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Tobin Esperance (Papa Roach) Hard Rock Café, le 22 octobre 2014

Le nu-metal connaît un petit revival avec pas mal de groupes qui reviennent à la charge, après avoir splitté à cause de la mort de ce style. Mais certains groupes issus de ce mouvement sont toujours présents et ont su évolué, qu'on aime ou pas. C'est le cas de Papa Roach qui propose maintenant un rock/metal teinté d'électro. Pour autant, ils ne renient pas leurs origines, comme nous l'explique Tobin Esperance, leur bassiste.

Pas trop fatigué avec toute cette campagne de promotion que vous êtes en train de faire ?

Non, je bois beaucoup de café ! (rires) Et je me repose beaucoup, je ne sors pas le soir, j’ai pas envie d’être trop naze durant les interviews (rires).

Pas le temps de visiter Paris alors ?

On est là pour le boulot. J’en parlais il n’y a pas longtemps justement, à chaque fois que je viens à Paris je n’ai jamais de temps libre. La seule fois où j’ai pu profiter c’est quand je suis venu ici avec ma mère et mon oncle quand j’avais 16 ans, on avait vu tous les sites touristiques de la ville.

Vous avez mis en ligne il y a quelques jours Warriors, le premier extrait de votre nouvel album F.E.A.R., comment ont réagi vos fans ?


À vrai dire, je n’en sais rien ! Je ne fais pas vraiment attention à ça. Ce n’est pas non plus le premier single de l’album, c’est juste un titre en avant-première. En plus il est un peu différent du reste de l’album. Après il y en aura toujours qui vont aimer, d’autres qui vont détester, mais cette chanson ne représente l’album, qui est plus varié.

Vous faites un usage plus poussé des sons electro sur F.E.A.R. que sur vos précédents album, mais j'ai l'impression que c'est n'est pas la seule chose qui ait changé par rapport à vos précédents albums ?


Oui, beaucoup de choses ont changé ! Malgré tout, j’ai quand même l’impression qu’on a repris là où on s’était arrêté avec le précédent album. Après, on a enregistré à Las Vegas, on a fait appel à deux nouveaux producteurs, Kevin et Kane Churko, on est entré en studio sans avoir écrit la moindre chanson et on a composé sur place. C’était plutôt agréable comme expérience, on n’avait pas de pression, et on était tous dans un bon état d’esprit. On a vécu tant de choses en tant que groupe avant de faire cet album, là on a retrouvé confiance en nous, on s’est serré les coudes, on avait beaucoup de choses à dire et du coup l’inspiration était au rendez-vous. C’était tellement différent de la façon dont on procédait jusque là pour faire nos albums, avant on utilisait notre propre matos, on jouait live, on envoyait la sauce pendant des heures et on voyait ce qui en sortait. Là on a utilisé leur matos, et on a eu recours aux nouvelles technologies, on a programmé la batterie pour les démos, structuré les chansons, on y a ajouté les paroles. Ensuite on a enregistré pour de vrai la batterie. On ne s’imposait plus aucune limite en fait, seul le résultat comptait, réussir à faire passer le message à travers nos chansons. On a préféré privilégier le fond sur la forme.

Et il n’y avait pas trop de sources de distractions en vous retrouvant à Las Vegas ?

Non, j’ai été fier de nous car nous avons réussi à rester concentrés sur notre objectif, l’album. On n’est même pas allé sur le Strip, on était logé dans une maison située plutôt loin de ce quartier, à l’autre bout de la ville. Cette maison était équipée d’un studio, donc on n’avait pas trop besoin de sortir, et on rentrait chacun chez soi durant les week-ends. On a essayé de nous créer un environnement plus sain et plus positif : faire la fête tous les soirs, on a déjà donné, on se mettait de sacrées races (rires). On était vraiment concentré sur l’album, donc on n’avait pas du tout la tête à sortir ou boire justement. Par le passé, on a pu enregistrer des albums tout en faisant la teuf, on s’est rendu compte que ça prenait plus de temps et que ce n’était pas terrible de faire ça.

Quels albums ?

Tous ! (rires)

Du coup, vous avez mis combien de temps pour accoucher de F.E.A.R. en suivant cette nouvelle façon de faire ?

Ça nous a pris trois mois en tout, mais je dirais deux mois de vrai taf, comme on a fait un break au milieu et qu’on rentrait chez nous les week-ends. Ce qui est plutôt rapide en fait, comme on ne partait de rien.

Au niveau financier, ça vous est revenu plus cher du coup de faire cet album de cette façon ?


Ça restait raisonnable. Après oui, ça a forcément couté plus cher que le précédent que nous avions enregistré dans notre home-studio. Là, c’était vraiment un investissement qu’on voulait faire et on trouve que c’est de l’argent bien dépensé. L’aspect financier est maintenant primordial pour les groupes, car l’argent ne tombe pas du ciel, et réussir à vivre de la musique est impossible pour beaucoup.

Dans quel sens faut t’il comprendre l’acronyme du nom de l’album F.E.A.R., Face Everything And Rise ?

C’est d’affronter et de surmonter ses peurs, d’avoir un regard sur sa vie, de voir les choses qui t’empêchent d’avancer, tout le côté négatif, et faire le nécessaire pour dépasser tout ça dès que c’est possible. Les paroles de Jacobi sont très personnelles et portent un message spirituel. C’est difficile de trouver de l’espoir en ce moment, et malgré tout, ça ne sert à rien de s’énerver pour des conneries, il faut se concentrer sur le bonheur et la joie, mener une vie simple tout en s’amusant. On sait la chance qu’on a de pouvoir faire ce qu’on aime, d’avoir des fans aussi reconnaissants, ça te fait réfléchir.

