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The Rodeo Idiot Engine Par Email

Alors que l'on vous a fait découvrir en exclusivité Malaise, leur dernier opus, les Basques de The Rodeo Idiot Engine (au travers d'Alan et Jérome) ont accepté de répondre à quelques petites questions sur Malaise, son univers et ses significations.

- Pouvez-vous résumer un peu ce qui s’est passé depuis la sortie de Consequences ? Vous avez pas mal tourné ?
A. Entre les deux sorties il s’est écoulé deux ans donc on a eu le temps de bien tourner un peu partout oui. Si je dis pas de conneries on a du jouer dans plus de 20 pays sur 6 ou 7 tournées. Après ça on a pris 6 mois pour composer et enregistrer « Malaise » donc on peut dire qu’on n’a pas chômé.

- Qui est (sont ?) le(s) compositeur(s) de Malaise ?
A. Un peu tout le monde parce que même si j’écris la plupart des morceaux, ce sont encore des brouillons quand je les montre aux autres du coup avec les années on a tous appris à jouer notre rôle et chacun sait maintenant ce qu’il peut apporter lors de la composition.

- Comment s’est passée la phase de composition de Malaise ? Aviez-vous déjà commencé à plancher dessus à peine Consequences terminé ou avez-vous laissé passer un peu de temps ?
A. Comme je disais, après notre dernière tournée pour Consequences il y a exactement un an de cela, on a ensuite pris 6 mois pour composer et enregistrer « Malaise ». Pendant cette période de compo, on s’est aussi enfermés une semaine au fin fond de la montagne Basque pour en ressortir avec la moitié des titres, c’était la première fois qu’on s’isolait et en fait ça a plutôt bien marché.
Tout s’est enchainé super vite c’est vrai mais cela nous a aidé à vraiment se focaliser sur le disque. C’est beaucoup plus difficile de composer tout en continuant de tourner car tout s’étale sur une plus longue période et au final tu perds beaucoup de cohérence entre tes titres à mon avis.

- Vous avez composé 2 morceaux en basque me semble-t-il. Pouvez-vous expliquer pourquoi et quel est le sens de ces morceaux ? En complément, pourquoi alterner entre titres en anglais et en français ?
J. Nous venons du Pays Basque, on a donc été élevés et nourris par cette culture...notre culture. Il était donc important et logique pour nous d'inclure du chant en basque. « Makurrak » signifie « déviances ». C'est une sorte de poème écrit à la base en français, il a une signification très personnelle et du coup c'est difficile pour moi d'en faire une explication en quelques mots, mais en gros, ce sont les pensées d'une personne qui se perd.
« Ildoak » signifie « sillons ». ce morceau instrumental a une atmosphère assez « rampante » , comme le sentiment de quelque chose qui se traîne, pour finalement arriver à se libérer dans la douleur... d'où « Ildoak ».
Tous les textes sont d'abord écrits en français parce que c'est la langue avec laquelle je suis le plus familier du coup dans la traduction certaines phrases perdent leurs tournures et leur sens premier et cela est souvent très frustrant. Du coup certains du groupe m'ont poussé à essayer le chant en français et en fait ça sonne pas si mal.

- D’ou vient ce titre « Malaise » ? Qu’est-il censé décrire ?
A. On voulait trouver un titre qui soit en accord avec l’artwork qu’on avait en tête et aussi avec les thèmes abordés dans l’album mais on trouvait rien en anglais qui sonne bien ou qui ne soit pas trop cliché du coup on a découvert que le mot français « malaise » était aussi utilisé en médecine et psychologie dans la langue de Shakespeare pour justement décrire des états physique ou psychique anormaux.

J: Il représente pour nous ce sentiment de mal être profond qui nous ronge, mais aussi le malaise que l’on peut provoquer chez les autres par un attitude qui diffère de l’entendement du commun, certaines actions ou théories dérangeantes, malsaines ou pas. C’est en gros ce que nous/m’inspire la société actuelle.

- J’ai la sensation d’un côté plus sale sur Malaise que sur Consequences. Comment ressentez-vous ce nouvel opus ?
A. Dur de juger sa propre musique surtout que tout est relativement frais encore mais je comprends ce ressenti. Je pense que c’est surtout l’ambiance générale du disque qui est plus pesante, plus grave. On a surement les passages les plus mélodiques et facile d’accès qu’on n’ai jamais composé mais à coté de ça il y a aussi les choses les plus denses et violentes du coup on trimballe tes émotions sur des montagnes russes pendant l’écoute.

