SUP, à Valenciennes, au Little Rock Café

Après 8 ans passés presque exclusivement sous l’entité Supuration, SUP est de retour. Avant la sortie du successeur de Hegemony, le groupe, via son nouveau label, Overpowered Records, va rééditer toute sa discographie en vinyle collector. Metalorgie a voulu en savoir plus sur ce projet, mais également revenir le temps d’une interview sur le parcours d’une formation atypique, considérée comme avant-gardiste au début des années 90. Le rendez-vous est pris dans un bar de Valenciennes avec les frères Loez, pour une entrevue qui tourne vite à la discussion où par moments, on ne sait plus qui pose les questions …



Ludovic, Fabrice, merci de nous accorder cette interview. Lors de notre dernière entrevue en mai 2015, Reveries… allait sortir, quels ont été les retours à son sujet ? Autant ceux de la presse que des fans d’ailleurs.

Fabrice : Salut Shades, tout d’abord, j’espère que les fans ont compris que ce disque est composé d’anciens titres réenregistrés, et qu’il n’y a aucune démarche mercantile. À la base il devait sortir sous forme de bootleg en édition très limitée comme nous le faisons généralement, puis de fil en aiguille le projet a pris plus d’ampleur et nous avons décidé de le sortir sur Listenable Records. En ce qui concerne les retours de la presse, ils sont bons d’après les chroniques que nous avons lues. Mais nous n’avons pour l’instant aucun retour du label concernant les ventes. Donc difficile de répondre précisément. 

Ludovic : Effectivement, difficile de répondre de manière précise. Reveries… devait être dans les bacs vers mai, puis il est finalement sorti  fin juin ou début juillet à cause de petits soucis. Comme te l’a dit Fabrice, les retours presses sont bons, ceux des fans également. On verra prochainement avec le label pour les ventes.

Fabrice : Désolé d’insister mais Reveries… n’est pas un nouvel album de Supuration. Parfois j’ai l’impression que les choses n’ont pas été claires et ça m’embête un peu. Je me permets donc de mettre les choses bien au clair.

La grande actualité de SUP c’est évidemment la réédition de tous vos albums. Pourquoi avoir choisi le format vinyle collector en édition limitée ? D’ailleurs ces versions sont assez luxueuses ; doubles vinyles avec bonus, triple gatefold, book 16 pages, numérotées par sérigraphie à 300 exemplaires. 

Fabrice : Nous aimons proposer aux fans des beaux produits. Plutôt que de miser sur des éditions classiques manufacturées, on souhaite offrir des objets plus personnels. Concernant le vinyle, j’ai l’impression que c’est le seul format qui ne disparaitra jamais, il survivra au CD ! J’ai récemment racheté une platine et je me fais vraiment plaisir à écouter mes anciens disques. Le son n’est peut-être pas aussi bon que sur compact disc mais il émane un vrai charme qu’on ne retrouve pas ailleurs. Puis c’est aussi un pur plaisir de s’asseoir et de feuilleter les immenses livrets puis d’examiner une grande pochette qui permet de bien visualiser chaque détail de l’artwork. 

Ludovic : C’est un objet qui reste précieux, j’ai toujours les miens et jamais je ne m’en séparais. L’aspect « luxueux » comme tu dis c’est aussi une volonté du label qui voulait proposer un objet classe et nous, ça nous plait ! 

Pourquoi avoir choisi de bosser avec ce jeune label Overpowered Records ? Comment s’est passée la rencontre ? 

Fabrice : C’est Arnaud le boss du label qui nous a démarché. On a été très vite séduit par son projet, d’ailleurs c’est la première fois qu’un label vient nous voir avec un projet tout court ! Et ça, ça compte beaucoup. Il nous a dit tout de suite qu’il a des ambitions pour nous, qu’il souhaite une actualité régulière pour SUP en attendant un nouvel album. Ces rééditions vont donc se faire à espace régulier et de manière chronologique, histoire de faire redémarrer la machine SUP pour arriver jusqu’à une nouvelle réalisation. En plus c’est un mec super sympa, on est très axé sur l’affectif, le courant est bien passé, c’est une aventure sympa qui débute. Nous ne sommes pas à la recherche de la gloire et des thunes, on veut vraiment se lancer dans des projets où le groupe est au milieu, la musique prime sur le reste. 

