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Dave Lombardo (Philm) Hotel Scribe, Paris, 17 novembre 2014

Alors que Philm sera en concert le 8 mars 2015 à Glazart (Paris), nous avions eu la chance il y a quelques mois de pouvoir rencontrer et discuter avec Dave Lombardo. Impressionné comme jamais, c'est face à quelqu'un de humble que nous avons pu évoquer le deuxième album du groupe, sorti à l'automne 2014.

Fire From The Evening Sun semble moins expérimental que votre précédent album Harmonic, là vous aviez seulement envie d’envoyer la sauce ?

Oui, sur le premier album on a essayé d’être très créatif, d’où ce côté expérimental. Là on s’est placé du côté de l’auditeur, du mec normal qui écoute de la musique, car quand on expérimente trop, les gens, ou au moins une grande partie, finissent par ne plus comprendre la musique. Donc on en est revenu à la composition de vraies chansons.

Le son de ta batterie et le son de l’album en général est très organique et donne l’impression d’être dans la même pièce que vous, en train de vous regarder et écouter jouer. Pourquoi avoir fait le choix d’un tel son ?

Maintenant les groupes ont tendance à tous avoir le même son, les mêmes samples, les mêmes triggers... Je ne suis pas contre la technologie, au contraire, je m’en sers, mais je m’autolimite. J’aime quand on peut entendre à travers un disque la vraie essence d’un groupe. Quand tu mets trop d’effets numériques, au bout d’un moment cela sonne tellement parfait que ce n’est plus naturel. Je pense que le metal, le thrash, le punk ne doivent pas ressembler à ça ! Ce sont des styles qui doivent sonner “humain”, brut, organique !

Vous avez enregistré en condition “live” en studio ?

Oui. Toute la batterie a été enregistrée en une seule journée !

Wow ! Donc, tu n’es pas humain ?

Quoi, tu ne le savais pas déjà ? (rires)

Si, un peu...

(rires) En fait on a énormément répété avec le groupe, les chansons étaient vraiment peaufinées. Puis un de mes potes m’a dit “c’est bon, vous avez le studio. Pour une journée !” je lui ai répondu “quoi, seulement ?”. Là il m’a dit “oui, mais gratos !” donc on a foncé. En neuf heures, on a réussi à faire toutes les chansons, c’était très excitant comme ambiance.

C’est impressionnant quand même ! Tu avais déjà fait un truc pareil avec Slayer ?

Oh non ! Pour Reign In Blood par exemple, je l’avais enregistré en quatre jours.

Oui mais il ne fait même pas 30 minutes par contre !

Oui (rires). World Painted Blood je l’ai enregistré en 4 ou 5 jours. Pour Fire From The Evening Sun, je connaissais vraiment bien les chansons, et elles sont pas si dures que ça.

Sans déconner...

Mais si ! (rires)

Vous vous laissez beaucoup de liberté dans la structure des chansons, en jonglant même avec différents styles musicaux à l’intérieur d’un même titre, comme Corner Girl par exemple. Du coup, ça m’intrigue de savoir comment vous travaillez ensemble pour l’écriture ?

Il y a des tas de styles de musique que j’aime, que j’écoute. Quand le bassiste me dit “écoute-moi cette ligne de basse funky”, je lui répond “parfait, on va la faire sonner heavy !” Donc je superpose un beat heavy à cette ligne de basse qui reste funky. Gerry joue souvent des trucs jazzy, avec une grande part laissée à l’improvisation, c’est d’ailleurs le cas dans la plupart de nos chansons. Donc après avoir jammé pendant une demi heure tous les trois, on regarde petit bout par petit bout tout ce qu’on a pu faire, et les passages qui sortent vraiment du lot, on les garde pour servir de base à de futures chansons. Le résultat dépend donc de ce qu’on a réussi à sortir de nos tripes. Gerry et Pancho sont comme moi, ils aiment énormément de styles de musique différents, c’est donc facile pour nous de fonctionner de la sorte. On pique des idées de partout pour en faire quelque chose de nouveau.

Il y a un groupe ou un artiste qui t’a vraiment marqué récemment ?

Il y en a trop ! J’aime énormément un pianiste cubain, Chucho Valdés, c’est du latin jazz pur jus, j’adore ! Peut-être d’ailleurs nous a-t-il influencé pour Corner Girl, avec le piano et la vibe latino au milieu du titre. Il y a vraiment plein de styles qui m’inspirent. Tout à l’heure quand je suis arrivé à l’aéroport, il y avait un mec qui jouait de l’accordéon, des trucs très traditionnels et j’étais époustouflé “wow, c’est aussi ça Paris !” (rires). J’ai vraiment apprécié de l’entendre jouer.
 
