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Biographie

Katalepsy

Originaires de Moscou et formé en 2003, Katalepsy fait son petit bonhomme de chemin dans le monde bisounours du Brutal Death Metal à tendance slammisante. 
L'histoire quelque peu chaotique de son line-up (une dizaine de changements en dix ans) ne l'a pas empêché de sortir régulièrement des productions qui l'ont gardé à flots. Après Musick Brings Injuries en 2007, EP, splits et démo furent le lot de Katalepsy jusqu'en 2013, année leur nouvel album Autopsychosis.

Malgré le style auquel il est affilié, Katalepsy se démarque quelque peu en utilisant une imagerie moins gore (tout est relatif) et se concentre sur les thèmes de la psychologie, la dark SF ou encore le mythe lovecraftien plutôt que les excréments et le coït post-mortem habituels.

Chronique

14.5 / 20
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Autopsychosis ( 2013 )

Les metal-heads qui traîent dans les parages conviendront qu'il est toujours plaisant de découvrir des groupes de nationalité exotique. En plus de nous prouver que la communauté est vivace dans le monde entier, nous pouvons nous targuer de citer des groupes israéliens, égyptiens, japonais, maltais, etc. Et quel plaisir de voir les sourcils de nos interlocuteurs se lever alors que nous étalons notre culture et leur prouvons les doigts dans le nez que le metal n'a pas de frontières. Que partout résident des foyers de groupes aussi paumés que talentueux, des passionnés qui ont au moins autant les crocs que nous autres pourris gâtés d'occidentaux. Bon alors parfois on tombe bien sûr sur des trucs malodorants qui sentent justement trop le bête copié / collé de ce qu'on fait de pire dans nos contrées (hein Dysphoria ?), mais, mais mais, il arrive aussi que l'on tombe sur de véritables pépites qui ont tout à fait leur place aux côtés des ténors d'un style initié à l'autre bout de la planète. 
C'est dans ce contexte que nous allons nous pencher sur Katalepsy, des Russes qui font du slamming brutal death metal ma foi bien sympatoche.

Pas le temps de s'embarasser d'une intro, Autopsychosis nous pète à la gueule dès la première seconde pour quarante minutes de rythmiques qui font headbanger même les mamies et les enfants. L'efficacité prime à deux-mille pour-cent, aucun temps-mort à déplorer, aucune baisse de régime tout le long de l'opus si ce n'est l'interlude bruitiste Needles of Hypocrisy. Deux minutes de calme au milieu d'un océan d'infâmes riffs slammisant qui décollent les gencives comme on aime, papa Devourment a encore oublié de mettre une capote.

Les premières écoutes sont tout bonnement jouissives : quand beaucoup d'albums de slam death finissent par tourner en rond au bout de cinq titres, Katalepsy a su prendre du recul et varier son propos en ratissant un peu plus large. Bonjour Cold Flesh Cathedral et son étonnant pont mélodique et son refrain douloureux, salut Amongst Phantom Worlds et son blast des enfers, bonsoir The Pulse of Somnambulist et son final qui arrache la moquette, Knifed Humility et son ton death metal carrément épique... Si on devait comparer Autopsychosis à un M&M's, on pourrait dire que la cacahuète correspond au côté slam croquant et le chocolat à l'enrobage brutal death surprenant et fondant.

Bref la mayo prend parfaitementl, l'effet est instantané (les début de Unearthly Urge to Supremacy et Gore Conspiracy pfiouh) et vous donnera cette délicieuse sensation d'être invincible quand vous marcherez dans la rue. Et d'autant plus quand vous déclamerez à votre boulangère « Bonjour une baguette de pain s'il vous plaît » avec le chant guttural et grrrras à souhait de Igor Filimontsev (fallait bien que je sorte un nom typique). De son côté Anatoly Shishilov (hihihi) massacre son kit de batterie et contribue à la richesse de l'album en redoublant de finesse et de rapidité quand il n'est pas appliqué à faire claquer la caisse claire en rythme sur les riffs Devourment-esques.

S'il est facile de s'enfiler les dix titres d'Autopsychosis, on aura toutefois tôt fait de comprendre le petit truc qui cloche et qui fait que le groupe a encore du taf s'il veut se tailler une plus grosse  part du gâteau. Dans un marché sur-saturé, la seule option viable est de trouver sa propre voie. Or le slamming death metal de Katalepsy est encore un poil trop générique malgré la qualité d'écriture. Trop générique et surtout trop propre pour ce genre de musique. L'ambiance glauque n'est pas au rendez-vous, on aurait souhaité entendre ces samples de films gore qui font le charme de l'extrême de l'extrême. Ca manque de fioriture, ça manque de tripaille (ça se voit dans le titre des chansons, y a « sodomy » ni « infection » nulle part), malgré une pochette stylisée. Stylisée mais pas sale !

En résumé, allez-y c'est de la bonne mais les amateurs de gros (GROS) slam qui suinte la mort risquent de trouver Autopsychosis encore trop gentil. Exigence, quand tu nous tiens... 
Et pour boucler la chronique par rapport à l'intro (c'était à la base le fil conducteur) : si vous êtes par hasard amené à parler avec une Russe ultra sexy, vous aurez de quoi vous la péter grave en lui demandant si elle connaît Katalepsy. Et essayez aussi Fetal Decay. Mais c'est une autre histoire.

A écouter : Gore Conspiracy, The Pulse of Somnabulist, Knifed Humility