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Biographie

.Moneen.

.Moneen. émerge de Toronto (Canada) à la fin du printemps 1999 grâce à Kenny Bridges (Guitare / Chant), Chris Hughes (Guitare / Chant), Peter Krpan (Batterie) et Mark Bower (Basse). Le groupe est connu dans la région pour ses performances scèniques notamment, ce qui leur vaut d'intégrer la crême des labels canadiens, à savoir Smallman Records. Après le départ de Mark, la courte venue de Chris Slorach, c'est finalement Erik Hughes qui rempile à la quatre cordes, après les sorties du premier ep Smaller Chairs For Early 1900s et du premier album The Theory Of Harmonial Value. Début 2003, Smallman et .Moneen. s'associent désormais au plus gros label Emo de la scène: Vagrant (Dashboard Confessional, The Get Up Kids), qui sort leur prochain opus Are We Really Happy With Who We Are Right Now aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Un an plus tard, mi-2004, les Canadiens ont enchaînés les tournées prestigieuses et planchent sur de nouvelles compos qui tarderont à venir. 2005 marque finalement le retour du quatuor, avec un split tout d'abord, en compagnie de leurs compatriotes d'Alexisonfire, la réalisation d'un documentaire The Start To This May Be The End To Another, et l'annonce de la sortie pour le 11 avril 2006, de leur troisième effort: The Red Tree. Les canadiens changent de batteur en 2008 avec l'arrivée de Steve Nunnaro, Peter étant parti composer son projet solo, One Grand Canyon, puis .Moneen. revient en 2009 avec The World I Want To Leave Behind sur Dine Alone Records et Vagrant. Finalement, Peter Krpan récupère son poste derrière les fûts en 2010 pour une tournée avec Alexisonfire en 2012. L'activité du groupe est mise en pause les années qui suivent puisque Chris, Erik et Peter ont fondé un nouveau groupe, Seas, et Kenny joue dans Cunter.

15.5 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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The World I Want To Leave Behind ( 2009 )

Red Tree n’a pas eu beaucoup d’équivalent en 2006 dans la catégorie indie/emo à fleur de peau. Confirmant avec éclat le potentiel des natifs de Toronto, l’opus servit à dessiner un peu plus encore le visage du quatuor entre ombres pudiques et traits expressifs. Et il fit nâître l’adjectif "moneenien".

Que les amoureux de l’arbre rouge se rassurent donc. The World I Want To Leave Behind ne défigure pas la physionomie passée de ses auteurs et ne trahit pas son épiderme. Du son aux intentions, du placement des guitares à la voix chavirante de Kenny, l’émanation moneen demeure la même, déployant ses compositions harmonieuses, qu’on devine trouvées à l’acoustique puis enrichies progressivement d’apports instrumentaux (piano, violon, reverbs) et autres effets électriques. Si différence il y a donc, elle ne se situe pas dans cette recherche constante du beau ; elle se situe plutôt dans l’émotion générale qui sous-tend l’opus. Auparavant Moneen aimait alterner coups de sang rocks et rêveries douces. Ici, un voile de tristesse et de mélancolie recouvre l’essentiel  des 12 titres (à l’exception peut-être de "The Long Count" et "The Glass House"). L’indie "moneenien" devient alors une véritable ode sadcore, percée de toutes parts par un spleen poignant (et un tantinet cafard, avouons-le) et une mélopée qui n’est pas sans rappeler les élégies des divins Carissa’s Wierd.

Dur dès lors, si l'on n'est pas réfractaire au sadcore, de rester de glace devant les montées de "The World I Want To Leave Behind", le "houhouuu" céleste de "Hold That Sound", le finish de "Redefine", le refrain de "The Way", les hachures thricienne à la guitare de "The Monument" ou la bouleversante "Waterfalls" dans son intégralité, chef d’œuvre de song-writting intimiste. Avec son livret orné de jolies photos en prime, et ses mots personnels écrits par ses membres autour de chaque chanson, son orchestration grandiose et son émotion poétique, Moneen livre encore un album magnifique, au point qu’on a peine à comprendre pourquoi le groupe ne rencontre pas un plus franc succès. Quoique... c’est peut-être, à bien y penser, que l’intime et l’isolement lui vont trop bien.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Hold That Sound", "Redefine", "Waterfalls"
16 / 20
2 commentaires (15.75/20).

The Red Tree ( 2006 )

Véritable entité à part entière dans la scène émo, Moneen fait parti de ces groupes aux inspirations célestes, à la mélodie fragile et enivrante, reconnu pour ses explorations tant musicales qu’émotionnelles. Le groupe canadien nous revient avec Red Tree afin de reprendre le chemin scintillant qu’il s’est façonné depuis sa création en 99.

