Motocultor Festival 2015 Black Dog, le 16 avril 2015

Parti d'un festival local devant 200 personnes en 2007, le Motocultor a franchi les étapes une à une, rencontrant de nombreuses difficultés (annulation de dernière minute, déménagement, mauvais temps...) qui n'ont pas su le freiner. L'édition 2015 est pour le moins alléchantes avec 3 scènes et 66 groupes au programme :

- Vendredi 14 août : Pentagram / Sick Of It All / Eluveitie / Triptykon / Madball / Kyle Gass Band / Finntroll / Solstafir / Little Big / All Out War / Rise Of The Northstar / Trouble / Birds In Row / Sticky Boys / Mars Red Sky / Ancient Rites / Gutalax / Psykup / Killers / Nesseria / Belenos

- Samedi 15 août : Carcass / Death Dta / Sodom / God Seed / Brujeria / Tankard / Ultra Vomit / Bombers / The Ocean / Angelus Apatrida / My Sleeping Karma / Der Weg Einer Freiheit / Kronos / Wehrmacht / Klone / Glorior Belli / Crisix / Bliss Of Flesh / Arcania / Drakwald / Abysse

- Dimanche 16 août : Opeth / Trivium / Sepultura / Orange Goblin / Kataklysm / Septicflesh / Krisiun / Cryptopsy / Delain / Psycroptic / Alcest / Ne Obliviscaris / Agalloch / Dopethrone / Cliteater / Ramming Speed / Crown / Manzer / Machete / Hexecutor / Verbal Razors / Muezli

Rencontre avec Yann Le Baraillec (directeur et programmateur) et Yves Tattevin (assistant de production/communication) pour parler de cette cuvée 2015.

Yann, tu en parlais lors de l’interview que tu nous avais accordée en 2013 : Il semblerait que Saint-Nolff ait bien adopté le Motocultor, et vice-versa ? Comment se passe la relation avec la municipalité et les riverains ?


Yann : Quand on a lancé le festival en 2007, on savait qu’il y avait le potentiel pour faire quelque chose à Saint-Nolff, il y avait déjà un festival en plein qui s’y déroulait et donc le terrain adéquat. On avait débuté avec un festival indoor mais on a toujours eu pour objectif de réussir à attirer l’attention et pouvoir nous implanter là-bas. Ça a pris quelques années, la première édition open air ayant eu lieu en 2010 et plusieurs éditions ne se sont pas déroulées à Saint-Nolff, car c’était compliqué. On a eu droit à un "test" grandeur nature en 2013, après la municipalité a changé de bord, donc on a eu droit à un deuxième "test" en 2014. Suite à ça, la Maire de Saint-Nolff nous a dit qu’elle entamait directement les démarches pour qu’on puisse organiser au même endroit l’édition 2015. Pour le moment, on n’a qu’un contrat sur une année.

Yves : On essaie d’obtenir ce que convoitent tous les festivals, une convention pluri-annuelle, comme le Hellfest avec Clisson. Apparemment c’est en bonne voie pour nous, on verra ça. Une convention sur trois ans serait l’idéal, ça nous aiderait grandement pour les dossiers de subvention et ça nous gagnerait du temps en démarches.


Grosse nouveauté pour cette année 2015 : une troisième scène. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Yann : Cette troisième scène, on en avait parlé lors de la conférence de presse de l’édition 2014. On a eu quelques problèmes financiers sur les premières éditions, avec le changement de terrain, donc c’était compliqué. Là, on s’est rendu compte que notre modèle n’était pas suffisant pour payer le nombre de salariés que nous souhaitions avoir dans la structure et renflouer les dettes le plus rapidement possible. D’un autre côté ça nous permet aussi de proposer tous les styles qu’on aime, car on est assez éclectiques. Jusque là, on était un peu frustrés de pas faire certains styles.

Yves : On a aussi remarqué que ça pouvait frustrer le public ! En 2014 le samedi, sur les quinze groupes proposés, il y en avait six qui étaient plus punk/rock'n'roll que metal et des spectateurs s’en sont plaint. Avec trois scènes, ça permettra à ceux qui sont complètement hermétiques à un style de s’y retrouver et de pouvoir voir quelque chose qui leur plait plutôt que de s’ennuyer.

