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Julien Cassarino (Rufus Bellefleur) Le Batofar, Paris, le 02/10/2014

Rencontre avec la tête chantante, à défaut de pleinement pensante, de Rufus Bellefleur. Car oui, Julien Cassarino semble apprécier de se faire porter par l'imagination et les mélodies de son compère Yuz. Explications.



Cela fait à peu près six mois que Temples, Idols and Broken Bones est sorti, quelles sont tes impressions, au niveau satisfaction personnelle et réception du public ?

Ju : A la différence du premier album, celui-là est distribué donc ça nous a permis de toucher plus de monde, d’autant plus qu’on est plus présent sur les réseaux sociaux, donc les gens ont plus eu vent de l’info que l’album était sorti, et la réception me paraît plutôt bonne. Au niveau des ventes, ça a très bien démarré, et à de très rares exceptions l’album semble plaire, car il a un côté moins rock, moins métal que le précédent. Après d’autres personnes semblent apprécier davantage le virage pris, le côté plus lumineux et festif de la musique sur scène. Ce sont des morceaux qui sont taillés pour le live. La critique me paraît également unanime. Ton avis Yuz, content ?

Yuz : Content !

Nous aurons donc droit à beaucoup plus de chansons du nouvel album en live ?

Ju : forcément oui, mais on a prévu de conserver un petit best of du premier album, car c’est quand même par là que la plupart des gens nous ont connus. Ce soir en plus on a notre show complet, on peut se permettre de faire un bon quart d’anciennes chansons, et même des reprises issues de l’EP acoustique. D’ailleurs ce soir, vous aurez droit à I Believe I Can Fly et à Walk This Way.

Ça ne te manque toujours pas de ne pas participer à la composition de la musique au sein de Rufus ?

Non, pas du tout ! Yuz a un univers très personnel, et vu que j’ai Psykup pour composer (il s’arrête), enfin j’avais Psykup, maintenant on repart mais on sait jamais, peut-être qu’on refera des morceaux. (le Batofar se met à tanguer au passage d’un bateau) Oula ça fait bizarre comment ça remue !

Tu croyais que c’était ton ventre ?

(rire) Oh la vache on va tous dégueuler, j’ai la tête qui tourne. Il y a quelque chose qui a tapé là ? (rires) C’était quoi la question déjà ? (rires). Ah oui, donc avec Yuz on écrit les textes à deux et ça me convient très bien, pour le reste c’est très bien de n’être que l’exécutant, de se greffer sur l’univers de quelqu’un, tu te laisses aller, lui il drive le truc, et tu n’as plus à te prendre la tête de savoir si ça va plaire aux autres. Dans Psykup c’était compliqué, j’écrivais quasiment tout, et je me retrouvais dans une place qui est à la fois cool, et pas cool ! Donc c’est bien d’être aussi de l’autre côté.

Tu pourrais m’en dire plus sur l’histoire et le background de Rufus développé sur ce deuxième album ?

Petit à petit on explique la mythologie du personnage, si tu lis les textes il y a de petites histoires racontées, on explique même comment il est mort, mais on ne dévoile rien sur lui en dehors des chansons, car on nous pose souvent la question. On préfère que les gens aillent fouiller, comme quand tu découvres des éléments dans un film et que tu t’imagines des choses. On veut laisser une grande part à l’imagination, et comme le côté visuel est déjà très poussé, ça aide beaucoup. Et des fois, certains tombent juste. Après quand on en parle avec Yuz, on est flous nous-mêmes sur le sujet, on laisse le personnage se dérouler et vivre tout seul, c’est ça qui est intéressant !

En parlant de l’aspect visuel,  comment s’est passé le travail avec Dedo pour la mise en scène du show ?

Jusque là, Dedo c’était un ami qui venait faire le guest sur les clips, et à force... Il a une bonne expérience niveau théatre et mise en scène, il a bossé sur ses propres spectacles, forcément, du coup il a un œil différent du notre, et en même temps il connaît très bien la musique, et il nous connaît très bien. C’était donc un peu la personne idéale et vu qu’on cherchait quelqu’un pour nous coacher là-dessus, plutôt que de prendre une personne qu’on ne connaissait pas ou en qui on n’avait pas confiance, on lui a demandé et il était à fond pour le faire. Il l’a fait avec grand plaisir je pense. Ce qui est cool, c’est qu’on s’est mis en résidence ensemble, il a observé les idées qu’on avait déjà, il les a respectées, il a proposé d’autres idées, il a surtout coaché les filles au niveau de leurs chorégraphie, il nous a coaché pour nos mouvements, nos attitudes sur scène. On a sur-théatralisé la chose avec lui, on a complètement exagéré ! Au début on hésitait, et maintenant on y va, on est plus amples sur les mouvements, on joue réellement, on est moins timide avec les personnages, on a réussi à sortir le meilleur de nous et je pense que ça se sent car le spectacle est vraiment transformé depuis qu’on a mis ça en place. Et on a misé encore pas mal sur le côté visuel, et aussi sur les accessoires, la décoration…

J’imagine que les références cinématographiques présentes sur l’album ont servi pour le spectacle ?