- Est-ce que « Le Parfum » est en rapport avec le livre de Süskind ? S’agit-il du seul titre en lien avec une oeuvre ?
J. Complètement. C’est un de mes livres préférés et il a une signification particulière pour moi, il me revenait souvent en tête pendant la composition de l'album et ce qu'il dégage collait bien avec les compos en cours.
« Syngue Sabour » a lui été influencé par le roman « Syngué Sabour. Pierre de patience » de Atiq Rahimi, mais ce titre fait référence à la pierre elle même plutôt qu'au récit.

- Quelles ont été les influences pour Malaise ? J’y entends un fond de Cortez par moment.
A. Tout et rien en particulier je dirais, mais en tout cas pas Cortez ahah, je crois même pas avoir écouté leur dernier disque. En fait c’est dur de citer des influences car on écoute tous des trucs ultra différents et lorsqu’on s’est enfermés à la montagne pour composer c’était plutôt le feu de la cheminé et la bouffe notre influence.

- Qui sont ces « Icons » décrites dans « Carrying Icons » ?
J. Les icônes religieuses, et particulièrement celles chrétiennes. Ce texte fait référence aux personnes qui les créent, manipulent les pensées, le sang et l'argent... Malheureusement des thèmes encore plus d'actualité maintenant.

- Qu’est ce qui illustrerait, dans d’autres arts, le mieux Malaise ? Un livre ou un film par exemple ?
Quand je réécoute l'album et repense à l'ensemble de sa conception, plusieurs images me viennent en tête. Malaise pourrait être, pourquoi pas, la bande son d'un mélange entre « Elephant man » de Lynch, «Le Parfum » de Süskind et « Mangez le si vous voulez » de Jean Teulé. Pour l’illustration d'un mal-être interne et le poids du regard de la société sur ce qui diffère de la « norme » (souvent liés); ainsi que pour les déviances, considérées comme négative ou pas, de la nature humaine jusqu'à sa plus folle monstruosité. L'horreur humaine en fait.

- Vous préparez un clip pour l’un de vos titres. Pouvez-vous nous tease un peu le contenu ou les éléments de cette vidéo ?
A. Non sinon il n’y aurait plus de surprise à la première vision. Je peux juste te dire qu’on a remis le couvert avec les gars de As Human Pattern qui s’étaient occupé du clip de « Consequences » , que le titre choisi est « Passing Daemons » et que ça va être très très beau à voir.

- C’est votre troisième collaboration avec Throatruiner, la seconde avec Dingleberry et la première avec Grains of Sand. Qu’est ce qui a motivé ces choix de labels ?
A. Les rencontres et les amitiés tout simplement, car ce sont avant tout des histoires humaines et pas de business. Pour sortir nos disques on veut surtout être supportés par des gens qui font ça avec leurs tripes et qui croient en nous.

- Pouvez-vous nous parler un peu de l’artwork ? Comment s’est passé sa création ?
A : Pour travailler les visuels du groupe j’ai toujours pris du temps pour vraiment lire et m’imprégner des textes de Jérôme. En l’occurrence ils transpiraient vraiment un mal être personnel et assumé avec lequel tu aurais appris à vivre, pas un truc d’ado mal dans sa peau. Du coup j’ai eu cette vision un peu floue qu’on a réussi à retranscrire grâce à un ami photographe, Louis Triol. Il a ensuite fallu trouver une femme prête à jouer le jeu, et c’était pas gagné car devoir se déshabiller pour se faire recouvrir de cendres, salir avec du charbon et j’en passe c’était loin d’être appétissant.

J. On a cherché une représentation physique de ce «Malaise» tout en contrastant avec quelque chose de très esthétique. Le choix d’une peau, d’un corps ayant du vécu nous semblait donc important. Le choix de la posture devait aussi faire écho à la souffrance interne.

- Pourquoi avoir choisi Nick Zampiello pour le mastering ? Comment s’est passé l’échange avec lui ?
A. C’est en parlant avec Amaury Sauvé que le nom de Nick est sorti. Il travaille avec lui déjà depuis un moment sur ces diverses productions et il était très satisfait des résultats du coup on n’a pas hésité à le contacter pour voir s’il était ok pour travailler avec nous. C’est quelqu’un de très direct et pas prise de tête donc c’était très simple de bosser avec lui et on est très contents du résultat.

Euka (Décembre 2015)

Un grand merci à Alan et Matthias pour avoir rendu cette interview possible.

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