Comme à chaque Moneen, patience et rêveries seront nécessaires pour laisser la magie opérer.
Certes, Red Tree n’est pas la nouveauté à laquelle on pourrait s’attendre de la part d’un troisième effort, mais c’est, semble-il, parce qu’il est tourné vers autre chose, parce que son but tend au prolongement de ce qui a déjà été commencé : parfaire l’œuvre tout entière du groupe. L’album résonne en conséquence d’une identité quasi familière, construit en miroir des deux précédents opus avec une constellation de mélodies délicates entrecoupées de rythmes à la teneur plus rock.
Et c’est justement par ce souffle que Moneen signe son entrée avec d’emblée trois titres mouvementés, entraînés par une batterie galopante, une pluie de guitares sans brides et une voix appuyée. De ce trio inaugurale émane instantanément comme un semblant de vitalisme, une volonté de ne pas se présenter abattus ou du moins, une farouche envie de montrer un visage tourné vers l’ascension ("I’m not a failure now" dans "If Tragedy's. Appealing..") mais dont l’issue demeure un cri sans fin ( "Bleed and Blister version III").

Une fois cette triptyque passée, on assiste à un changement d’aura. Le ton se fait plus élégiaque ; les accords plus plaintifs. L’ambiance vaporeuse si chère au quatuor refait surface. Les guitares repartent dans le lointain, entremêlées en riffs tortueux, redonnant à la musicalité cette candeur mêlée d’abîmes. Kenny Bridges, prisme de toutes ces émotions s’offre une nouvelle fois sans compter. Lui qui avait posé la question du bonheur dans Are We Really Happy With Who We Are Right Now?, se confronte ici aux mystères de l’être (Le "Who am I ?" dans "The Frightening Reality"). Les branches de l’arbre rouge diffusent par le biais de sa souffrance un chant semblable à une larme qu’il essaierait de dissimuler mais qui s’écoulerait malgré lui. Le tempo se fait alors pointillé, les espaces se suspendent et Red Tree libère ses pulsations morcelées. Ce sentiment de douleur étouffée, de rythmes hésitants pourront provoquer chez certain un goût de léger "creux" au milieu de la pléiade. L’espace d’un instant à peine alors, car entraîné par ces aperçus de chœur ("The East has Stolen…"), ce chant qui recherche l’égarement, l’arbre retrouve vie avec "Season fade" avant de répandre ses dernieres particules de pureté et s’évaporer, guidé par les lucioles mélodiques de "The Song I Swore to Never Sing".

En clair, Moneen n’ouvre pas avec Red Tree la page du grand changement. Il s’évertue juste à essayer de peindre en musique les contours de la beauté afin de continuer à s’étendre dans l’immensité qui lui sied, déployant sa musique fait de temps et d’espace : "I need this time to breathe, Give me space, I’ll give you me".

"Don't Ever Tell Locke What He Can't Do", "If Tragedy's Appealing, Then Disaster's An Addiction",  "This is All Bigger Than Me" et  "The Day No One Needed To Know" en écoute sur http://www.myspace.com/moneen

A écouter : Jusqu' l'ivresse
14 / 20
1 commentaire (14/20).
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Split w/ Alexisonfire ( 2005 )

Concept déjà étrenné, notamment par Nofx et Rancid sur un Split CD, cette première parution de la série Switcheroo confronte Alexisonfire et .moneen. dont le devoir, pour chacun des dits groupes, consiste à reprendre des standards de l’autre. Deux incontournables de la scène canadienne, qui se connaissent bien, ce qui ne les empêche pas de se foutre sur la gueule lors de tournées (vidéo: Alexisonfire Vs .moneen.), et qui s’apprécient musicalement l’un l’autre.

C’est à AOF que revient la tâche d’ouvrir ce 6 titres, en s’appropriant "The Passing of America" (version originale) renommée pour l’occasion en: "Passing Out in America". Le quintet délivre une version remaniée, au rythme plus appuyé par moment, où la paire Pettit/Green s’en donne à cœur joie, avec du reste quelques délires vocaux sur le premier break. Un Dallas Green (City & Colour) très présent, à l’image de Watch Out !, qui conclut agréablement le morceau et que l’on retrouve également sur la seconde reprise: "Tonight I Am Going To Wash The Hippy". Bien moins convaincante que l’originale, à télécharger ici, cette piste ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est sa conclusion plus incisive, mais qui évince sa suite logique, la fameuse théorie du Dr Lozlo Pronowski.

