Albums du moment
Pochette Fossil
Pochette Playful Winds
Pochette The Quiet Earth Pochette Impera
Chroniques
Pochette Zeit
Pochette Nera
Pochette Ecstasies of Never Ending Night
Pochette Myopia
Pochette Inward Pochette Esquive les Ruines

Cowards Par mail, 2015

Cowards sort très prochainement son second disque Rise To Infamy via Throatruiner Records. On a voulu en savoir plus à son sujet.

Revenons d'abord si tu le veux bien sur le nom du premier morceau qui fait référence à votre ancien groupe a toi et Julien. Quel regard portez vous sur le dernier album de Sickbag ? Peut on y voir un certain recul pris par rapport à une époque révolue ?


Non pas vraiment. D'un côté oui, l'époque est révolue et on a tous changés, c'est un fait, mais ce texte ne fait pas vraiment écho à ça. C'est plutôt un texte en forme d'exercice de style sur le modèle répandu des textes hardcore qui défendent les valeurs de l'équipe, c'est un peu notre friends&family forever. C'est le premier texte qu'on a qui parle un peu de nous, en tant qu'entité, de qui on est, par rapport à qui il sont.

On peut même entendre Julien hurler "A Shade Among Shades" vers la fin du morceau, cela fait écho une précédente interview où tu revendiquais ce statut de parfait inconnu, fondu dans la masse. Sans chercher à faire passer un quelconque message, tu fais part de ton regard sur le monde. Est-ce toujours ainsi que tu définirais la démarche du groupe avec ce nouvel album ?


Absolument, on n'a toujours pas d'estrade, toujours pas de doctrine et toujours rien de frappant à révéler à qui que se soit. A titre personnel, je lisais le texte intégral du dernier Nesseria et au final, je me suis fait la réflexion qu'on avait une démarche parallèle mais inversée : leur texte n'a pas vraiment d'adversaire précis, ce que je trouve assez malin, mais il y'a un côté esseulé, un peu plaintif, quand les nôtres suivent presque la même démarche à l'exception près que tous sont nos adversaires et que notre seule couleur c'est la haine.
J'avais à une époque une approche plaintive un peu, dans la complaisance de ma misère personnelle, mais ça m'a fatigué. Je me plais et me complais mieux dans le bonheur et dans la haine je suppose, je n'ai à me plaindre d'aucun malheur, le monde s'écroule, c'est parfois horrible mais j'ai choisi de ne rien y faire et ça n'entame pas notre bonne humeur, désormais légendaire.

J'ai pu lire dans une interview que vous aviez composé un morceau en studio : Anything But The Highway. Il s'agit du morceau que je préfère sur l'album, et il s'agit probablement du plus mélodique a mes yeux. Penses-tu que la spontanéité explique en quoi ce morceau se démarque autant du reste de l'album ?

Oui probablement. Après je trouve intéressant de constater qu'à se retrouver obligés d'être spontanés on est aussi forcés de faire des choix extrêmement réfléchis. Imagine toi que tu es en studio pour enregistrer tes 9 morceaux, tu as répété trois mois ces 9 morceaux, exclusivement, et tu te dis, allez, on a du temps, on s'en invente un, là, à la volée, ce n'est peut-être pas le cas pour tout le monde mais en général on fonctionne par phases, il y'a la phase d'écriture, la phase de préparation à l'enregistrement et la phase de concerts. On est incapables d'écrire quoi que se soit quand on est calés dans une autre phase. Il faut quand même faire attention à pas faire de redite d'un riff précédent, ce qui est pas si évident quand tu n'as eu que tes riffs dans les doigts et les oreilles pendant 3 mois. Et puis, t'es obligé de faire un morceau simple aussi, on a pas fait de live pour ce disque alors tout était fait chaque chose après l'autre. S'il se démarque c'est probablement pour toutes ces raisons. Une fois qu'on l'a eu terminé entièrement, on ne se posait même plus la question de savoir si on le mettait dans le disque ou non, ça semblait évident.

