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Trepalium Manosque, avril 2015


C'est avant leur concert au Café Provisoire de Manosque que nous avons rendez-vous avec Trepalium, histoire de discuter plus longuement avec Kéké (Chant) et Harun (Guitare) de leur dernier ep, Voodoo Moonshine, de leur approche particulière du Death Metal, de leurs tournées et bien plus encore.

Voodoo Moonshine a vu le jour l'année dernière et les retours des critiques sont plus qu'enthousiastes. Au moment de la sortie d'un disque vous êtes du genre à fouiner le moindre avis sur la toile ou vous préférez ne pas en entendre parler ?

Kéké : Harun oui, moi non.

Harun : Ca dépend, j'aime bien avoir un suivi, mais pas toujours en fait. C'est aussi par obligation parce que tu dois faire un suivi en rapport avec la promo. Si tu demandes l'avis à quelqu'un qui défonce ton disque, t'as pas trop envie de le faire savoir, alors que quelqu'un qui l’encense, tu vas le mettre en avant. C'est une question qui revient de temps en temps et je comprends. Tu t'y intéresses forcément, puis après trois ou quatre mois et une quarantaine de chroniques, tu t'en fous un peu plus.

Et justement Kéké pourquoi plutôt non ?

Kéké : Déjà c'est beaucoup de temps. C'est hyper compliqué de faire la part des choses entre quelque chose que tu produis et comment ça va être perçu par les gens. Du coup, il y a des fois où ça ne tape pas du tout dans le mille et plutôt que ça me fruste je préfère ne pas regarder. Qu'ils gardent leur opinion, je garde la mienne. Chacun reste chez soi et tout ira bien.

Harun : Pour compléter ce qu'il dit, j'aime bien avoir le point de vue des autres aussi. Tu travailles à fond sur un disque, t'y passe du temps, t'y mets du cœur, de la passion, après que la critique soit bonne ou mauvaise, c'est pas forcément le sujet, c'est juste savoir ce que la personne en face a ressenti. Les différents points de vue sont intéressants, ça me renvoie à moi même, à ma démarche, comment j'ai été compris ou non. Ca instaure une sorte de dialogue entre ton public, la personne lambda qui tombe sur ton disque et qui doit le chroniquer. Tu as tous ces points de vue de fans, de gens détachés et ça joue sur les a priori qu'ils soient présents ou non. C'est intéressant dans tous les cas et oui je le fais parce que c'est le boulot, mais ça a tendance à vite me gaver sur la longueur. Pour Voodoo Moonshine c'était un bonheur de lire les chroniques et les retours des gens car tout ce que tu as donné, ça a été globalement compris, à quelques exceptions près. Après, ce qui est marrant, c'est de voir des chroniqueurs qui reprennent au mot près d'autres papiers comme le terme funky-jazz, alors que pour moi on n'a rien de funky. Le funk c'est souvent binaire plus qu'autre chose et ça ne nous correspond pas. Bon en vrai ça ne me dérange pas, ça reste un point de vue et tout le monde n'a pas les mêmes codes, les même sensibilités et tant mieux, sinon ça serait monotone.

Votre travail sur ce nouvel EP se détache clairement de l'album H.N.P..  Vous vous êtes dit, cette fois on y va à fond, on balance le maximum de groove possible ?

Harun : Oui c'est ça. Sur  H.N.P. on s'était dit qu'on voulait quelque chose de plus violent, très Metal dans l'approche. Comme on n'aime pas se répéter, on est reparti dans l'autre sens. C'était assez logique en fait, à moins que t'aies envie de dupliquer tout le temps le même album. C'est très bien aussi remarque : Cannibal Corpse, ils ne vont pas chercher midi à quatorze heures, et ça déchire. Mais ça reste un choix.

Pour revenir sur H.N.P. qui est paru en 2012, à l'époque, il y avait la volonté d'en faire un disque plus compact et sombre ?

Harun : Clairement, oui, ce n'était pas un hasard de procéder ainsi.

Faut-il voir Voodoo Moonshine comme une étape de transition entre l'ancien Trepalium aux références très metalisées et une nouvelle orientation plus colorée et groovy ?

Kéké : Difficile à dire, pour l'instant il n'y a rien décidé pour la suite. Il faut qu'on voit.

