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Hangman's Chair décembre 2015 - par mail

Entretien avec Mehdi Birouk Thépegnier, batteur du groupe parisien qui aura marqué l'année 2015 par la sortie de leur dernier album, et qui se retrouve logiquement en bonne place dans les tops musicaux.


This Is Not Supposed To Be Positive est votre premier disque chez Music Fear Satan, pourquoi avoir fait le choix de ce label ?

Nous cherchions un autre label pour cet album, par simple envie de voir autre chose. Après plusieurs envois et démarches, nous avons eu Nicolas de MFS, sa vision des choses et sa manière de bosser nous ont tout de suite plu. Il est basé à Paris également, ça facilite beaucoup les choses. Et puis aujourd'hui, tout le travail fourni par le label concernant notre album est plus que satisfaisant !

L'artwork est superbe, surtout dans sa version vinyle. Qui s'en est occupé ? Vous vouliez représenter quelque chose de précis ?

Nous avons travaillé avec le même illustrateur que l'album HOPE///DOPE///ROPE, il s'appelle Dave Decat. Nous avons toujours adoré son travail, nous nous étions fortement inspirés de son œuvre sur nos précédents albums. Pour TINSTBP, nous voulions partir sur une guillotine, une fois l'album enregistré, nous avons passé une soirée chez Dave afin d'en causer, nous nous sommes mis d'accord pour réadapter une de ses affiches qui représentait Anatole Deibler, un des bourreaux de génération en génération des plus "titrés" si je puis dire, avec sa guillotine. C'est une pochette plus graphique, c’était également notre souhait, comparée à la pochette de HDR qui était une illustration totalement redessinée. Ça ne représente pas grand chose de spécial, nous imaginons un projet artistique dans son ensemble, musique, ambiance, texte, concept et graphisme.

         

L'album est déjà considéré comme l'un de vos meilleurs par les fans mais aussi par la critique, vous aviez des attentes particulières ou cela vous surprend ?

Nous en sommes ravis évidemment. Nous n'avions jamais travaillé sur un album autant que celui-ci, autant au niveau promotionnel et management, ainsi qu'en interne au sein du groupe. Nous sommes entourés de bonnes personnes maintenant comme Elodie Sawicz, notre manageuse qui fait un travail remarquable, qui nous encadre, recadre et conseille, elle s'occupe de toute la promotion, et on voit bien que ça a porté ses fruits. Énormément de retours presse, et également de professionnels. Nous en sommes très satisfaits, c'est gratifiant et motivant pour la suite. En 4 albums, 3 splits LP, en 10 piges d'existence du groupe, nous sommes passés par toutes les émotions. Un peu de reconnaissance de notre art et notre travail aujourd'hui avec cet album nous réconforte et nous motive, c'est évident.  

Le groupe commence à être bien connu en France mais ça se passe comment à l'étranger ? Vous avez des projets pour vous développer là-bas ?

Nous avons toujours pas mal tourné en Europe, nous avons un réseau indépendant qui nous soutient depuis pas mal de temps, ce qui nous a toujours permis de faire des dates au Benelux, en Allemagne, Pays de l'est, Russie, Islande etc ... en France , ça va peut-être t’étonner, mais ça n'a pas toujours été facile pour nous curieusement, étant un produit national. A part nos contacts directs en Europe, nous avons quelqu'un qui s'occupe de notre promotion pour l’Europe basé en Allemagne, ce qui nous amène une plus grande exposition sur ces territoires-clés, et ça nous fait du bien également. Pas mal de choses très positives se dessinent pour l'avenir.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce dernier album, c'est ce sentiment d'écouter du Stoner/Doom avec une attitude proche du Hardcore 90's, un peu comme ce que peut montrer Corrosion Of Conformity ou même Crowbar, qui n'a jamais renié ses influences Hardcore. Ce sont des groupes qui vous inspirent ?

