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Biographie

Iwrestledabearonce

Iwrestledabearonce est un groupe de Mathcore américain originaire de Louisiane fondé en 2007. Après avoir sorti un ep qui connut le succès aux USA, ils enregistrent un album en 2009, intitulé It's all happening et tournent avec des groupes comme Architects, Horse the Band, Despised Icon ou encore The Dillinger Escape Plan aux USA et au Canada. Paroles loufoques et aisance technique sont au programme pour un mathcore chaotique oscillant entre deathcore, grindcore et death metal technique, saupoudré d'électro et de fusion des genres (jazz, disco, swing).
Ils sortiront en 2010 un ep de remix dub et électro de chansons du premier ep et de l'album It's All Happening intitulé It's All Dubstep.
A noter la présence d'une femme au chant, chose assez rare pour être mentionnée, qui impressionne par l'amplitude vocale qu'elle peut développer, aussi à l'aise avec les hurlements propres au grindcore qu'avec des parties chantées (plutôt bien exécutées d'ailleurs). 
Leur devise : "Our goal is to keep people from being able to guess what we're doing next..." Pari réussi !

Line-up actuel :

Krysta Cameron : Chant [depuis 2007]
Mikey Montgomery : Batterie [depuis 2008]
John Ganey : Guitare, Programming [2007-2008] [depuis 2009]
Steven Bradley : Guitare, Programming [depuis 2007]
Mike "Rickshaw" Martin : Basse [depuis 2009]

8 / 20
2 commentaires (14.5/20).
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Ruining It For Everybody ( 2011 )

Certains artistes réussissent à se renouveler musicalement et à parfois transcender les genres, certains inventent des styles plus ou moins légitimes, tandis que d'autres restent sur leurs positions et se contentent de faire de la bonne musique, celle qu'ils maitrisent. Et bien on peut maintenant dire avec certitude qu'Iwrestledabearonce n'appartient plus à aucune de ces catégories, et vient de se saborder tout seul avec la sortie de ce nouvel album de mathcore ni original, ni prenant, ni transcendant.
Le quintet de Louisiane avait fait très bonne impression avec son premier album intitulé "It's all happening" et nous proposait alors une grosse demi heure de n'importe quoi assumé et maitrisé, parfois un peu lourd mais toujours plus ou moins bien fait. Ce nouvel album est raté à bien des égards, la sauce de musiques diverses saupoudré de gruikeries et de breaks deathcore violents ne prend plus, et on se retrouve avec un disque creux, parfois même fatiguant, et jamais très inspiré.

Si certaines chansons sont globalement au dessus de la moyenne (Next Visible Delicious, Deodorant can't fix ugly), on reste sur sa faim, on a du mal à digérer toutes ces chansons insipides, et on cherche encore les perles de mathcore déglingué qu'ils savaient si bien orchestrer sur l'opus précédent.
Trop de temps morts, des passages vraiment lourdingues où la formation essaiera de se prendre au sérieux (This Head Music Makes My Rain), et cette fâcheuse tendance à ne pas aller au bout du délire et à vouloir sortir un peu des carcans mathcore en assaisonnant la plupart des chansons avec des passages électro pop indigestes déservent vraiment le groupe qui, on n'en doute pas un instant, voulait bien faire en s'éloignant un peu de ce qu'ils savent pourtant si bien faire. Seul le titre Stay to the right tient la route et sort un peu du lot avec son deathcore pêchu et bien fait. Quant au reste, beaucoup de titres, on le sent, ont été trop travaillés (refrains pop à la limite de l'énervant, riffs propres et électro léchée), on aurait préféré un peu plus de spontanéité dans la démarche. Peut être un passage chez Century Media un peu prématuré et pas nécessaire pour ce genre de formation, peut être un passage à vide au sein de la formation, en tout cas le résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances...

En bref, les amateurs de mathcore classique pourront peut être se contenter de cet album, pour peu qu'ils ne connaissent pas les antécédents de l'ours catcheur, mais ceux qui avaient aimé les efforts précédents passeront leur chemin et essaieront d'oublier très vite ces 11 chansons médiocres en espérant le come back rapide à une musique plus déjantée et moins travaillée.

A écouter : Si vous avez une demi heure à perdre...
15 / 20
2 commentaires (16.25/20).
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It's All Happening ( 2009 )

Premier album de la formation Louisiane sorti en 2009, It's all happening et son artwork des plus étranges (moche ?) est le digne successeur de l'EP que le groupe nous proposait en 2007. Toujours aussi déjanté, toujours ce non respect des carcans musicaux, et cette faculté à enchaîner brutal death, disco et country sans la moindre once de retenue font de cet album une suite logique, sans grosse surprise notable.