Yann
: On avait plusieurs objectifs. Programmer plus de groupes, être plus éclectiques, renforcer les styles présentés. S’il n’y a qu’un groupe de hardcore programmé, ça ne fera venir personne, c’est pour ça qu’il n’y en avait aucun à l’affiche l’an dernier.  Alors que cette année, le vendredi, il va y en avoir beaucoup, six ou sept. Ça devrait intéresser un nouveau public.

Cette édition 2015 doit donc vous revenir plus « chère » cette année ?

Yann : L’idée est de renforcer le budget. Il y a des dépenses qu’on a pu réduire, car on est mieux organisés, et il va y avoir des investissements de la commune sur le site. Côté recette, on a une marge de progression importante au niveau des subventions publiques et des partenariats privés.

Yves
: On se finance à 70%, on n’a que 30% d’aides publiques.

Yann
: 2% seulement !

Yves : Ah oui, j’incluais la valorisation du bénévolat dedans.

Yann : Le Hellfest ou les Vieilles Charrues ont atteint une taille qui fait qu’ils intéressent surtout les partenaires privés, vu leur notoriété, et ils n’ont plus besoin d’aides publiques. Le fait de passer de 45 à 66 groupes, ça va intéresser plus de partenaires privés et faire venir plus de public. On va essayer de spécialiser les journées aussi. Le vendredi sera pas mal hardcore comme on a déjà dit, mais le running order permettra de ne voir que des groupes de metal pour ceux qui le veulent, le samedi il y aura une prédominance death metal et le dimanche sera réservé au stoner et dérivés. En faisant ça, on veut augmenter notre implantation locale et d’augmenter les recettes billetterie, surtout sur les billets à la journée, car pour le moment les pass 3 jours représentent 80% des billets vendus. On espère passer de 500 billets à la journée à 1500, voire 2500... Mais pas dès cette année je pense (rires). On souhaiterait atteindre d’ici deux ou trois ans une jauge de 6000 pass 3 jours et 2000 billets 1 jours par jour pour avoir 8000 spectateurs par jour.

Vous avez lancé un « concours » pour trouver le nom de cette scène sur les réseaux sociaux, il y a déjà des propositions bien funs, la Nicolas Stage me plait bien, comment se fera le choix final ?

Yves : On a des idées aussi !

Yann : C’est peut-être lui qui va gagner, mais on n’a pas encore tout décortiqué, je crois qu’il y a eu plus de quatre cents propositions... Cette scène sera à côté de la Supositor Stage, donc ça serait bien que le nom soit dans le même style. Sur la scène principale, la Dave Mustage, on fera jouer les plus gros groupes, tous styles confondus, sur la Supositor Stage il y aura du death, du black, du thrash, du hardcore... et tout ce qui est plus calme, ambient, atmosphérique, mélodique, pagan, hard rock, doom, stoner, avant-garde, ça sera sur la nouvelle scène. En tout cas, pour cette année !

Yves
: On fait aussi en fonction des groupes disponibles, donc la répartition pourrait quelque peu changer d’une année sur l’autre.

Quelles autres nouveautés à prévoir pour cette édition 2015 ?

Yves : Peut-être qu’une troisième bière sera disponible sur le site ! On va la tester la semaine prochaine. Des nouveautés sont prévues aussi au niveau de la restauration, mais encore rien de définitif.

Yann : On réfléchit aussi à un deuxième bar près de la troisième scène. On doit déposer le dossier de sécurité fin de semaine prochaine et il y a encore beaucoup de choses en balance, à savoir si on fait cette troisième scène ouverte ou sous chapiteau, avec une préférence pour qu’elle soit couverte, et dans ce cas il faudrait prévoir un bar à côté pour que ça reste convivial car elle sera plus éloignée. Les festivaliers apprécieront de ne pas avoir à faire des kilomètres pour aller se chercher une bière. On verra si c’est faisable.



Y aura-t-il de la pluie, et de la boue ?

Yves : On aimerait bien ! (rires)

Yann : Ça a l’air de plaire aux festivaliers (rires).

Yves : Ils se roulent dedans et tout. En 2014 c’était la première année que nous avions de la pluie et de la boue comme ça, d’habitude c’est le gros cagnard, parfois trop même. Là le vendredi on s’est pris de la pluie à gogo, c’était trop et ça nous a posé des problèmes au niveau technique. Donc on croise quand même les doigts pour que ce soit comme en 2013, 2012, 2011 et 2010... Un temps correct quoi, avec du soleil !