Ce sont des groupes qu'on a écouté, et qu'on respecte oui, car comme tu dis, ils descendent du Punk et du Hardcore, comme nous. Ce qui nous a amené à écouter des groupes comme ça, comme Saint Vitus, Acid Bath, Buzzoven, Eyehategod et j'en passe, c'est que ce sont des groupes qui se proclament descendants du Punk et du Hardcore. Maintenant dire que ça nous inspire plus qu'autre chose non. Nous écoutons tellement de choses aussi variées les unes des autres. Notre évolution est naturelle et liée au temps. Nous jouons ensemble depuis tellement d'années, au moins 20 ans, on se connaît par cœur humainement et musicalement. Je pense qu'avec TINSTBP, les auditeurs ont sûrement adhéré et compris notre écriture, car je pense que le temps nous permet aujourd'hui de l'exprimer d'une manière plus lucide, intelligente, sincère, avec plus de clarté. Car je pense que si tu écoutes nos anciens albums, aujourd'hui encore, tu trouveras cette touche Hardcore 90's dans notre façon de riffer.

Le disque est particulièrement diversifié, on retrouve même des influences Grunge, surtout dans les parties vocales et parfois je ne peux pas m'empêcher de penser à Alice In Chains. C'était voulu en entrant en studio ou vous vous laissez porter par ce qui vous vient en tête sur le moment ?


C'est également une scène qui nous a marqué dans notre jeunesse, des groupes comme Alice In Chains, Mother Love Bone, ... ou les albums de Temple of the Dog et de Mad Season, sont des chefs d’œuvres. Dire que c’était voulu en entrant au studio, c'est faux, mais inconsciemment l’énergie et l’émotion que dégagent les chanteurs de ces groupes sont magiques. Alors si ça te fait penser à ça , je prendrais ça juste comme un compliment.

Vous avez ressenti une évolution dans votre manière d'écrire et de jouer votre musique depuis vos débuts ou même depuis Hope/Dope/Rope ?

Oui c'est évident. Comme je te disais, ça fait de nombreuses années que nous jouons ensemble. J'ai commencé à jouer d'un instrument dès l’âge de 13 ans avec Julien, mon guitariste actuel. Avec Hangman's Chair, nous composons la plupart des morceaux. Nous ramenons des squelettes de morceaux que nous affinons en répétitions à 4.
Pour revenir à l'écriture du dernier album, notre état d'esprit n’était pas au beau fixe. Il a fallu faire un point entre nous afin de nous ressaisir et repartir dans la composition. Mais une fois la machine huilée, la composition, l'affinage et le travail de fond a été des plus salvateurs pour l'enregistrement. Arrivés au studio, nous savions exactement la tournure qu'allait prendre l'album, la méthode d'enregistrement, ainsi que l'ambiance, le son etc.

Du coup, pour le prochain disque, vous comptez vous ouvrir encore plus à des influences diverses et variées ou vous déciderez ça bien plus tard ?

Ça je ne peux te dire, ça se décidera avec le temps. Ça restera du Hangman's Chair, c'est sur et certain. Ce que je peux déjà te dire, c'est que nous avons redémarré la phase de composition, et que nous souhaitons se projeter sur la suite, et le temps fera le reste.

Le jour de votre release party, vous avez invité Cowards et Arkangel, la scène Hardcore, c'est un milieu dont vous vous sentez plus proche ? En quoi ça influence votre musique ? J'ai cité Alice In Chains, mais Corrosion of Conformity et Life Of Agony viennent en tête facilement quand on vous écoute.

Nous avons des liens très forts avec Arkangel, nous nous connaissons depuis de longues années, j'y ai joué pendant presque 10 ans et Julien et Clément jouent encore avec. Ils n'avaient pas joué à Paname depuis une dizaine d'années, c’était évident de les inviter pour notre release party. Cowards, c'est le groupe d'Adrien Lederer qui a joué de la guitare dans Hangman's Chair à l'époque de l'album Leaving Paris. On apprécie ce qu'ils font avec Cowards, ça nous faisait plaisir de les inviter également.
On se sent très proches du milieu Hardcore au sens général, ça a bercé notre jeunesse. Nous continuons à écouter des chefs d’œuvres de cette époque, des groupes qui nous ont éduqués comme Bad Brains, Cro Mags, Sheer Terror, Warzone, Leeway, Darkside NYC, Section 8, Life Of Agony, Only Living Witness, Enrage, ... pour n'en citer que certains, la liste est beaucoup trop longue.