Bien sûr, ça aide ! Et on a envie que les gens voient vraiment l’univers prendre vie, conforme à l’idée que tu t’en es fait en écoutant l’album et en regardant les clips. Sauf que là il leur faut une image en 3D. Notre entrée sur scène, c’est un peu la pochette de l’album qui prend vie, qui sort du cadre, enfin c’est déjà le cas sur la pochette on sort du cadre justement. C’est le prolongement de tout ça quoi.

Ça aurait eu plus de sens de jouer sur un bateau à roue à aubes ?

Ah c’est sûr ! (rires) J’aurais bien aimé le bateau qu’il y a à Disneyland et qui fait le tour du parc avec la sirène. Mais c’est vachement sympa ici, j’y ai déjà joué il y a super longtemps avec Manimal, c’est un lieu atypique, et Rufus Bellefleur c’est atypique, donc c’est l’endroit parfait pour nous. C’est simplement dommage qu’on soit un peu serré sur scène, car elle n’est pas hyper grande, mais on aura peut-être une cohésion de groupe plus forte, avec un côté plus intimiste et plus proche du public aussi. Quand tu descends dans la cale du Batofar, tu as vraiment l’impression de pénétrer dans un autre monde, c’est excellent ! C’est vraiment l’endroit tout indiqué pour nous.

As-tu trouvé le temps d’aller en Louisiane depuis la sortie du premier album ?

Malheureusement non, toujours pas ! Notre rêve serait de pouvoir aller enregistrer un DVD là-bas, au bord de l’eau, ça serait fabuleux (rires). Après on est parti vachement loin sur ce point là avec le nouvel album car le personnage voyage énormément, découvre de nouvelles contrées, l’Asie, l’Afrique… Ce côté sudiste est toujours présent avec la salopette, le banjo, le dobro, il pourra toujours faire un jour son retour aux sources, avec un prochain album 100% louisianais (rires). Mais j’aimerai vraiment bien y aller, il paraît qu’il y a une atmosphère là-bas, surtout après Katerina, et pour la musique c’est une destination complètement barge !

Pour votre EP de reprises Muddy Covers, l’idée vous est venue toute seule, ou vous connaissiez déjà des groupes de reprises du même genre comme Hayseed Dixie ou Steve’n Seagulls ?

En fait, on a juste « rufusisé » le truc, car il y a toujours des beats hip-hop, des machines, et on a choisi des morceaux super cohérents avec les influences du premier album, tu as Cure pour le côté 80’s et pop, Aerosmith et Run DMC ça tombait sous le sens avec la rencontre du rock et du rap, et est facilement adaptable au banjo aussi.

Justement, ce qui est drôle, c’est qu’au final votre reprise ressemble beaucoup plus à l’originale qu’à la version avec Run DMC.

Ah oui, totalement, on a cherché à faire un truc à cheval entre les deux. On a fait aussi Rockwell, Somebody's Watching Me, qui n’est pas connu du grand public, à part le refrain, mais que tu dis son nom, personne ne connaît. On a pris I Believe I Could Fly pour le côté R’n’B et second degré quand on est sur scène. Et la cinquième… J’ai un trou, on la joue jamais, comme Cure qu’on ne joue plus, ça cassait l’ambiance du set. Ah ça y est, Karma Chameleon de Culture Club, pareil pour le côté 80’s pop. Le délire de leur clip à l’époque, au bord de l’eau, pouvait faire penser justement à la Louisiane. 

Vous avez déjà des idées pour le prochain album ?

Oui, Yuz m’a déjà parlé de certaines choses. On y a réfléchi, et je sais qu’il évolue aussi vachement dans sa tête. Il a déjà plein d’idée, mais je ne peux rien déflorer. Je peux juste te dire que ça va encore vachement voyager, dans un autre univers.

Dans l’espace ?

Nan, nan (rires). Quand même pas ! Mais il y a un autre univers qui va venir se greffer, ça va être vachement intéressant !

Le concert de Psykup à Paris approche… Tu es chaud bouillant ? 

Grave ! À Toulouse c’était tout simplement mortel et là, faut juste qu’on se remette à bosser et à répéter pour être prêts ! On ne pensait pas en faire plusieurs d’ailleurs, ça devait être un one-shot à Toulouse, mais il y a eu tellement de demande des gens qu’on a cédé. Je pense que ça va être complètement fou, les gens sont à fond et ça a été complet très très vite. 

Vous avez prévu des surprises ? Des guests ?

Peut-être ! (rires) Mais je dirais rien !

Et la ligue des Autruches,  ça vous est venu comment ?

Alors ça c’est une idée de Milka qui adore le foot, et qui a proposé ça en disant que ce serait marrant de proposer une autre façon de tourner. On a marché à fond, comme on aime les trucs atypiques, les villes ont vraiment joué le jeu pour la plupart, certains ont pété les plombs, notamment quand je balance les scores chaque semaine, avec le système de bonus de points. On a prévu de jouer dans les cinq premières villes du classement, sans compter les concerts à Toulouse et Paris (NDLR : ce sont Bordeaux, Nantes, Dunkerque, Limoges et Besançon qui ont remporté le tournoi).

Tu écris toujours pour le site de Gilles Penso, FilmsFantastiques.com ?

Oui, oui, dès que je peux ! J’en ai fait quelques unes récemment, ce qui est bien c’est que ça ne parle pas de films récents forcément, je peux prendre mon temps.

Grum (Novembre 2014)


Merci à Julien pour sa disponibilité, et à Julien de MathPromo.

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