Ludovic : Bosser avec un petit et jeune label nous évite également de rentrer dans un système trop lourd. Tu sais ce genre de structure avec énormément de groupes où au final tu n’es pas forcément une priorité et tu n’as pas toujours la main sur tout. Même si jusqu’ici nous avions eu de la chance, Holy Records et Listenable bien qu’étant des labels importants ont toujours pris le temps de monter de beaux projets pour nous. Mais tu restes tout de même noyés dans une marée de groupes. 

En parlant de Holy Records, ça n’a pas été trop compliqué de récupérer les droits des albums parus chez eux ? 

Ludovic : Tout s’est bien déroulé. Les choses ont été faites dans les règles, nous sommes passés par les voies juridiques et tout est allé très vite. 

Fabrice : En même temps, n’oublions pas que c’est notre musique ! Nous avons forcément dû faire ça selon certaines règles, mais nous tenions à récupérer ces droits pour les exploiter. Tu sais aujourd’hui, tout va tellement plus vite. À l’époque, dans les années 90, les contrats avaient plus de valeur, limite tu signais avec un label, et voilà c’était à vie. De nos jours ça va plus vite, puis bon, c’est notre musique, rendons à César ce qui est à César. 

Toujours au sujet de Holy Records. Les anciens, dont je fais partie, se souviennent de ses productions un peu atypiques pour l’époque comme les premiers Septic Flesh, Nightfall, Misanthrope, On Thorns I Lay … Holy paraissait très familial du reste, quels souvenirs gardez-vous de cette époque ? 

Fabrice : Franchement ? Que du positif. Holy Records était un très bon label, ils s’intéressaient vraiment aux groupes qu’ils signaient. Ils étaient à l’écoute des moindres de nos demandes, de la pochette au packaging, en passant par la promo. Ils ont fait un super boulot pour SUP, nous avons été très proches d’eux et pas seulement musicalement. Nous n’avons malheureusement pas retrouvés cette ambiance chez Listenable, qui n’a pas la même vision des choses. Le tournant dans nos relations avec Holy Records a été bien évidemment quand ils se sont associés avec EMP. Ils se sont orientés davantage sur le merchandising et la vente, et donc, moins sur la production des groupes. Du coup on s’est senti un peu délaissé, mais nous comprenons qu’ils aient diversifiés leurs activités. Je ne garde que des bons souvenirs, ce sont des gens en or. 

Ludovic : En ce qui concerne les packagings, Holy Records était le meilleur endroit en France. Ils éditaient presque tout en digipack, ils portaient énormément de soin à offrir de beaux produits. Il ne faut pas se mentir, 50% de la vente se fait sur le visuel.

Fabrice : Pour nous c’était même essentiel ! On n’imaginait pas sortir des albums concepts dans un boitier classique, on voulait que ça sorte en digipack. Holy Records l’avait bien compris et c’est également là-dessus qu’ils basaient la promotion.



Merci pour la transition Fabrice ! Justement en parlant de concepts, SUP a toujours réalisé des albums autour d’une histoire et ce, de The Cube jusqu’à Hegemony. Vous avez abordé des thèmes comme la religion (Angelus), la gémellité (Chronophobia) ou encore les rêves d’un enfant autiste (Room 7). D’où viennent toutes ces idées ?


Ludovic : Elles viennent essentiellement de milieu comme le fantastique, l’anticipation et la science-fiction. Nous dégageons une idée, puis ensuite on brode autour, on invente, on laisse l’imagination agir. Ça évite de parler de sujets banals comme la politique, l’économie, la météo … Lorsque nous évoquons un thème, la religion par exemple sur Angelus, on ne parle pas de Dieu ou de Satan, on met un extraterrestre dans un contexte particulier, sur Terre, qui découvre cette chose étrange.   

Fabrice :
la S-F et l’anticipation sont des sujets qui nous passionnent depuis très longtemps. Des références nous en avons tellement que c’est difficile d’en cibler une plutôt qu’une autre. Matrix peut-être, qui d’ailleurs est sorti après Anomaly ! Ça rejoint notre façon de penser sur certains points. On avait de l’avance en faite ! (rires)

Parlons de Room 7 alors, si ma mémoire est bonne, le concept tourne autour des rêves d’un enfant autiste ? Pour ce sujet vous avez forcément dû vous renseigner ? 

Ludovic : Ta mémoire est bonne. L’histoire de Room 7 a été écrite par Thierry, notre batteur, qui est infirmier. À cette époque (1996/1997) il était en stage dans ce milieu, il était quotidiennement immergé avec des personnes souffrant d’autisme. 

Fabrice : Rien à ajouter, tu as bien résumé le concept et Ludo a bien décrit comment l’histoire est née. 