          

Vous composez toujours en gardant l'élément live en tête ou vous adaptez les morceaux pour les concerts ?

Oui toujours. Nous gardons toujours en tête le fait que nous jouons les morceaux en live, on ne s’égare jamais afin de ne jamais tromper l'auditeur. Il nous arrive bien sûr de faire des morceaux directement en studio ou même des morceaux comme Les Enfants Des Monstres Pleurent Leur Désespoir, qui sont considérés comme des morceaux instrumentaux. Je ne pense pas que nous les jouerons en live, ce sont des morceaux d'albums, des interludes, une respiration dans un album. Mais les morceaux majeurs qui forment l'opus sont tous composés dans l'optique de les rejouer sur scène bien sûr.

La scène Doom/Stoner a du mal à se renouveler. Quels sont les groupes récents qui vous parlent ?

Pour te dire franchement, je n'écoute pas vraiment de nouveautés. Et je pense que tout puriste de musique, dans tous les styles de musique confondus, te dira la même chose. Ils en existent peut-être de très bons groupes mais rien ne me vient en tête. Je vis pas dans une grotte non plus, je suis au courant de ce qui tourne bien sur, mais rien ne reste gravé dans ma mémoire auditive. Je fais partie de ceux qui chinent dans le passé. J’aime retomber sur des pépites qui me sont passées à coté ou que j'avais mis de coté pour plus tard car je n'avais pas trop compris à l'époque par exemple. Dans tout style confondu.
En ce moment même où je te réponds, j'écoute Ann Peebles.

On vous sent très parisiens, que ce soit dans le clip de Dripping Low, le titre du dernier morceau de l'album, dans votre communication (« Paris sera toujours Paris ») ou même le sticker du PSG sur l'ampli de Julien. C'est quoi votre relation à cette ville et en quoi ça influe sur votre musique ?

On y vit, Paris a sa part de responsabilité sur notre éducation, sur la manière dont nous voyons les choses, sur ce que nous écoutons, sur ce que nous lisons, sur nos rythmes de vie,... l'histoire de notre ville nous inspire également, ça restera une part indétachable du concept d’Hangman's Chair. C'est l'une des plus belles villes aux yeux du monde, et en même temps la plus détestée aux yeux des Français, c'est fascinant !
Faut y vivre depuis des années pour comprendre ceci. C'est l'autre Paris qui nous plaît, celui des bas fonds et des sans dents, celui des PMU's et des catacombes. Dans notre cas, à part Cédric qui a grandi dans le 11ème, nous sommes des banlieusards, là où tu trouves encore les vrais parisiens ! Ces derniers temps c'est l’exode vers la grande couronne, Paname intra muros est réservé aux plus bourgeois et aux provinciaux bobos qui se considèrent plus parisiens que des natifs parisiens. Le PSG, c'est notre club de cœur depuis gamin, mais nous n’allons jamais au parc, il ne nous appartient plus. Nous vivons notre ferveur dans un PMU du 11ème. Et bien pour Paris, c'est la même : cette ville ne nous appartient pas ou plus. Nous vivons notre passion de cette ville à travers Hangman's Chair.

Comment ça va se passer pour la suite ? Vous prévoyez une tournée ?

Nous travaillons et développons la promotion du groupe à l’échelle internationale. Nous sommes déjà en train de composer des nouveaux titres. Nous sommes dans le projet de sortir un split LP avec un groupe japonais courant d'année, et du coup aller jouer là-bas dans un futur très proche. Nous envisageons d'enregistrer un nouvel album entre septembre et décembre prochain. Music Fear Satan va rééditer l'album HOPE///DOPE///ROPE en digipack CD avec 3 titres bonus qui figuraient sur les split avec Acid Deathtrip et Drawers, ça sera pour une sortie en Février 2016. Nous sommes actuellement en train de tourner un nouveau clip, on vous donnera plus de détails très très vite, il sortira en Février 2016 également. Nous avons une bonne vingtaine de dates d'ici Juin. Les projets abondent. On vous tiendra au courant via notre page facebook

On vous laisse le mot de la fin.

Merci à toi pour l'interview. On espère vous croiser sur la route.

Raikage (Décembre 2015)

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