Alfie Scully (We Are The Ocean) Hôtel les Jardins du Marais, Paris, le 12 mai 2015

We Are The Ocean a sorti son quatrième album ARK le 11 mai dernier, duquel sont issus quatre singles : le très queensofthestoneagien Good For You, l'éponyme et épique ARK, le planant Holy Fire et le nerveux Do It Together. Nous avions pu rencontrer le guitariste Alfie Scully le lendemain de cette sortie et discuter avec lui de la nouvelle orientation prise par le groupe.

Comment s’est passé votre concert du 25 mars à Paris ?

C'est notre meilleure expérience scènique à Paris et de loin. On a joué au Batofar, ce lieu est excellent ! On ne voit pas ça tout les jours, c’était marrant de jouer sur un bateau, ça tanguait avec le public qui n'arrêtait pas de bouger, danser...

Comment le public a réagi aux nouvelles chansons, car ARK n’était pas encore sorti à ce moment là ?

Très bien ! On avait mélangé quelques nouveaux titres au milieu d’anciens et les enchainements se faisaient super bien. Après on avait déjà mis en ligne une lyrics video pour ARK et un clip pour Do It Together. On a eu l’impression que la plupart du public avait déjà entendu ces deux chansons et connaissait même les paroles. Après pour les chansons inédites c’était à peu près le même délire, les gens chantaient, plus ou moins, sans même connaître les paroles. Ça a bien remué et c’est le principal !

A l'écoute de ARK, ma copine qui est plus calé que moi sur le sujet a trouvé que vous ne sonniez pas vraiment "british", tu en penses quoi ?


Vraiment ? (Rires) C’est bizarre car je t’assure que nous sommes bien anglais ! Je pense que ça vient du fait que nous sommes vraiment influencé par beaucoup de groupes et de styles différents, qui ne sont pas tous originaires d’Angleterre. Mais c’est intéressant que tu me dises ça (rires). Elle connaissait nos précédents albums ?

Non, elle vous a découvert avec ARK.


Ok, je comprend mieux alors. On reste quand même fortement influencé par de nombreux groupes anglais. Parmi les plus grands il y a Led Zeppelin ou The Who, auxquels s’ajoutent pas mal de musique californienne comme Fleetwood Mac, The Eagles, Joni Mitchell. C’est un sacré mélange.

De mon côté, en écoutant ARK pour la première fois, j’ai ressenti un peu les mêmes impressions qu’à la première écouté de The Origin Of Symmetry de Muse, pour le côté grandiloquent et symphonique, avec l’ajout de violons notamment. C’est quelque chose que vous n’aviez jamais fait jusque-là ?

Oui. Avec chaque album, on essaie d’aller plus loin et d’expérimenter de nouvelles choses. C’est la force d’être un groupe, à chaque fois qu’on se retrouve pour composer tous ensemble, d’avoir sans cesse de nouvelles idées. Et on arrive toujours à trouver une façon de transposer ces idées en musique. Là on voulait vraiment sortir complètement de ce qu’on avait fait sur les précédents albums, pour ne pas se retrouver coincé dans un registre déjà exploré. Il y a des centaines de façons de composer, d’arranger une chanson ou d’exploiter un riff, et faire jouer un passage par un quartet à cordes changera complètement le résultat que s’il n’avait été joué qu’avec une guitare. On ne veut pas s’imposer de barrière musicale et justement on est allé aussi loin qu’on a pu dans ce domaine sur ARK.

Je trouve qu’avec cet album, vous vous placez quelque part entre Muse et Queens Of The Stone Age.

C’est une comparaison flatteuse. On est tous fans de ces deux groupes, mais je ne pense pas que l’un d’entre nous ait essayé consciemment de sonner comme eux. Queens Of The Stone Age est un groupe incroyable, j’adore tous leurs albums.

Niveau sonorité encore, There’s Nothing Wrong me fait penser à du Maroon 5 des début.

Ah oui (rires). J’aurai dit plutôt à du Red Hot Chili Peppers, mais je vois ce que tu veux dire. C’est une chanson avec beaucoup de groove, sans distortion et les paroles sont très personnelles, dans l’idée qu’il faut rester soit même et faire ce qu’on veut faire et ne pas se laisser imposer des choix.

Je ne me rappelle pas que vous ayez déjà fait une chanson acoustique comme Letter To Michael ?