Tiens, encore une belle transition ! En parlant de Thierry, on va aborder le line-up. Celui-ci n’a que très peu évolué en plus de 25 ans, hormis le poste de bassiste qui a été occupé par Laurent Bessault et Fred Fievez, il n’y a eu aucun autre changement. La force de SUP, c’est aussi celle de la solidité de son line-up ? 

Ludovic : Beaucoup de personnes le pensent, à raison surement. SUP est un projet très familial. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir parfois des problèmes, mais oui c’est une force. L’air de rien Laurent nous a quitté assez vite, vers 1997/1999, Fred est donc là depuis plus de 15 ans ! Au départ il était surtout impliqué pour le live, il avait d’autres projets musicaux et n’était pas disponible à plein temps dirons-nous. Aujourd’hui ces projets n’existent plus, du moins il n’en fait plus parti, il est donc de fait plus impliqué dans le processus créatif qu’il ne l’était en 2000 par exemple. 

Fabrice : Familial c’est le mot juste, non seulement Ludo et moi sommes frères, mais Thierry est un ami depuis l’école maternelle. Nous avons tout fait ensemble, nous avons des rapports privilégiés que n’importe quel groupe ne peut pas avoir, on se comprend sans même devoir parler. Concernant Fred, c’est un peu différent, cela fait plus de 15 ans qu’il est dans le groupe, on peut même dire que c’est la plus longue période d’essai dont j’ai entendu parler ! (rires) Mais maintenant il est complètement intégré, pas seulement à la musique, mais à tout ce qu’il y a autour, il apporte beaucoup de choses, en étant dans le même état d’esprit que nous. 

Du coup, SUP ne supporterait pas le départ d’un de ses membres ? 

Ludovic : Difficilement, c’est certain. Après plus de 25 ans de collaboration ça serait dommage, mais on ne peut pas écarter que c’est possible. Un accident ou autre ça arrive si vite. Ce que fatalement on ne souhaite pas ! 

SUP a très peu tourné durant sa carrière et encore moins maintenant. C’était un choix ou c’est par manque de propositions et de projets sérieux ? 

Ludovic : C’est un choix en effet. On ne vit pas de notre musique, comme tellement de groupes d’ailleurs. Nous avons tous une vie professionnelle en parallèle, on se concentre donc sur des dates isolées, qui concordent avec nos disponibilités. Bon, on a fait le Hellfest trois fois, mais c’est difficilement refusable comme proposition, même si c’est un peu l’usine ce genre de festival, ça s’enchaine vite, t’as pas vraiment le temps de faire tout ce que tu veux, mais c’est une expérience géniale. Les tournées que nous avons fait dans les années 90, on en garde une majorité de bons souvenirs, parfois c’était plus tendu avec certains groupes qu’il est inutile de citer, mais c’était bien. Aujourd’hui on se produit ponctuellement sur des dates qu’on choisit et ça nous convient parfaitement. 

Fabrice : Dans l’histoire récente du groupe, les dates que nous avons faites en festival étaient en plein jour, et ça ne correspond pas trop à SUP. Si on doit remonter plus régulièrement sur scène, nous allons nous assurer que ça passe comme on le souhaite. On veut que le public présent ressente ce malaise dégagé par notre musique, notre ambiance est particulière, on se doit de la retranscrire du mieux possible, et ça doit se faire dans des salles. 

Une de vos dernières dates en salle c’était en juillet à Lille, en première partie de Fear Factory. Vous y aviez remplacé au pied levé les Butcher Babies, qui soyons francs, n’ont pas du tout le même milieu musical que vous ! Comment ça s’est goupillé cette affaire ?     

Ludovic : Il fallait un groupe en urgence, au mois de juillet, nous on sortait du Hellfest, on était prêt, et comme on est du Nord … voilà, c’est pas plus compliqué. Bon endroit, bon moment. 

Fabrice : C’était d’autant plus sympa qu’on partage un peu le même univers que Fear Factory, eux aussi font partis des premiers groupes de Metal qui n’ont pas hésité à intégrer des chants clairs. Ça nous a fait plaisir, et ça s’est vraiment fait à l’arrache. 

Que pensez-vous de la scène musicale d’aujourd’hui ? Autant au sens large que pour le Metal. J’imagine qu’elle n’est pas foncièrement plus difficile que pendant les années 80 ou 90, mais Internet a clairement changé la donne, non ? Et là je ne fais pas référence forcément au streaming ou au téléchargement illégal, mais à tout un ensemble de choses. 