Yann : On est à côté du golfe du Morbihan, il y a un micro-climat plutôt sympa !

Niveau bénévole, l’équipe est complète ou vous avez encore besoin de bonnes âmes ?

Yves : Non, non ! Il y a encore de la place, donc vous pouvez télécharger sur notre site la fiche de candidature et nous la retourner avant le 30 juin.

Cette  volonté de rester un festival à taille humaine, vous souhaitez la conserver ?

Yves : Il y a déjà en France un festival bien et grand, où on peut voir de grosses têtes d’affiches, avec le Hellfest, même s’ils gardent des groupes très spécialisés, c’est leur force d’ailleurs, donc on n’a aucun intérêt à essayer de rivaliser et de toute façon, on est limités naturellement par la disposition du site où se déroule le festival. Car après, au niveau technique ça devient très compliqué, avec une route départementale qu’il faudrait couper pendant quatre jours, le coût financier serait énorme. On ne pense pas que ça intéresse les gens.

Yann
: Il faudrait mettre les parkings à deux kilomètres (rires). Et puis on galère déjà assez avec la programmation, pour les têtes d’affiches. Il faudrait qu’on ait les mêmes groupes qu’au Summer Breeze.

Yves : L’autre souci c’est que les très gros groupes metal sont maintenant vachement plus intéressés pour aller jouer dans de grands festivals généralistes, mainstream, en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne. Slayer au Rock Am Ring, ça joue assez tard et c’est assez gros sur l’affiche. En France ce phénomène est beaucoup plus rare avec quelques groupes de metal programmés à Rock en Seine, aux Eurockéennes ou aux Vieilles Charrues. Donc voila, on se retrouverait en concurrence directe avec ces gros festivals étrangers à cette période là, et ce sont pas les mêmes moyens. On ne peut pas s’aligner.

Yann : L’an dernier on a fait 17000 entrées sur les 3 jours, cette année on souhaiterait faire entre 6000 et 8000 spectateurs par jour et l’an prochain avoir une jauge stabilisée autour de 7000/8000 par jour. L’objectif étant de pouvoir réussir à terme à être complet à 8000 spectateurs par jour quelques semaines avant le festival. On veut rester convivial aussi, on ne veut pas que les concerts débutent trop tôt et surtout on ne veut pas de groupes qui ne jouent que 30 minutes, chez nous c’est 40 minutes minimum.

Yves : Maintenant qu’on peut accueillir plus de groupes pendant les trois jours, on va essayer d’annoncer dès décembre les trois quarts de la programmation, afin de s’aligner aussi au niveau du calendrier avec les autres festivals et de pouvoir les concurrencer, car les festivaliers s’y prennent de plus en plus tôt maintenant pour programmer leurs vacances et ce serait dommage qu’ils aillent voir ailleurs simplement parce qu’on n’avait pas annoncer assez tôt des groupes qui jouent sur le même week-end dans un autre festival.

Où en est la version 3 du jeu vidéo Motocultor RPG ?


Yves
: Ah oui, t’es pas le premier ni le dernier à nous demander ça ! C’est Maël, le président de l’association, qui l’a créé.

Yann : C’est également le chanteur du groupe Motocultor.

Yves : Je sais qu’il est dessus mais il a déjà beaucoup de taf pour le festival, des choses plus « constructives » donc on préfère qu’il se concentre sur le site internet pour le moment (rires). Mais c’est toujours d’actualité !

Yann : Il bosse dessus périodiquement.

Yves : Le plus dur, c’est de renouveler les blagues !

Yann : Le jeu a quand même été téléchargé plus de deux mille fois, c’est pas rien. Il fait tout tout seul, de A à Z, donc ce n’est pas évident.

Le mot de la fin : que pourriez-vous dire pour donner à quelqu’un qui n’y est encore jamais venu de venir au Motocultor ?


Yves : Regardez l’affiche ! (rires)

Yann
: Venez pour cette ambiance particulière que mettent les festivaliers ! C’est une vraie communauté.

Yves
: et pour la Coreff, disponible en blonde et en ambrée. Mais attention, elle est costaud. On cherche d’ailleurs une troisième option plus désaltérante.

Yann
: Et le cidre !

Grum (Juin 2015)


Merci à Yann et Yves pour leur disponibilité.
Merci à Karine pour nous avoir organisé cette entrevue.

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