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Biographie

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Basé à Los Angeles clipping. trifouille les sons depuis 2009. D'abord composé en duo par Jonathan Snipes et William Hutson, le projet était surtout dédié au remix, mais rejoint un an plus tard par le MC Daveed Diggs afin de produire un doux mélange de rap, hip-hop et de noise, imprégné par le cinéma de genre ou de science-fiction. Le trio sort le premier album midcity sur son Bandcamp en 2013 et se fait remarquer par Sub Pop qui le signera sans tarder. S'ensuit CLPPNG en 2014, deuxième long qui installera clipping. dans le paysage, puis Splendor&Misery en 2016, concept-album à la thématique dystopique et afrofuturiste. Trois ans plus loin les californiens accouchent d'un troisième album, There Existed an Addiction to Blood, toujours abrité par Sub Pop.

Chronique

There Existed an Addiction to Blood ( 2019 )

En matière de Hip-Hop chelou on est pas mal gâté ses dernières années, de Death Grips à Ho99o9, en passant par Dälek, Kill The VulturesTHEESatisfaction ou Moor Mother, du sérieux matériel, qui n’hésite pas à flinguer nos perceptions par une gestion de bruits et d’ambiances hors catégories. On oublie pas non plus tout ce qu’ont pu apporter les productions du label Anticon, large contributeur de ce foisonnement d’artistes qu’il serait bien trop fastidieux à lister ici. Clipping., trio rapidement signé chez Sub Pop après un remarqué et remarquable premier album (Midcity), est de ceux-là.

Troisième long hébergé par l’estimé label de Seattle, There Existed An Addiction To Blood s’inscrit fort naturellement dans la continuité d’un Splendor&Misery afrofuturiste et narratif, concept-album particulièrement dément et captivant. L’idée a fait son tortueux chemin, les intentions de Jonathan Snipes, William Hutson (producteurs) et Daveed Diggs (MC) excellent désormais dans la construction d’atmosphères synthétiques, dérangées, vivantes, armées de featurings en béton. L’incroyable flow s’empare de nos êtres dès l’introduction et ne relâche notre attention que pour mieux nous attirer vers les machines et voix des invité.e.s, ou nous ensevelir sous des coups de latte Harsh Noise toujours prompts et mesurés. Glitchs, beats et basses occupent un environnement en mutation permanente, hostile mais serein, colonisé de samples échappés du cinéma de genre noir - ou « blaxploitation » des années 70 (Blood Of The Fang), ou de réinterprétations de l'œuvre d’un certain John Carpenter (Nothing Is Safe). Le dangereux He Dead quant à lui transforme les agents de police en loup-garous avec l'appui d’Ed Balloon, Diggs reprenant au passage et de manière littérale le Rigamortis de Kendrick Lamar.

Les featurings amènent leur juste dose de possession, comme The RitaElcamino et Benny The Butcher sur le terrifiant La Mala Ordina ; la reine de l’horreur La Chat qui vient hanter nos consciences sur Run For Your Life Counterfeit Madison et Robyn Hood tentent d’exorciser le merdier cérébral avec All in your Head ; ou encore Pedestrian Deposit nous éclate proprement les synapses sous la mécanique grinçante et organique d’Attunement. Tous apparaissent essentiels au milieu de cet amoncellement de signaux plus ou moins cauchemardesques orchestré par un trio californien en feu. D'ailleurs en parlant de feu on appréciera la dernière piste Piano Burning, où l’on entend véritablement un piano brûler et crépiter durant 18 putain de minutes. Conclusion idéale d’un objet fou et sans équivalent.

Oui, Clipping. est de ceux-là, de ceux qui osent déconstruire l’existant pour en produire une matière vibrante, écrite avec maestria et minimalisme opportun, gangrenée par le cinéma de genre ou la science-fiction, créant dans un même mouvement une nouvelle dimension au sein du hip-hop parallèle. There Existed An Addiction To Blood culmine confortablement au sommet de ce glorieux édifice.

There Existed an Addiction to Bandcamp.

A écouter : jusqu'au sang.