Fabrice : À l’époque (années 80/90) faire un groupe était un gros travail. Il n’y avait pas autant de technologie, évidemment, mais même des choses basiques comme acheter des instruments ce n’était pas facile, ils étaient chers et les magasins spécialisés peu nombreux. Je ne te parle même pas de l’aspect technique ! Il fallait aller obligatoirement dans un studio d’enregistrement, ce qui impliquait de nombreuses démarches, comme avoir un label, qui à cette période payait les frais de studio ! Presser les disques aussi était tout une aventure. Du coup il y avait moins de groupes. Aujourd’hui tout le monde peut faire sa musique tranquille chez lui, il suffit d’un peu de matériel informatique, de quelques logiciels qui offrent un bon son et de presser les disques soi-même. Pour la diffusion il existe les réseaux sociaux et voilà, le tour est joué. Concernant la qualité de la musique… C’est autre chose, et je n’ai pas vraiment d’opinion là-dessus. Ces formations ont-elles de l’intérêt ? Est-ce qu’elle ont une âme au final ? Personnellement je préfère écouter un groupe pas forcément super technique mais qui en veut, qui dégage de l’émotion sur scène, qui est volontaire et qui possède un style, à un groupe qui bidouille sa musique derrière un ordinateur. 

Ludovic : Beaucoup de groupes se forment étrangement aussi de nos jours. Un mec compose chez lui, balance ça sur internet et demande si des gens sont intéressés par monter un groupe. Ce qui débouche sur des formations dont les line-up sont instables et qui au final ne durent pas. 

On pourrait aller jusqu'à dire qu’il y a un nivellement par le bas au niveau de qualité ? 

Fabrice : C’est un nivellement par le haut sur la technologie, le son est bien meilleur qu’avant. Mais artistiquement c’est clairement un nivellement par le bas, il manque l’essentiel : l’âme. C’est ce qu’il y a de plus important, et beaucoup trop n’en ont pas. 

Ludovic : Il y a tellement de groupes… Tu t’y perds. Mais c’est comme ça, on ne changera rien. Cependant pouvoir diffuser sa musique à tout le monde plus facilement qu’auparavant, c’est génial.

Et si vous deviez démarrer l’aventure Supuration / SUP, aujourd’hui vous le feriez ? 

Ludovic : Aucune idée… Je ne sais pas, vraiment. 

Fabrice : C’est difficile de répondre. Rétrospectivement cette aventure nous a bien bouffé la vie. C’est une sorte de damnation presque. On est passé à côté de choses qu’on ne pourra plus jamais vivre. 

Ludovic : J’ai commencé la musique vers 13/14 ans, mais si je les avais maintenant… je n’écouterais peut-être même pas de Metal, sauf si mes parents me baignaient dedans… Ou alors je serais simplement un fan comme beaucoup d’enfants de metalleux. Gamin j’étais fan de Kiss et Mötley Crüe, le serais-je en 2016 ? Pas nécessairement. 

En mars vous serez au Chaulnes Metal Fest en compagnie notamment de Putrid Offal et Mercyless. Des groupes que vous connaissez bien, vous avez débuté plus ou moins à la même époque, j’imagine que ça vous fait plaisir ? 

Ludovic : Oui, très. On est régulièrement en contact avec Max de Mercyless d’ailleurs. Et on bosse avec Phil de Putrid Offal, c’est l’occasion de se voir dans un autre cadre. On va jouer, boire une bière, discuter ensemble, c’est cool. 

Fabrice : Ce sera et sympa et particulier. Même s’il ne faut jamais dire jamais, je pense que l’entité Supuration s’arrêtera de façon définitive prochainement. C’est l’occasion pour le monde d’assister à l’un ou notre dernier concert sous ce nom. Du coup faire ça avec des mecs qu’on connaît bien comme ceux de Putrid Offal et Mercyless c’est super. 

Voici une question un peu étrange que j’ai toujours voulu vous poser. Ces dix dernières années j’ai rencontré pas mal de fans de SUP, en discutant avec eux, on en est arrivé au même constat. À savoir que nous trouvons qu’il est difficile d’accrocher à SUP quand on est âgé de moins de 20 ans. Aussi bien eux que moi, c’est passé cet âge que nous avons su entrer dans votre univers et tomber amoureux de votre musique. Vous avez une explication à ce phénomène ? 

Ludovic : Intéressant ! Tu n’insinues pas que SUP est une musique de vieux j’espère ? Du moins pour post-ado ? (rires)

Fabrice : Vous aviez moins de 20 ans à quelle époque ? 

