laisse quand même de quoi écrire ! Je savais que le Foot US était très populaire en Angleterre, des matches de NFL ont eu lieu à Londres, mais c'est cool de savoir que ça commence à le devenir en France. D'un autre côté c'est sympa de voir aussi "votre" football gagner du terrain chez nous.

Grum (Juin 2016)


Merci à Roger et Replica Promotion pour nous avoir organisé cette interview.
Merci à la Maroquinerie pour leur accueil.

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