On peut trouver de nombreux clins d'œil à certaines références dans vos textes comme dans la musique. Ainsi, Le riff de Beyond My Hands m'a tout de suite rappelé Check My Brain d'Alice In Chains, tu fais référence au morceau au morceau If I Die Tonight de Kickback de façon ironique a la fin de "so Easy"... J imagine qu'il y en a d'autres ?

Pour Beyond My Hands on s'en est rendus compte une semaine avant d'entrer en studio donc ça n'est pas vraiment réfléchi. Alors après, oui, dans les textes, tellement à vrai dire. J'ai beaucoup écouté de hip hop cette année passée (bon ok, Booba et Iggy Azalea) et il y a un jeu de références quasi omniprésent dans leurs textes et ça a déteint sur moi. Si tu lis toutes les paroles, tu trouveras du Johnny Cash par le truchement de Depeche Mode, du Arkangel, du Booba, du Lynyrd Skynyrd, du Hangman's Chair, de l'égotrip par le biais de 16 Horsepower, de l'égotrip via Sickbag, j'ironise sur Kickback c'est vrai mais c'est surtout parce qu'on leur a tout pompé évidemment.



J'ai pu lire plusieurs fois que cet album était considéré comme votre No Surrender. C'est plutôt un beau compliment ! Qu'en pensez vous ?

C'est un beau compliment parce qu'on adore ce disque mais sans faire d'excès d'humilité, je ne suis pas sûr que Rise To Infamy soit notre album choc du grand retour après 10 ans d'absence du devant d'une scène qu'on a tout autant méprisé que traumatisé et qui va amorcer notre rapide disparition pour cause de crise existentielle. No Surrender reste le disque que j'ai le plus écouté depuis sa sortie, avec toujours autant de plaisir mais je t'avouerais que ce qui m'avait le plus choqué à l'époque c'est que c'était la musique que j'aurais voulu avoir fait avec mon premier groupe, avant que je ne joue dans Hangman's Chair. Et sans faire d'excès d'arrogance, à l'époque je n'avais pas le bon groupe pour aller au bout de mon projet alors qu'aujourd'hui si. J'accepte volontiers la filiation de Rise To Infamy à No Surrender, évidemment, avec plaisir et fierté. Et autant il serait malhonnête de nier une influence aussi massive, autant il serait naïf de penser que, dans la démarche comme dans la musique, notre disque se limite à un ersatz.

Un élément frappant à l'écoute de cet album est la qualité du son de basse. De nombreux plans basse-batterie sont d'ailleurs vraiment excellents, on sent une volonté de votre part de mettre en avant cet instrument, ce qui est assez nouveau dans votre style. Peut on y voir le reflet d'un goût pour le rap ? Tu m'avais déjà confié que sur votre ep on pouvait retrouver la rythmique d une instru de Booba.

On s'est donné beaucoup de mal pour que tout sonne à sa place à vrai dire. Après, concernant la basse, on essaye depuis le début de lui donner cette place qu'on a enfin réussi à lui donner, pas vraiment en avant mais au même niveau que les guitares disons. Si tu rejettes une oreilles à Shooting Blanks&Pills c'est extrêmement frappant, d'autant plus si tu le compares au Rise To Infamy. Je suis plus satisfait du rendu total sur le Rise mais j'avoue que j'aimais bien l'abrasivité de la basse de notre premier né. Sur le nouveau elle a effectivement mieux ce côté hip hop qu'on essayait de mettre en avant et c'est vrai qu'on a beaucoup travaillé le basse-batterie. Je crois que ce qui a bien joué en faveur de la basse c'est aussi la décision de l'enregistrer avant les guitares et de lui faire un son indépendant de ce que les guitares pourraient être...
Pas de beat de B2O sur celui-là par contre il y'a un beat fugace d'Iggy Azalea qui traîne. 

Tu nous avais parlé d'Edgar Poe, de Lovecraft et de Bukowski lors d'une précédente interview. As-tu fais des découvertes littéraires depuis dont tu pourrais nous faire part ?