Au milieu des années 90 globalement, il faut peut-être un « gros » bagage métallique pour aimer SUP ?

Fabrice : Franchement j’en sais rien ! (rires) Par contre j’invite toutes celles et ceux qui n’ont pas aimé SUP à 15/16 ans à réécouter maintenant ! Peut-être commenceront-ils à apprécier et devenir fans. 

Ludovic : C’est une drôle de question que tu poses là. Mais c’est possible.

Fabrice : C’est vrai qu’au début de notre carrière on nous considérait comme "avant-gardiste". Les critiques disaient qu’il fallait un peu de temps pour s’immerger pleinement dans nos albums. Ludo, t’en penses quoi ? 

Ludovic : C’est vrai que c’était considéré comme un peu "barré". Notre musique était simple, mais ouais un peu barrée. Puis le mélange chants clairs et gutturaux ça a perturbé du monde. D’ailleurs t’écoutais quoi essentiellement quand t’as découvert SUP

Surtout du Death bien poétique comme : Cannibal Corpse, Entombed, Loudblast, Morbid Angel, Massacra … 

Ludovic : Du brutal donc, tu n’étais pas prêts pour SUP, t’es devenu adulte vers 20 ans quoi ! (rires)



Quel est l’album que vous trouvez le plus abouti ? Pas forcément dont vous êtes le plus fier, mais celui que vous trouvez quasi sans faille ? 

Ludovic : Hegemony (réponse faite en moins d’une demi seconde suivit d’un long silence) 

Fabrice : Il te bouleverse celui-là … (s’adressant à son frère). Difficile à dire. Quand j’écoute un album de SUP et peu importe lequel, je me dis "putain il bien, il est abouti, il ne pouvait pas être différent". Tout en faisant abstraction de la qualité sonore, et des moyens techniques de l’époque, je me focalise juste sur la musique elle-même. Puis j’en écoute un autre et je me dis pareil, et ainsi de suite. 

Ludovic : Le souci de cette question, c’est qu’on peut faire difficilement abstraction de la période où un album a été enregistré. Prenons le cas de Anomaly. Une période compliquée car nous sortions de Supuration pour devenir SUP, et malgré ses 35 minutes le pari était très risqué, le changement de style brutal. Refaire cette expérience aujourd’hui serait fou. Angelus est particulier également, nous avons eu plein de pannes techniques, une horreur, si je devais le réenregistrer dans les mêmes conditions je n’y participerais pas. Chronophobia fut douloureux puisque Thierry venait de perdre son père… Tu vois chaque album à une histoire qui lui est propre.

Fabrice : C’est un peu comme le portrait de Dorian Gray, j’ai l’impression que chaque album a pris un peu de nous, de notre vie, c’est super compliqué de répondre avec précision. Comme le disait Ludo, sortir Anomaly fut une décision importante, Room 7 qui sonne plus Rock était aussi un pari fou, Chronophobia et ses conditions particulières… Ils nous ont tous bouffés une parcelle de nos vies. Mais chacun d’entre eux est unique. 

Que peut-on vous souhaiter pour un avenir proche et plus lointain ? 

Ludovic : Que la collaboration avec Overpowered Records se passe bien ! Ce serait déjà une bonne chose. Ensuite que les fans continuent de nous suivre avec autant de ferveur, c’est très important de se sentir soutenu lorsqu’on démarre un nouveau projet. Nous allons également represser en vinyl les albums de Supuration pour le marché américain. The Cube sortira dans une édition spéciale, on devrait en savoir plus début mars. On espère que tout ça fera un peu d’animation sur les réseaux sociaux ! (rires)

Fabrice : J’espère aussi que la collaboration avec Overpowered Records sera bonne. Ça commence bien, on a envie de cela continue dans cette voie. J’aimerais que les fans adhèrent à ces projets ambitieux, on pense beaucoup à eux, leur soutien est évidemment capital pour la suite. En guise de teasing, je veux leur dire que le prochain album de SUP va valoir le coup, soyez patients, vous ne serez pas déçus. 

Messieurs, ce fut un grand plaisir de vous revoir, surtout dans ce cadre si particulier, j’ai perdu dix ans en franchissant la porte ! Un dernier mot pour les lecteurs de Metalorgie ?

Fabrice : On salue tous les lecteurs du webzine et on les remercie pour leur soutien. Nous savons que chez Metalorgie, SUP est apprécié et ça nous fait vraiment plaisir. 

Ludovic : Pas mieux !

Shades of God (Février 2016)

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