Ta partie de batterie sur Lions Pit est impressionnante, avec tous ces breaks avant les refrains. Ça m’a énormément rappelé ce que tu avais fait sur l’intro de Seasons In The Abyss. C’est sorti comment ?


Quand on écrit une chanson, on arrive rapidement à identifier quelle partie sera le couplet, quelle partie sera le refrain,  le pont... Ça vient assez naturellement. Pour Lions Pit, la façon dont est construit le titre, c’était vraiment le bon endroit pour placer ça. C’est une question de feeling aussi, et on sait quasiment tout de suite si ça le fait, ou pas. Dans le groupe, quand on joue, on se regarde toujours et on sent parfois dans le regard les uns des autres que non, c’est pas le bon feeling. Donc on vire, ou on fait différemment les choses. Le feeling c’est primordial.

Vous vous écoutez jouer les uns les autres aussi j’imagine ?

Bien sûr, c’est très important, surtout pour l’improvisation.

Comment vous est venue l’idée de base de la chanson Train ? c’est complètement fou !

(Rires) En fait j’étais en train de m’entrainer un matin, et j’ai joué ce beat qui est très simple “tatatatatatatata”. J’ai dit aux autres “écoutez, on dirait pas un train ?” Gerry a tout de suite trouvé le petit gimmick à la guitare, Pancho a suivi à la basse et c’était parti ! C’est venu tout seul (rires). Ce qui est marrant pour cette chanson, c’est que ce soit la batterie qui soit arrivée en premier. Après sur l’intro, on a collé un sample un peu pourri pour le son du train.

C’est quel modèle de locomotive ?

(rires) Attends, le pire c’est que je pourrais limite te répondre, je me suis acheté un vinyle récemment, ça s’appelle An Evening With Steam, et il y a le son d’une dizaine de trains différents dessus. C’est énorme.

Connais-tu le compositeur Steve Reich ? Il a composé un album qui s’appelle Different Trains, qui mixe musique classique, ambiant et sons de trains, c’est très intéressant !

Ok, je vais chercher ça !

Il y a donc chez Philm une réelle envie de proposer des ambiances variées comme on a vu, du Blues au Rock Psyché en passant par le Jazz. Vous avez prévu de continuer à proposer ce mélange des genres dans le futur ou retourner plutôt vers les expérimentations ?

Plutôt vers l’expérimentation je pense. On a déjà un nouveau titre sur lequel nous nous sommes lâchés, il a ce côté Surf Rock à la Dick Dale, avec une vibe sixties, mais en heavy ! (rires) On l’a appelé Surfin’ Chila, Chila est une fille en Australie, et elle surfe ! Mais bon, les chansons n’ont pas encore leurs titres définitifs, ce sont des faux noms pour le moment ! On a From Pin, Surfin’ Chila, Hook me Up... Je ne me souviens pas de tous.

Le nouvel album est donc déjà sur les rails ?

Oui ! J’espère qu’on pourra le sortir d’ici avril ou mai. Mes deux acolytes sont à la maison en train de bosser dessus justement, et j’arrête pas de les appeler pour leur dire qu’il y a intérêt que tout soit prêt quand je rentre (rires). Je reviens en décembre, et il faudra que tout soit fini pour février afin de le donner à la maison de disque si on veut que ça sorte à temps, donc fin janvier, il faut que l’enregistrement soit terminé. 

Bien que Philm soit différent dans la forme et le son, j’ai l’impression qu’on ressent une forte influence de ce que tu as pu faire avec Mike Patton ?


Oui, je trouve aussi. C’est le côté créatif, le fait de ne pas avoir peur, de ne pas s’imposer de limites. J’adore expérimenter et essayer des tas de choses .

C’est comme si tu avais toujours envie de surprendre tes auditeurs, je ressens ça dans la plupart des albums auxquels tu as contribué.


Oui, j’essaie de proposer toujours quelque chose de neuf. J’écoute beaucoup de musique, beaucoup de groupes, et parfois il y en a qui ne m’apportent rien de neuf, je trouve ça frustrant.

J’ai remarqué que tu jouais sur un set beaucoup plus petit maintenant, c’est une façon de pousser encore plus loin ta créativité ?

Oui ! Ça m’a pris pendant l’enregistrement de World Painted Blood, j’ai enlevé un tome, puis un autre, et j’ai considérablement réduit mon set. J’ai trouvé ça intéressant comme démarche. Avec Philm, quand j’ai rencontré Gerry en 1995, il avait une magnifique guitare, une Gibson Les Paul de 1969, avec toutes les pièces d’origine, et quand il a joué dessus, il avait un son très particulier (overtone), et j’ai tout de suite senti qu’un gros set de batterie, comme je pouvais utiliser à l’époque pour le Metal, ne conviendrait pas du tout. J’ai donc opté pour un set de quatre pièces. Avec la composition des deux albums de Philm et l’utilisation de ce set minimaliste, je sens vraiment que je suis allé plus loin que ce que je savais déjà faire, j’ai trouvé de nouveaux beats que je n’aurais jamais été capable de faire avec une double pédale, ça m’a beaucoup aidé. Mais pour le troisième album de Philm, je vais remettre une double grosse caisse, mais avec une utilisation différente, plus douce.

Est-ce que tu fais de l’exercice pour maintenir ta forme physique et être capable de jouer à un tel niveau ?

Euh... (rires) Regarde, je commence à avoir du bide (rires). J’aime beaucoup marcher, ce qui n’est pas la norme pour un américain de base (rires) mais je suis également Cubain, donc bon. J’essaie aussi de manger sainement, je limite les fast-food et je mets la dose sur les légumes. Pas de bonbons, pas de sucre, pas de nuggets de poulet, je ne fais vraiment rien comme un américain (rires).

Tu as l’air de te sentir à l’aise dans cette formation de type power trio, mais est-ce que ce n’est pas parfois stressant d’avoir autant d’espace à remplir ?

Au contraire, c’est excitant ! Et notamment quand Gerry se lance dans un solo, il n’y a plus que moi et la basse, et on peut faire tout ce qu’on veut, vraiment TOUT ce qu’on veut ! Et on change de rythmique, de beat, de motif en plein milieu et lui arrive à nous suivre. Cette formation laisse plus de place à l’imagination, à l’improvisation, quand tu joues en concert.

Et le fait de jouer sur le tout devant de la scène, et non pas en retrait comme c’est d’habitude le cas pour les batteurs, ça change quelque chose pour toi, dans ton jeu ?

J’ai eu cette idée avec Fantômas, si vous vous souvenez de ce groupe (NDLR : LOL !!!). C’est pratique car on peut tous se regarder comme ça ! Et puis c’est marrant quand on joue dans de petites salles, les spectateurs des premiers rangs sentent sur leur visage les vibrations dans l’air que fait ma grosse caisse à chaque fois que je tape dessus (rires). Et ils aiment ça ! On est un trio mais disposés comme ça, on obtient un mur de son, le résultat est très dense, c’est génial !
 
Tu es considéré à juste titre comme un des meilleurs batteurs au monde...

Merci !

Enfin, c’est ce que j’ai lu !

(rires)

Est-ce que tu ressens une certaine pression au moment d’enregistrer un nouveau disque, ou de te lancer dans un nouveau projet, en raison de ce statut, comme si tu étais toujours attendu au tournant ?

J’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même, donc non la seule pression que je ressens, c’est celle que je me mets tout seul pour être sûr de faire du bon boulot ! Je ne me suis jamais dit “oh, je suis le meilleur batteur du monde, faisons le meilleur album du monde !” (rires). Ça, c’est vraiment un truc à vous, les journalistes ! Et puis il y a vraiment des tonnes d’excellents batteurs à travers le monde !

Serais-tu d’accord de dire que Philm est un melting pot de toutes tes expériences et groupes passés ? Notamment j’entends des influences orientales comme on pouvait en trouver chez Grip Inc..

Oui, c’est un mélange de tout ça. Mais Grip Inc. était vraiment différent, beaucoup plus metal, alors que Philm se voit coller des étiquettes prog, fusion ou stoner-rock. On essaie d’en faire quelque chose d’unique.

Assez parlé de Philm, as tu des nouvelles à nous donner de Fantômas ? Avec la sortie de la boxset, et l’énorme concert au Chili avec les Melvins, est-ce qu’on peut espérer un nouvel album ?

J’espère, vraiment !  On en a discuté avec Mike, il y a une grosse probabilité que l’on fasse un nouvel album, mais on ne sait vraiment pas quand on pourra se mettre à travailler dessus.

Toujours à propos de Fantômas, je n’ai vu ce groupe en concert qu’une fois, et tu n’étais pas là, c’était Terry Bozzio à la batterie.


Oh, vraiment ! Quel dommage... Mais il joue très bien !

J’avais halluciné de le voir jouer avec autant d’aisance tout en tournant les pages des partitions qu’il jouait.

Tu sais, je suis obligé de le faire aussi ça ! (rires)

Il y a de plus en plus de groupes avec deux batteurs, je pense à Kylesa notamment, avez-vous déjà pensé à faire un concert à deux batteurs, Terry et toi ?


Non, jamais ! Je ne sais pas ce que ça donnerait. Mais Terry est vraiment exceptionnel comme musicien, j’ai été honoré que Fantômas et Mike le choisissent pour me remplacer, j’étais sur le cul, et ils auraient pu difficilement mieux choisir !