Je n'irais pas jusqu'à dire que j'avais parlé de ces auteurs, plus que je n'avais évoqué leur impact certain sur moi. A ce propos, j'ai tenté une relecture de Bukowski il y'a quelques mois, c'est d'un ennui et d'une platitude totale. Autant j'accroche toujours à ses poèmes, autant ses nouvelles sont un peu la synthèse de toute ce que je déteste dans les auteurs de sa mouvance, un genre de complaisance dans un mal-être artificiel et entretenu. J'accrochais mieux quand j'étais un branleur probablement parce qu'ils en font l'apologie en le justifiant comme un moteur créatif tout ce qu'il y'a de plus faux. Comme quand j'étais persuadé que d'être malheureux poussait au génie créatif, c'est vraiment un raisonnement de débile mental, tellement confortable en plus : si  je suis maudit, au fond, c'est probablement pour ça que mon génie est méconnu, pauvre victime de la société que je suis. Réaliser qu'on est autant le produit de son environnement que l'inverse est certes douloureux mais quelle libération que d'accepter finalement.
Quant à ta question, je reste un illettré fini et je ne lis que très peu, pour te dire le dernier bouquin que j'ai lu c'est American Desperado, la biographie de Jon Roberts, un mafieux passé contrebandier pour les cartels mexicains pour finir passeur d'armes main dans la main avec la CIA, c'est très divertissant mais le style n'est pas vraiment existant et ça ne donne pas vraiment lieu à de réflexions très poussées. Je m'étais aussi dit que j'allais lire The Psychopath Inside parce que le sujet est intéressant mais après avoir lu un paquet de critiques assez désabusées et quelques extraits, j'ai préféré m'épargner ça. Du coup j'ai un polar de Connolly qui traîne mais je suis pas d'humeur à lire ce genre de fictions ces temps-ci.

A quand aura-t'on droit à un morceau de black metal old school remanié par vos soins ?

Il est régulièrement question mais c'est plus compliqué qu'il n'y paraît parce que je suis très à cheval sur les paroles. Donc tout les titres en norvégien on oublie d'emblée et après ça... Après ça, ça manque pas mal de finesse quand même, ou du moins ça manque de profondeur à mon sens, ce que j'adore faire dans les reprises c'est donner un double sens aux paroles, juste en changeant la musique de fond... 
Il est toujours question d'un titre de Police, un autre de The Horrorist, peut-être un petit Toto pour faire bonne mesure...

L'artwork est magnifique ! Pouvez vous nous en parler ? Y a-t il un lien avec les textes ?

Merci pour lui, c'est le travail de Camille Blanchemain, qui joue dans Burning Bright. Pour tout te dire on était parti sur tout-à-fait autre chose avec quelqu'un d'autre. On avait tout bien fait, 6 mois à l'avance pour pas être dans la panade quand le disque serait prêt et au final on s'est bien fait enfler. Soit on s'est très mal exprimés, soit le type n'a rien compris à ce qu'on voulait, soit il n'a pas pris notre demande au sérieux. Quoi qu'il en soit ses propositions ont été rejetées sans équivoque et on s'est retrouvé à entrer en studio sans artwork, sans idée et sans prospect.
Camille nous avait proposé l'illustration de couverture il y'a quelques temps déjà pour un t-shirt et on l'avait oubliée... Au final comme on voulait que le disque prenne une touche plus féminine, ça s'est imposé. Il nous a fait trois illustrations qu'on trouve sublimes et qui, à mon sens, renferment bien assez de double lectures pour garder le truc intéressant. Le lien avec les textes repose dans les doubles lectures mais si j'en dis trop, c'est trop facile.

Parlez-nous du nom de cet album : Rise To Infamy.

Ca fait écho à ce qu'on a vécu en tant qu'entité depuis qu'on s'est montés, au même titre que Shame Along Shame, il semblerait qu'on se soit fait plus de détracteurs que d'amis mais en échange nos amis ne sont pas des putes girouettes et pour l'instant on s'en sort plutôt pas mal. C'est facile de se laisser griser par les vilaines rumeurs qui circulent, ça fait toujours un peu plaisir, alors au final ça nous fait une belle montée, on en prends tant qu'on en a, il faut bien un peu de facilité de temps en temps.

Vos plans à court et à long terme ?

Mange, prie, aime : tourner, écrire, vendre. C'est l'appât du gain qui nous motive.

Tortue Rouge (Février 2015)

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment