Biographie

Stiu Nu Stiu

Stiu Nu Stiu (« Je sais que je ne sais rien » en roumain) est une formation suédo-roumano-néerlandaise de Doom/Shoegaze qui aime jouer avec le hasard des rencontres. C'est au cours de l'été 2012 que Martin Sandström (Caterpillar GhostJeniferever) et Kalle Mattsson (Moon&SunArms and LegsKing Kong Kobra) se retrouvent dans une salle de répétition à Uppsala (Stockholm) pour laisser libre cours à leur inspiration. Au terme de cette jam session/retrouvaille, le duo a déjà des idées de compos sous le bras.

Rejoint plus tard par Pontus Wallin à la batterie et Billie Lindahl (alias Promise and the Monster) au chant et à la guitare, le quatuor entame des concerts. Finalement la formation ne dure que quelques mois puisque Pontus est rapidement remplacé par Per Tholander (The Search).

En 2014 sort Ultra Silvam : premier album de Stiu Nu Stiu enregistré par Olle Bilius dans une cuisine, à l'extérieur d'un studio situé à Uppsala. Malgré un budget inexistant, le groupe parvient à s'entourer de Kurt Ballou (Converge) pour le mixage ainsi que de Magnus Lindberg (Cult of Luna) pour le mastering.

Deux ans après, paraît dans l'urgence un deuxième LP dénommé Fake End. Enregistré au Studio Cobra avec Martin “Konie” Ehrencrona et de nouveau masterisé par Magnus Lindberg ce nouvel opus est, aux dires du groupe, plus travaillé et réfléchi que le précédent.

Début 2016, le line up connaît un nouveau changement. Avant de se relancer dans les concerts, Per Tholander lègue son poste de batteur à Pontus Wallin et Billie Lindahl est remplacée par le guitariste Nicklas Ström Bargell, vieille connaissance de Martin et Kalle.

Chronique

14 / 20
1 commentaire (18/20).

Fake End ( 2016 )

Le moins que l'on puisse dire est que Stiu Nu Stiu sort des sentiers battus. Sorti chez Hybris Records, leur nouvel album est le fruit d'un travail que l'on suppose douloureux compte tenu de l'état d'esprit qui s'en dégage. Au programme : une mixtion de Doom et de Post-Rock sublimée par un Shoegaze sous amphète, façon Cocteau Twins.

Ne vous méprenez pas, Fake End n'est pas une promenade de santé mais s'apparente plutôt à une mauvaise descente d'acide. Telle l'expérience d'un dur retour à la réalité, la musique de Stiu Nu Stiu dévoile un monde où tout sonne faux. De prime abord troublant, leur univers sonore fascine par son étrangeté, nous transportant au cœur d'ambiances glaciales.Toutefois l'ennui se fait parfois sentir, notamment durant la première moitié de l'album où certaines pistes traînent en longueur (October) ou sont en décalage avec le reste (Blodmyra).

Heureusement, Memo (titre phare de Fake End) procède à un tournant aussi bien par sa tonalité que par son atmosphère. Plus sombre et tourmenté, ce dernier détonne par rapport à la douce morosité des premières pistes. On a là quelque chose davantage habité, à la fois chaotique et pondéré, mêlant les dissonances écorchées des guitares au chant suave et cristallin de Billie Lindahl. Le reste de l'album se poursuit dans ce jeu de clair-obscur où sublime et noirceur se compénètrent, poussant les expérimentations sonores jusqu'à la cacophonie (Uwaga) ou étalant à pas comptés des mélodies titubantes (En Vind Brusar I Dig).

On l'aura compris, le point fort de Stiu Nu Stiu réside dans son penchant pour le "sabotage", cette tendance à faire cohabiter mélodies et sonorités criardes ou à pousser jusqu'au paroxysme une tension sous-jacente en début de morceau. En atteste Widsith qui vient clore l'album avec brio dans une subtile ascension émotionnelle immortalisée par une voix angélique suivi d'un solo bouillonnant.

D'une créativité et d'un talent incontestables, Stiu Nu Stiu nous emmène loin lorsque l'alchimie s'opère. Pourtant, on a de temps en temps le sentiment que le groupe s’essouffle, faute d'une véritable homogénéité entre les pistes. Difficile donc de donner un avis général sur cet album étant donné ce sentiment de déséquilibre quant à la qualité des morceaux. Toujours est-il que Fake End est une œuvre audacieuse qui vient brouiller les pistes de par le métissage des styles et parvient à communiquer à l'auditeur une musique pétrie d'angoisse.

A écouter : Memo, Widsith, Cloud Of Piss