Harun : Pour l'instant je m’attelle doucement à la composition du prochain disque, mais comme dit Kéké, il n'y a rien de clairement orienté. De toute manière, même après avoir enregistré un album, t'es tout le temps avec ta guitare, Kéké griffonne des trucs, sur une tournure de phrase, une idée, mais sans un but précis. Tu travailles tout le temps en fait. Voodoo Moonshine c'est une base car c'est une maturation du groupe, quelque chose de concret qu'on apprécie tous, dont on est fier, et on se sent bien dans notre peau. C'est une base de travail. Maintenant on aime bien trouver des idées fraîches d'un album à l'autre, histoire de trouver le projet lénifiant, de renouveler l'intérêt et de créer des surprises pour la suite.

Les cuivres et claviers occupent une place prépondérante sur ces six titres. C'était une idée à la base de laisser plus d'espace aux arrangements de Matthieu Metzger (Klone, Step In Fluid) et de Rémi Dumoulin (Magma) ?

Harun : Ce n'est pas les arrangements de Matthieu, mais ceux de Rémi. Bien sûr Matthieu en a réalisé, mais c'est surtout ceux de Rémi qui prédominent. Sinon oui, je passais à Rémi les mélodies des notes et les pèches par rapport aux riffs de guitare et lui s'est chargé de construire les tessitures, c'est à dire : là il faudra deux trompettes, ici il faudra un trombone etc. Il a apporté de la couleur aux mélodies. 

Outre ces deux musiciens, Joe Duplantier (Gojira) est venu également en renfort sur Damballa’s Voodoo Doll. Il y a d'autres musiciens avec qui vous aimeriez composer à l'avenir ?

Harun : Tu as oublié Gérald Villain, c'est le pianiste qui a participé sur Blowjob On The Rocks. Alors ce n'est pas un musicien connu, mais c'est un ami qui a fait des arrangements sur le dernier morceau de l'ep et pas des moindres. Pour répondre à ta question, oui, c'est toujours plaisant de bosser avec d'autres musiciens, mais il faut qu'il y ait un intérêt artistique.



Des noms comme ça ?

Harun : Si demain, on a besoin de violons mielleux on prendra André Rieux (rires). Je rigole, mais si on a besoin d'un instrument qu'on ne pratique pas, on cherchera en ce sens. On connaît tous les types d'instrumentistes qui viennent du Jazz, de l'Electro, de la Pop, mais on ne sait pas à l'avance. L'avenir nous le dira.

Ça se passe comment pour la composition justement ? Vous partez d'un de tes riffs et vous construisez autour ?

Harun : En général j'arrive avec des thèmes complets, sinon Sylvain a de temps en temps des idées de rythmique, voire une base en duo guitare / rythmique. Mais je compose l'essentiel de la musique, puis on travaille ensuite en répet. On se met d'accord sur un thème et Kéké de son côté, se documente, regarde des films et écrit...

Kéké : Je passe beaucoup de temps à écrire, prendre des notes... Je pioche dans tout ce qui existe. Par exemple, le dernier album sur le Vaudou, j'ai passé huit mois à m'immerger de cette culture, à lire des bouquins, des articles, à rencontrer des gens qui étaient calés sur le sujet, afin de vraiment comprendre tout ça.

Harun : Comme égorger des poulets.

Kéké : Je ne suis pas allé jusque là, mais on m'a proposé de participer à ce genre de rituels (rires)

C'est Hicham Haddaji (Strychneen Studio) qui a encore une fois bossé sur la pochette ?

Kéké : Oui, car il est excellent. Il met beaucoup de temps, il faut un peu lui courir après, comme tous les graphistes je pense, mais il a du talent. On était satisfait de son illustration.

Vous lui avez laissé carte blanche ?

Harun : Pas vraiment, on lui a donné une directive. Des fois tu laisses carte blanche à quelqu'un qui contribue à ton projet, mais là non car on avait quelque chose de très précis en tête.

En treize ans de carrière c'est finalement votre premier EP. Pourquoi avoir choisi ce format ? Vous ne vous êtes pas dit "encore deux titres plus une interlude et ça fait un album" ?

Harun : On n'en a pas ressenti le besoin. On s'est pourtant posé la question, mais on ne l'a pas fait.

Kéké : Encore deux titres, ça aurait été six mois de boulot en plus. C'est toujours très long à réaliser.

Harun : Il faut se rendre compte qu'on a mis autant de temps à faire H.N.P. que Voodoo Moonshine. Avec un arrangeur en plus car on a changé nos méthodes de boulot. J'avais un nouveau logiciel que je m'étais procuré auprès de notre ingénieur son et c'est la première fois que je faisais des maquettes. Du coup on a gagné du temps sur la mise en place des musiciens. Je leurs envoyai des fichiers avec des thèmes, puis les morceaux complets. On se disait, il y aura des cuivres ici ou là... Chacun avait une idée de où on allait et on pouvait bosser en conséquence, sans que ça soit forcément finalisé, mais ça permettait d'avancer là dessus. Sauf que ça a pris du temps de maquetter, de contacter l'arrangeur cuivre, qu'il trouve du temps pour travailler avec les autres instrumentistes. Le mixage aussi a pris beaucoup de temps, plus que d'habitude, donc ça a traîné. Maintenant, on sait comment procéder, qui solliciter, notre ingé son sait comment mixer un apport de six pistes de cuivres différents et comment l'intégrer, quels éléments souligner ou pas...  et donc ça ira sans doute plus vite si l'on doit repartir sur cette formule la prochaine fois.



Pour cet album vous travaillez une nouvelle fois avec Klonosphere. Avez-vous eu des propositions d'autres labels et imaginez-vous changer de maison si c'était le cas ?

Harun : Pour la France oui, mais Klonosphere n'est pas un label mondial, même s'il a des contacts à l'étranger comme l'Angleterre par exemple. C'est surtout intéressant pour son travail en France, la distribution Season Of Mist qui est l'une des plus fiables ici. Pour la France on ne se pose pas quinze mille questions car il n'y a pas tant d'alternatives que ça.

Vous serez amenés à changer plus tard, si on vous propose quelque chose d'intéressant ?

Harun : La France n'est pas un marché intéressant, si on va par là. A chaque fois que l'on sort un album, les fans de Trepalium sont très vite au courant via internet, on fait nos précommandes, le disque paraît, on commence à tourner... la promo se fait assez naturellement en fin de compte. La mise en bac Klonosphere / Season Of Mist c'est la première étape, mais l'idée c'est d'exporter le groupe donc on a commencé à chercher des partenaires, notamment The Link Productions pour s''exporter en Angleterre puis en Europe et éventuellement aux Etats-Unis, mais on n'en est pas rendu. Klonosphere ça reste une promotion française et comme ça fonctionne très bien ainsi, on reste avec eux.

Malgré votre très bonne réputation dans l'Hexagone, j'ai l'impression que Trepalium est assez peu connu en dehors de nos frontières ?

Harun : C'est sûr, on n'a pas des millions de fans, mais on y travaille (rires). Ca commence à buzzer tout doucement en Angleterre justement. On y a fait une tournée en 2012 avec Gojira, mais il aurait fallu qu'on y retourne dans l'année... et encore et encore pour percer définitivement. On a eu un bon écho sur Voodoo Moonshine, une édition anglaise est sortie, une boîte gère nos droits à l'internationale (AMF), un label prépare la promo en Allemagne et en Angleterre. On y a joué en février puis on y retourne au mois d'août, on va faire le Bloodstock Festival. Il y a un truc qui se passe là-bas, c'est pas encore la folie, mais on essaye de développer au plus possible le groupe sur ces contrées.

Pensez-vous que le paysage musical est saturé en groupe et qu'il est d'autant plus difficile pour un groupe français de s'exporter ?

Kéké : Non, non, c'est difficile pour tout le monde, de n'importe quel pays. Cette étape là est compliquée de toute façon parce que ça implique de jouer, tout le temps. Si tu veux jouer pour le public anglais, il faut y retourner régulièrement et sur une longue durée. Après pour n'importe qui, il faut donner de la nouveauté au public qui te suit.

Harun : Pour les Anglais aussi cette étape là est compliquée dans l'autre sens. Un groupe de base, pas trop connu, il a les mêmes soucis, les mêmes problématiques car chaque pays a sa propre scène, son propre marché, ses propres réseaux. Si tu repenses au début du groupe il faut tourner, deux, trois, quatre fois. Les gens doivent pouvoir acheter ton album là-bas, il faut trouver des partenaires etc... Où que tu ailles, tu repars de zéro, ou presque. Heureusement internet permet de maintenir la flamme.

À force d'albums marquants et d'un son bien particulier, vous vous êtes forgés une solide réputation à part sur la scène Death Metal. J'ai toujours entendu des critiques positives qui relevaient votre originalité. Vous l'a t-on déjà reproché en disant par exemple que votre mélange aux influences Funk / Jazz ne marcherait jamais et que c'était mieux de jouer du Death pur ?

Kéké : A part des potes puristes et des fans de Death old school, on n'en croise pas trop en fait. On n'est pas dans une démarche de séduction, on fait notre truc et on se prend déjà assez le choux entre nous pour que ça fonctionne.

Harun : Evidemment qu'un pote ou une personne lambda ne vient pas te dire...