A l’inverse, les versions de .moneen. perdent en puissance et en clarté dans les parties soutenues, mais compensent très largement dans les accalmies. Le quatuor étend la durée de "Accidents Are on Purpose" d’une bonne minute et demi, ce qui lui laisse le temps d’installer ses ambiances à la fois céleste et dépressive, si représentative de Are We Really Happy With Who We Are Right Now. Sur "Sharks in Danger", .moneen. brille à nouveau en intégrant effets atmo’, noisy, et surtout superposition de lignes de chant, typique du groupe, avec en prime des ‘Razor Wire !’ écorchés.

En guise de digestif, Alexisonfire et .moneen. livrent chacun un inédit. Pour les premiers, il s’agit de "Charlie Sheen vs Henry Rollins", somme tout classique et qui n’aurait pas dépareillé sur Watch Out!. Et "Bleed and Blister (Version Two)" pour les seconds, dont la troisième version figurera d'ailleurs sur The Red Tree. Rien d’exceptionnel là aussi.

Cette initiative, que l’on doit à Dine Alone Records, a le mérite de faire passer un bon moment aux habitués de ces deux groupes. Quant aux autres, c’est là l’occasion de rattraper un retard significatif. Malgré tout, une réserve est à émettre vis-à-vis du choix des reprises; même s’il est difficile de parler de mauvaise pioche, tant l’ensemble de la discographie de ces Canadiens est de qualité, on regrettera l’exclusion d’un "Adelleda", "A Dagger Through…", "The Kennedy Curse", ou tout autre titre extrait de l’album éponyme d’AOF. Tout comme l’absence d’un "Are We Really Happy…", "The Last Song…", "Start Angry…" ou….tout autre titre extrait du second opus de .moneen..
Tout choix est un renoncement.

A écouter sur MySpace: "Passing Out in America".

A écouter : Passing Out in America; Accidents Are on Purpose

The Theory Of Harmonial Value ( 2001 )

Dans chaque style musical, il y a toujours un groupe canadien pour surpasser la plupart des autres formations mondiales du genre et lui apporter un souffle nouveau (exemples: Belvedere en skatecore, Choke et The Almighty Trigger Happy en punk rock mélodique, Subb en ska/punk, etc.); pour ce qui est de l'emo, c'est .moneen. qui porte haut et fort les couleurs blanc et rouge du drapeau à la feuille de chêne.

.moneen. c'est une "collaboration d'influences mélodiques" comme ils le disent si bien eux-mêmes, incluant des choses aussi divers que le jazz ou la musique classique. Pourtant, ce qu'on trouve chez la musique des 4 canadiens c'est ni plus ni moins de l'emo / emo punk.

Ce qui est sûr c'est que le quatuor ne manque pas d'idées, et on s'en rend compte dès l'intro de ce disque d'une heure, qui est en fait ce qu'on retrouve normalement en outro d'un cd, à savoir des roulements de batterie à n'en plus finir, du larsen, le tout dans un brouhara sans nom qui ici débouche sur un chant clair pur et des mélodies raffinées.
.moneen. se démarque de ses congénaires en délaissant les couplets / refrains au profit d'une approche plus 'expérimentale' du genre, qui laisse davantage place à la 'dérive artistique'.
Ainsi, les apparitions de passages instrumentaux ne sont pas rares et les chansons sont à rallonge (60 minutes pour 10 pistes).
Mais quel bonheur d'écouter un disque qui part dans pleins de directions, à l'instinct uniquement, un disque si spontané et pourtant si maîtrisé. A l'image du travail titanesque sur les choeurs aussi omniprésents que variés, des jeux de guitares recherchés, tantôt saturés, tantôt électro-acoustiques... On a aussi droit à quelques parties au piano, aux percussions etc.

Tout ça nous donne de très belles spontanées et sincères, une sensibilité emo à fleur de peau. Une sensation d'instabilité maîtrisée.
La voix principale (celle de Kenny), bien que très belle et pleine de conviction, manque encore cependant légèrement de puissance et de diversité pour rendre l'ensemble plus vivant, chose nécessaire sur un album d'une heure comme celui ci.

La fin de l'album gagne en profondeur et les quatre derniers morceaux échappent à la monotonie qui pouvait parfois s'installer sur quelques unes des premières pistes. Les montées émotionelles et les déchainements plus soudains sont remarquables.
La galette se conclue majestueusement avec une très longue partie instrumentale durant laquelle on a droit à un récit parlé de la "Theory of Harmonial Value" initialement émise par le Dr Lozlo Pronowski (en gros ce sont les tables de multiplication) sur fond de symphonies de guitares.

.moneen. est donc capable d'excellentes choses, subtiles, personnelles et sincères. Encore faut-il ne pas être rebuté par l'instabilité musicale et les 60 minutes de ce CD.

 

A écouter : The passing of America ; I wish I was there to see... ; Why bother wondering... ; Tonight I'm gone