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Mario Duplantier (Gojira) Warner France, Paris, le 20 avril 2016

Depuis que cette interview a été réalisée en avril, nous en avons appris plus sur Magma, nouveau bébé de Gojira : pochette, vidéos de Stranded et The Shooting Star... Mais il vous reste plein de choses à découvrir ici, en attendant la sortie de Magma chez Roadrunner/Warner le 17 juin 2016 (préco : vinyle ou CD).

Depuis quelques jours et l’annonce du nom de l’album et de la date de sortie, c’est un peu l’emballement, notamment sur internet. Est-ce que cela vous fait plaisir ?

Évidemment, on préfère sentir que les gens sont excités plutôt que l’inverse, c’est très gratifiant de constater tout cet enthousiasme. On va attendre de voir comment ça va se passer quand les premières chansons, puis l’album, vont sortir. Pour l’instant on s’amuse à teaser, c’est d’ailleurs moi qui bosse beaucoup sur les teasers, pour essayer d’amener les gens vers notre univers. Roadrunner a proposé de s’en occuper, je leur ai dit « non, c’est moi qui m’en occupe ! ». Le choix des teasers a d’ailleurs été pensé pour orienter, via une animation par exemple, vers la thématique de l’album. Tout est réfléchi. Le but est de toujours garder un peu de mystère dans une ère où tout est vulgarisé, où tout le monde est sur Instagram, Facebook, et prend en photo ce qu’il mange. On a trouvé cela plus classieux de garder un peu de distance et de mystère.

Il est intéressant que vous puissiez garder la main sur cet aspect de la promo…

Oui, c’est ce qui est agréable dans le fait de bosser avec Roadrunner. Ce qui est surprenant, puisqu’on pourrait penser que c’est une maison de disque qui dirige et « dictatorise », mais ce n’est pas du tout le cas. Roadrunner a un gros respect pour nous, on est libre, ils essaient juste de ne pas se mettre sur notre chemin, il y a une confiance absolue. Même quand on leur a dit qu’on voulait mixer l’album, le produire nous-même, ils nous ont dit ok.

Le titre de l'album, Magma, a-t-il une signification particulière ?

Il y a plein de significations, c’est un nom qu’on a trouvé, au final, assez complet. On en parle beaucoup, évidemment, et si Jo était là on pourrait parler pendant une heure et demie de ce terme, « Magma ». Très concrètement, c’est parti d’un jour où l’on jammait avec Jo pendant la compo de l’album. On a trouvé ce riff très organique et groovy, on s’est tous les deux dit « c’est cool, il est super ce riff » et pour s’en souvenir, on l’a mis dans une liste d’entités, de thèmes et de riffs sur lesquels on met des noms de travail, des noms qui nous inspirent. J’ai donc pris mon stylo et dit « bon, on l’appelle Magma », parce que quand on l’a joué, j’ai visualisé du Magma, donc j’ai utilisé ce mot, et c’est resté un nom de travail pendant un an. C’est d’ailleurs une chanson qui a failli partir à la poubelle avant que l’on ne réussisse finalement à bosser dessus…et le nom est resté. Évidemment on a hésité en pensant au groupe de jazz rock cosmique Magma, puis on s’est dit que rien ne représentait mieux ce que l’on ressentait, cet aspect volcanique. Si l’on devait définir la musique de Gojira, je dirais d’ailleurs qu’elle est assez volcanique, explosive. Le magma c’est la fusion, c’est la vie, c’est le soleil…C’est un terme très vaste, il y aurait plein de choses à dire autour de ça.

Pour rester sur le morceau Magma, on y trouve un aspect limite space-rock et cosmique sur certains passages de l’album.

Je suis complètement d’accord, j’aime ce que cela crée comme notion, ce côté cosmique…

Surtout qu’il arrive après un interlude, Yellow Stone, qui a des teintes Stoner-Psyché…ce sont des styles de musique que vous écoutez au sein du groupe.

Oui on écoute un peu de tout ça. Après, avec nos influences primaires qui sont Mike Oldfield, les Beatles ou Led Zeppelin, on a en effet une approche qui symbolise ce côté psyché. Cet interlude fait aussi très Cliff Burton, avec la basse et un peu de saturation. Tous ces éléments sont dans notre culture, on les recycle un peu malgré nous, on ne s’est pas posé la question de savoir si ce que l’on faisait était du Rock, du Stoner…on a essayé de faire quelque chose qui soit en phase avec nous.
D’ailleurs si l’on sent ces influences, qui peuvent être différentes d’un morceau à l’autre, on a vraiment toujours cette ligne directrice qui fait que l’on sait qu’on écoute un album de Gojira.