Si ! Sur Maybe Today, Maybe Tomorrow, la dernière chanson de l’album Chin Up Son est acoustique. On a enregistré plusieurs versions de Letter To Michael, dont l’une était acoustique. Mais on a essayé qu’elle ne sonne pas trop acoustique (rires).

Qui est le Michael de la chanson ?

C’est le père de Liam ! Tous nos parents ont été de solides soutiens dans notre carrière musicale, dès même le début du groupe. Le père de Liam est venu nous voir en studio, ça a dû faire ressurgir des souvenirs d’enfance chez lui et je pense qu’il a eu envie de témoigner à son père à travers cette chanson tout ce qu’il lui avait apporté. C’est vraiment une chanson positive et à chaque fois que je l’écoute, je ne peux pas m’empêcher de me sentir reconnaissant envers mes propres parents.

Maintenant que Liam est le seul chanteur dans le groupe, après le départ de Dan en 2012, avez-vous changé la façon dont vous composez, notamment pour le placement vocal ?

Je pense que de toute façon, même s’en rendre compte, on n’a jamais procédé de la même façon pour composer, car on évolue tous, on grandit. C’est vrai que les choses sont différentes maintenant pour l’écriture des paroles, on se sent plus libre du coup, ça marche plus au feeling qu’avant, ça sort comme ça vient, sans filtre. D’une certaine façon, les chansons deviennent l’expression simple de ce qu’on ressentait au moment où on les a écrites. Il n’y a rien de calculé. C’est ce qu’on est !

Liam avait dit il y a quelque temps dans Rocksound  qu’à un moment donné, il avait perdu foi en ce qu’il faisait. Il va mieux maintenant ?

Oh oui, merci ! (rires) On est un groupe maintenant depuis plus de huit ans, ça commence à faire. Tout ce qui a attrait à la composition s’accompagne de beaucoup de pression, et d’un tas d’autres choses. Forcément, ça s’accompagne de hauts et de bas, et c’est pas forcément simple.

J’imagine que les meilleurs moments, c’est quand vous êtes sur scène ?

Exactement ! Mais bon, je pense surtout que lorsqu’il a donné cette interview, Liam devait avoir eu une journée de merde (rires).

Quel est l’artiste qui a fait l’artwork ?

Il s’appelle Dimitri Drjuchin. Pour la petite histoire, il y a deux ans, j’étais chez un de mes potes qui m’a filé un CD à écouter, je ne saurai plus te dire le nom du groupe mais je suis resté scotché devant la pochette qui était un des trucs les plus incroyables que j’ai jamais vu. Cela me faisait penser à nos précédents artworks mais remixés à la sauce psychédélique, ce qui collait en plus à notre nouvelle orientation. Ça a donc été comme une révélation, il nous fallait cet artiste ! On l’a donc contacté et ce fut impressionnant. Il ne se cantonne vraiment pas à un rôle d’illustrateur, c’est un véritable artiste et on trouve de véritables fresques sur toile chez lui ! On lui a envoyé la démo de quelques titres et on lui a laissé carte blanche : on aime tellement ce qu’il fait qu’on souhaitait vraiment qu’il s’inspire de notre musique et qu'il la retranscrive à sa façon. Cette tête de lion chimérique, c’est sa représentation de notre musique et je la trouve mortelle. Elle est très marquante !

Quand vous avez commencé le groupe, vous vous êtes fait connaître grâce à MySpace. Je suis passé sur votre profil, il est toujours en ligne, mais il n’a pas été mis à jour depuis très longtemps, c’est pas sympa quand même !


(Rires) Mais il n’y a plus personne qui utilise MySpace de nos jours ! (rires)

Plus sérieusement, est-ce que tu as une explication sur la mort de MySpace ?


Je pense que c’est mécanique, cyclique, il y aura toujours quelque chose de nouveau, de meilleur qui viendra derrière ce qui a été fait, et c’est souvent un cycle de quatre ans, ce qui est plus ou moins le temps qu’a duré MySpace. On trouvera toujours un nouveau moyen de faire écouter et découvrir ta musique à encore plus de monde qu’avant. Surtout que maintenant les gens se sont habitués et veulent de l’information en continu et instantanément. Je sais pas si ce sont les raisons qui ont fait que MySpace ait connu ce sort funeste. Toujours est-il qu’à l’époque il a été un précieux outil pour nous mettre le pied à l’étrier.

Grum (Septembre 2015)


Merci à Roger et Replica Promotion pour nous avoir organisé cet entretien.

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