Il n'empêche que c'est un bon album, et même si le côté original et complètement barré du premier effort ne surprend plus autant qu'au premier EP, tous les ingrédients sont là pour une nouvelle aventure déjantée au pays des ours catcheurs épileptiques.
Fort de 10 pistes assez courtes (3 à 4 minutes, mais pour du mathcore c'est pas mal) possédant chacune sa propre identité musicale et ses propres délires, It's all happening vous laissera mitigé entre deux sentiments contradictoires : avoir assisté à des perles du genre (Tastes like Kevin Bacon, You ain't No Family, The cat's Pajamas, Danger in the manger) et subi des morceaux fades, fastidieux dans leur composition pour ne pas dire chiants (I'm Cold and there are wolves after me, Eli cash vs the godless savages). Le bilan est toutefois bon, et malgré des passages sans relief et sans âme, on se laisse agréablement emmener loin, très loin des productions classiques pour chevelus pour cette grosse demi heure de n'importe quoi musical.

Krysta Cameron (la chanteuse) est toujours aussi étonnante, et sa facilité à passer d'un chant clair et cristallin à des gruikeries dignes d'un cochon suédois vraiment déconcertante. L'exemple le plus frappant est la chanson See you in Shell, véritable CV mettant en valeur les capacités de la dame. Chapeau. De plus, contrairement au premier EP, la plupart des passages chantés apportent ici leur lot d'émotions et de contrastes au déferlement improbable des riffs et autres bips bips des années 80, et ne sont plus des passages à vide chiants et mal venus.
Musicalement, l'album est la plupart du temps vraiment surprenant, à des lieues du bordel qu'était le premier EP, et on sent vraiment la différence entre les deux productions. On se souvient d'une formation assez technique sur l'EP, ils signent ici une belle performance musicale : impressionnants sur des passages grind / brutal / death, ils ajoutent à leur catalogue sur cet album un peu de black (Pazuzu for the Win), un soupçon d'électro aérienne (Black-Eyed Bush), et un florilège de riffs / breaks / saccades qui mettront à rude épreuve l'intégrité de votre cerveau.

Certaines chansons resteront collées à vos oreilles, pour peu que vous aimiez le chaos et le mélange des genres. You ain't no family, premier titre de l'album démarre en trombe sur un deathcore efficace, suivi d'un break pop bien foutu, et avant que vous ne réalisiez que vous écoutez là un album de mathcore déjanté, vous serez hypnotisé par un passage d'une violence inouïe avant de vous faire réveiller par... les hennissements d'un cheval. Épique. Viendront White Water in the morning : électro éthérée et death violent au programme, puis Danger in the Manger et ses beats atari des années 80. Tastes like Kevin Bacon et The cat's pyjamas, les deux meilleures pistes de l'album ont toutes deux en commun... un nom débile, des riffs pachydermiques, une ambiance électrique pesante, et sont sans aucun doute les deux chansons qui resteront le plus durement collées à vos neurones : grosse patate au rendez vous et refrains à la limite de la pop. Jouissif !

Violent, imprévisible, techniquement impressionnant, et l'humour décapant omniprésent, font de cet album une réussite incontestable. Attention toutefois à l'indigestion qui pourrait affecter pas mal d'amateurs de musiques extrêmes non avertis, l'album est un savant mélange de tons et couleurs, dont la variété est le maître mot, mais parfois le manque de cohérence vient entacher le tableau, et on se paume en pleine écoute, ne sachant plus vraiment ce qu'on a entre les mains. Avec un premier album réussi, on est en droit de se demander si la formation essaiera de continuer dans cette voie ou se contentera d'un mathcore plus classique, moins déjanté. A suivre.

Ici le clip du premier single Tastes Like Kevin Bacon, c'est d'assez mauvais goût, mais assez drôle...

A écouter : Tastes like Kevin Bacon, You ain't No Family, The cat's Pajamas, Danger in the manger
14 / 20
3 commentaires (14.5/20).
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Iwrestledabearonce ( 2007 )