Kéké : Ah, c'est de la merde !

Harun : C'est moche ce que tu fais.

Kéké : Ton mélange de Groove / Death c'est chiant ! (rires)

Harun : Après quand tu vas sur internet, tu fouilles un peu sur les forums, tu trouves des personnes qui accrochent moins, mais l'air de rien on ne se fait pas trop défoncer la gueule. On n'a pas de haters, certains n'aiment pas, le disent, mais on s'en fout un petit peu. T'aimes pas la tarte tatin, j'aime bien, on s'en fout (rires). Ce qui se passe et qui est assez marrant, ce sont les gens qui aiment bien certains morceaux, mais pas d'autres. Ca arrive plus souvent par contre. J'ai plein de potes sur Poitiers qui ne sont pas plus fan du groupe que ça et à chaque nouvelle sortie ils me disent : ah j'aime bien ce morceau et celui là est un peu plus véner », « celui-là est plus ambient, je préfère cette facette ». Voilà, mais tu peux pas contenter tout le monde. T'as une façon de faire ta musique, une manière de t'exprimer, il ne faut pas chercher plus loin.

Kéké : Tu devrais mettre plus de R'n'b dans ton Black Metal (rires)

Ce serait audacieux. Et justement, cela vous est déjà venu à l'idée de partir dans des concepts complètement barrés et de mélanger Metal et beaucoup d'autres choses ? Je pense par notamment à ce que font Secret Chiefs 3 ou Mr Bungle...

Harun : Non. C'est too much. J'adore ces groupes, mais je pense qu'aucun de nous n'a envie de faire ce genre de musique farfelue et trop expérimentale.

Kéké : C'est trop excentrique en fait.

Harun : On reste attaché à notre esthétique, quelque part très Metal. Les gens qui viennent nous voir, ils écoutent une musique à la fois Rock, Metal sur un lit groovy et on n'a pas envie d'aller plus loin que ça. On a effectivement des sonorités un peu originales (les cuivres, les claviers, des tournures légèrement progressives), mais ça s'arrête là. Maintenant, on va plus chercher la bizarrerie à travers les idées des riffs, dans l'interprétation, c'est par là qu'on essaye d'avancer, pas en ajoutant un coup d'accordéon ici ou là pour faire inattendu. Si on a mis du piano à un moment donné c'est que les sonorités allaient très bien ensemble. Sur Blowjob On The Rocks par exemple, les cordes se marient à merveille avec les riffs et au moment de composer avec ma guitare je l'entendais déjà. Je n'avais aucune idée de ce que le pianiste, Gérald Villain, allait arranger ça, je le lui ai chanté la mélodie (fredonne un instant) avec les pèches, le thème de gratte, lui a repris les arrangements en mineur et a tourné tout ça pour en faire un titre encore plus particulier.

Vous avez tourné avec Gojira, Klone, Hacride et avez participé trois fois au Hellfest. Quelle est votre plus belle expérience de scène ? Et au contraire, avez-vous une anecdote marrante à raconter sur un plan ou un concert foireux ?

Harun : On aurait pas mal de choses à raconter. Mais tiens, par exemple à Manosque, (là ou ils jouent au moment de l'interview) la dernière fois c'était la dernière date de XIII, on arrivait sur la fin de tournée et c'était ici dans cette salle (Café Provisoire). On jouait avec deux ou trois autres groupes en première partie, on s'est tapé treize heures de route pour faire un concert. Déjà on est arrivé un peu groggy, on s'est chauffé sur deux morceaux et là bam, alarme incendie impossible à arrêter. Donc le public a été évacué et le concert était fini.

Kéké : Un vrai braquage.

Harun : On a eu notre cachet quand même parce qu'on avait fait l'effort de venir, on s'était préparé et il était convenu qu'on joue, mais concrètement on ne pouvait pas continuer le concert.

Kéké : L'alarme coupait l'électricité, il fallait qu'un mec de la commune déboule pour la stopper, mais on devait attendre plus d'une demi-heure, enfin c'était n'importe quoi. Ce soir avec de la chance on fera trois morceaux. (rires)

Harun : Si ça se trouve on va avoir des problèmes de matériel. On a au moins pensé aux balances. Moi c'est pas gagné parce que je me suis fabriqué une gold afin de bosser sur les deux amplis en live car notre ami guitariste Nicolas s'est blessé... C'est pas dit qu'il n'y aie pas de soucis avec ça. Ludo, le bassiste, sa pédale de saturation vient de lâcher et même s'il en a récupéré une autre, il a des problèmes de branchement aussi. Les problèmes avec le sample... Ca va t'as pas mal à la gorge toi ?