Comment s’est passée cette collaboration avec Kevin et Kane Churko ?

Très simplement ! Ils sont vraiment talentueux dans leur domaine, ils ont cette capacité à te donner leur avis instantanément, à te dire de changer tel ou tel truc. Ils ont plusieurs casquettes : compositeur, ingénieur son, producteur,informaticien... Ils ont une énorme facilité à analyser ce qu’ils entendent, et aussi à dire ce qu’ils en pensent. C’était donc très facile de travailler avec eux car on parle le même langage, et du coup, ça a été une collaboration très efficace.

Vous avez Maria Brink en guest sur la chanson Gravity, comment ça s'est passé ?

En fait avec son groupe In This Moment, elle s’est retrouvée en studio en même temps que nous, comme il dispose de deux salles d’enregistrement. Nous étions de chaque côté du couloir, mais on ne se croisait. Puis on a commencé à sérieusement travailler sur la chanson Gravity, on s’est rendu compte qu’elle sortait du lot par rapport au reste de l’album, Jacobi s’amusait à rapper sur les couplets, on a développé la mélodie du refrain, et là Kevin nous a suggéré que ce serait une bonne chose d’avoir une guest sur ce titre, et que Maria qui enregistrait à côté serait surement partante. Elle est venue, et elle a tout déchiré. C’est marrant parce qu’on a passé des heures pour essayer de faire sonner cette chanson comme il faut, et il a suffit qu’elle se pointe pour que ça le fasse.

Ça n’a pas été complètement improvisé ?


Non, non, on lui a écrit ses paroles, et on a attendu impatiemment de l’entendre chanter.

Comment perçois-tu l’évolution qu’a suivi Papa Roach durant ces vingt ans de carrière ?

On a évolué de tant de manières, notamment à notre niveau personnel, on était des gamins lorsque notre premier disque est sorti, et on a tout de suite eu du succès. On a connu des hauts et des bas, on a fondé nos familles, mais malgré tout ça le groupe est resté soudé, et c’est peut-être la clé de la longévité : on est toujours autant excités à l’idée de jouer ensemble, de partir en tournée ensemble.On garde toujours en tête qu’on peut réussir à faire mieux. C’est arrivé qu’on s’engueule, qu’on se déteste, mais on n’a jamais jeté l’éponge, car ça aurait signifié que tout ce qu’on avait fait jusque là n’aurait eu aucun sens. Du coup, ça me fait penser qu’on est vraiment fait pour la musique. Sinon quand je vois où on en est arrivé maintenant, je ressens surtout de la gratitude à l'égard de nos fans. Avec chaque album c’est un nouveau chapitre du groupe qui s’écrit, on a réalisé tellement de choses ensemble...

Je te demandais ça car il  y a très peu de groupes de nu-metal qui se sont formés dans les années 90 et qui sont toujours là...


Oui, on a traversé plusieurs périodes dans la musique, l’ère du numérique notamment. On a connu la mort du nu-metal et on a réussi à trouver notre place. On est toujours là, et bien vivants !

Vous avez joué deux fois au Hellfest et c’était marrant de voir comment vos prestations ont fédéré le public, entre vos fans actuels et d’anciens fans des premières années mais qui n’écoutent pas ce que vous faites maintenant.

C’est vrai. On n’a pas arrêté d’évoluer musicalement, dans notre façon d’écrire, mais en live c’est toujours la même passion qui nous anime et nous fait monter sur scène, le public doit le ressentir. Après, on ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, et on sait bien la place qu’on occupe, surtout en festival “ok on va jouer entre ces deux putains de groupes, Cannibal Corpse et Mötorhead” (rires). C’est n’importe quoi ! Mais ça ne nous fait pas peur.

Vous allez rejoindre In Flames pour la fin de leur tournée européenne...

Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, on va jouer en Scandavie en grande partie, sur leurs terres, donc nous assureront leur première partie. Leur public est différent du nôtre, on va donc essayer d’en convertir quelques uns à notre musique, c’est le genre de défi qu’on aime bien relever. Sinon on a déjà croisé In Flames à quelques reprises lors de festivals, et aussi à un de nos concerts à Berlin : ils y étaient pour enregistrer leur album, et le soir ils se sont pointés à notre concert. Ce sont des mecs supers, et on s’est dit “pourquoi ne pas tourner ensemble”. Chose que notre nouvel agent, que nous avons en commun, a réussi à mettre sur pied !

Serez-vous sur la bande original de The Avengers 2 ? (NDLR : la première bande-annonce du film est sortie la veille de l’interview)

Ah oui, j’aimerais bien ! Mais je pense que c’est trop tard pour celui-là, ça doit déjà être bouclé. Mais s’ils en font un 3, nous sommes partant (rires).

Sinon pour finir, avez-vous déjà fait des back-patches Papa Roach, un de mes meilleurs potes en cherche un mais il n’en a jamais trouvé ?


Il me semble qu’on en a déjà fait, mais je ne suis pas sûr. C’est une excellente idée, je vais en parler aux autres, il faut vraiment qu’on en fasse (rires).

Grum (Janvier 2015)


Merci à Roger et Olivier de Replica Promotion pour nous avoir organisé cette interview.

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