Faire du catch avec un ours, voilà une idée plus que bizarre que ces p'tits gars de Louisiane fraichement débarqués sur la planète "métal chelou à tendance épileptique" semblent avoir mis au point. Amateurs de métal avant gardiste un peu fou fou, vous aimerez peut être ce premier EP du groupe, sorte de petit ovni énergétique apparenté au genre très subversif qu'est le mathcore.
Ce premier effort auto produit (donc difficilement trouvable dans le commerce) et enregistré en 2007 par la formation d'origine (dont il ne reste que le chanteur et le guitariste) est un concentré de genres musicaux pas vraiment compatibles, dont les compositions semblent avoir été arrangées par un ours spasmophile assez inspiré. Rock, jazz, métal, dance, électro, grindcore, swing, disco, rient ne fait peur à ces ricains là, et force est de constater que, même si ça n'est pas toujours subtil, c'est un "style" qui leur va bien, qu'ils assument complètement, et qui est, pour résumer, et si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de ce groupe, parfois bougrement efficace et parfois sacrément lourdaud. Spécial... sans aucun doute. Quelque part entre Mr bungle, The Dillinger Escape Plan et Bjork (sisi), le groupe se complait à brouiller les pistes musicales, d'une façon assez étrange. Le hic principal de leur (gros) mur de son, c'est que la plupart des chansons regorgent de bonnes idées, de passages surboostés, de grooves léchés, et de gros délires (qu'ils sont certainement les seuls à comprendre d'ailleurs), mais au lieu de persévérer dans cette direction, ces chansons sont bien souvent agrémentées de passages chantés parfois chiants à mourir, laissant sur sa faim l'amateur de n'importe quoi musical. Oui, ça existe. Un peu de lyrisme dans cet univers de brut loufoque, qui fait au final penser à une rencontre un peu maladroite entre winnie l'ourson et un serial killer déjanté. Malgré cela, ce premier EP est plutôt une réussite, et assure une place de choix pour iwrestledabearonce dans le paysage chaotique du mathcore déjanté.

On démarre en trombe cet EP avec "Ulrich Firelord - Breaker of mountains" (qui bénéficiera d'ailleurs d'un clip sacrément laid tourné dans un garage) de façon très agressive, gros riffs, double pédale à gogo et grosse voix gutturale, un bon rentre dedans, sans préliminaires, sans chichi, bien cradingue, tout cela suivi par... un déferlement de breaks chaotiques, de solos de guitare magnifiques, de gargouillis vocaux qui ont fait les beaux jours de bien des groupes de métal ? Et bien non, cette introduction toutes griffes dehors sera suivie d'un passage psyché où lignes de basse alambiquées et électro travaillée se mêleront à la voix de Krysta Cameron. Quoi ? C'est une dame qui hurle ? Pas évident de remarquer cela au début ! Belle prestation, aussi bien à l'aise avec des beuglements grindcore que des passages lyriques travaillés, un coffre impressionnant, qui a du effrayer plus d'un ours ! Par contre, si on ne comprenait rien à ce que racontait cette folle furieuse au début de la chanson, et bien c'est la même chose quand elle pose sa (jolie) voix sur cette compo. Cela donne quelque chose d'assez aérien, presque mignon, avant que tout cela ne retombe dans un gros son gras comme on aime, où le synthétiseur Bontempi a la part belle. Et cerise sur le gâteau, une reprise déjantée du thème d'inspecteur gadget en conclusion de cette chanson, pour ceux qui n'auraient pas compris que rien n'était sérieux sur cet EP.
Le deuxième morceau "Alaskan Flounder Basket" (ne cherchez pas de sens profond aux titres des chansons), est de la même trempe, tout du moins au début, un grindcore bien fait, puis une partie chantée inutile. On passe.
Le troisième morceau est beaucoup plus intéressant musicalement, l'artillerie lourde est sortie, et c'est un début de chanson d'une sauvagerie digne d'un ours en période de rut ! Même les arpèges sur la fin et les rythmes dub savamment dosés sont là pour confirmer le talent de cette formation, tant la technique et l'inventivité sont de la partie sur ce premier EP.
Still joly after all these years commence par une jolie musique d'ascenseur, nous fera sauter sur du grindcore aux relents de vomi, nous titillera les oreilles avec une petite mandoline pour un break bien senti et décollera vers des sommets de cruauté hurlée par ce petit bout de femme décidément vraiment flippante ! Mention spéciale au batteur qui doit perdre un bras à chaque fois qu'il joue cette chanson en live !
Enfin, la dernière piste Corey Feldman Holocaust, viendra clore ce disque de façon très nuancée, en envoyant une dernière fois le pâté sur la dernière minute.

A noter que la version rééditée de cet EP bénéficiera d'une dernière piste, un remix électro fort douteux de la première chanson, à oublier...

Pour conclure cette chronique, c'est donc un effort encourageant de la part d'iwrestledabearonce, qui signe là un EP assez technique, aux couleurs sonores multiples, pouvant rebuter l'austère amateur de métal classique qui n'aimera pas du tout les délires un brin débile de la formation et les écarts de style parfois mal venus. D'autant plus que ce style est aujourd'hui devenu assez populaire et que la concurrence est assez rude : des groupes comme Horse The Band, From A Second Story Window, See You Next Tuesday, Into The Moat ou encore The Tony Danza Tap Dance Extravaganza sont généralement un peu plus extrêmes musicalement et donc plus facile d'accès (oui c'est bizarre, mais assez logique) que notre ours psychédélique amateur de catch. A suivre...

A écouter : au moins une fois dans sa vie...