C’est clair qu’il ne faut pas non plus dérouter complètement. Dans l’absolu, il m’arrive parfois de vouloir faire un album d’électro ! Mais le truc c’est qu’on s’appelle Gojira, qu’on a une fanbase et qu’on tourne dans le monde entier. On essaie de rester cohérents, on ne va pas se mettre à faire de la musique indienne (rires), même si j’aimerais parfois ! On a nos ingrédients et notre façon de faire, on a développé nos gimmicks avec le temps. Donc cela reste du Gojira, c’est clair, mais avec un changement quand même…

Beaucoup plus de chant clair notamment…

Oui, plus de chant clair en effet. Jo avait le désir d’explorer davantage sa voix. Nous sommes aussi à un âge où l’on ressent un besoin vital d’être plus en phase. On ne veut pas être des Death métalleux pour toujours non plus, parce qu’on aime la musique. Alors oui, le Death Metal c’est nos racines, mais j’espère que l’on ne fera pas que ça jusqu’à 60 ans.

Même si une partie de votre fanbase a envie que vous refassiez The Link éternellement.

Oui mais cela n’arrivera pas (rires), on n’a pas envie… Le passé appartient au passé et c’est très bien. De toute façon on n’arriverait pas à le refaire. Je trouve ça un peu pathétique les groupes qui essaient de refaire les succès de leurs débuts, essayer de sonner comme Ride The Lightning ou Kill’em All, aujourd’hui c’est pas la peine, soyons curieux.

Jo a déclaré dans une interview à Rolling Stone que vous aviez cherché à faire un album plus court, moins épique, pour être plus en phase avec la manière actuelle de consommer de la musique…

Alors quand il a dit ça, il l’a tout de suite regretté. Maintenant, on en parle et on en rigole, je lui ai dit « mais t’es con d’avoir dit ça ! ». Bon il y a un peu de vrai, mais ce n’est pas du tout la raison pour laquelle on a voulu faire un album court. On avait tellement de matière première pour ce disque, tellement de riffs et d’atmosphères qu’on a bossé dur pour extraire le jus de chacune des idées. Là où sur L’Enfant sauvage on aurait mis des morceaux qu’on aurait trouvé, peut-être, pas assez forts, un peu trop atmosphériques ou avec de petites longueurs (selon moi), sur Magma j’ai tanné les autres pour qu’il n’y ait aucune longueur, sauf le morceau-titre, qui justifiait une certaine durée. On a travaillé à la seconde près, on a trituré tous les riffs, les morceaux. On a une douzaine de morceaux mis de côté car ils étaient trop sombres. L’album s’est retrouvé à être court car on a extrait, extrait et extrait…À la fin, deux morceaux supposés être dessus ont été retirés car on ne les trouvait pas assez bons finalement.

On sent que l’objectif était d’aller à l’essentiel. L’album n’est pas très long, on trouve une ou deux idées directrices par morceau alors que sur les disques précédents on avait des morceaux souvent plus « alambiqués ».

Oui, c’est aussi un besoin par rapport aux tournée. 80 ou 85% de notre vie consiste à tourner dans le monde entier pour jouer ces morceaux. On arrive au Chili, on joue Backbone et ça cartonne, on joue Vacuity et ça marche… Mais ensuite sur le reste de notre répertoire les gens croisent les bras. On est aussi influencés par cela, ça nous fatigue parfois de faire tous ces concerts et d’avoir ces moments de creux dans le show. On s’est donc dit « pourquoi ne pas orienter des morceaux pour qu’ils attirent plus facilement l’attention », mais c’est aussi un désir de notre part, ce n’est pas seulement pour les fans. Cela répond à nos envie, nos besoins.

Est-ce que cette approche plus directe était prévue avant que vous ne commenciez à écrire, ou est-elle venue naturellement quand vous avez commencé à travailler sur l’album ?

Les deux en fait. Pour déconner je disais à Jo, « allez, on fait notre Chaos A.D. ! ». C’est un peu un fantasme, car c’est pour moi le meilleur album de tous les temps. Sepultura est parti de Arise pour arriver à Chaos A.D., ils ont épuré leur musique pour arriver à des putains de morceaux génialissimes qui ont marqué des générations. C’était un peu ce qu’on voulait faire.

Pour rester sur Sepultura, est-ce que le riff sur le couplet de The Cell est un clin d’oeil à Max Cavalera ?

Oui c’est vrai qu’il a un petit coté « Rootsien » ! Pour être un peu précis techniquement, j’ai inventé un rythme de batterie très complexe, que l’on entend au début, et j’ai dit à Jo de mettre un riff dessus. En fait on avait ce truc depuis un an et demi, mais on n’avait que cette portion du morceau, le début de The Cell. J’ai dit à Jo « ça, il nous le faut dans l’album, j’adore »,  donc un jour on s’est occupé de ce morceau pour créer une suite à cette partie… Et on a galéré (rires). On a  passé des mois et des mois à essayer des trucs avant finalement de se dire « allez on fout tout à la poubelle, on ne bataille pas ! ». Mais j’aimais vraiment trop ce début pour qu’on s’en sépare. C’est là que j’ai eu une sorte de révélation, j’ai dit à Jo « il faut de l’air après ce début, il faut que ça respire… Tu veux pas faire un truc de ce genre ? (il nous chante le riff) ». Du coup on l’a jammé, il a rajouté un bend et c’était bon ! Et après cela m’a fait penser à Roots parce que le chant sonne un peu comme du Sepultura. Jo a eu, comme vous avez pu le noter, un désir d’épurer ses textes, de faire des choses plus minimalistes.

On en revient à ces notion de minimalisme et à cette volonté d’épurer encore votre musique.

En fait il me semble que c’est un art de parvenir à épurer, ce n’est vraiment pas facile. En tant que batteur assez technique, c’est un vrai challenge pour moi et cela a été un réel bond en avant que d’apprendre à simplement servir la musique. Quand tu es musicien/artiste, tu as envie de servir une chanson. Je ne suis pas non plus un performer. On est quatre dans le groupe et il faut que cette entité s’harmonise pour faire une chanson. J’ai essayé de contribuer à cela en rendant mes parties de batterie plus minimalistes.

À ton avis, comment vos fans vont-il accueillir cette approche un peu différente ?

Il y en a qui vont péter les plombs et d’autres qui vont adorer. Si on avait fait un album Death Metal, il y a toute une partie de nos fans qui nous aurait laissés tomber. Pareil si on avait fait un album Pop avec seulement des voix claires…On ne peut pas plaire à tout le monde, mais tant que cela nous plait, ça va. On ne va pas se forcer à faire du Death Metal. Parce que c’est notre vie, ce n’est pas celle de ceux qui nous écoutent. Nous, on est sur la route et on vit avec ces morceaux. Mais oui, des fans vont sûrement dire « putain mais la double pédale ça va pas assez vite » (rires), mais tant pis. Après cela ne nous empêchera pas de continuer à jouer en concert des Backbone ou The Art of Dying !

Est-ce que tu as, du coup, réduit un peu ton set de batterie ?
 
En fait je suis tellement confortable avec mon set live actuel, où il n’y a que trois toms et moins de cymbales, que j’ai appris à me détacher de certains éléments qui me semblaient au départ indispensables. Et puis on voyage beaucoup donc c’est plus simple à transporter. J’en suis venu à lâcher prise au niveau matériel et me dire que l’originalité doit plutôt venir de mon jeu. C’est donc à peu près la même batterie qu’en concert.

Justement, Mike Portnoy (ex-Dream Theater) nous avait dit dans une interview que le fait de jouer avec un set plus minimaliste dans The Winery Dogs lui faisait adopter une approche plus créative.

Oui c’est tout à fait vrai. Et aujourd’hui, c’est devenu un peu ringard d’avoir trop de fûts et de cymbales, ça fait un peu vieillot (rires).

Pour aborder maintenant l’aspect visuel, peux-tu nous parler un peu de l’artwork de Magma ?

Pour la première fois, on s’est dit qu’il ne fallait pas que ce soit un dessin de Jo ou de moi. On ne voulait pas trop insister sur le truc des « frères artistes », les gens en parlent déjà beaucoup et c’est super, mais on voulait rester sur ce désir de changement et faire appel à quelqu’un d’autre, qui apporte quelque chose de différent. C’est Jo qui a dessiné les pochettes de L’Enfant sauvage, The Way of all Flesh, From Mars to Sirius et The Link alors que pour Terra Incognita, c’est notre soeur qui avait pris une photo. D’ailleurs c’est Christian, le guitariste, qui est sur cette photo. On avait donc toujours fait ça en famille, on n’avait pas forcément confiance dans les autres graphistes… Oui on est chiants, on est un groupe chiant (rires). Cette fois-ci on s’est dit qu’on allait demander à quelqu’un d’autre, que ça nous ferait du bien. On a trouvé un peu par hasard sur internet cette artiste de Portland qui s’appelle Hibiki Miyazaki, et on a été vraiment estomaqués par son travail, c’est magnifique. On lui a commandé un volcan, parce que ça tombait sous le sens, avec un soleil inscrit dans ce volcan… Et elle a fait une pochette magnifique, en gravure, dont elle nous envoyait au fur et à mesure des étapes. Elle n’avait jamais travaillé pour un groupe, on lui a parlé du thème, on a beaucoup échangé avec elle. Parfois elle nous envoyait des idées via Photoshop avant de s’attaquer au vrai dessin.

Elle avait déjà entendu parler de vous ?

Non, je crois qu’elle n’avait jamais vraiment entendu de Metal avant ! Mais elle était très intéressée par l’énergie de la musique, elle a tout de suite capté cette orientation organique.

Restons du côté graphique, peux-tu nous parler de tes peintures et de ton site ?

Oui, je fais un peu de peinture, mais sans prétention. J’ai toujours été très « pictural », très visuel. Quand on s’est mis à tourner avec Gojira j’ai acheté un petit appareil photo pour capter, avec mon regard, tout ce que je voyais. C’était incroyable de tourner au fin fond des États-Unis, dans toute l’Europe, d’aller en Russie… Et je n’ai pas pu m’empêcher, tout de suite, d’essayer de soigner mon angle, de travailler les couleurs, de faire des flous, d’être créatif en somme. Pour les dessins et la peinture c’est la même chose, j’ai toujours fait spontanément des croquis. Maintenant j’ai un peu poussé cette démarche et je fais plus régulièrement de la peinture. Certains écrivent, moi je peins, principalement sur ce que je ressens. J’ai aussi fait un site où je propose aux gens d’acheter mes peintures.

Comment t’es venue l’idée de peindre directement sur des éléments de batterie ?

Je le faisais déjà il y a un moment. Quand je m’emmerdais en répétition, je prenais un stylo et je me mettais à écrire sur la peau, à dessiner, à faire des croquis, j’ai toujours trouvé ça intéressant. Et puis un jour, qui restera gravé pour moi, on jouait à Seattle et on n’avait pas de merchandising à vendre à cause d'un problème de stock. Donc on était un peu dans la merde, puisqu’en tournée chaque euro compte et nous permet de payer tout ce qui est à notre charge. Jo m’a dit « mais fais des peintures et on les vend !», je lui ai dit « mais qu’est-ce que tu racontes ?? ». Il me dit qu’il va créer des tee-shirts. Donc ils vont dans un supermarché acheter des tee-shirts à 3 dollars et avec un cache on s’est retrouvés à faire des t-shirts Gojira « homemade » (rires) pendant que je faisais des peintures et des croquis toute la journée. Je suis arrivé avec une pile de 10 croquis et avec des peaux sur lesquelles j’avais dessiné, et on a tout vendu. On a juste dit aux gens qui achetaient les tee-shirts de ne pas les laver (rires) car on se doutait que la peinture n’allait pas tenir longtemps. Ensuite on est allés serrer la main de tous les mecs qui en avait acheté un, ça faisait partie du deal, de venir rencontrer le groupe. On s’est débrouillés mais on a réussi à faire de l’argent ce jour-là, et c’est alors que je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée de proposer mes peintures aux fans. Et puis les peaux ont un vécu, j’ai tourné avec, elles ont une histoire et cela fait un objet sympa pour les gens qui aiment Gojira. C’est en tout cas très épanouissant de faire ça, j’ai besoin de cette dimension. Je ne suis pas seulement musicien et j’ai la chance d’avoir le temps de pouvoir m’exprimer en tant qu’artiste, donc j’en profite.
 
Vous avez été amenés à participer à de grosses tournées en ouvrant pour Metallica, Slayer, Lamb of God. Est-ce que ces grosses machines restent un plaisir ou est-ce une étape par laquelle il faut passer pour faire connaître la musique du groupe au niveau international ?

Tous les concerts sont source de plaisir, parce que tu joues pour des gens. Après il y a forcément moins d’intimité quand tu ouvres pour Metallica dans un stade, même s’il y a tout de même des regards, dans les premiers rangs… C’est juste un challenge de réussir à bien jouer, d’être bons et carrés techniquement, d’avoir un bon son, puissant, catchy et de bonnes lumières. Jouer dans un petit club est plus relax, plus humain, mais ce n’est pas non plus inhumain que de jouer dans un stade. Pour nous, l’idéal en ce moment est de jouer dans une salle de 1000/1500 personnes où l’on peut proposer un vrai spectacle, avec un setup qui nous permet de bien gérer l’espace, de proposer de la vidéo avec un vrai contenu. C’est ce qu’on va essayer de faire avec cette tournée. Après, quand tu joues dans un stade avec Metallica tu es comme un gamin. Et même tourner avec Slayer ou Mastodon c’est super, ce sont des groupes qui nous ont influencés et qui sont intéressants à observer. On apprend beaucoup, même s’il faut se tenir à carreau (rires).

Comment va se construire votre tournée à venir ?

Alors on va commencer par un tournée européenne cet été, où on va faire des festivals importants dans toute l’Europe pendant à peu près un mois et demi. Ensuite on va faire un petite pause pour préparer une tournée en tête d’affiche aux États-Unis, dans des beaux clubs d’environ 2000 places. Là-bas on passe un peu au niveau supérieur au niveau des salles et c’est vraiment un super sentiment. Et quand on sera revenu on fera une belle tournée européenne en mettant l’accent sur la France. C’est vrai qu’on a beaucoup joué à l’étranger et qu’il y a un manque à combler chez nous. On veut aussi plus jouer à Paris. Après, on a tous nos vies personnelles et ce n’est pas toujours facile de s’organiser pour pouvoir jouer partout, on a des choix à faire.

Êtes-vous satisfaits de votre horaire de passage au Hellfest (NDLR : le dimanche 19 juin à 16h45 sur la mainstage) ?

Je ne vais pas me plaindre parce qu’après nous il y a Megadeth, Slayer et Black Sabbath. Donc est-ce qu’on peut jouer après l’un de ces trois groupes ? Pas vraiment. Sur le coup je trouvais ça peut-être un poil tôt, je m’attendais à un horaire du genre 18h. Mais bon d’un autre côté, jouer plus tard sur une plus petite scène le dimanche n’aurait pas forcément été idéal. Tu es crevé, les gens sont crevés après trois jours, c’est pas ce qu’il y a de mieux. Jouer à midi ou à minuit, ça aurait fait chier. Et puis j’ai compris que le Hellfest met l’accent sur les groupes internationaux. Même un Mass Hysteria, qui est bien plus connu qu’un Volbeat, devrait être à leur place de tête d’affiche car bien plus de gens les connaissent ici. Mais j’ai l’impression qu’il y a d’autres enjeux, que les groupes internationaux sont placés plus haut. Je ne juge pas, c’est comme ça. Et puis quand les festivals ont été bookés, notre album n’avait pas été envoyé à la presse, n’avait pas eu de chronique. On était un peu en fin de cycle de L’Enfant sauvage, donc notre place dans les festivals correspond plutôt à ça.

Après Metallica, Slayer ou Mastodon, si vous pouviez tourner avec un autre poids lourd du Metal, ce serait…?

Je dirais Deftones. C’est un groupe que j’adore, je trippe en écoutant ce groupe. Je suis plus fan de Deftones que de Korn par exemple, que j’aimais beaucoup au début. Deftones c’est le groupe que je continue à écouter. J’ai commencé à 15 ans, j’en ai 34 aujourd’hui et je les écoute encore, pour moi c’est adulte. C’est un groupe classe. Et maintenant on est amis en plus, ils sont très cools.

Grum (Juin 2016)


Cette interview est le fruit du travail collégial de Shades of God, Chris et Grum.
Merci à Roadrunner et à Warner pour l'organisation de cette interview et leur accueil.

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