Kéké : Non ça va, mais je ne suis pas à l’abri d'un malaise (rires).

Et sinon en expérience positive ?

Harun : Ben c'était positif ça. On était payé 1800€ pour deux morceaux. (rires)

Kéké : Alors un truc positif dans la musique... je cherche, ça ne va pas être évident (rires).

Harun : En fait, chaque bon concert, où l'on n'a pas de problèmes techniques est une expérience marquante. Le public vient vers toi, t'encourage, toi tu t'éclates. Tu prends une cuite au passage. Tu t'es fait des sous pour le budget de la tournée. A chaque fois qu'un concert se passe bien, c'est positif car on rentre avec le souvenir d'avoir passé un pur weekend entre potes. Effectivement on a fait des concerts plus marquants que d'autres comme au Hellfest quand ça se passe à merveille, mais ça peut être mortel de jouer dans un tout petit club, comme au Black Sheep de Montpellier. On avait fait un concert mi-figue mi-raisin la veille, arrivé là-bas l'accueil était un peu curieux, mais on a fait un putain de concert avec un public en furie. On est reparti avec la banane et c'est aussi marquant qu'un Hellfest à sa manière.

Sur H.N.P., vous avez repris I'm Broken de Pantera. Ça vous tenterait de réitérer l'expérience et si oui avec quels groupes ?

Harun : Oui pourquoi pas. Il faudrait que ce soit un morceau sensiblement différent de ce que l'on fait d'habitude.

Kéké : Il ne faudrait pas que ce soit du Metal, pour que ça sonne autrement et que ça devienne intéressant.

Harun : Là, c'était un hommage sans prétention car on est fan de Pantera, on s'est dit que c'était sympa de reprendre un de leurs titres. C'est évident qu'on ne pouvait pas avoir un son très différent de l'original et revisiter le morceau. En tout cas on n'avait pas les idées pour. On a juste fait une reprise de manière bon enfant. Si on doit en refaire une, que se soit un truc qui nous scotche qui apporte quelque chose en plus. On avait déjà essayé à l'époque un morceau de Kool And The Gang et ça marchait bien. Mais il fallait les cuivres... Tu vois Jungle Boogie de Kool And The Gang (fredonne le thème) ça claquait bien et on l'avait bossé avec des grosses grattes, mais on n'est pas allé au bout.

Kéké : Ca nous aurait coûté cher en droits !

Harun : Pas forcément. Pantera ça nous a rien coûté. On a juste déclaré qu'on ne gagnait pas d'argent dessus. On a reparlé de reprises, mais on verra. Peut-être qu'on aura une autre idée pour la prochaine fois. Mais surtout ne pas faire de reprise pour en faire une.

Est-ce qu'il y a des groupes que vous appréciez tous ensemble et y en a-t-il parmi ceux-là qui ont inspiré d'une manière ou d'une autre le projet Trepalium ?

Kéké : Hormis Pantera, je pense aux premiers Machine Head ou Meshuggah qui nous mettent d'accord.

Harun : En Death Metal, certains albums de Morbid Angel ou de Cannibal Corpse. Au début on était assez fan de Cryptopsy ou des groupes du style, mais on s'est rapidement détaché. Ce sont des périodes où tu adores des trucs un peu branlette, plus chargés, puis finalement tu te rends compte que t'en écoutes plus depuis longtemps. Si, on est passé par le Grunge. On a tous aimé Alice In Chains, Nirvana. Mais ça ne se sent pas dans la musique, en dehors d'un riff ou deux peut-être.

Et en dehors du Metal ?

Harun : Chacun de notre côté on écoute des groupes de Jazz, Folk, Pop, Psychobilly... Ludo il est fan de Johnny Hallyday (rires).

Pour conclure, qu'en est-il de Step In Fluid ?

Harun : J'ai commencé à composer le deuxième album, puis j'avais pensé intégrer le pianiste Gérald Villain qui participait sur Blowjob On The Rocks, mais on n'a pas répété depuis... quatre ans (rires). On fera sûrement un deuxième album et quelques dates événementielles ou très précises. C'est pas pour maintenant. Je ne veux pas que ça empiète sur mon planning de Trepalium, Florent Marcadet est en ce moment sur Hacride et Carpenter Brut et le bassiste a eu un autre gamin, donc on est tous très occupés. Ca sera plus en 2016.

On a fait le tour, merci beaucoup !

Kéké : Merci, ce fût un plaisir !

nonohate (Mai 2015)

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