Tu joues dans plusieurs groupes ou projets, et plusieurs d’entre eux ne sont pas Metal. Est-ce que c’est une volonté de ta part, de montrer que tu es capable de faire plein d’autres choses en dehors du Metal ?

Oui, ça a toujours était une ligne de conduite dans ma carrière musicale. J’ai toujours eu envie d’essayer des tas de choses et surtout j’aime énormément de styles de musique différents, c’est ce qui te permet de garder de l’intérêt dans ce que tu fais. Au début de ma carrière, on m’a plusieurs fois dit “tu es le meilleur batteur metal au monde” et moi je criais “mais je sais jouer plein d’autres choses !!!” (rires).

Tu te sens plus à l’aise quand tu joues dans un groupe qui ne fait pas du Metal ?

Oui en quelque sorte. Quand tu joues du Metal, il est question de férocité, de vélocité, de colère, de puissance... et tout ça, non-stop !  Avec Philm, il y a des passages où ça cogne, mais il y a plein de changements, de breaks, et un passage violent peut très rapidement déboucher sur un moment groovy, avant de redevenir heavy. J’aime ça, car ça donne du dynamisme à la musique. C’est pas seulement bourrin du début à la fin, il y a des variations, c’est comme...

Une montagne russe ?


Exactement ! (rires) C’est ce que veulent les gens, embarquer pour un tour de manège !

Je crois que tu connais personnellement Lars Ulrich, est-ce que tu sais pourquoi il est si décrié pour son jeu de batterie ?


J’en ai vraiment aucune idée ! Il a un bon jeu, c’est un membre essentiel de Metallica. Les metalleux peuvent parfois être très durs, ils adorent critiquer et au moindre petit truc, ils en font une montagne ! Ça m’est déjà arrivé, dans les médias, j’ai vu mes propos complètement déformés plus d’une fois. Après, les gens pensent que je suis méchant, alors que c’est faux ! Et pour Lars, je ne sais pas, il est bon. Il faut qu’ils arrêtent ! (rires)

Qui doit arrêter ? Metallica ou les fans ?


(Rires) Non, vous ne me ferez pas dire ça ! (rires) “Dave Lombardo pense que Metallica ferait bien de mettre un terme à leur carrière”, j’aurais bien besoin de ça !

Quand est-ce qu’on pourra voir Philm en concert en France ?

Dès que possible, demain ? (rires). On a fait quelques dates en Europe il y a pas longtemps, Vienne, Zurich, Munich. Mais il faut qu’on trouve un agent qui nous booke quelques dates. J’adorerai faire une tournée d’une dizaine de jours en France et de traverser la campagne, d’aller dans des petites villes, de jouer dans des petites salles. Donc j’espère que ça sera pour bientôt !

Tu devrais faire comme Magma qui a fait une résidence et a joué quatre fois par semaine pendant trois semaines dans la même salle à Paris.


Oh oui, je vais en parler aux deux autres ! Ce serait génial. Et puis j’adore l’absinthe, je pourrais me faire un tas de bars. Enfin, j’ai aussi un problème avec ça, en plus de la caféine (rires). Heureusement pour moi, il est impossible de trouver de la bon absinthe aux États-Unis, donc à chaque fois que je viens en Europe, je fais mes réserves avec quelques bouteilles, et dès que c’est vide, je me dis qu’il est grand temps de retourner jouer en Europe (rires).

Tu devrais essayer de l’absinthe espagnole je pense, elle est excellente !


Ah oui ? Je n’ai jamais goûté qu’à de l’absinthe française ou suisse. J’essaierai de m’en procurer. Sinon, il faut que je vous parle d’un dernier truc que j’ai créé avec la société Scene Four, Bill Ward l’a fait, Chris de Slipknot l’a fait, Dave Watco l’a fait, mais je l’ai fait différent, j’ai utilisé une batterie où on voit à travers et j'ai utilisé des baguettes spéciales qui s’allument, même chose pour les pédales de grosse caisse, et ils m’ont pris en photo avec un obturateur à ouverture longue, pour qu’on puisse voir tous les mouvements apparaître avec des trainées de lumière, et ils font des tirages grand format de ces clichés. Vous pouvez trouver ça sur davelombardoart.com. Ça sera disponible bientôt, la collection s’appelle Rhythm Mysteria.

Grum (Février 2015)


Un grand merci à Roger et Replica Promotion de nous avoir organisé cet entretien.

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Commentaires

iam_trying_to_beliveLe Mercredi 25 février 2015 à 17H53

Cool, il a l'air d'être un chic type et c'est vraiment un interview sympa. Bravo et merci d'avoir partagé une discussion avec un musicien si talentueux!
PS: L'absinthe c'est quand même mieux en Suisse, M'sieur Lombardo!